La lignée des EUZET du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc (34).

La branche de Cazevieille
(les mas de Sueilles et de Peyrebrune).
(T 78-2, anciens S1-2 et S8-2)



"Je m'étais donné pour tâche, pendant mes deux jours de congé de la Toussaint, de relever, sur place, le plan d'un vieux château du moyen âge perché sur le sommet d'une colline rocheuse. Ses ruines continuaient à dominer les garrigues austères, les vignes aux couleurs si vives en cette saison et les routes de la plaine qui, de si haut, ressemblaient à de minuscules sentiers tout blancs. Depuis plusieurs mois, je prenais en effet un plaisir infini à reconstituer, d'après des documents d'archives, l'histoire de ce fief, la vie de ces vieilles pierres brûlées par le feu et par le soleil. Ma première journée de travail venait de se terminer avec la nuit. (...)" Début d'une nouvelle de Jean BAUMEL, intitulée "L'étrange docteur Z", dans "Nouvelles I" aux éditions "La grande revue", Paris, imprimé en juillet 1957 sur les presses de l'imprimerie CAUSSE, GRAILLE, CASTELNAU, 7, rue Dom-Vaissette, à Montpellier.


Cazevieille aux XIVe et XVe siècles.
Notes sur les verriers.
Sueilles au XVIe siècle.
Sueilles au XVIIe siècle.
Sueilles au XVIIIe siècle.
Sueilles aux XIXe et XXe siècles.
Notes sur les RICOME.
Peyrebrune du XIIe au XXe siècle.



Cazevieille aux XIVe et XVe siècles

Dans un article des Annales du Midi, André SOUTOU a donné la liste des lieux où était prélevé le péage de l'évêque de Maguelone, comte de Melgueil et de Montferrand. Le document de référence est aux Archives départementales de l'Hérault (G 1124, n° 357). Cette liste intéressante en soi a, pour nous, un autre intérêt, celui de montrer la place de Sueilles et de Saint-Gély-du-Fesc (n° 11 sur la carte), deux sites importants dans l'histoire des EUZET. Les lieux de péage que l'auteur a pu localiser, d'après le texte, sont les suivants (extrait de l'article, p. 496 et carte p. 497) :



1 - Sancta Cruce : Sainte-Croix de Quintillargues.
2 - Teyrano : Teyran.
3 - Restancleriis : ce n'est pas Restinclières, commune du canton de Castries, mais Restinclières, château de la commune de Prades-le-Lez.
4 - Genesteto : actuellement lieu disparu de la commune de Lansargues.
5 - Cecellesio : Cécélès, commune de Saint-Mathieu-de-Tréviès.
6 - Tribus Viis : Tréviès.
7 - Sancto Matheo : Saint-Mathieu-de-tréviès.
8 - Cayroleto : tour de Roucayrol, commune des Matelles.
9 - matellis : Les Matelles.
10 - Cucullis : Cuculles, commune de Saint-Jean-de-Cuculles.
11 - Sancto Egidio de Fisco : Saint-Gély-du-Fesc.
12 - Valle Buxeria : Val Boissière, commune de Brissac.





Les lieux de péage de l'évêché de Maguelone,
par André SOUTOU, dans le tome 111, n° 228, des Annales du Midi, oct-dec 1999.

(la numérotation est celle du texte).




Nous renvoyons à l'article pour la totalité de l'analyse, tout en notant ici ce qui peut être utile pour notre sujet :

(p. 496 et 498) "(...) le péage ancien du chemin allant du château [de Montferrand] à Ganges par Notre-Dame-de-Londres était situé à Roque Feran, ancien nom de la tour double de Tourrière, commune de Cazevieille, tandis que le péage du chemin allant de Ganges à Montpellier était, à mon avis, d'après le texte du XIVe siècle présenté ci-dessus, à Cayroulet, c'est-à-dire, comme le démontre l'archéologie, à la tour de Roucayrol, en bordure de la D 986, dans la commune des Matelles. Il est donc vraisemblable qu'entre temps le péage du chemin de Ganges à Montpellier a pris le pas sur celui du château de Montferrand à Ganges, qui n'est pas mentionné dans la liste du XIVe siècle : ce qui signifie que le vieux chemin par Notre-Dame-de-Londres a été remplacé par une nouvelle voie allant de Montpellier à Ganges par Saint-Gély-du-Fesc, la tour de Roucayrol, Sueilles, la commune de Cazevieille, le Mas-de-Londres, le col de la Cardonille, La Baraque (de Val Boissière) et Saint-Bauzille-de-Putois, chemin dont les vestiges sont encore très visibles. (...)".


Les deux tours de Sueilles sont toujours là
(Photo août 2006 par M. Alfred ROMAIN)




Notes sur les verriers

Ce que nous savons aussi des époques antérieures au XVe siècle se trouve dans un livre sur les verriers du Languedoc, écrit par "SAINT QUIRIN". Il nous indique qu'entre les deux flancs du pic Saint Loup, il y avait deux mas de Sueilles : "l'un, peut-être la primitive verrerie, dans la paroisse de Saint Etienne de Cazaveteri (Cazevielle), se montre à nu (...) Au nord (...) le second mas de Sueilles. Cette dernière verrerie, sise dans la paroisse de Notre-Dame-de-Londres, beata Maria de Lundris, est créée par les Adhémar vers 1430 en même temps qu'ils finissent d'exploiter leur précédent établissement d'Assas. C'est là que meurt en 1454 Jacques, fils d'Aymar Adhémar, in mansi verrerié de Sullis (...)".

Dans son livre, comme dans celui de Claude-Annie GAIDAN sur les gentilshommes-verriers du Gard, il apparaît que les AZEMAR ont été les créateurs et les propriétaires du second mas de Sueilles, paroisse de Notre-Dame-de-Londres, et qu'ils ont été probablement aussi les propriétaires ou les usagers de la verrerie du premier mas de Sueilles, à Cazevieille, celui dont nous parlons ici.

L'étude du fonds des AZEMAR/ADHEMAR aux Archives départementales du Gard n'apporte aucune confirmation. Toutes les références données dans les nombreux dossiers ne concernent que le second mas de Sueilles, certainement parce qu'il y a peu d'archives pour le XIVe siècle ou le début du XVe siècle.

A noter, également, un troisième Sueille (sans s) qui se trouve dans le Gard, entre Mialet et Saint-Jean-du-Gard. Il faudra vérifier s'il y avait une verrerie à cet endroit et si les ADHEMAR/AZEMAR de Saint-Maurice-de-Cazevieille et d'Euzet (dans le Gard) y ont exercé leur activité. Pour le moment, nous ne pouvons que constater la similitude entre les toponymes et les patronymes de l'Hérault et du Gard.

SAINT QUIRIN montre aussi les liens entre les verriers et le Triadou : "Nous avons nommé les BERTIN du Triadou ; ils y ont allumé leurs fourneaux de bonne heure, au Triadou même ou à Cazalis (Cazarils)" et "Notre-Dame-de-Londres. Il y en avait un (four du verre) dans le bourg lui-même, l'autre un peu au sud, à Cazarels. Les BERTIN y travaillèrent, après avoir quitté le Triadou" (voit Triadou 1 et Triadou 1 suite 2, pour les BERTIN).

Il est évident que ces références posent question. Si les ADHEMAR/AZEMAR ont créé la deuxième verrerie de Sueilles, c'est que la première, celle de Cazevieille était déjà fermée. Nous pouvons même estimer qu'elle était antérieure à celle d'Assas, puisque les AZEMAR ont quitté Assas pour le second mas de Sueilles. Faisons donc l'hypothèse que la verrerie de Sueilles/Cazevieille a fonctionné au XIVe siècle, à l'époque, peut-être, où Bernard EUZET, de Saint-Gély-du-Fesc, rentrait en possession du mas du Triadou, à Saint-Sébastien-de-Cassagnas. A noter que, au temps de la création de la verrerie de Sueilles (de Notre-dame-de-Londres), vers 1430, le mas de Sueilles (de Saint-Etienne-de-Cazevieille) était tenu par Bertrand FIGAREDE. Or, ce dernier, n'était pas noble et il n'est pas précisé qu'il était verrier. Il faudrait maintenant savoir depuis combien de temps les FIGAREDE étaient maîtres du mas de Sueilles et si leurs prédécesseurs étaient effectivement verriers (au XIVe siècle ou avant ?).

