Réflexions sur la recherche



"Moi qui n'ai survécu à rien - si ce n'est à quelques petites humiliations -, je ne comprends pas mon obsession à retrouver des traces qui ne me concernent pas, ou si peu ou de si loin. Je ne comprends pas, mais j'insiste, j'insiste ... J'y passe beaucoup de temps. J'ai un penchant : j'exhume des noms oubliés comme d'autres chassent des trésors ou cajolent des voitures. Je recherche des existences sur lesquelles on a posé un voile de silence. Je fouille dans les souterrains de l'histoire. Je poursuis des ombres. Je remarque les silhouettes. Je suis le biographe des fantômes. Oui, je passe beaucoup de temps avec des fantômes. Des noms depuis longtemps disparus me deviennent familiers. Je dis d'eux : je les connais, comme des amis perdus de vue. Parfois, il m'arrive même de faire découvrir aux familles des épisodes de leur histoire qui leur étaient inconnus. Je tente de retrouver des noms effacés comme on désire adopter un enfant." Extrait de la préface de L'étoile jaune et le croissant de Mohammed AÏSSAOUI (éditions Gallimard, 2012).





"Le" Pic Saint-Loup et son château mythique dans le soleil du soir
(photo J.C.E., le 19.08.2002)



Observations sur les sources de la génération 1 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Les actes des consuls de Montpellier se trouvent aux Archives municipales de Montpellier (3ème étage de la médiathèque centrale Emile ZOLA, à l'angle du boulevard de l'aéroport international et de la rue Poseidon). Les meilleures précautions sont prises pour éviter d'abîmer ces petits registres vénérables : gants blancs pour la manipulation et lutrin pour les supporter. A souligner l'excellent accueil du personnel et le confort agréable de la grande salle de consultation. Il y a aussi une autre salle, à côté, pour les livres anciens. Dans les deux cas, on a rapidement la commande après avoir repéré la cote. En ce qui concerne le registre demandé (BB3), il faut noter qu'il y a une erreur dans le catalogue où l'on trouve la transcription et la traduction de ces textes latins. En effet, celui qui a fait ce travail (très utile, par ailleurs) a noté pour les actes de 1342-1343 qu'il s'agissait de Saint Genies du Fesc. Or, cette localité n'existe pas. Il s'agit bien de Saint-Gély-du-Fesc, ce qui est confirmé par le mot "Egidii" qui se traduit ici par Gély (mais qui, ailleurs, se traduit par Gilles). Cette observation pour montrer qu'il faut utiliser les inventaires imprimés pour profiter de ces transcriptions/traductions qui sont de véritables "raccourcis" pour la recherche mais il faut aussi s'en méfier par crainte d'erreurs et donc vérifier avec le document original, à chaque fois que c'est possible.



Observations sur les sources de la génération 2 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Evidemment, plus on avance dans le temps, plus il est utile et passionnant d'aller "voir sur place". Faire de l'histoire et de la généalogie en se rendant sur les lieux où ont vécu ses ancêtres, c'est une expérience qui réserve des sensations fortes. Se trouver, par exemple, devant l'ancien mas d'Euzet, à Saint-Gély-du-Fesc, c'est se rendre compte que l'on est sur les lieux mêmes où ils vivaient au 14ème siècle. Frapper à la porte de ce qui est devenu un château et dire au propriétaire qui vous ouvre la porte : "bonjour, mes ancêtres vivaient là il y a sept siècles", puis-je rentrer et voir ce que sont devenus ces lieux ? ... c'est, en quelque sorte défier le bon sens. On se dit, en aparté, "nous allons être pris pour l'idiot du village ou, pis, pour un escroc qui cherche à pénétrer pour commettre un larcin". Et puis, quand on voit que l'on vous ouvre grand cette fameuse porte, que l'on vous fait visiter, que l'on vous retient à déjeuner, vraiment on se dit que l'on a de la chance. Quand, dans la cuisine, on vous montre les sous-bassements de l'ancien mas, quand on vous raconte la saga des de GIRARD et que l'on voit la galerie de leurs portraits, on a vraiment l'impression d'être dans le grand courant de l'histoire de ce lieu magique : des EUZET aux COULONDRES, des de GIRARD aux DURAND de GIRARD, tout se tient, tout se relie, tout s'explique. Merci, Monsieur et Madame DURAND de GIRARD pour cette merveilleuse journée. Oui, la visite des lieux est vraiment un complément nécessaire à l'étude des documents. C'est au mas d'Euzet que les deux frères, Raymond et Bernard EUZET ont décidé du sort de leur lignée. L'un, Raymond, est resté au mas. L'autre, Bernard, par son mariage avec Probe de Prat s'est octroyé le mas de Prat et le mas du Triadou. Leurs descendants conserveront ces "prises" jusqu'à la Révolution. En conclusion, nous ne pouvons qu'inciter les chercheurs à voir d'eux-mêmes les lieux où ont vécu leurs ancêtres. Ce sont des souvenirs inoubliables en perspective.



