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Eglise de Saint-Sylvestre-de-Montcalmès ou des Brousses
(commune de Puéchabon, dans l'Hérault)

Photo J.C.E. 09.07.2004.


Faire un site sur un patronyme et un toponyme relève un peu du parcours d'obstacles. Pourquoi ? parce que les noms évoluent avec le temps, les lieux et l'humeur des hommes. Il se transforme en fonction des habitudes locales et des connaissances de ceux qui ont dû les écrire, les curés, les pasteurs, les notaires ou les officiers d'état civil. Faire un site sur le nom EUZET, c'est donc ne pas s'attacher uniquement à cette seule graphie mais aussi être attentif aux formes plus ou moins proches et elles sont nombreuses : AUCET, AUSET, AUSSET, AUZET, DEUZET, DOUZET, ELZET, EURET, EUZÉ, EYZET, HEUSE, HEUZÉ, HEUZET, HOUZET, LAURET, LAUZET, LEUZET, LIORET, LUZET, OLZET, OUZET, TUZET, UZET, YEUZET, et d'autres encore ! Faire un site sur l'histoire d'un nom de personne ou d'un nom de localité, c'est donc observer la fois le stable et l'instable, le permanent et le temporaire, en étant certain, dès le départ, que les origines peuvent être nombreuses et différentes mais qu'elles peuvent aussi se croiser et se mêler jusqu'à l'inextricable.

Pour arriver à comprendre cette histoire, nous sommes donc partis d'un département, l'Hérault, qui selon le site "La France de votre nom de Famille", est celui qui avait le plus de représentants EUZET nés entre 1891 et 1915 (52 naissances dans l'Hérault sur 95 en France pendant cette période).

Selon les dictionnaires spécialisés, la forme EUZET comme les formes AUZIERE, EUZIERE, DELEUZE, DELIEUZE, DELZEUZE, par exemple, sont issues du latin ilicem, via l'occitan euse, elze, c'est-à-dire "yeuse", le chêne vert, cet arbre qui est celui des garrigues et que l'on trouve tout particulièrement dans l'Hérault et le Gard.

Et là, notre surprise fut grande, à deux points de vue. D'abord, parce que, même dans les sources écrites les plus anciennes, les formes de type DELEUZE ou EUZIERE, ne se confondent jamais avec les formes EUZET. L'origine linguistique est, bien sûr, identique mais les descendances sont et restent séparées. Ensuite, parce que les lignées de EUZET de l'Hérault se comptent sur les doigts d'une main.

La plus importante est celle qui est issue du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc ( Les EUZET du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc) et que nous avons longtemps appelée sur le site, Les EUZET du Triadou ( "Le Triadou 1")), parce qu'ils sont restés dans cette commune du XIVème siècle au XXème siècle. On trouve encore les EUZET de Saint-Jean-de-Védas mais dont l'origine démontrée ne dépasse pas le XVIème siècle ( "Les EUZET de Saint-Jean-de-Védas")). Enfin, il y a la lignée des EUZET de Saint-Félix-de-Lodez issue probablement des EUZET du Triadou, via Viols-le-Fort ( "Les EUZET de Saint-Félix-de-Lodez")) qui ont formé la puissante branche des EUZET de Sète ( "Les EUZET de Sète")). Toutes ces lignées sont regroupées dans "Les lignées issues de l'Hérault".

Si l'on remonte plus loin dans le temps, toujours pour le département de l'Hérault, on trouve des EUZET propriétaires du mas d'Euzet de Saint-Sauveur-du-Pin, dans la commune de Saint-Clément-de-Rivière, dès le XIIème siècle ( "Saint-Sauveur-du-Pin")). Cette lignée est peut-être à l'origine de celle de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou mais ce n'est pas démontré, malgré la grande proximité des lieux.

Comme on le voit, les lignées sont peu nombreuses et toutes ont évolué dans un espace restreint qui s'est appelé la "val de Montferrand" ( "La République de Montferrand"), à l'abri du château de Montferrand qui appartenait aux évêques-comtes de Maguelone puis de Montpellier ( "Le château de Montferrand"). Quant aux toponymes EUZET ou ELZET de l'Hérault, ils sont finalement peu nombreux. La plus ancienne mention est certainement celle de la villa d'Elzet, entre 996 et 1031, près de Popian (Cartulaire de Gellone) mais, surtout, ils n'ont pratiquement pas laissé de traces dans la toponymie d'aujourd'hui (voir, cependant, "Les lieux appelés Euzet dans l'Hérault" et "Les EUZET de Saint-Mathieu-de-Treviers"). C'est bien différent avec le département du Gard où deux communes portent encore le nom d'EUZET ; il s'agit de Saint-Michel-d'Euzet et d'Euzet qui s'est aussi appelé "Euzet-les-Bains". L'analyse des archives montre que des mas ont également porté ce nom, à Bagard (au XVIIème sicècle) et à Saint-Etienne-d'Escate (aux XIIIème et XIVème siècles), sans pour autant que l'on puisse lier ces toponymes à des familles portant le même patronyme ( "Les lieux appelés Euzet dans le Gard").