Dans l'article sur les verriers de "Généalogie Magazine" n° 213, nous avons pu lire : Contrairement à une autre idée reçue et colportée, les verriers ne sont pas nécessairement des nobles, comme l'a bien rappelé Bernard QUILLET. Dans une tentative de classification sociale de la France, l'humaniste Jean BODIN (l'auteur des "Six livres de la république", ouvrage publié en 1576) inscrit les verriers parmi les artisans, entre les forgerons et les cordonniers, donc bien loin après les nobles. Beaucoup de généalogistes, qui imaginent avoir du sang bleu parce qu'ils trouvent des verriers parmi leurs ancêtres, se trompent lourdement. Il faut en effet se garder de confondre le maître de la verrerie, qui est noble, et les ouvriers verriers qui ne le sont pas. Un ancêtre mentionné dans un document avec la mention "verrier" n'est donc pas forcément noble. Le gentilhomme-verrier correspond à une réalité dans le royaume de France. C'est le roi Charles VII qui, en 1445, réserva l'art de la verrerie à "des personnages nobles et procréés de noble génération et généalogie de verriers". En Languedoc, la noblesse des verriers était contrôlée par le viguier de Sommières et les gentilhommes ont gardé ce privilège jusqu'en 1735.

Le personnel d'une verrerie pouvait être important, comme nous le voyons pour la verrerie de Lihut, dirigée par M. Le VAILLANT des MAREST, en 1773 : "L'atelier noble comprenait 7 personnes : 3 ouvriers, 3 bossiers et un cueilleur, tous gentilshommes. Le personnel roturier comprenait un maître tiseur, 7 tiseurs et leurs aides, 2 ramasseurs de verre, 2 éplucheurs de verre, 2 façonneurs de paniers pour l'emballage, 1 maréchal-ferrant, des calciniers, des petits valets, des casseurs de bois, des bûcherons, des potiers, des voituriers, des manoeuvres, en tout une cinquantaine de personnes." (le site Internet de la famille Gros-JOLIVALT).

La question qui se pose est alors de savoir dans quelle mesure les EUZET, au coeur d'une région de verreries, à Assas, à Sueilles (Cazevieille et Notre-Dame-de-Londres), au Triadou, à Pompignan, ont été mêlés à cette grande aventure de la verrerie. Ainsi, pour prendre le Triadou où les EUZET ont été sur place dès 1368, n'ont-ils pas, à un quelconque degré travaillé à la verrerie du lieu ? (voir l'article correspondant dans Triadou 1 suite 2)

Pour le démontrer, il est nécessaire de connaître les termes employés pour le métier de verrier dans la région de Montpellier puis, vérifier dans les archives si ces termes ont pu être indiqués au titre d'une activité professionnelle d'un ou de plusieurs EUZET. Pour cela, il faut se reporter à un article de Jean NOUGARET sur la verrerie à Montpellier.

Il nous dit qu'un "seul terme, veyrerius, désigne dans les documents l'artisan verrier, le marchand en gros ou le revendeur au détail. Il n'y a pas, comme en Provence, mention de revenditor ou de mercator en objets de verre. Vers la seconde moitié du XIVe siècle cependant, apparaît le mot vitrerius, synonyme de veyrerius, mais qui peut aussi, au XVe siècle désigner le peintre-verrier. La définition de ces deux termes donnée par J. Renouvier et A. Ricard, pour qui les veyrerii et les vitrerii sont tous des peintres sur verre ou des vitriers nous paraît beaucoup trop restrictive. Elle ne tient en effet aucun compte des nombreux verriers fabricants et surtout revendeurs d'objets en verre qui n'avaient aucun lien avec l'art du vitrail. Il faut donc voir dans le vitrerius non pas le "vitrier" au sens strict et actuel du terme, mais l'équivalent de veyrerius, celui qui travaille ou vend le verre. Nous verrons que c'est cette dernière activité qui caractérise surtout le métier du veyrier montpelliérain." (...)

"Les objets commercialisés étaient sans doute ceux fabriqués dans les ateliers de la garrigue nord-montpelliéraine." (...)

"Ce n'est qu'en 1564 qu'apparaît le terme de marchand verrier." (...)

"Signalons aussi deux autres appellations en rapport avec le travail du verre. En 1343, le 17 avril, Thomas Estève, cristalherius de Montpellier engage pour dix années, un apprenti, Johannes de Brolio (Dubreuil), fils d'un farinerius de la ville afin de lui apprendre le métier (ministerium) (...) Le mot semble (plutôt) désigner (...) un veyrier spécialisé dans une production d'objets en verre blanc transparent, à la mode de Venise qui connaît à Montpellier un certain succès au XIVe siècle." (...)

"En 1370, apparaît un miralhier du nom de P(eyre ?) Ricart, contribuable au septen de Saint Paul, sans doute un verrier spécialisé dans la fabrication de miroirs (sing : mirail). Notons que le verre de mirail est signalé dans les textes en 1356." (...)

"Le terme même d'operatorium que l'érudition montpelliéraine traduit par "ouvroir" (langue d'oc : obrador) peut désigner l'ensemble des corps de métier, "atelier" et/ou boutique (...)

"L'existence de verreries urbaines comme à Avignon au XIIIe siècle et peut-être à Orange au XIVe siècle reste donc hypothétique." (...)


De la liste des verriers que donne l'auteur, un seul pour le XIIIe siècle, 49 pour le XIVe siècle, 12 pour le XVe siècle et 20 pour le XVIe siècle, il n'y a aucun EUZET. Par contre, entre 1538 et 1544, il y a un Mathieu des EUZES, au sixain Sainte Anne. Jean NOUGARET précise : "Certains, sans doute uniquement des revendeurs, peuvent exercer un second métier (...) En 1544, Mathieu des EUZES [est] verrier et laborador (travailleur de terre)". (...)

Ce Mathieu des EUZES, nous l'avions déjà noté dans l'inventaire des archives communales de Montpellier (tome XI, documents comptables) mais nous n'avons jamais trouvé de texte qui fasse la confusion entre les EUZET et les des EUZES ou DELZEUZES ou DESEUZES. La conclusion est donc que, sur Montpellier, il n'y avait pas d'EUZET verriers. Peut-on en dire de même pour ce qui est de la garrigue montpelliéraine ?

Dans son livre sur Teyran, l'abbé VILLEMAGNE donne connaissance d'un acte intéressant : " Le 27 mars 1327, Gaucelme et son fils Guillaume Jacques, seigneur de Teyran, arrentèrent de concert à Pierre de Roversa tous les revenus des arbres, des herbes, des pacages qu'ils possédaient dans toute la paroisse de Saint Etienne de Case vieille et dans tout le val de Montferrand. L'arrentement fut fait pour cinq ans au prix de deux cents livres tournois."

Dans l'extrait de texte latin que donne l'auteur, nous pouvons lire : "Petro de Roversa Veyrerio Montis Pessulani (...)". Il s'agissait donc d'un verrier de Montpellier qui a pu utiliser les bois de Cazevieille pour son industrie ... ce qui veut peut-être dire qu'il n'y avait pas de place pour une autre verrerie sur place, sauf s'il en était le propriétaire.



Sueilles au XVIe siècle

(à compléter)

Sueilles au XVIIe siècle



(à compléter)

Le 24.08.1687, François de RATTE, seigneur et baron de Cambous, baille à André FÉDIÈRE (habitant du château, marquisat de la Rocquette, "sa métairie de Sueilles consistant en maisons, jasses, pailler, estables et autres éléments, terres labourables, vignes, olivette, bois, devois, erbages, paturages ..." ; le bail comprend aussi 300 brebis, 25 cétiers bled thoselle, 20 cétiers paumelle, plus des meubles qui sont dans ladite métairie ; le fermier devra gérer en bon père de famille et rendre le tout à la même valeur à la fin du bail ; les conditions de ce bail sont les suivantes : le fermier prendra la présente année les fruits pendants des olives qui, au contraire, appartiendront au seigneur propriétaire la dernière année ; le fermier a le droit de prendre du bois pour son chauffage mais sans détériorer ni mettre du bétail dans les bois ; il doit entretenir les murs et les fossés des terres du domaine ; des experts en dresseront un état ; il sera tenu d'utiliser le fumier qui proviendra des pailles et du bétail, uniquement pour les terres de la métairie et, comme il ne sera pas sorti la première année, il n'aura pas à le sortir la dernière année ; il entretiendra les ruches qui sont dans sur les terres de la métairie ; il entretiendra aussi le parc qui est à ladite métairie et de même il entretiendra les "couverts" (les toitures) des bâtiments ; le prix du bail est de 1050 livres annuelles, plus une douzaine de poulets, payables en trois payes : 450 livres à la fin du mois de mai prochain, 300 livres à la fin du mois d'août suivant et 300 livres à la fête Saint Michel suivant ; il est convenu que le fermier achèvera de payer à la fin de son afferme qui sera le dernier jour du mois d'août de la dernière année ; quant aux poulets, ils seront donnés tous les ans à la fin de chaque mois de juin ; pour la sûreté de l'opération, les parties obligent leurs biens ; l'acte est passé au château de Cambous, en présence de Jean ICARD (ménager des Matelles) et Jean AMALOU (de Viols) qui signent avec le propriétaire ; le fermier a dit ne savoir signer (notaire Etienne EUZET, de Viols-le-Fort).