Observations sur les sources de la génération 3 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Nous ne saurions trop insister sur l'intérêt historique et généalogique des reconnaissances féodales. Celles de 1442 de Mathieu EUZET n'ont pas été retrouvées (le minutier du notaire de FURNO commence en 1443 aux AD 34 !) mais les sources postérieures n'ont pas manqué de les rappeler en tant qu'évènement fondateur de l'installation de la lignée au Triadou, en quelque sorte. Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple, Pierre EUZET (du mas de Prat) et Jacques EUZET (du Triadou) ont rappelé ces reconnaissances dans "l'aveu et dénombreument" du 8 mai 1672, c'est-à-dire 230 ans plus tard : "Nous Pierre EUZET du mas de Prats, paroisse de Viols, dioceze de Montpellier, et Jacques EUZET, procureur juridictionnel de la comté de Montferrand, habitant du Triadour, audit dioceze, metons et baillons par devant vous messieurs les Officiers ordinaires en la temporalité du seigneur evesque dudit Montpellier de tous les fiefs et directes que nous tenons et possedons par indivis dans ladite comté de Montferrand et que nos devanceurs ont jouy et possedes depuis l'an 1442, que Mathieu EUZET dudit Triadour en fit hommage au seigneur evesque de Maguelonne." C'est pourquoi le procès des censives du Triadou les évoque aussi et il en est de même d'un bon nombre d'actes notariés, et ce jusqu'à la Révolution. Grâce à ces repères, on peut suivre "à la trace" tous les héritiers du premier "investisseur", en l'occurence Mathieu EUZET de cette troisième génération de la lignée. Quand les héritiers en question portent le même patronyme, le jeu de piste devient encore plus facile et "il suffit" alors de trouver les actes notariés qui donnent leur filiation respective. Ce n'est pas le plus facile, évidemment, mais c'est grandement facilité par ces reconnaissances. Par exemple, avec les mêmes reconnaissances mais faites en 1450 par Guillaume (4ème génération) qui apparaît comme le fils de Mathieu dans le testament de ce dernier. Puis, les reconnaissances de Jean et d'Arnaud (5ème génération) en 1456 que l'on sait être les fils de Guillaume, grâce à leurs contrats de mariage de 1450, etc., jusqu'en 1789.



Observations sur les sources de la génération 4 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Il y a toujours, dans une généalogie, un acte préféré, un acte-clé qui donne à l'ensemble de la construction le sens premier, l'orientation décisive qui permet de comprendre l'évolution de la lignée aux périodes les plus anciennes. En l'occurence, il s'agit du double contrat de mariage de 1423, celui qui a fait passer le mas d'Euzet (de Saint-Gély-du-Fesc) des EUZET aux COULONDRES et, celui qui a démontré la filiation entre les EUZET de St Gély et les EUZET du Triadou. Pourtant, ce n'est pas l'acte le plus ancien retrouvé, puisque le contrat de mariage d'Aymoin EUZET est de 1406 mais ce dernier n'apporte rien de plus sur la lignée elle-même. Par contre, l'acte de 1423 est d'une richesse incroyable. Sa traduction complète et son analyse sont données dans "Le mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc (suite 2)". On y "voit" la figure de la douairière, Agnès ALEGRE, veuve de Raymond EUZET, une maîtresse femme, manifestement, qui "met au pas" tous les hommes qui l'entourent et qui sait obtenir la protection des puissants et des juristes pour "caser" définitivement ses deux petites-filles mineures. Un morceau de choix qui n'a pas d'équivalent dans les actes qui suivent.