Pourtant, aussi, il y a eu au moins deux lignées de familles EUZET dans le Gard, l'une à Nîmes, entre le XVème siècle et le XVIIème siècle ( "Les EUZET de Nîmes") et l'autre à Pompignan, à la limite de l'Hérault, à partir du XVIIème siècle ( "Les EUZET de Pompignan"). Dans le cas de la première (que nous n'avons pas encore étudiée), il semblerait qu'elle soit issue d'une lignée AUZET descendue du Cantal ou, plus précisement du diocèse de Saint Flour. Le nom se serait transformé en EUZET mais il faut le démontrer. C'est, par contre, tout à fait démontré pour la lignée de Pompignan, le premier AUZET étant originaire d'Ansouis (84). Le contrat de mariage de 1639 montre que la graphie s'est immédiatement transformée en EUZET, comme on avait l'habitude de l'écrire dans le pays des garrigues. Cette graphie est devenue définitive pour les descendants, phénomène qui ne s'est pas passé pour les familles restées à Ansouis ou descendues ensuite sur la côte. Et, en effet, aussi bien dans les Alpes qu'en Provence, on trouve des AUZET, AUSET ou LAUZET mais pas de EUZET, aussi bien pour les patronymes que pour les toponymes.

Cette dernière forme, LAUZET, est d'ailleurs typique des montagnes (Alpes, Pyrénées, Massif Central, etc.) car elle évoque la lauze, cette pierre plate servant à couvrir les toits des maisons. Néanmoins on la trouve, soit temporairement dans certaines branches de l'Hérault ( "Les EUZET de Sète", générations 4 et 5 PORTALES), avec un jugement de 1863 du Tribunal civil de l'arrondissement de Montpellier qui a ordonné la rectification d'actes de mariage, naissance et décès, "en ce sens que le nom LAUZET sera remplacé par celui d'EUZET qui est le véritable nom de la famille", pour François Barthélémy EUZET et ses enfants, soit définitivement dans d'autres lieux comme Cournonterral ( "Les EUZET et les familles dont les noms sont proches mais différents") et Villeneuve-les-Maguelonne. Dans ce dernier cas, il semble bien que l'on se trouve devant une lignée LAUZET issue du Massif Central (point à étudier), donc indépendante des EUZET.

Dans les transformations du nom, le "grand chambardement" a eu lieu aux XVIème-XVIIème siècles avec le protestantisme. Les registres des réformés montrent que Montpellier a joué un rôle "d'attraction-répulsion", non seulement pour les réformés de la région proche ( Assas ; "Saint-Jean-de-Védas" ; "Saint-Jean-de-Cuculles") mais aussi pour des zones plus lointaines ( "Les EUZET et AUSSET, protestants de Montpellier"). Les pasteurs (et les curés) de cette époque troublée ont écrit les patronymes selon leur "culture". Dans un même acte et pour un même individu, par exemple, on voit trois graphies différentes AUZET, AUSSET et EUZET. On se rend compte également que si, pour certaines familles, des transformations temporaires peuvent avoir eu lieu, d'autres ont toujours gardé leur graphie d'origine. C'est le cas de certaines familles AUSSET issues du Gard actuel ou encore de familles TUZET descendues de la Lozère.

Finalement, le "Juge de paix" a été le passage révolutionnaire. Les noms se sont peu à peu stabilisés et, pour les EUZET, on assiste effectivement à la stabilisation du patronyme sous cette forme dans tout le département de l'Hérault et donc à la disparition de la forme AUZET, si fréquente avant 1789 ( Les EUZET d'Assas, suite 2). Inversement, les AUZET et LAUZET des Alpes et de Provence ont gardé les graphies AUZET et LAUZET. Quant à la forme HEUZET que l'on avait pu constater au XVIIème siècle, sous la plume de certains notaires, à Saint-Bauzille-de-Putois ( "Saint-Bauzille-de-Putois" ) ou à Aniane ( "Aniane"), elle a complètement disparu de l'Hérault.

Tout s'est joué sur la forme considérée comme majoritairement admise dans une région plus ou moins étendue : EUZET dans l'Hérault, AUSSET dans le Gard, AUZET dans les Bouches-du-Rhône, pour aller vite et ne prendre que ces trois départements voisins. C'est si vrai que, par exemple, quand un soldat du "Nord" (c'est-à-dire de la langue d'oïl) venait à mourir dans un hôpital de Montpellier, la soeur qui recueillait oralement son nom avant le trépas l'écrivait sous la forme EUZET (c'est-à-dire dans la langue d'oc de l'Hérault), alors que ce n'était probablement pas le cas dans sa région d'origine (voir la conclusion des "Familles dont les noms sont proches mais différents").