Sueilles au XVIIIe siècle

Jacques 1 EUZET (fils de Jean et Françoise CAIZERGUES) rachète le mas de Sueilles, le 29.12.1772, par acte passé devant le notaire Mathieu CLAPAREDE, de Viols-le-Fort. C'est 102 ans avant, le 07.10.1670, que son arrière-grand-père, Pierre EUZET, avait dû vendre le même mas à Antoine de RATTE, baron de Cambous, Pégairolles, Saint-Jean-de-Buèges et autres places. Ce patrimoine s'est retrouvé dans les mains de Marguerite RIGOL de Cambous, baronne de Pégairolles et Buèges, dame de Viols Laval, Le Coulet, Saint Jean, Saint André, Combajagues, Cambous et autres places. C'est son mari, maître de ses biens dotaux, qui a vendu le mas. Il s'agit de Joseph de JULIEN, comte de VINEZAC, marquis de la Roquette, seigneur de Viols-le-Fort et autres places, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis. L'acte fait et récité par le notaire Mathieu CLAPAREDE, de Viols-le-Fort s'est passé dans la salle du château de Cambous, en présence d'Antoine BALLARD (maître en chirurgie) et maître Pierre Barthélémy CLAPAREDE (gradué en droit, habitant de Viols et futur notaire) qui signent avec les parties ; dans cet acte, Jacques déclare qui'il a une parfaite connaissance de la métairie, "la jouissant sans interruption en qualité de fermier depuis environ vingt ans". Effectivement, un autre acte indique qu'il est déjà "fermier du mas de Sueilles" en 1754 et qu'il y habite avec sa famille. On voit donc là l'attachement de cette famille EUZET pour le mas de Sueilles qu'elle possédait dès la mi-XVème siècle, à la suite des FIGAREDE. L'acte détermine précisément les limites du domaine avec les confronts et les bornes plantées mais qui ne permettent pas de s'y retrouver avec les données actuelles ; par exemple, "une borne plantée , a l'angle d'une vieille muraille du costé de Rabassier, de la tirant en droitte ligne a une autre borne plantée près d'un jeune chene" etc. ; un des terrains dépendant de la métairie mais située dans le taillable et juridiction du château de Londres est également inféodé à Jacques EUZET, il s'agit de la pièce appelée le Souleilhan ; la vente se fait sur un montant de 16210 livres (14610 pour la métairie et les biens en dépendant ; 1600 livres pour les meubles et le matériel qui y est laissé) ; il paye immédiatement 7796 livres et s'engage à payer le solde en trois fois : le jour de la Saint Martin 1773, 1774 et 1775, avec l'intérêt à payer à chaque fin d'année sur le pied du denier 20, quitte d'impôts ; deux conditions sont avancées : le vendeur se réserve une des terres faisant 147 cétérées et qu'il chargera sur son compoix ; l'acheteur s'oblige de payer à perpétuité la censive de deux cétérées touzelle au seigneur évêque de Montpellier ; jusque au parfait paiement des 8414 livres du solde du prix, la métairie restera au profit du vendeur ; les parties obligent leurs biens pour la sûreté de l'opération ; à cet acte d'achat du mas de Sueilles était ajouté un autre acte dit de "nouvel achat", c'est-à-dire d'emphitéose perpétuelle pour Jacques EUZET mais cet acte n'est plus dans le minutier du notaire Mathieu CLAPAREDE (ce qui en reste montre que la page a été arrachée).



Sueilles aux XIXe et XXe siècles



Le mas de Sueilles, vers 1955 (photo Le Midi Libre)
Oeuvre du peintre Raoul LAMBERT intitulée : "Le Pic Saint-Loup".
Sur ce peintre, voir "Les images du Pic".




En 1834, les RICOME remplacent les EUZET comme propriétaires du domaine de Sueilles. C'est ce qui est expliqué par deux actes que l'on trouve dans le minutier du notaire Pierre, Augustin, Joseph Fulcrand MAUMEJAN, des Matelles, à la date du 30 décembre (2 E 47/126, respectivement f° 158 et f° 160, aux AD 34).

a) La quittance RICOME à EUZET (en 1834) :

Premier acte du 30.12.1834 où comparaissent, d'une part, Jean RICOME, propriétaire foncier et fermier du domaine de Cambous, commune de "Viols Laval", domicilié audit domaine, et Antoine RICOME, son fils, propriétaire et fermier du domaine de Pous, commune de Notre-Dame-de-Londres, domicilié audit domaine (1), et, d'autre part, Fulcrand EUZET, propriétaire foncier, demeurant au domaine de Sueilles, commune de Cazevieille. "Lesquels ont exposé que suivant un jugement d'adjudication rendu sur sur-enchère, à suite d'expropriation par le tribunal civil de Montpellier, le 25 août dernier, lesdits sieurs RICOME, père et fils, sont restés adjudicataires dudit domaine de Sueilhes situé dans la commune de Cazevieille, appartenant audit sieur EUZET père, au prix de 56.375 francs."

L'acte donne ensuite les détails financiers de l'opération :

- les adjudicataires doivent payer les frais (expropriation, sur-enchère, avoués) : 1931, 96 francs
- les adjudicataires ont déjà payé à Fulcrand EUZET, en plusieurs fois : 11.953, 91 francs
- les adjudicataires payent devant le notaire à Fulcrand EUZET, 6489, 13 francs
- accord pour le paiement du solde (36.000 francs et 21.000 francs d'intérêts), les adjudicataires le gardent pour payer 1/ 18.000 francs que Fulcrand EUZET doit aux héritiers de la dame CASTILHON, veuve GERVAIS (acte du notaire GRASSET, de Montpellier), 2/ 2000 francs à Jean Jacques EUZET, fils de Fulcrand, pour la dot de la dame NOUGAILLAT (acte du notaire CROUZET, de Claret), 3/ 1000 francs à Jean Baptiste EUZET, fils de Fulcrand, pour la dot de la dame JEANJEAN (acte du notaire MAUMEJAN, des Matelles) (2). Et pour le surplus de 15.000 francs, les RICOME les gardent "jusque au décès de M. EUZET père pour faire face soit à la dot et reprises de dame Marie ICARD épouse dudit EUZET père, pouvant s'élever à 10.000 francs environ, soit à la nourriture et entretien des sieurs François et Jean Jacques EUZET, sourd-muet, dont est tenu le sieur EUZET, néanmoins si la dame ICARD épouse EUZET vient à établir l'un de ses enfants ou plusieurs avant le décès de sondit mari, M. RICOME père et M. RICOME son fils promettent et s'obligent de payer à ladite dame ICARD les sommes que celle-ci aurait données à sesdits enfants.". Il est encore écrit que pour ces 15.000 francs, les adjudicataires ne seront comptables de l'intérêt à partir de ce jour que sur le pied de 4 % l'an, jusqu'à complète libération. Les parties signent en présence de François ROUX, propriétaire et maire de Cazevieille, et de Roch COULONDRE, agriculteur des Matelles. L'acte est passé "dans la maisonnage dudit domaine de Sueilhes".



Les paraphes et signatures de Fulcrand EUZET, Jean et Antoine RICOME,
des témoins et du notaire (quittance du 30.12.1834) (3)


b) Le bail à vie RICOME à EUZET (en 1834) :

La quittance ci-dessus est suivie, à la même date, d'un bail très détaillé et très restrictif fait par les deux RICOME à Fulcrand EUZET pour qu'il devienne le fermier du mas de Sueilles, jusqu'à son décès. C'est ce bail qui donne la clé de la présence des EUZET sur place après l'adjudication et c'est probablement cette possibilité de rester sur le domaine qui explique l'acceptation des clauses financières qui paraissent très favorables pour les RICOME.

La première particularité est que le bail est consenti solidairement à Marie ICARD, femme de Fulcrand (elle est même citée en premier) et à Fulcrand EUZET, lui-même :

(Ils) baillent à titre de ferme à la dame Marie ICARD, sans profession, et au sieur Fulcrand EUZET son mari, propriétaire foncier, qui assiste et autorise sa dite épouse (...) demeurant au domaine de Sueilhes, commune de Cazevieille (...), les maisonnages et les pièces de terre, champs, vignes, olivettes, murierede et autres composant ledit domaine de Sueilhes, sauf les réserves ci-après énoncées".