Cet acte indiqué seulement sous la courte rubrique "Mariage de Pierre COULONDRES" et écrit en latin d'une écriture cursive serrée n'aurait peut-être pas été découvert si une contributrice, Madame Pascale GARCIAS, ne nous l'avait signalé. Il faut s'arrêter un instant la-dessus. En effet, les Archives départementales de l'Hérault (AD 34) possèdent une riche réserve d'actes notariés du 15ème siècle. Une bonne partie est microfilmée mais leur analyse suppose de longs visionnages qui sont impossibles à faire quand on habite loin des AD 34. Pourtant, ce sont ces archives et uniquement celles-là qui permettraient de trouver de nouvelles pistes et, qui sait, de nouveaux actes important. A ce jour (11.02.2008), ce fonds est en partie numérisé. On peut donc espérer qu'il sera disponible en ligne sur Internet prochainement. Seule une analyse à domicile, en prenant son temps, permettrait une lecture exhaustive et rationnelle de ces minutiers si difficiles à parcourir. Et là, comme soeur Anne sur sa tour, nous attendons depuis longtemps ! Le système est prêt mais le Conseil général de l'Hérault ne le diffuse pas car sa volonté est qu'il soit payant. On a parlé de 2 euros par jour. A ce tarif, il vaut mieux abandonner ses ambitions tout de suite. Au fait, Madame Christine ALBANEL, n'est-ce-pas vous qui avez affirmé que l'accès aux archives publiques devait être gratuit ? Le feuilleton est à suivre, Madame la Ministre.

Nous reprenons le fil de ce feuilleton, le 16.04.2008, pour dire que, finalement, après la mobilisation des chercheurs (en particulier, grâce à une importante pétition à partir du forum CGW 34 et aussi grâce à quelques conseils avisés et discrets auprès des décideurs), le Conseil général de l'Hérault a décidé que la mise en ligne serait gratuite pour les utilisateurs. Le système devrait voir le jour avant l'été. La photo ci-dessous est une copie du rapport présenté le 14.04.2008 par M. Philippe SAUREL (conseiller général délégué, notamment, aux Archives départementales, et adjoint au maire de Montpellier). Après discussion, le Conseil général a voté favorablement pour la gratuité de la consultation des archives départementales en ligne sur Internet.



"Le rapport présenté au Conseil général de l'Hérault, le 14.04.2008

La mise en ligne est faite depuis le 19 mai 2008. Voir la suite de ce commentaire dans les observations sur les sources de la génération 6.



Observations sur les sources de la génération 5 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Les actes de cette période sont suffisamment rares pour que chacun soit examiné de près. A titre d'exemple, dans le compromis du 16 décembre 1456, on voit que le litige porte (notamment) sur une pièce de terre qui s'appelle "Tactigos", dans la paroisse de Saint-Sébastien-de-Cassagnas (le Triadou). Cette terre est revendiquée par les deux frères Guillaume et Antoine (de) LATOUR. Il est précisé que ce lieu tient à un devès appartenant aux deux frères Arnaud et Jean EUZET. Or, dans le compoix de la Val de Montferrand qui a été fait un siècle plus tard (1550-1554), on trouve dans le "manifest" de Guillaume (de) LATOUR la mention suivante : "ung deves appelé Tartigous". C'est manifestement le même lieu avec le glissement de Tactigos à Tactigous puis à Tartigous. Au passage, on trouve l'origine du mot devès dans le livre de Paul FABRE sur les "Noms de lieux du Languedoc" (Editions Bonneton, 1995). Il écrit que le mot vient du latin defensum, defensam qui a donné en ancien occitan devés, devesa. La signification est défens, pâturage ou bois communal dont l'usage est réglementé. Il ajoute que ces noms, devès et devèze, se trouvent par centaines en Languedoc. On voit donc tout l'intérêt de l'étude des lieux dans les accords ou compromis, intérêt non seulement pour l'histoire familiale mais aussi pour l'histoire des villages. En ce qui concerne les familles EUZET et LATOUR, tous les actes montrent un partage entre eux des différents lieux, aussi bien pour le mas du Triadou lui-même que pour les terres qui en dépendent. Manifestement, ce partage est le résultat d'une succession qui a suivi des mariages entre des fils et filles EUZET et LATOUR. Enfants de Bernard, de Mathieu ou de Guillaume EUZET ? Pour le moment, il est impossible de répondre car aucun acte retrouvé ne donne de précisions à ce sujet. On en est donc à recueillir un faisceau d'indices et le compromis de 1456 apporte sa pierre à ce qui n'est, pour le moment, qu'une hypothèse.

