Les EUZET hors de France : à la recherche des Huguenots.



"A la fin d'un entretien avec un journaliste allemand au cours duquel nous évoquions les difficultés de compréhension entre pays, il me posa la question : "à votre avis, que peut-on faire pour supprimer ces querelles ?" Je lui répondis sans hésiter : "développer les recherches généalogiques, cela nous rendra plus humble par la découverte de nos racines qui rejoignent celles de l'autre !" Editorial de Claude ROLL dans le n 141 (2003-1) du périodique du Cercle généalogique d'Alsace."

"La généalogie est un antidote au racisme. Personne ne peut dire "je suis 100 % Breton" ou "100 % Bourguignon". A partir du moment où on prend conscience de ce mélange, on n'a plus de sentiment de supériorité". Michel SÉMENTERY, président de la Fédération française de Généalogie, dans un interview paru dans "La revue française de Généalogie et d'Histoire des familles", p. 49, n 157, avril-mai 2005.

Le 28.12.1600, les catholiques reprennent possession de l'église Notre-Dame-des-Tables, à Montpellier,
en présence de l'évêque GUITTARD de RATTE, mais les protestants s'y opposent.
(peinture anonyme/ Eglise Notre-Dame-des-Tables, photo Guillaume BONNEFONT)
(La Gazette de Montpellier 02-08.03.2017, article : "Les protestants à la conquête de Montpellier")



L'Angleterre

L'Allemagne

La Norvège





1/ L'Angleterre

Le sondage de février 2016
Le sondage de décembre 2000
Les références




Le sondage de février 2016


A la recherche des Huguenots à Londres, nous avons réalisé deux sondages, à 15 ans d'intervalle : le premier en décembre 2000, le second en février 2016. Les photos prises à ces occasions montrent l'évolution du quartier où les Huguenots sont venus habiter, à Spitalfields, une zone longtemps déshéritée, hors les murs, à deux pas de la riche City où ils n'avaient pas le droit de s'installer.

La carte du quartier, le 08.02.2016, à l'entrée de Gunthorpe Street
(photo J.C.E., le 08.02.2016)

1 - Spitalfields Market (au Moyen-ge, hors les murs, un hpital y est ensuite installé puis, après 1666, le lieu devient le principal marché de fruits et légumes de Londres, jusque dans les années 1980)
2 - The Huguenot Weavers of Spitalfields (installés dans le quartier après 1685, les Huguenots tisserands utilisent des métiers Jacquard pour faire de riches tissus de soie)
3 - Christ Church (bâtie entre 1714 et 1729, beaucoup d'Huguenots tisserands ont été enterrés dans la crypte de l'église)
4 - Petticoat Lane (le nom vient de marchands qui vendaient de vieux habits dits "Petticoats")
5 - Allen Gardens (jardin public, depuis 1958)
6 - Brick Lane (rue des immigrations successives au fil des siècles, aujourd'hui surtout des Bengali)
7 - Canon Barnett School

Les Huguenots qui se sont installés dans le quartier de Spitalfields étaient, notamment, des tisserands de soie qui sont restés dans la mémoire des Londoniens. C'est tout l'intérêt d'un tableau de carreaux qui se trouve sur un mur de l'ancien pub, "The Ten Bells", près de l'église du quartier, "Christ Church".

Sur un mur du pub, "The Ten Bells"
(photo R.E., le 09.02.2016)



Panneau du pub, "The Gun", à l'angle de Crispin Street et de Brushfield Street
(pub fermé le 20.02.2015 puis démoli)

Si "The ten Bells" est encore debout (en février 2016), ce n'est pas le cas de "The Gun" et de son restaurant "Grenadier" détruit pratiquement un an avant notre seconde visite du quartier. Un blog, sur Internet, montre les regrets des Londoniens pour ce pub qui existait à cet endroit depuis 1929 mais aussi, un peu plus loin, depuis - peut-être - dès la fin du XVIe siècle). Nous avions pu le photographier en décembre 2000 (voir ci-après, la photo n 3). Sur le panneau ci-dessus, on peut lire que les casernes d'artillerie établies dans le quartier près d'Artillery Lane étaient connues sous le nom de Casernes françaises (ou des Français), compte tenu des Huguenots habitant à Spitalfields. A lui seul, cet exemple montre combien le quartier, en complète transformation, voit les vestiges du passé disparaître les uns après les autres.