La deuxième particularité est, évidemment, la durée du bail qui est fait pour Fulcrand mais pas pour ses héritiers :

"Ce bail est fait pendant la vie dudit sieur Fulcrand EUZET père et a commencé le 15 août dernier et finira pareil jour de l'année à laquelle arrivera le décès dudit sieur EUZET et moyennant la rente annuelle de treize cens francs que les preneurs promettent et s'obligent de payer solidairement aux sieurs RICOME en trois payements égaux qui auront lieu fin mai, fin août et fin novembre de chaque année, de manière que le premier payement aura lieu le trente un mai prochain et seront continués chaque année ainsi qu'il est dit ci-dessus."

Ce sont ensuite 19 clauses et conditions qui marquent avec la plus grande précision la dépendance de Fulcrand EUZET par rapport aux nouveaux propriétaires :

1/ Les bailleurs auront la faculté de planter dans le courant du bail la quantité de quatre cens arbres muriers ou amendiers aux lieux que cela leur conviendra. Les preneurs donneront deux rayes à ces arbres chaque année et recolleront la feuille ou les fruits qu'ils donneront suivant l'usage du pays. Les preneurs pourront semer du fourrage pour les agneaux et autre objet de cette nature dans les terres plantées mais dans ce cas ils donneront une troisième raye auxdites terres et ne pourront semer le dessous des arbres.

2/ Les sieurs RICOME se réservent les bergeries pour enfermer le troupeau qu'ils ont placé sur ledit domaine. Ils auront le droit de faire manger les herbages qui (...) naturellement sur les terres affermées par leur troupeau. [à compléter]

3/ Les sieurs RICOME père et fils s'obligent de faire jouir paisiblement le preneur des terres affermées et de tenir les batiments clos et couverts.

4/ Les mariés EUZET s'obligent de leur coté d'entretenir les batiments de réparations locatives les murailles qui cloturent les champs et les fossés.

5/ Les preneurs entretiendront les biens affermés en bons menagers et père de famille et feront les travaux et cultures en temps et saisons convenables et à l'usage du pays.

6/ Toutes les pailles, vannes et fumiers seront consommés dans le domaine par les bestiaux ou pour l'engrais des terres, les preneurs ne pourront en (...) ou vendre aucune partie et seront tenus de tailler à la fin du bail et dans les (...) toutes celles qui s'y trouveront. [à compléter]

7/ Les preneurs s'obligent de veiller à ce qu'il soit fait aucune usurpation ou empiètement sur lesdites terres et d'avertir sur le champ les bailleurs de tous ceux qui pourraient y être commis à peine d'en être responsables en leur propre et privé nom.

8/ Les preneurs ne pourront prétendre à aucune diminution du prix ni des charges du présent bail pour cause de grêle, gelée, inondation, stérilité et autres cas prévus et imprévus, à laquelle diminution ils renoncent expressément.

9/ Les preneurs s'obligent de faire tailler chaque année les arbres muriers et autres existant sur ledit domaine ainsi que ceux qui y seront plantés ; les arbres muriers existant actuellement seront fumés chaque trois ans par les mariés EUZET.

10/ La dame EUZET et sondit mari seront tenus de nourrir et loger un, seulement, des bergers qui garderont le troupeau des sieurs RICOME placé sur le domaine.

11/ Les sieurs RICOME père et fils se réservent le droit de planter dans les garrigues dudit domaine deux cens arbres qu'ils cultiveront eux-mêmes. La récolte de ces arbres leur appartiendra.

12/ Les contributions dont ledit domaine se trouvera grevé, autres que celles des portes et fenetres, personnelle et mobiliaire, seront payées chaque année par les propriétaires dudit domaine.

13/ Les preneurs auront la faculté de couper deux gros arbres chêne blanc mais ils ne pourront couper aucun autre arbre de quelle nature qu'il soit sans le consentement des bailleurs.

14/ Les terres et maisonnages affermés sont laissés à l'expiration du bail dans l'état où ils étaient au moment de l'entrée en jouissance des preneurs, à cet effet il sera dressé incessament un état ou relation desdits biens.

15/ Il sera laissé chaque année un tiers des champs en guerets [terres labourées et non ensemencées] selon l'usage du pays.

16/ Les preneurs demeurent garants tant du feu du ciel que de celui qui pourrait être le fait d'une imprudence ou autrement.

17/ Il est bien entendu que les paturages des garrigues, ni des bois, non plus que les coupes de bois ne font pas partie dudit bail.

18/ S'il s'élève entre les parties quelques difficultés, elles seront jugées par Messieurs Guillaume Martin CAVALIER avoué, et Auguste DUSFOUR, président du tribunal civil, demeurant à Montpellier, que les parties nomment pour leurs experts arbitres avec pouvoir de juger en dernier ressort, les dispensant de faire les formalités judiciaires.

19/ Les frais du présent acte sont à la charge des preneurs.

Le bail est passé au domaine de Sueilles, en présence des mêmes témoins et on retrouve donc les mêmes signatures que dans l'acte de quittance (4).

c) La situation financière (en 1838) :

Un autre acte du notaire Pierre, Augustin, Joseph Fulcrand MAUMEJAN, des Matelles, permet de connaître la situation financière entre Fulcrand EUZET et les RICOME. En effet, le 07.12.1838, il est rappelé l'adjudication du 25.08.1834 et les sommes qui ont été payées ou réservées. Sur les 56375 francs de l'adjudication, les adjudicataires ont payé les frais de justice ou "aux mains du sieur EUZET" 20375 francs, ce qui a réduit le prix de l'adjudication à 36000 francs. Sur cette somme, les RICOME ont encore retenu 18000 francs pour les héritiers GERVAIS et 1000 francs pour faire face à l'inscription des enfants de Jean Baptiste EUZET ; ils ont aussi payé 2000 francs à Jacques EUZET (acte reçu par le notaire François Martial SALZE, de Saint-Martin-de-Londres), "il y a environ deux ans" ; enfin, les RICOME ont retenu aussi 10440 francs pour faire face à la dot et reprise de la dame ICARD. Il reste donc 4560 francs que les RICOME ont payé avant cet acte aux époux EUZET qui en concèdent quittance; l'acte est fait et lu, d'une part, aux mariés EUZET, dans leur maison d'habitation appelée Sueilles et, d'autre part, dans l'étude du notaire pour M. RICOME, en présence d'Antoine ROUBIEU (facteur rural) et Jacques LAFOUS (agriculteur), des Matelles qui signent avec RICOME (Fulcrand EUZET ne sait pas signer).

c) La fin du bail (en 1839) :

Fulcrand EUZET décède le 28 novembre 1839, dans "le domaine de Sueilhes", âgé de 83 ans. Cette date marque donc la fin du bail. Elle marque aussi la fin de cette lignée des EUZET au mas de Sueilles (Françoise ICARD s'installera ensuite à Saint-Martin-de-Londres, avec sa fille Françoise Henriette). Une petite-fille de Fulcrand, Telcide, habite encore à Cazevieille, le 4 mai 1843. C'est certainement la dernière de cette lignée dans cette commune.

d) La situation d'après les recensements

La mort de Fulcrand avait été précédée par celle de ses frères : François (sourd-muet), âgé de 78 ans, le 19 février 1835, et Jean Jacques (sourd-muet), àgé de 76 ans, le 13 janvier 1837. Au recensement de 1836, il n'y avait encore que des EUZET au mas (Fulcrand et sa femme, Françoise ICARD, Marie, célibataire de 40 ans, François, célibataire de 29 ans, Henry, célibataire de 28 ans et Françoise Henriette, célibataire de 26 ans). Par contre, au recensement de 1841, les EUZET ont disparu. A leur place, il y a le propriétaire, Auguste RICOME, Henriette ANDRE, ménagère, deux domestiques et deux bergers (5). En 1851, le propriétaire est Jean RICOME avec sa femme, Marie SOULAS, leur fils Hipolyte RICOME, un domestique et deux bergers (6).

En 1856, Jean RICOME (70 ans) y habite encore avec sa famille et cinq domestiques, soit douze personnes au total. En 1861, Antoine Séverin RICOME y habite avec sa famille, trois bergers et trois domestiques, soit quinze personnes au total (7). En 1872, c'est Ambroise FORESTIER qui y habite avec sa famille et deux bergers, soit neuf personnes. Son épouse, Joséphine, est une RICOME et Séverin RICOME, son beau-frère de 25 ans est aussi au mas (8). En 1876, Véronique RICOME, veuve CELLIER, habite au mas avec ses trois enfants, plus un ménage de fermiers avec un enfant et un berger, soit huit personnes. En 1886, Fulcrand (ou Noël) DUFFOUR y habite avec sa famille, un berger et un domestique, soit six habitants au total. En 1891, c'est la même composition mais sans le domestique, soit cinq personnes. En 1901, Emile DUFFOUR (neveu de Fulcrand ?) en est propriétaire et y vit avec sa famille, plus deux domestiques, soit six habitants au total. Dans la période 1921-1925, le mas de Sueilles est inhabité. Le reste est confidentiel. A noter, cependant, que le mas est ensuite de nouveau habité et exploité ( dix habitants dont deux bergers en 1931 et 1936, huit habitants en 1942-1944 et le mas était toujours une exploitation agricole en 1950-1955. Par contre, quand la propriétaire actuelle l'a acheté, il était inhabité et en ruines. Une dépendance du mas, à usage de magnanerie, à été construite à l'époque des DUFOUR, probablement après 1870 et avant 1890 ; ce bâtiment a ensuite servi de bergerie. Il constitue, aujourd'hui, une propriété séparée du mas.



