Les villages, mas et autres lieux appelés Euzet dans l'Hérault.


Je me sens tout immergé dans mes ancêtres, tout emmêlé à ma race. Il me semble parfois que je revis toute notre vie, la vie millénaire de ma lignée. Je suis l'oncle Jouaril, le légendaire Jouaril, le maître ès bouscasserie, je suis Gentil de Bérot, je suis Bernard Delteil de Picarrot, mort en 1776 d'une "fraicheur", je suis Raymond Rivière, bûcheron à Coldepiou, qui épousa Fillotte Delteil, je suis Raymond Delteil qui s'en alla à Sainte-Hélène sur la Belle Poule recueillir les cendres de Napoléon, je suis tante Blandine (nonobstant sexe), Blandine-la-Riche qui nous apporta en dot la somme fabuleuse pour l'époque de six mille francs-or (d'autres il est vrai, plus mécréants, parlent d'un "toupinat" de vieilles monnaies d'or trouvé dans une grotte en gardant les moutons), avec quoi mon arrière-grand-père maternel acheta une belle et bonne métairie, Paucou, si belle et bonne qu'il s'y ruina dès la première année, le ciel et l'enfer s'y étant abattus sous forme de la plus grosse grêle de son temps (si vous aviez entendu maman évoquer les grêlons par les maïs, le tonnerre sur les vaches), et fut tout aise de la revendre, à perte, à son premier propriétaire M. Jaulieu, qui d'ailleurs le laissa galamment sur les lieux en qualité de fermier, ouf ! (Extrait de "La Deltheillerie", par Joseph DELTEIL - Les Cahiers Rouges, chez Grasset, pp. 184-185). Delteil, né le 20 avril 1894 dans l'Aude, s'était retiré, à plus de 40 ans, dans une "métairie à vin" près de Montpellier, qu'il avait baptisé La Deltheillerie.


a) L'élimination des fausses pistes

La recherche des mas et autres lieux appelés Euzet dans l'Hérault est, à la fois, simple et compliquée. Elle est simple parce qu'il ne semble pas y avoir beaucoup d'endroits appelés ainsi. Elle est compliquée, car il faut éliminer les fausses pistes, c'est-à-dire les lieux dont la graphie est Euze, Euzes, Leuze ou encore Lauze.

Nous avons trouvé, par exemple, le mas de Lauze ou de Leuze, près de Viols-le-Fort, mas qui est ensuite devenu le mas de Maure. Des références se trouvent dans les minutes des notaires Malien, de Viols-le-Fort, aux Archives départementales du Gard :
- 12.09.1599 : mariage entre François de Planque, fils de Jacques et de Marguerite Villeneuve, de Viols, avec Jacquette Leques, fille de feu Gaspard et d'Isabel Solleles, du mas de Leuze dit de Maure, de Viols.
- 28.02.1605 : donation, Marguerite Leques, fille de feu Jacques, du mas de Lauze dit de Maure, relicte de Berthomieu Campmal.

Ce mas existait déjà au XIIIe siècle (manso del Euze, en 1274) mais il ne peut être compté parmi les lieux dénommés Euzet. De même, la transcription délicate des minutes du XVIe siècle peut entraîner des confusions entre les graphies Devèze ou Deveze et Euzet. Une lecture trop rapide pourrait faire croire, par exemple, qu'il y avait un mas d'Euzet à Montoulieu. En réalité, il s'agit d'un mas dit de la Devèze, comme le montrent encore les minutes des mêmes notaires :

- 12.11.1600 : transaction entre Jean, Alexandre et Claude Devèze, frères et soeur, contre Raymond Devèze, laboureur de Notre-Dame-de-Londres, qui avait acquis de Claude Granier, relicte de feu Pierre Devèze, du mas de la Devèze à Montoulieu.
- 06.12.1603 : mariage de Marguerite Devèze, fille de feu Antoine et de feue Claude Granier du mas de la Devèze à Montoulieu, avec Laurent Solier. Ses frères Raymond et Pierre Devèze sont présents.
- 08.09.1605 : mariage de Pierre Devèze, fils de feu Antoine et de feue Claude Granier, du mas de la Devèze, avec Jeanne Barenc.
- 21.10.1607 : mariage de Pierre Devèze, fils d'Antoine et de feue Claude Granier, natif du mas de la Devèze, à Montoulieu, habitant à Londres, avec Marie Arlerie.

Nous avons également quelques doutes en ce qui concerne un autre lieu appelé Euzet de Folhos, "entre" Beaulieu et Restinclières, à Saint Hilaire. Le texte de référence est du 24 mai 1330. A cette date, a été conclu un accord entre l'Evêque de Maguelone et Bernard de Sommières, visant à délimiter les juridictions de Beaulieu et de Sommières (Cartulaire de Maguelone. Tome 5, p 98 et s. Abbé J. Rouquette. Bibliothèque Nationale. LK7 - 37861 -5) : "Et primo volumus et pronunciamus, remanente parte que est versus Sanctum Ylarium domino Caslaris supradicto, et parte que est versus locum de Restancleriis seu de Belloloco domino episcopo Magalonensi memorato".

Le lieu contesté est à Saint Hilaire de Follos :
"Item quod jurisdictio et districtus de Belloloco se extendit versus locum Sancti Ylarii, versus memora Guillelmi Salvanni et Ylarii de Felinis, et liberorum Bernardi Gilii ; et de loco illo usque ad Euzet de Folhos."

Un peu avant, dans le texte de l'accord, on voit qu'il s'agissait d'un lieu planté de (deux) chênes verts (Euze, Euzes), "dans le champ de Pascal" :
- "Et ab illo termino directe usque ad Euze, qui est in campo de Pascal ; Et a dicto Euze terminabit directe usque ad angulum divisionis memorum Raimundi Pellicerii, et Johanis de Corni et Bernardi de Fisco de Belloloco (...) Qui terminus proxime dictus limitat et terminat directe ascendendo de linea ad lineam usque ad alium terminum supra positum juxta quandam arborem, qui est inter duas arbores nominatas Euzes, et in possession de Pascal."

Manifestement, ces arbres ont servi de repère pour assurer la délimitation en cause. Peut-on savoir si cette dénomination était purement conjoncturelle ou si elle est restée dans le parcellaire local ? Il faudrait consulter les sources concernant Saint Hilaire-de-Beauvoir (s'il s'agit bien du même Saint Hilaire) et vérifier si cette dénomination existe toujours. En tout cas, il semble bien que la traduction qui doive en être faite soit plutôt Euze ou Euzes que Euzet, sous réserve de sources ultérieures.

b) Le mas d'Euzet, à Ferrières-Berlou
Voir : "Ferrières-Poussarou"


c) Le mas d'Euzet à Saint-Mathieu-de-Tréviers


Le mas d'Euzet aujourd'hui et, un peu plus haut,
le "truc" d'Euzet (une hauteur, une colline).

Voir : "Saint-Mathieu-de-Tréviers" et ses suites 1 et 2.

d) Les mas d'Euzet à Saint-Sauveur-du-Pin et à Saint-Gély-du-Fesc

Voir : "Les d'EUZET du mas d'Euzet de Saint-Sauveur-du-Pin" et ses suites 1 et 2.

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