La rue Dorset était considérée comme la pire de Londres
La partie qui subsistait vient d'être démolie, dans le même plan que l'immeuble de "The Gun"
(appelée ensuite rue Duval, Jack l'éventreur y a perpétré un de ses crimes)

Au milieu du trou ... il y avait la "Dorset (alias Duval) Street"
(photo J.C.E., le 09.02.2016)

Tous ces bouleversements immobiliers sont en phase avec le quartier qui a accueilli, des vagues successives d'immigrés, les Français Huguenots (à cause de leur religion), les Irlandais (à cause de la famine), les Juifs russes (à cause des pogroms), les Bangladais (à cause de la guerre civile au Pakistan), chaque vague recouvrant la précédente dont les membres se sont éparpillés dans les autres quartiers. C'est pour cela qu'au 19 de la rue Princelet, à Spitalfields, se trouve le musée de l'immigration (mais qui, le 08.02.2016 était fermé pour travaux). A ce jeu des populations, il devient de plus en plus difficile de trouver des traces évidentes des Huguenots, dans ce qui est largement devenu une "Banglatown". Pour être juste, il faut aussi remarquer la place de plus en plus importante laissée aux boutiques de mode, aux galeries et aux artistes. C'est, probablement, ce qui explique les bouleversements immobiliers récents : il faut faire place nette aux tours et aux nouveaux immeubles pour ce que, à Paris, on appellerait des "bobos" (même s'il y a des efforts législatifs pour laisser subsister certaines façades ou des enseignes, comme traces du patrimoine ancien).

Finalement, des nombreuses photos faites pendant cette visite du quartier, nous en retenons deux. La première est celle du "bouc émissaire" qui représente l'immigrant, figure qui a marqué "L'East End" de Londres et, particulièrement le quartier de Spitalfields :

Le "bouc émissaire", devant le marché et les belles boutiques
(photo J.C.E., le 08.02.2016)

La seconde se veut plus positive :

Une plaque en carreaux (style Delft) de la saga des Huguenots
(photo J.C.E., le 08.02.2016)

Dévoilée le 27.09.2015, cette plaque de l'artiste Paul BOMMER, est toujours en place (le 08.02.2016) sur le mur de "Hanbury Hall", dans la rue Hanbury, à Spitalfields. La signification des vingt carreaux est la suivante (de gauche à droite et de haut en bas) :

1/ L'église "Christ Church" de Spitalfields, oeuvre de Nicolas HAWKSMOOR
2/ Méreau avec un calice (un méreau était un jeton, dont chaque fidèle protestant qui désirait communier, devait se munir auprès de l'Ancien de son quartier)
3/ Les Huguenots de Spitalfields
4/ Méreau montrant l'agneau de Dieu
5/ "Umbra sumus" : Nous sommes des ombres (inscription sur un mur de "l'Église neuve", devenue ensuite une synagogue et, aujourd'hui, une mosquée, dans Brick Lane
6/ Méreau montrant la colombe de la paix, l'écu avec la croix de Lorraine et un cygne
7/ 1598 : l'Edit de Nantes d'Henri IV qui a garanti les droits des Huguenots
8/ Initiales d'Anna Maria GARTHWAITE, conceptrice de tissus en soie, à Spitalfields
9/ 1685 : révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV, ce qui a entraîné l'exil d'Huguenots qui ont fui la persécution
10/ Fleur de Lys, méreau avec crucifix et un lièvre
11/ Orfèvres huguenots
12/ Horticulture, à Spitalfields
13/ Psaumes 9:9 - "Le Seigneur est un refuge pour ceux qui sont opressés, une forteresse dans les temps de trouble ..."
14/ Horticulture, à Spitalfields
15/ Horlogers huguenots
16/ Un marchand de tissus de soie de Spitalfields
17/ Méreau avec une croix, une bobine pour la soie et une branche de chêne qui symbolise la force et la fidélité
18/ La croix huguenote
19/ Méreau avec les armoiries de la France, un canari et une branche de chêne qui symbolise la force et la fidélité
20/ Un protestant prêchant à l'église neuve (dans Brick Lane)