La magnanerie du mas de Sueilles
(photo prise en 1988, c'est-à-dire environ 100 ans après
sa construction par des compagnons du Tour de France)



Ainsi, on voit bien que la connaissance des EUZET de Sueilles est de plus en plus précise. Par contre, il reste encore à trouver comment ils sont redevenus propriétaires du domaine de Sueilles. Le père de Fulcrand, Jacques EUZET, habite encore en 1752 au mas de Peyrebrune mais, en 1754, il est fermier du mas de Sueilles et il y habite. La situation est inchangée en 1761. Par contre, à partir de 1786 et jusqu'à sa mort en 1787, il est indiqué comme étant "ménager" , habitant le mas de Sueilles. On peut donc raisonnablement penser que c'est lui qui a racheté le mas vers 1786, lequel est passé dans les mains de son fils, Fulcrand, jusqu'à l'adjudication de 1834.

Quant aux RICOME, ils ont continué leur politique d'achat de terrains sur Cazevieille. Ainsi, dans le minutier du notaire Amédée GRASSET, de Montpellier (2 E 60/210), on voit que le 04.05.1843 , les cinq enfants et héritiers de Jean Baptiste EUZET (le fils de Fulcrand) et de Marie Pascale JEAN, ont vendu à Jean RICOME père (propriétaire demeurant à Viols-en-Laval) et à Cyprien RICOME (son fils aîné, propriétaire demeurant à Notre-Dame-de-Londres) 276 hectares appelés Pioch Fenouilloux, dans la commune de Cazevieille. Le prix fut de 2000 francs, ce bien venant d'Etienne Joseph JEAN, père de Marie Anne Pascale. Il lui avait fait don de cette terre par acte passé devant le notaire MAUMEJEAN, des Matelles, le 31.08.1813. Finalement, cette vente montre que les EUZET ont continué à se désengager - de gré ou de force - de Cazevieille, en liquidant aussi bien ce qui leur venait du côté paternel que maternel (9).



Notes sur les RICOME
(transmises par M. Gildas LE ROUX et Mme Annie RAMBION, de Viols-le-Fort)


(1) Ici Jean RICOME, fermier du domaine de Cambous, est l’époux de Marie Elisabeth SOULAS. Il est le deuxième fils de Marcelin (ou Marcellin voire Marchelin, suivant les actes ) RICOME et de Marie Gratie EUZET (mariés à l’église de la paroisse du Causse de CAZEVIEILLE le 18 avril 1781), puisqu’un garçon, Joseph, est né avant lui des mêmes parents, le 29 octobre 1783, à Roussières (paroisse de St Etienne de Viols à l’époque et aujourd’hui commune de Viols en Laval).

Ce Joseph frère aîné de Jean avait pour parrain un autre Joseph RICOME, oncle paternel (frère de Marcelin), né le 15 février 1744, baptisé le 18, de parrain Joseph ROUX et de marraine Elisabeth SERVEL, et décédé à Roussières le 23 décembre 1785. Ce parrain du premier fils, dans la tradition, devait être le grand père paternel : mais il est ici l’oncle paternel, car le grand-père paternel, lui aussi Joseph RICOME, ou « Jean Joseph » parfois, est décédé depuis longtemps (le 9 novembre 1746, étant «  ménager de Roussières », enseveli le 10, chapelle Notre Dame de l’église ( cf registre paroissial de St Etienne de Viols 1737-1789 page 60 dans le site internet des A.D. 34).

Jean RICOME, signataire de l’acte de 1834 est natif du 30 septembre 1785, à Roussières également, de parrain un autre Jean RICOME, (frère de Marcelin né le 16 octobre 1733, baptisé le 19 avec pour parrain un autre Jean RICOME, oncle paternel et pour marraine Louise PERIDIER épouse d’un oncle maternel), propriétaire foncier qui a été maire de Viols en Laval de 1801 jusqu’à son décès à Roussières le 29 juillet 1815.

Joseph, fils aîné de Marcelin RICOME et Marie Gratie EUZET décédera peu après son 5ème anniversaire le 14 novembre 1788 et sera enseveli, comme tous les  « RICOME de ROUSSIERES » du 18ème siècle dans la chapelle Notre Dame de l’église paroissiale de Viols où la famille a son tombeau.

Jean RICOME, futur acquéreur de Sueilles s’est donc retrouvé en fin d’année 1788 à l’âge de 3 ans «   fils ainé » et même enfant aîné.

  En effet, avant ces 2 garçons était née une fille, Marie le 27 novembre 1781, à Roussières aussi, de parrain Jacques EUZET, grand-père maternel, et de marraine Marie PLAGNIOL, originaire des Matelles, grand-mère paternelle (veuve en 1746 de (Jean) Joseph RICOME qu’elle avait épousé à l’église Notre Dame des Matelles le 20 février 1730). Cette petite Marie RICOME est décédée à 10 mois le 1er octobre 1782.

Les parents de Marie PLAGNIOL, habitants des Matelles, étaient Guillaume PLAGNIOL et Marie JEAN, du village des Matelles.

Les parents de (Jean) Joseph RICOME (né vers 1704) étaient Jean RICOME (de Sainte Marie de Londres – aujourd’hui Notre Dame de Londres-) et Jeanne RICOME (de Roussières) mariés à St Etienne de Viols le 20 juillet 1694 « avec dispense du Pape Innocent XII » à cause de la parenté).

Jeanne RICOME a été ensevelie le 2 septembre 1749 « dans le tombeau de ses prédécesseurs  chapelle Notre Dame de l’église paroissiale, décédée la veille, environ 80 ans ».

Parmi les autres enfants de Jean et Jeanne RICOME il faut citer Jean RICOME, né le 22 août 1707 à Viols le Fort, ecclésiastique, prêtre et curé de Viols de 1737 jusqu’à son décès le 15 février 1786, et qui sera lui aussi enseveli dans la chapelle Notre Dame le 17 février (cf pages 324 et 325 sur le site internet des AD 34 du registre paroissial 1737-1789 ou page 212 du registre 1752-1792). C’est sans doute lui le parrain du Jean RICOME frère de Marcelin.

On retrouve ce curé officiant ou donnant son autorisation pour une cérémonie de baptême ou décès dans d’autres paroisses que St Etienne de Viols : il intervient à Cazevieille ou Notre Dame de Londres, à St André de Saugras, etc… Le curé de Viols était « archiprêtre » et, en tant que tel, avait autorité sur 9 paroisses. Il se peut qu’il soit intervenu parfois en tant que parent, issu d’une famille de notables locaux.

Marie PLAGNIOL est décédée à Roussières le 9 avril 1787, âgée d’environ 88 ans, et elle a été ensevelie le 10 chapelle Notre Dame de l’église paroissiale de Viols.


(2) Que représentent à l’époque 1000 ou 2000 francs ? Selon le QUID (dernière version papier en 2007) le salaire journalier MOYEN en France d’un ouvrier agricole NON NOURRI était de 1 franc 50 en 1840 et 1 franc 85 en 1860 et pour un ouvrier pouvait « descendre » à 75 centimes environ dans certaines usines d’Alsace.

Ce salaire devait être, par rapport à la valeur moyenne nationale, bien inférieur sur le Causse de Cazevieille… si salaire il y avait (cf aussi Eugène LE ROY dans son livre « Jacou le Croquant » qui décrit la situation paysanne dans une autre région agricole, le Périgord, dans la première moitié du 19ème siècle).

A titre de comparaison, à son décès le 23 mars 1868 Jean RICOME laisse à chacun de ses enfants, en héritage, une rente de 1875 francs sur Sueilhes (tables de l’enregistrement – Successions et absences- St Martin de Londres période 1866-1876 page 129 / 178)


(3) Antoine RICOME qui signe ici est Antoine Cyprien RICOME, né vers 1806, fils aîné de Jean RICOME (qui signe ici aussi) et de Marie Elisabeth SOULAS (voir plus bas plus d’informations au sujet d’Antoine Cyprien).