En effet, en Normandie, Bretagne, Picardie, Ile-de-France ou encore en Picardie, on trouve des HEUZET, des HEUZÉ et d'autres formes qui ont surtout pour origine la heusse qui était une sorte de guêtres, avant l'invention de la botte qui l'a remplacée (voir l'article de Georges BERNAGE, dans le n 26 de la revue Moyen Age). On trouve même un HEUZÉ qui a participé à la conquête de l'Angleterre, en 1066 et d'autres encore qui ont suivi LAFAYETTE dans la guerre d'indépendance des Etats Unis.

Dans les pays de langue d'oil, le phénomène d'uniformisation a joué, comme dans le Midi, mais en sens inverse. Ainsi, dans l'Oise, on trouve au XVIIIème siècle des EUZET dans le village de La Neuville Garnier mais c'est une graphie temporaire, "inventée" par le curé qui ne connaissait pas ce patronyme et cette famille originaire d'un autre village de l'Oise, La Neuville d'Aumont. Dans celle-ci, la forme utilisée était HEUZÉ, voire HUZÉ, HOUZÉ, ou même HEUZET mais jamais EUZET. C'est le passage dans un autre lieu qui a fait toute la différence. Dans ce cas précis, la descendance s'est éteinte rapidement et ne permet donc pas de compléter la démonstration (voir la conclusion des "Familles dont les noms sont proches mais différents"). D'autres rares occurrences doivent encore être vérifiées.

Pour compléter le tableau, il ne faut pas oublier les formes identiques ou proches que l'on trouve à l'étranger, notamment en Norvège où le patronyme et le toponyme AUZET existent et d'où certaines familles ont pu émigrer en Angleterre et aux Etats Unis, dès le XVIème siècle. Plus généralement, les migrations protestantes restent à étudier, et c'est particulièrement délicat comme le montre le dossier sur le Royaume Uni ( "Les EUZET hors de France, à la recherche des Huguenots")

Il faut, enfin, faire une place à part aux EUZET de Martinique. En effet, quand l'esclavage a été aboli, en 1848, et que l'on a dû trouver des patronymes pour chacun des milliers d'esclaves libérés, les officiers d'état civil ont utilisé plusieurs procédés. Ceux de Rivière Salée ont puisé dans le stock des noms qui n'existaient pas dans l'île mais qui étaient en cours en métropole. C'est ainsi qu'une certaine Sévérine, de Rivière Pilote, est devenue Sévérine EUZET et que ses descendants portent toujours ce nom. ( "Les EUZET de Martinique")


Fleurs de Martinique
(Photo R.M.E. avril 2003)


Au fil de toutes ces découvertes, il est apparu qu'il était utile d'écrire quelques pages de paléographie, car on ne peut progresser dans une étude de ce type que si l'on arrive à lire les textes anciens. Il y a ainsi des pages de paléographie latine des XIVème et XVème siècles (à partir de : "Paléographie latine (1)") et de paléographie française de l'Ancien Régime (à partir de : "Paléographie française (1)"), tirées de minutes notariales qui permettent d'accéder aux textes essentiels que sont les contrats de mariage, les testaments, les donations, etc.

De même, il ne suffit pas d'arriver à lire les textes anciens, encore faut-il en comprendre le sens. C'est pourquoi, il y a des pages sur l'Histoire dans le site, afin de faire connaître le contexte local, régional ou national. C'est, finalement, une étude du milieu qui, seule, peut vraiment valoriser les découvertes généalogiques. Voir, à titre d'exemple, ce qui est écrit sur le pic Saint-Loup ( "Garrigues, suite 1"), ou encore sur Mauguio ( "Mauguio, suite 2")) ou Montcalmès ( "Montcalmès").

Et puis, le site ne cesse d'évoluer. Un grand "chantier" vient d'être ouvert avec le dépouillement du minutier du notaire Jean GARNIER, des Matelles ( "GARNIER 1"). C'est, en quelque sorte, un "banc d'essai" qui, tout en recoupant l'histoire des EUZET de l'Hérault, englobe non seulement la population de la val de Montferand au XVIème siècle mais aussi celle des villages alentour. Tout ce tissu humain va être peu à peu reconstitué avec ses coutumes, ses forces et ses faiblesses, ses riches et ses pauvres. Et après, après on verra ... et puis, en attendant, et pour vous distraire, lisez donc ce qui se dit aujourd'hui sur la génétique et la généalogie, vous m'en direz des nouvelles ! ( "Chromosome Y")

(à suivre)

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