Le sondage de décembre 2000




n1

n2

n3

n4
Photos (prises le 16.12.2000) d'un des quartiers de Londres o s'étaient installés les Huguenots français, autour d'un hôpital dont on vient de découvrir les murs de soubassement(n0), devant le marché couvert actuel (n7).

n 0

Les petites rues, Artillery, Duval, Calvin (n1), Fournier (n2), Crispin (n3), Nantes ou Fleur-de-Lis (n5) rappelent leur présence, pour quelques temps encore. L'église de "Christchurch Spitalfields" (n4), au milieu du quartier, a été bâtie entre 1711 et 1729. C'est un district ancien, tout en briques du XIXe siècle, plus ou moins noircies; un endroit plutôt déshérité mais en pleine "rénovation", avec de grands immeubles qui font peu à peu disparaître ces vestiges du Londres de DICKENS. Au nord, les rues Navarre, Rochelle (n6), Palissy, Ligonier ; au sud, la rue Threadneedle (n8) (ou était le Consistoire), à la porte de la City, avec ses grandes banques omniprésentes. Les Huguenots étaient aussi à Soho et dans de nombreux autres endroits de Londres et du Royaume Uni.


n5

n6

n7

n8


Aucun EUZET, du moins avec cette graphie du nom, ne semble être allé en Angleterre, avant ou après la révocation de l'Edit de Nantes. On trouve, cependant, des AUSET, des HEUSE, des HOUSET, des HEUZÉ, bref suffisamment de variations autour de la forme principale du nom pour que l'on se pose quelques questions.

Le 8 mai 1651, Bromsberrow (Goucester), est baptisé Eliz AUSET fille de R. AUSET et de Eliz ? (Family Search, film 6911917). Cette source demande à être vérifiée soigneusement. En effet, la forme AUSET est caractéristique aussi bien d'une origine de la Provence que de la Norvège. Compte tenu de l'année (1651), la piste norvégienne paraît la plus probable.

Par contre, tout se complique avec les autres graphies. On trouve dans les volumes de la "Huguenot Society of London" plusieurs références :

- (Vol 9) "Threadneedle Street" : De CAUS Pierre, fils de Jean de CAUS et de sa femme Elisabeth "HEUES" ; dans les témoins, il y a "la femme de Jean HEUSE". 13 juin 1619.

- (vol 52) dans les archives de l'hôpital de la Providence : 7 juin 1788, HEUZÉ Marie, native de Londres, âgée de 61 ans, fille de Pierre HEUZÉ de la ville de Dieppe dans la Haute Normandie, réfugiée en Angleterre pour cause de religion, reçoit 8 livres du comité ; demeure "n2 East Street Spittal Fields", admise le 26.07.1788. Plus loin, au 23 avril 1774, on trouve Pierre HEUZÉ, de Dieppe en Normandie, âgé de 75 ans, affligé de rhumatisme, incapable de gagner sa vie, admis dans le même hôpital le 08.01.1774.

- (vol 53), au 30 août 1740, HUZET Jeanne, infirme et veuve de Nicolas, lui de Nantes, née à Londres, fille d'Olivier DUMONT, âgée de 62 ans. Elle demeure à Soho.