Cette Marie Elisabeth SOULAS est fille de Jean Baptiste SOULAS et Marie PAUL de Viols le Fort.

Jean Baptiste SOULAS, né le 22 décembre 1758 à Viols était fils d’Amans SOULAS (né 9 octobre 1737, décédé 18 septembre 1783), viguier de Viols et de Marie THIBAL (ou THIBAUD).

Il avait une sœur Anne SOULAS dont le mariage a eu lieu à Viols le 6 août 1783 avec Jacques DUCOURNUT (fils de Pierre DUCOURNUT et Françoise PAULHAN) de Puéchabon – qu’on écrit  « Puechbon » à l’époque. Il est écrit (cf registre St Etienne de Viols 1752 – 1792 page 194 / 277) que cette Anne SOULAS est fille d’Amans SOULAS « qui lui a permis de se marier par procuration (donnée) à monsieur CLAPAREDE notaire » et de feue Marie « THIBAUL ».

Amans SOULAS était lui-même fils de Jacques SOULAS, maire et viguier de Viols, et de Marie GARONE. Marie THIBAL était elle-même fille de Jean THIBAL… maire de la Boissière ! Le mariage d’Amans SOULAS et Marie THIBAL a eu lieu à La Boissière (qui est aujourd’hui encore une commune à l’ouest d’ARGELLIERS) le 27 avril 1756.

Devenu veuf de Marie THIBAL, Amans SOULAS s’est remarié le 11 mai 1779 à Viols avec une… Marie RICOME, jeune sœur de Marcellin RICOME, née « fille posthume  de père» le 6 février 1747 à Roussières.

Amans SOULAS est décédé le 18 septembre 1783 à Viols. Sa jeune veuve Marie RICOME s’est remariée le 18 août 1791 à Viols avec Pierre MALIGE, ménager, « dans la paroisse depuis 10 ans, originaire de Gardilès en Gévaudan » (cf registre VLF 1790-1792 page 13 /18).

Jean Baptiste SOULAS a épousé Marie PAUL ( née vers 1760) le 4 octobre 1783 à Viols. A ce moment-là son père Amans SOULAS est également décédé, tandis que les deux parents de Marie PAUL sont présents au mariage.

On trouve comme témoins ayant signé à cette union : Joseph SOULAS cousin germain de l’époux, Blaise LAVAL de Roussières, Joseph ROUEL « second consul du présent lieu de viols » et, en quatrième, Pierre DUCOURNUT (cf ci-dessus : il est beau-père de la sœur Anne de Jean-Baptiste SOULAS).

Il est « bourgeois, négociant, propriétaire foncier ». En 1793 le couple habite le domaine des Matellettes à Viols le Fort (sur la route de Puéchabon).

Marie PAUL est décédée le 22 novembre 1799 à Viols le Fort.

Elle est née « vers 1760 » (date non encore trouvée), fille de Pierre PAUL et de Jeanne EUZET qui se sont mariés à Viols le 29 juin 1749.

Marie PAUL a eu (au moins) pour frères Michel PAUL baptisé à Viols le 7 septembre 1760 [parrain : Michel … (illisible) et marraine Caterine PAUL cf registre Viols 1752-1792 page 54/ 277] et Joseph PAUL né 20 décembre 1763 [parrain : Joseph … (illisible, peut-être SABADEL ou AUBANEL) marraine Magdeleine PAUL cf ibidem page 75/277)

En 1807 Jean Baptiste SOULAS est maire de Viols le Fort et membre du Collège Electoral du Département.

Autre curiosité des alliances : Si donc, Marie Elisabeth SOULAS, fille de Jean Baptiste SOULAS et Marie PAUL s’est mariée le 6 ventôse an 12 (26 février 1804) à 17 ans et demi (elle est née à Viols le 15 août 1786) avec Jean RICOME « futur propriétaire de Sueilhes », sa jeune sœur Marie Rose SOULAS, née le 4 octobre 1788 à Viols épousera le 18 novembre 1807… Antoine RICOME, né le 6 août 1787, jeune frère du dit Jean RICOME !

Donc les 2 sœurs ont épousé 2 frères, fils de Marcelin RICOME et Marie Gratie EUZET.

On trouve les actes de ces 2 mariages avec les références suivantes sur le site internet des AD 34 :

Pour Jean RICOME et Marie Elisabeth SOULAS : promesse de mariage page 10 et mariage page 12 du registre d’état-civil de Viols le Fort An XII-1821 (noter que les 2 mariés sont mineurs et que le père veuf, Jean Baptiste SOULAS de la mariée est dit « habitant audit Viols quand ladite Marie PAUL vivait », ce qui signifie que sans doute il n’y réside plus depuis un moment (ne pas oublier qu’il est un notable départemental car les grands électeurs ne sont pas si nombreux- moins d’une cinquantaine pour l’Hérault- et Jean Baptiste SOULAS en sera un en 1807).

Pour (Jean) Antoine RICOME et Marie Rose SOULAS voir page 55/295 du même registre (noter qu’entre ces deux mariages Marcelin RICOME, leur père commun, est décédé. La mère est donc ici sollicitée pour donner son accord : « Marie EUZET ci-présente et consentante » mais qui ne sait pas signer).

Noter que les filles SOULAS savent signer, alors qu’à la même époque, la fille de l’instituteur ROCQUES, elle, toujours à Viols le Fort, ne sait pas signer à son mariage.

Si Marie Rose SOULAS est décédée le 16 février 1853 à Notre Dame de Londres, Marie Elisabeth est, elle, décédée à Sueilles le 2 janvier 1855.

Les 2 frères, eux, sont décédés à Viols le Fort, rue de la Duchesse- dans deux logements différents, à 2 mois de distance, en 1868. (Antoine le 6 janvier et Jean le 23 mars).


(4) Antoine Cyprien RICOME, signataire en 1834 avec son père pour l’achat, était l’année précédente, cultivateur au Domaine du Pous, à Notre Dame de Londres, au moment où il s’est marié, à St Martin de Londres (juin ou juillet 1833) avec Marie Véronique CELIE (ou CELIER) née en 1813, fille de François CELLIER propriétaire foncier à St Martin de Londres. Lui-même est présenté dans l’acte de mariage comme âgé de 27 ans « né à Viols le Fort » (cf la publication du mariage en juin 1833 registre de Viols en Laval page 184/199).

En 1836, au recensement de N.D.D.L. n°31 page 9/20, on trouve le couple (lui fermier, 30 ans, elle, 21 ans, plus Marie, leur fille aînée 2 ans, leur fille cadette Marguerite, 1an et François CELLIER, cultivateur, aïeul). D’autres enfants leur naîtront à N.D.D.L. comme Augustin le 2 novembre 1837, Joséphine Marie le 19 mars 1842.

Le recensement de 1841 à Cazevieille fait défaut.

C’est seulement à partir de 1856 qu’Antoine Cyprien RICOME et « Marguerite » CELLIER sont recensés à « Sieuilles » commune de CAZEVIEILLE (page 3/6) avec 3 enfants : Marie 21 ans, Severin 18 ans et « Hyppolite » 4 ans ainsi qu’un frère d’Antoine Cyprien, Séverin RICOME, 30 ans, leur père Jean RICOME (veuf en 1853 à NDDL rappelons-le) plus 2 domestiques et 3 bergers.

En 1861, le couple Antoine Cyprien RICOME – Véronique CELLIER a 7 enfants présents à « Sieuilles » : outre les 3 précédents, noter le retour de 2 filles (Joséphine 18 ans et Julie 16 ans) et l’arrivée de deux nouveaux (Amélie 5 ans, née le 30 septembre 1856 à Cazevieille sous les prénoms « Marie Eugénie Amélie » et Marius 2 ans, né lui aussi à Cazevieille le 2 novembre 1858 sous les prénoms « Marius Antoine Etienne »).

Le père, Jean RICOME n’est plus avec eux (à chercher).

  Leur fille Joséphine (Marie Eugénie) épouse à Cazevieille le 11 mars 1863 Ambroise FORESTIER né à Brissac le 7 juin 1837 (et qui sera agriculteur de Sueilles entre 1872 et 1875). Le premier petit-enfant, Emile FORESTIER naîtra à Montpellier vers 1864, deux autres garçons suivront , nés en Lozère à BANCELS en 1868 et 1870 ; après Isabelle née en 1871 viendra Henri FORESTIER né le 13 avril 1875 à Sueilles et pour finir des jumelles en 1878.

En 1866 c’est le décès à Sueilhes, le 4 avril, d’Antoine Cyprien. Au recensement de cette année-là sa veuve « Véronique CELLIER, propriétaire, chef de ménage, vit à « Sieuilles » avec 7 enfants, car, outre les 6 autres que Joséphine, partie après son mariage, est revenu dans la famille Augustin, l’aîné (« Jean Baptiste Auguste » pour l’état-civil) âgé de 30 ans.