Autre hypothèse encore plus passionnante : la lignée de Sueilles (au village de Cazevieille) est elle simplement un rameau de celle de Saint-Gély-du-Fesc (et du Triadou) ? L'analyse des actes notariés conservés montre que les deux frères EUZET qui ont épousé les deux soeurs FIGAREDE, héritières du mas de Sueilles, ont dû se marier vers 1450. Or, dans un courrier écrit par Madame François EUZET (de Sainte-Croix-de-Quintillargues), elle évoque - sans donner la référence - un contrat de mariage au mas de Sueilles, dans lequel Jean et Guillaume EUZET (du Triadou) viennent assister comme témoins. Il ne peut s'agir que de Guillaume (génération 4) et de Jean, son fils (génération 5). Les pièces encore existantes montrent que Guillaume n'apparaît plus dans les actes après 1450 et que, dans le procès des censives du Triadou, les titulaires du mas du Triadou sont ses deux fils, Jean et Arnaud, en 1456. Evidemment, c'est insuffisant pour conclure à la parenté entre Guillaume et Jean (du Triadou), d'une part, Bringuier et Antoine (du mas de Sueilles), d'autre part. Cependant, on constate que la politique de ces familles est bien semblable; Ainsi, en 1423, ce sont deux frères COULONDRES qui se marient avec les deux soeurs EUZET, héritières du mas d'Euzet, à Saint-Gély-du-Fesc. Ainsi, en 1450, ce sont les deux frères EUZET (héritiers du mas du Triadou) qui épousent deux soeurs REDIER, du mas de Lascours. Dans les deux cas, celui qui paraît être le patriarche qui décide est Mathieu EUZET (génération 3). N'est-il pas aussi à l'origine du double mariage de Bringuier et Antoine EUZET, au mas de Sueilles ? Et, dans ce cas, ceux-ci ne sont-ils pas aussi deux fils de Guillaume et petits-fils de Mathieu ?

Additif, le 26.10.2012 : depuis que cette note a été écrite, un autre acte, le contrat de mariage de Marquese LATOUR (le 09.11.1464) a été trouvé, confortant l'analyse ci-dessus (se reporter à Cazevieille (l'introduction).



Observations sur les sources de la génération 6 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Pour nous, il y a deux époques dans la recherche sur ce site : avant et après le 19 mai 2008, c'est-à-dire avant ou après la mise en ligne sur Internet des fichiers numérisés des Archives départementales de l'Hérault (AD 34). En effet, même si de nombreuses branches se sont développées en dehors de ce département, la majorité des lignées s'y trouvent. Avant, cela voulait dire surtout la course aux relevés faits par les généalogistes amateurs, en particulier ceux du Cercle généalogique de Languedoc (CGL) et, bien sûr, il y avait de nombreux déplacements sur place, ce qui a permis d'ailleurs d'établir, en même temps, de nombreux contacts et de se faire de nouveaux amis. Les relevés du CGL se sont révélés d'une grande richesse et grâce à eux, la recherche a tout de suite fait un bond. Quant aux contacts, le seul examen de cette génération 6 nous en montre le côté fructueux avec les actes trouvés et signalés par M. Marc MORANDAT et M. Gabriel PEYRE. Ce ne sont là que quelques exemple mais beaucoup d'autres se trouvent dans les références des "suites 1" ou encore sont signalés ou repris dans le fichier des "contributeurs". Il faut surtout souligner le rôle central joué par M. Georges DI MÉGLIO qui a mis ces relevés à notre disposition et qui nous a présenté beaucoup de chercheurs. Avant, c'était aussi de longues séances de visionnage de microfilms au centre des Mormons des Lilas, à Paris. Séances épuisantes en soirée, après le travail, mais heureusement que ces microfilms existaient car ils ont bien complété les relevés du CGL. C'était donc avant !