- (vol 40 42), dans le "Register of the Artillery Spitalfields 1691-1786), on trouve de nombreuses mentions de HEUZE : Anne, Elizabeth, Esther, Jean, Pierre, Suzanne, Louis, Madeleine et Marie. Ce registre est à revoir car il n'est pas dit que tous ces HEUZE soient originaires de Nantes ou de Dieppe comme dans les deux exemples des volumes 52 et 53. On y note d'ailleurs des Huguenots originaires de Montpellier : AUBERT, CAZALET, FALCONNET, etc, de Clermont l'Hérault comme FERMIGNAC, etc. Le Languedoc est donc bien représenté mais, pour autant, les HEUZE, HEUZÉ ou autre HUZET semblent plutôt issus de la langue d'oïl, des régions de Bretagne et de Normandie. Dans ces cas, l'origine n'est pas "le chêne vert du midi" mais "la botte du nord". C'est toute la difficult de cette recherche avec des variations qui recouvrent les deux types de significations.

Et puis quand des descendants de Huguenots français reviennent en France, c'est encore plus difficile de s'y retrouver ! Ainsi, dans le recensement de 1876 de Montagnac (34), on trouve le comte Jean de PUYSSEGUR de CHATENET qui habite "Château de Lavagnac" et qui est répertorié avec sa femme et leurs deux petites filles, âgées respectivement de 3 et 2 ans. Avec la famille, il y a 5 domestiques dont Marie EUZET, âgée de 30 ans et de nationalité anglaise. Manifestement, il s'agit d'une sorte de gouvernante chargée d'apprendre à parler anglais aux deux demoiselles, ce qui se faisait couramment dans la haute société de l'époque. Elle n'est pas encore au domaine lors du recensement de Montagnac de 1872 (mais le comte n'est pas encore marié). Elle n'y est plus au recensement de Montagnac de 1881, ce qui est plus surprenant (et il n'y a pas d'autre domestique anglaise). Qui donc était cette Marie EUZET ? Nous formons l'hypothèse qu'elle pourrait être une descendante de Normands, Bretons ou Nordistes protestants émigrés en Angleterre. En effet, les recenseurs se satisfaisaient de déclarations orales et notaient souvent en fonction de l'orthographe des patronymes qu'ils connaissaient. Or, si le nom EUZET (issu de la langue d'Oc) ou HEUZÉ et HEUZEY (issus de la langue d'Oïl) se prononcent de la même manière, il est évident que la forme unique utilisée dans l'Hérault (après 1789) est EUZET. Seul bémol à cette hypothèse, le fait qu'une famille très catholique ait pu embaucher une protestante pour apprendre à parler anglais à leurs filles (mais ces recensements ne donnent pas de renseignements sur la religion). Bien sûr, il faudrait pouvoir prouver cette hypothèse mais c'est quasiment impossible. C'est seulement très vraisemblable.

Références


- Proceedings of the Huguenot Society of London, vol XXI n 5, pp. 404-436 et vol XXII, n 6, pp. 509-568 : deux articles du chercheur néozélandais, Robin D. GWYNN, intitulés : "The Distribution of Huguenot Refugees in England". L'article du vol XXII est consacré à Londres et à ses environs. Le volume III, n 10, traite de l'hôpital de la Providence que l'on retrouve dans le volume X, n 2, avec des photos. A noter aussi le volume XVI, pp. 27-49, un article de I. Scouloudi : "Alien Immigration into and Alien Communities in London, 1558-1640".

- Les volumes de la Huguenot Society of London, en particulier de XL à XVII, qui comprennent le "Register of the church of the Artillery Spitalfields, 1691-1786 et aussi les numéros LII et LIII où sont étudiées les archives de "la Providence" : on y remarque les déformations des noms, des classiques aux plus originales. Par exemple, AUZIERES, alias AUSSIERES ou EUZIERE ou AUGERE (originaire de Thoiron, dans le Gard).Tous ces documents se trouvent à la Bibliothèque de l'Histoire du Protestantisme Français, à Paris.