Cet Augustin RICOME se mariera le 7 avril 1869 à Viols le Fort avec Marie Magdeleine Thérèse RIGAL, couturière, née le 19 juillet 1851 à VLF, fille de Jean-Jacques RIGAL et Marie Suzanne CAIZERGUES, habitants de Viols le Fort.

Noter également que Julie RICOME, épousera à Cazevieille le 17 juin 1868 Jean François TEULON, maire de la commune depuis 1862 et veuf de Marie EUZIERE décédée en décembre 1866.

A Sieuilles en 1866 il n’y a plus qu’un domestique avec cette famille.

Pendant cette même année 1866 Jean RICOME est recensé à Notre Dame de Londres chez sa fille Marie-Lucie (Louise) RICOME ( née le 29 mai 1822 à Cambous en Viols en Laval) et son gendre Jean Baptiste MONERY.

On y lit  pages 10 et 11 /21 à Londres-Village n°52: Jean RICOME, 78 ans, rentier. MONERY Baptiste, fermier 49 ans. Marie RICOME, femme, 49 ans. Enfants : Eloi MONERY 23 ans, Marie 19 ans, Hyppolite 17 ans. Angely 13 ans et Joseph 9 ans. Il y a aussi 2 domestiques.

Le « vieux » Jean RICOME viendra finir ses jours deux années plus tard, en mars 1868, à Viols le Fort au n° 30 de la rue de la Duchesse chez une autre de ses filles, Euphrosine Françoise RICOME (la seule à être restée sur Viols le Fort) épouse de Guillaume CAIZERGUES le garde-champêtre (mariage du 18 mars 1841 à Viols le Fort).

Cette fille de Jean RICOME (notée Ephrogine sur la Table Décennale de VLF 1833-1842 pour son mariage) et de Marie Elisabeth SOULAS était née au Mas de Cournon (commune d’Argelliers) le 19 mai 1817 (cf registre Argelliers an XII - 1835 régularisation en février 1822 page 189/331) et Guillaume Noé CAIZERGUES à Maure (commune d'Argelliers aussi) le 25 décembre 1807. On connaît 3 enfants de ce couple.


(5) Cet Auguste RICOME (aussi parfois nommé Jean Baptiste) est un frère d’Antoine Cyprien RICOME ; il est né le 8 avril 1812 à ARGELLIERS (noté aussi Argeliers voire Arzaliès) et a suivi ses parents, après 1819, au domaine de Cambous.

Jeune marié, il est domicilié à Sueilles entre 1840 et 1843, il est né à St Gély du Fesc en 1844. Il a épousé Henriette ANDRE à St Gély du Fesc le 14 septembre 1840 (elle était née en mai 1821 à St Gély du Fesc et est décédée à Sueilles le 10 avril 1843, des suites d’un accouchement). Ce couple Auguste RICOME- Henriette ANDRE a eu 1 garçon Jean Cyprien RICOME, décédé à l’âge d’un an le 15 octobre 1842, et une fille Marie Pascaline RICOME, née le 2 avril 1843 à Sueilles (question : qu’est-elle devenue ?).

Auguste RICOME s’est remarié à Viols le Fort avec Marie Véronique SERVEL, fille de Pierre SERVEL, propriétaire foncier, née le 8 novembre 1813, décédée à Montpellier le 8 décembre 1878. La mère de Marie Véronique SERVEL est une Rose SOULAS (à chercher).

Au moins 4 enfants naitront d’Eugène RICOME et Marie Véronique SERVEL, dont Jean RICOME, né à AUMELAS le 6 décembre 1845, propriétaire viticole à Villeveyrac où il s’installera avec son épouse Marguerite PEYRES de Cournonterral et où il décédera le 16 juin 1917.

Après son 2ème mariage, Auguste RICOME « homme d’affaires » est en 1851 aux Matellettes à Viols le Fort. Il est domicilié à ROUET, à partir de 1856, d’abord au hameau de Lamalou (où le recensement de 1861 indique ce couple, 4 enfants, 9 bergers et 2 domestiques) puis après 1861 au hameau du Crès où il décédera le 4 janvier 1869.


(6) Né le 10 septembre 1827 à Cambous (Viols en Laval), Hippolyte (écrit Hypolite ou Hyppolyte) est indiqué « élève ecclésiastique »)


(7) Antoine Séverin est un frère d’Antoine Cyprien et d’Auguste RICOME. Il peut aussi être nommé Séverin Joseph RICOME. Né à Cambous (Viols en Laval) le 19 janvier 1825, il sera en 1866 au hameau de Lamalou, à ROUET, chez son frère Auguste.

En 1876 il est recensé à Viols le Fort au n°8 du Jeu de Ballon « 51 ans, chef de ménage, cultivateur ». Il est seul dans ce logement (cf recensement VLF 1876 page 9/30).

Domestique en 1881 à Roussières chez Fulcrand CAUSSE, il décédera à Viols le Fort le 22 février 1890.


(8) Ambroise FORESTIER, comme on l’a déjà vu est un gendre de Véronique CELLIER, veuve d’Antoine Cyprien RICOME . Il a épousé Joséphine Marie Eugénie RICOME à Cazevieille le 11 mars 1863. Celle-ci décédera le 7 août 1878 des suites de la naissance de ses jumelles. Au recensement de 1876, Ambroise FORESTIER, Joséphine RICOME et leurs enfants sont à Notre Dame de Londres, au domaine de Lagarde. Veuf, Ambroise FORESTIER sera encore recensé avec sa famille à « La Garde » en 1881 (cf recensement Notre Dame de Londres page 12/13).


(9) Les politiques de «développement» des domaines des RICOME peuvent s'expliquer par les besoins en espace et en herbe des troupeaux de moutons (en moyenne, on dit qu’il fallait, dans l’élevage traditionnel, 1 hectare par an par mouton).

On note qu’à ROUET Auguste RICOME en 1861 était recensé avec 9 bergers, ce qui est énorme.

Mais cette « expansion » des territoires RICOME les conduisent à des conflits avec les intérêts publics.

Ainsi, à Viols le Fort, en 1812-1813, le maire accuse Jean RICOME de Roussières d’usurpation d’une partie du bois communal du Patus. Cette affaire, comme d’autres équivalentes, a pris des années pour être réglée et il est notable que la seule famille nommée dans ces dossiers soit précisément celle de Jean RICOME.

Dans les dossiers d’administration communale de Viols le Fort détenus aux Archives de l’Hérault, on peut trouver les dossiers suivants avec les présentations résumées ci-dessous :

« Bois communal, délimitation avec le bois de la Sellette, propriété de RICOME (Jean) du Hameau de Roussière (commune de Viols en Laval) usurpateur d’une partie de ce bois (plan géométrique, 7 février 1812). Instance devant le tribunal civil de l’arrondissement de Montpellier (1812-1813) ».

Cette affaire, comme d’autres du même genre à V.LF. conduira le Conseil Municipal et le Maire à obtenir en 1834 la nomination de OLLIER (Jacques Martin) comme expert pour la reconnaissance et l’estimation des terrains « usurpés » (1834), la vente de 3 parcelles en 1835, l’adjudication de pâturages sur 4 terrains en 1837.

Il y aura ensuite, toujours à Viols le Fort, un dossier « Terrains communaux défrichés et usurpés, déclaration des détenteurs (1844) » , la « vente de 2 vacants communaux n°466-467 et n°477 section B (1845) ».

Puis viendra : « acquisition par la commune d’un terrain boisé appartenant à RICOME (Jean) et enclavé dans la forêt communale (1846-1848) ».

Enfin on notera aussi le dossier «  Pâturage dans les bois communaux, désignation d’un passage temporaire pour le troupeau de MONERY J.B. adjudicataire du droit de pâturage dans la forêt communale (1867) ».

Jean Baptiste MONERY était un gendre de Jean RICOME (voir ci-dessus).




"Le Pic" et sa région, le 28.02.2011
(photo prise par M. Gildas LE ROUX)



Peyrebrune du XIIe siècle au XXe siècle

1 / "Peyrebrune" deux références du cartulaire de Maguelone : de Petra Bruna, 1189 (c. Magal.I., p. 363) et mansus de Peiras Brunas, 1258 (c. Magal. III, p. 1105), d'après les transcriptions de l'abbé ROUQUETTE.


2 / Dans le livre de Pierre MACAIRE et Michele LENGLIN intitulé : "Noms de lieux et de personnes du val de Londres" (collection Le plein des sens - 1997), une phrase évoque le site de Peyrebrune. Les auteurs ont eux-mêmes recopié cet extrait à partir de "Cazevieille, Notes d'histoire" : Les renseignements sont rares sur le château-fort de Cazevieille situé dans une zone presque désertique. Il s'identifie peut-être avec le castrum de Peyre-Brunes mentionné dans un texte de 1190.


3 / Donation à cause de mort par Pierre JOBYRAS, prêtre et ermite du Pic Saint Loup [AD 34 : 2 E 94, notaire J. FONTANHILON, f° 60 - du 23.06.1430 (cote à revoir)]. Pièce justificative en annexe du livre de Louis DE CHARRIN : "Les testaments de Montpellier au Moyen Age", 1961

Item anno que supra et die XXIII mensis junii, Illustrissimo etc. Et reverendo etc. Noverint etc. quod frater et dominus Petrus Jobyrasii, presbiter et heremictus Sancti Lupi, parrochie Sancti Johannis de Cocullis, vallis Montisferrandi et Magalone diocesis. Sciens quod etc.

Item volens saluti anime sue providere et de se et bonis suis infrascriptis ordinare dum sibi facere donationes causa mortis infrascriptas de se et bonis suis fecit, condidit et ordinavit ut sequitur. Et primo animam suam altissimo mundi Creatori et gloriose Beate Marie Virgini,ejus pie genitrici, dedit etc. Et deinde elegit corpori suo sepeliendo ecclesiasticam sepulturam in ecclesia Sancti Lupi. Et ut ipse dedit de bonis suis domino priori Sancti Johannis de Cocullis pro lecto suo funerario et sepultura unum mutonem auri.

Item voluit quod in exequiis suis sint duo domini presbiteri tum missas celebrantes et dedit cuilibet ex ipsis amore Dei unum mutonem auri et quod etc.

Item dedit dicta donatione causa mortis et amore Dei Alasacie, filie Petri Figarede mansi de Petrisbrunis, parrochie Sancti Stephani de Casaveteri, licet absentem et michi notario infrascripto ut cum etc. stipulanti pro eadem et suis, in adjutorium sui maritatgii primo unum missale usus ecclesie romane quod habeo in Montispessulano in posse Katherine, relicte Petri [blanc] condam, basterii Montispessulani.

Item et quoddam breviarium novum nondum completum quod habet in heremitagio de Valcrosa in posse domini Johannis Alpilhati, scriptoris Montispessulani, pro quoquidem breviario tenetur adhuc dicto domino Johanni ut ibidem asseruit in sexdecim mutones auri pro resta dicti breviarii, pro quibusquidem sexdecim mutonibus auri dicto domino Johanni exsolvendis dictus frater Petrus traditit ibidem in presentia mei notarii et testium infrascriptorum Bertrando Figarede alias de Suelhis in custodia sex scuta auri et quatuor mutones auri, quequidem sex scuta et quatuor mutones voluit tradi dicto domino Johanni completo dicto breviario et si conservet dictum breviarium, amitti voluit et ordinavit dictos sex scuta auri et quatuor mutones auri dari et tradi dicte Alasacie in adjutorium dicti sui maritatgii ipso tum Petro deffuncto, alias non. ...

Item dedit dicte Alasacie , licet absenti et michi notario etc. stipulanti in adjutorium dicti sui maritagii amore Dei ultra predicta quemdam librum continentem textum evangeliarum et epistolarum et plures orationes qui incipit in secundo folio Intende.

Item quemdam librum collectorum qui incipit in sexto folio Parce domine. Et si dicta summa dictorum sex scutorum et quatuor mutonum dictorum Bertrando Figarede alias de Suelhis tradita non sufficeret ad solvendos dictos sexdecim mutones auri, voluit et ordinavit quod dictus Petrus de Petrisbrunis teneatur solvere illud quod defficeret.

Item dedit dicta donatione causa mortis et amore Dei domino Petro de Montilliis, presbitero, habitatori de Matellis parrochie etc. quemdam breviarium ordinum monachorum parvi valoris quod incipit in primo folio Ecce dies veniunt.

Item unum ordinarium et quosdam matutinas Beate Marie et Mortuorum incipiens in secundo folio Post domine laba mea in prima linea gelis.

Item ordinarium vero incipit in primo folio Asperges me etc. et quod etc.

Item dedit dicta donatione causa mortis et amore Dei Petro de Podiis loci de Matellis, filholo suo, presenti etc. quasdam partes gramatice et quiquidem accidentes in pergameno scriptos.

Item unum breviarium usus romane ecclesie quod habeo pro exemplari in dicto loco sive heremitagio de Vallecrosa.

Item unum psalterium quod incipit post kalenderium in primo folio Primo dierum etc.

Item etiam unum missale usus romane ecclesie quod incipit post kalenderium in tertio folio Devotionis mee etc.

Item et quasdam matutinas continentas officium Beate Marie et Mortuorum que incipiunt post kalenderium in secundo folio Exaudivit Domine etc.

Item et quemdam librum gramatice vocatum Johannes de Gardiis quem habet dicta Katherina in commandam voluit tum et ordinavit quod si contingeret dictum Petrum mori in pupillari etate aut alias ab intestato, quod dicta bona sibi donata ad Ermengardem, matrem suam, pleno jure veniant et suos.

Item etiam dedit dicta donatione causa mortis operi Sancti Lupi et michi notario stipulanti etc. quedam vestimenta sua sacerdotalia et quasdam napas altaris.

Item unum parvum missel non completum modicum combustum quod incipit in secundo folio At ad me etc. et quod dictum opus seu operarius ejusdem teneatur providere corpori suo sepeliendo de aliis vestimentis sacerdotalibus minoris valoris.

Item dedit dicta donatione causa mortis et amore Dei dicto Petro Figarede alias de Petrisbrunis presenti etc. totum oleum quod ipse frater Petrus habet et habebit tempore mortis sue ubicumque sit et fuerit et quod dictus Petrus de dicto oleo teneatur dare operi Sancti Stephani unum sestarium oley.

Item etiam dedit dicto Petro dicta donatione causa mortis de dictis bonis suis de illis quinque mutonibus auri in quibus sibi facto fratri Petro tenetur Katherina, relicta supradicti Petri [blanc] condam, basterii Montispessulani, duos mutones auri. Residuos vero tres mutones auri dedit amore Dei et dicta donatione causa mortis dicte Katherine in adjutorium maritagii, neptis sue, salvo tum et retento sibi dicto fratri Petro quod si ipse ab hac in seculo evaderet, quod dicta bona ad eumdem revertantur.

Item voluit et ordinavit quod dictus Bertrandus Figarede dictos libros superius designatos teneat recipere et custodire et ipso defuncto ipsos tradere donatoribus predictis aliis et alias non.

Item voluit et ordinavit quod si contingat eumdem fratrem Petrum evadere ab hac in seculo quod teneatur ipsos libros et etiam dictos sex scutos et quatuor mutones ipsi fratro Petro reddere et restituere.

Item etiam voluit et ordinavit quod teneatur dictus Bertrandus custodire et penes se tenere libros dicto Petro de Podiis, filholo suo, donatos donec et quousque fuerit etate sexdecim annorum, exeptis tum libris gramaticalibus sibi necessariis ad addicendum et erudiendum eum in scolis. Exequtorem sive gadiatorem donationum predictarum fecit, constituit et ordinavit videlicet supranominatum Bertrandum cui exequtionem et distributionem predictorum jussit.

Quasquidem donationes laudavit etc. et valere voluit jure donationis causa mortis, codicillorum aut alterius cujuslibet ultime voluntatis. Cassans etc. rogans etc. de quibus etc.

Actum in Sancto Lupo in camera dicti fratris Petri, presentibus Anthonio Nigri, de Sumena, domino Johanne Nigri, presbitero, priore de Montearnaudo, Stephano de Cortesio, mansi de Cortesio, domino Petro de Montilliis, presbitero de Matellis, Petro Costeti, clerici civitatis Mimatensis et Bertrando Figarede alias de Suelhis, Petro Figarede, mansi de Petrisbrunis. Et me Johanne Fontanilhonis etc.


Dans le site de "LOUPIC" (cliquer sur
le site de Loupic dans le fichier des sites que nous recommandons). Une mise à jour de ce site, d'août 2004 donne des précisions sur l'ermite Pierre SOUBEYRAS (il s'agit du Pierre JOBYRAS ci-dessus) : Le 24 juillet 1428, Jean ROQUE légait par testament deux moutons d'or au frère Pierre SOUBEYRAS, ermite du Pic Saint Loup. (article de Mme DURAND-TULLOU, d'après un article de presse écrit par G. FABRE dans "La Garrigue entre la Séranne et le pic Saint Loup" n° 85 - Juin 1996.

[Pour en savoir plus sur les ermites du pic Saint Loup, voir les contes et légendes du Pic Saint-Loup].

4/ (à compléter).





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