- Bernard COTTRET : Terre d'exil. L'Angleterre et ses réfugiés. 16e-17e siècles. Avant-propos d'E. LEROY-LADURIE. Référence à la Bibliothèque Mazarine, à Paris : 8 89047. Editions Aubier, 13, Quai de Conti. Paris 6e. Collection historique. 1985. Livre particulièrement intéressant qui donne quelques "clés" permettant de comprendre ce qui s'est passé. Voici quelques extraits, à titre d'exemple :
(p.104) : "Alors que spontanément, nous songerions à deux catégories, les Anglais et les étrangers, il y en a en fait une troisième, les denizens, mot intraductible, qui tient du métèque classique. Les denizens ont un droit de Cité étendu, sans pour autant se confondre totalement avec les sujets du royaume (...)".
(p.105) : "Ce statut juridique de l'étranger, voire de l'étranger-sujet, denizen , souffre d'une fondamentale ambiguïté (...)".
(p.106) : "Le stranger c'est l'étranger au pays alors que le foreigner, contrairement à l'usage actuel, désigne le nouveau venu de la Cité (...), freeman (l'homme libre) désigne avant tout le bourgeois (...)."
(p.62) : "En s'en tenant uniquement à Londres, on peut dénombrer une bonne trentaine de temples différents dans les années qui suivent la révocation, et au tout début du XVIIIe siècle".
Et puis, cette magnifique citation, à la page 55 :
"Il n'y a pas, en effet, d'histoire sans hypothèse, ainsi que Lucien Febvre le répétait à satiété". (Lucien Febvre. Combat pour l'histoire. Paris. 1953.)

- Bernard COTTRET donne aussi de nombreuses références utiles pour l'histoire et la généalogie. Par exemple, des manuscrits, à la Bibliothèque nationale, à Paris : MSS fr 7044 sur les fugitifs à Londres, vers 1680, etc.

- Paul BAKER : guide de Londres, spécialiste de Spitalfields, nous a fait visiter le quartier, le 08.02.2016.

- Friedrich ENGELS (en 1845) : "Les tisseurs de soie de Londres, notamment à Spitalfields, ont depuis longtemps vécu périodiquement dans la plus noire misère ; encore aujourd'hui ils n'ont guère de raisons d'être satisfaits de leur sort. C'est ce qu'on peut conclure de leur participation très active à tous les mouvements ouvriers anglais et en particulier à ceux de Londres. La misère qui régnait parmi eux, fut la cause de cette fièvre qui éclata dans les quartiers est de Londres et incita la commission à enquêter sur les conditions d'hygiène où vivait la classe ouvrière." Extrait de "La situation de la classe laborieuse en Angleterre" - traduction par Jean-Marie TREMBLAY, professeur au Cégep de Chicoutimi (Canada), p. 163, dans la collection, "Les classiques des sciences sociales."

- Microfilms concernant la communauté huguenote de Londres (1560-1889), 37 rouleaux microfilms ; cote MF 319 à la Bibliothèque de l'Histoire du Protestantisme Français, à Paris : "Les archives de l'Eglise Protestante Française sont conservées dans la bibliothèque de l'église de Soho Square. Les archives de l'église comprennent plus de 300 manuscrits et plus de cent papiers divers. La plupart se rapportent au XVIIIe siècle. Le plus ancien est un volume d'actes pour les années 1560-1565 (Ms 1)"

2/ L'Allemagne

Le site Family Search des Mormons indiquait, il y a quelques années, la naissance de Johann M. Marguard Karl EUSET, en 1717, à Hornegg, Kronweissenberg, Baden. Le père était Joseph Anton EUSET et la mère Miss Von SCHSENAU. Il s'agit peut-être d'une SCHOENAU-WEHR, une noble de cette région entre Bâle et Lörrach. Quant au lieu, c'est probablement le château de Horneck, qui existe encore à "Gundelsheim am Neckar". Selon les aléas de l'histoire, ce château, qui est dans une région intermédiaire, peut avoir appartenu au Land de Baden, ce qui n'est pas le cas actuellement. Par contre, pour le moment, le lieu de Kronweissenberg n'a pas été retrouvé. La seule piste possible est Wissembourg qui s'appelait aussi Kron-Weissenburg ou Cron-Weissemburg. On peut facilement imaginer qu'il y a eu confusion entre le e et le u, d'où le glissement entre Weissenberg et Weissenburg. Par contre, les deux autres références, Horneck et Baden ne conviennent plus dans cette hypothèse. Pour progresser, il faudrait consulter les registres de baptêmes catholiques et surtout protestants de Wissembourg pour l'année 1717. Une bonne partie est conservée aux AD 67. (à suivre)

Références

- un site sur Mundelsheim (en allemand) : http://www.heilbronn-neckar.de/burgenstr/012/gundel.htm

- un site sur l'histoire et la recherche généalogique en Bade-Wurttemberg (en anglais) : http://www2.genealogy.net/gene/reg/BAD-WUE/hist.html ou http://www2.genealogy.net/gene/reg/BAD-WUE/BW.html

- un site sur la recherche généalogique en Allemagne (en anglais) : http://www2.genealogy.net/gene/vereine/VFWKWB/VFWKWB.html

- un site sur la recherche généalogique en Allemagne (en anglais) : http://my.bawue.de/~hanacek/info/edatbase.htm

- un site sur les sites généalogiques concernant le Bade-Wurttemberg ,en particulier, Baden-Württemberg GenWeb (en anglais) :
http://www.ub.uni-heidelberg.de/helios/fachinfo/www/gesch/tipfam.htm

- un site sur les enquêtes que l'on peut mener sur les noms de personnes du Bade-Wurttemberg (en anglais) :
http://www.rootsweb.com/~deubadnw/family/query.html

- Microfilm Mormons n 184301, f 672. Malheureusement, ce numéro est celui d'un enregistrement qui est réservé aux Mormons car il s'agit de ce qu'ils appellent des "ordonnances". Nous avons donc dû écrire à Salt Lake City pour connaître le nom de celui qui avait donné cette information. Par courriel du 05.10.2001, Baerbel JOHNSON nous a répondu ceci :

"The film number 184301 is a film of temple record. These records are only available to active members of the Church of Jesus Christ of Latter Day Saints, and are not sent to family history centers. Because the ordinances were done a long time ago, it is unlikely that those who did the work are still alive. Looking at the temple records would not help you in your research.

The records from Baden have been filmed. However, there is a problem with the locality mentionned in this entry. "Kronweissenberg" is not found in any gazetteer. At some time there was a place called "Kronweissenburg" in Bavaria, but I cannot find it on a map or in the gazetteer either. There is no place called "Hornegg" in Germany, but there are two villages called "Horneck. Apparently the information in the IGI was given from memory or family tradition."

Perhaps you can tell me how the person listed below fits in your family, and in which towns your ancestors are known to have lived. Then I can check a little further. Good luck in your research !"


- Les précisions, en plus du microfilm et des renseignements donnés par Baerbel JOHNSON, sont du chercheur allemand Winfried FEUCHT, grâce à l'aide du chercheur Raymond KRIEGEL. W. FEUCHT a aussi indiqué l'adresse des archives pour obtenir d'autres renseignements : Städtischer Archiv der Stadt. D.74831 Gundelsheim am Neckar. Le centre de Salt Lake City n'ayant pas donné plus de renseignements, nous avons écrit au centre d'archives de Gundelsheim, le 27.01.2002. Une réponse a été faite le 02.10.02, par le Dr Wolfram ANGERBAUER (Landratsamt Heilbronn) :

"Die Stadt Gundelsheim hat mir am 25.09.2002 Ihre Anfrage nahr dem 1717 in Hornegg Kronweissenberg, Baden geborenen Euzet mit der Bitte um Beantwortung zugeleitet. Horneck bei Gundelsheim schliesse ich aus, da keine Beziehung zu Baden vorliegt und Horneck bis um 1800 lediglich Sitz der Verwaltung eines Deutschordischen Oberamtes am Neckar war. Sofern sich Ihre Anfrage in der Zwischenzeit nicht bereits erledigt hat, dürfen Sie mir gern die Kopie des Eintrages von 1717 zuleiten. Vielleicht kann ich dann etwas mehr erkennen."

Une nouvelle piste s'est ouverte en août 2005, avec la suggestion du chercheur Albert KLEIN, dans la liste de diffusion "Lorraine_trois_frontières", à savoir que la ville de Wissembourg (67) s'est aussi appelée Kron-Weissenburg ou Cron-Weissemburg. Pour autant, cela ne règle que temporairement le problème, car c'est alors le lieu "Hornegg" ou "Horneck" qui ne semble pas exister à Wissembourg et, de même, la mention "Baden" paraît illogique pour cette ville impériale déjà rattachée au royaume de France.

3/ La Norvège

Le nom de lieu, Auset, se trouve en Norvège au moins à deux endroits. D'une part, une ferme près de Hegra et de Stjordal, dans le comté de Nord-Trondelag et, d'autre part, un hameau dans le comté de Trondheim, près du Snillfjord. Ces deux sites sont dans le centre-nord de la Norvège, à hauteur de la ville de Trondheim. Une illustration permettra, ultérieurement, de visualiser.

Le nom AUSET (comme EUZET, EUSET, ELZET ou AUZET) trouve son origine, pour un Français, dans le sud de la France, le Languedoc ou la Provence, en gros de Montpellier à Nice, c'est-à-dire sur des terres où poussent les chênes verts, puisque c'est la signification de ces noms, dans notre pays. (voir
Les EUZET et les familles dont les noms sont proches mais diffrents)

Avec l'émigration causée par la répression contre les protestants, nous pouvons légitimement penser que des AUZET de la RPR sont arrivés jusqu'en Norvège et qu'ils y ont fait souche. La première hypothèse qui vient donc à l'esprit est une implantation de Huguenots du midi dans ces terres scandinaves.

Cette hypothèse semble confirmée par les BMS de la région d'Hegra où des AUSET ont prospéré à partir d'une ferme du même nom. Une simple consultation d'Internet montre la persistance du nom, au moins du XVIIIe siècle à aujourd'hui, particulièrement dans la région de Trondheim. De plus, certains ont émigré aux Etats Unis, où nous notons parfois un changement du nom en Auseth. Pour avoir une confirmation ou une infirmation de cette hypothèse, il faudra étudier les BMS les plus anciens (1714 pour la région d'Hegra) et l'histoire des fermes et des habitants de cette région (qui a été réalisée par deux auteurs, l'un au XIXe siècle et l'autre récemment).

Pourtant cette interprétation est battue en brèche par une simple observation, de la carte du centre de la Norvège. Nous nous apercevons alors que beaucoup de hameaux ou de fermes ont leur nom qui se termine par "set", à l'instar d'Auset (35 exemples sont donnés dans les références, pour la région centrale de la Norvège). Il semble donc que la signification de cette terminaison est "ferme" ou "petite localité". Nous aurions alors la ferme d'Au (pour Auset) ou encore celles de Jen, de Klau, d'Orm, d'Ho, de Renn, de Tron, de Gull, etc. Ces noms dont nous pouvons deviner, dans certains cas, la provenance (Stein, Gull), à savoir un minéral ou un animal, ont dû aussi évoquer le nom du premier propriétaire, selon le même processus de construction des noms que nous trouvons en France. Nous voyons ainsi que, dans cette hypothèse, les Auset de Norvège n'auraient strictement rien à voir avec les Auset ou Auzet de France.

- Existe-t-il, en français, un livre qui puisse apporter de nouveaux éléments à l'une des deux hypothèses développées dans cette page ?

- Eliz AUSET, baptisée à Bromsberrow, dans le Gloucestershire, en Angleterre, en 1651, n'est-elle pas d'ascendance norvégienne ?

Références

- carte routière 1 : 325 000 Kmmerly + Frey. Norvège Centrale II (Alesund - Trondheim - Namsos). Sur cette carte du centre de la Norvège, il y a de nombreux hameaux ou fermes dont le nom se termine par "et" ou, plus souvent encore, par "set" : Buset, Auset, Tuset, Helset, Alset, Hoset (2 endroits), Haugset, Hallset, Hindset, Ormset, Skogset, Utset, Gaupset, Silset, Furset, Mauset, Hegset, Berset, Langset, Talset, Hovset, Orset, Klauset, Jenset, Rorset, Myrset, Rosset, Rennset, Heggset, Steinset, Gullset, Dalset, Viset, Tronset ...

- http://www.rootsweb.com/~mngenweb/lookups.htm Ce site recense pour le Minnesota (USA) les travaux de généalogie de certains pays qui ont fourni des émigrants à l'Amérique. En ce qui concerne la Norvège, sont notamment cités les travaux de Kathryn KELLY sur les fermes dépendant de la paroisse de Stjordal et sur les personnes qui y vivaient. Nous y retrouvons, dans le volume 5, la ferme Auset (rien que pour ce volume, 48 fermes sont indiquées, dont Hoset, Buland et Berget, des noms à consonnance française).

- BMS pour les localités d'Hegra, Lanke, Meraker, Skatval, Stjordal et Vaernes. Période 1714-1739. Film Mormons n 125394. Les Mormons ont aussi 11 films sur l'histoire et la généalogie des habitants des fermes de cette région (en norvégien). Les BMS, pour la même zone, ont été filmés pour Hegra jusqu'en 1821. Le site de Family Search des Mormons indique la présence d'AUSET en Norvège, à partir de 1739. Peder HALVORSEN ou AUSET, né vers 1739, est marié à Marit JOHNSEN. Ils ont pour fils, Halvor PEDERSEN (AUSET), baptisé à Hegra en 1765. Celui-ci se marie avec Anne LARSEN KLEIVEN, le 10 avril 1794, et meurt le 12 juin 1838. Ils ont pour fille Marit HALVORSEN, baptisée le 26 décembre 1798. Le site indique le lieu : "Auset, Hegra, N-Tig. Norw." Elle décède dans le même lieu, le 13 novembre 1870. Mariée le 14 novembre 1833 à Hegra, elle a un fils nommé Beret LASSESEN AUSET et une fille Ane LASSESEN AUSET, les deux baptisés à Hegra, respectivement le 20 octobre 1835 et le 28 février 1834. Ces notations sont surprenantes. Il semblerait que le nom AUSET soit d'abord une espèce de surnom ou de premier nom que l'on tient à garder comme une trace familiale. Il semble ensuite que ce soit devenu le nom d'un lieu. Enfin, le nom saute même une génération puisque Marit HALVORSEN (3me génération) ne le porte pas. Par contre, il revient en force à la 4me génération.

- de nombreux sites montrent la présence continue, jusqu'à aujourd'hui, d'AUSET en Norvège et aussi aux USA, à la suite d'émigrations norvégiennes (avec parfois la transformation du nom en AUSETH) :

http://www.samefolket.se/aldre-nummer/apr99se.htm
http://homepages.paradise.net.nz/mike.heeney/irctkd.htm
www.nkf.no/nkf/gjestbok/guestbook.html
home.c2i.net/olangaas/a06.htm
http://www.multinet.no/~paalk/index.html
etc.

L'exemple de ce sujet montre les services que peut apporter Internet. En faisant une recherche sur le mot "AUSET", dans le site de Family Search des Mormons, les informations sur la Norvège et les films disponibles sont apparus, en particulier pour la région d'Hegra. En faisant, via google.com, une recherche sur les mots "Auset Hegra Norway", de nouvelles informations sont apparues et puis encore d'autres, en utilisant toujours le moteur de recherche Google, et en faisant une recherche sur "Auset Norvège", puis sur "Hegra Norway". Des dizaines de sites ont été indiqués qui ont permis de bâtir l'article, complété par l'analyse d'une carte routière trouvée à l'espace IGN de Paris. Ainsi, pratiquement sans bouger de chez soi peut-on, aujourd'hui, progresser très vite dans une recherche.

En "triturant" les modes d'accès à partir de quelques données (un nom de localité, un nom de pays, un site généalogique ...), nous pouvons obtenir des résultats non négligeables. Il est toujours possible ensuite d'ajouter des illustrations (que nous pouvons aussi trouver sur Internet) et commencer à échanger des renseignements plus précis, grâce aux messageries electroniques (e-mails) qui sont indiquées dans la plupart des sites.



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