Après, c'est-à-dire aujourd'hui (3 août 2008), il faut changer complètement de méthode de travail. Le site des AD 34 est particulièrement riche, même s'il est encore en montée en charge (notamment, en ce qui concerne les minutiers anciens rassemblés par l'évêché de Montpellier). Nous avions suggéré aux informaticiens de mettre en priorité les tables décennales et, le plus rapidement possible, les déclarations de mariages. C'est fait et ce sont autant de "raccourcis" qui facilitent la recherche et libèrent le serveur. Pouvoir consulter à domicile les registres paroissiaux, l'état civil, les recensements, beaucoup de minutiers anciens, l'enregistrement, le cadastre, etc. veut dire qu'il est temps de vérifier les données déjà inscrites sur le site, rectifier les erreurs, combler les oublis, croiser un maximum de données, sans être lié par des impératifs de temps, en tout cas dans une moindre mesure. Pour autant, les déplacements sur place sont toujours nécessaires, afin de compléter avec les séries non numérisées, en particulier pour les minutiers. Ces déplacements peuvent être mieux préparés et donc être encore plus productifs aux AD mêmes et dans les villages pour les photographies.

La période avant va être vite oubliée et les nouveaux généalogistes auront du mal à comprendre comment on pouvait travailler autrement. En fait, c'est l'ensemble de l'environnement généalogique qui est obligé de changer, à cause ou grâce à ces mises en lignes des archives départementales ou communales. Les associations sont amenées à délaisser les registres paroissiaux (les fameux "BMS") pour se recentrer sur les séries non numérisées mais d'une grande utilité pour se repérer plus facilement (enregistrement, insinuations, contrôle des actes, sous l'Ancien Régime, par exemple). De leur côté, les généalogistes professionnels se rendent compte que la demande va porter sur des époques plus anciennes (et donc d'une lisibilité moins évidente), car les chercheurs vont apprendre rapidement à remonter le temps avec ces "archives à domicile". Bref, l'après ne sera plus jamais comme l'avant ...

Dans la recherche historique et généalogique, arrive toujours un moment où surgissent de nouveaux outils qui permettent de faire "un bond qualitatif" dans la connaissance. Après l'arrivée des archives de l'Hérault en ligne en juin 2008, la fin du mois d'août et le début septembre 2009 ont vu la mise en ligne des inventaires de contrats de mariage, testaments et autres actes notariaux filiatifs - à partir de la fin du XIIIe siècle et jusqu'au XVIIe siècle - réalisés par l'archiviste Y. CHASSIN du GUERNY. La numérisation a été faite par "Mike", c'est-à-dire Michel MORICE qui en a assuré aussi la mise en ligne sur "Planète Généalogie". C'est d'une richesse extraordinaire, aussi bien pour le Gard que pour l'Hérault. Pour ce dernier département, on y retrouve le notariat ancien acquis par le clergé : série 2 E 95 qui est, actuellement (le 09.09.2009), en partie seulement mis en ligne sur le site des AD 34 ; il y a aussi les inventaires (un résumé plus ou moins long) des plus anciens minutiers des notaires de Lodève et de Ganges. Or, ces minutes sont, le plus souvent, difficilement lisibles. C'est donc un accélérateur des recherches qui est mis gratuitement à notre disposition. Grâce à ce travail minutieux et quasiment exhaustif, il est désormais possible de repérer les actes les plus intéressants et de les retrouver plus facilement dans les minutiers numérisés ou encore accessibles sur papier.



Observations sur les sources de la génération 7 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

S'il est bien un miracle pour les généalogistes, c'est quand ils découvrent un des ces magnifiques procès menés par les chapitres cathédraux, au 17ème ou au 18ème siècle. Ils sont magnifiques parce qu'ils font remonter les droits prétendus loin en arrière, quelquefois jusqu'au 12ème ou au 13ème siècle. Et si, en plus, ces procès concernent les familles que l'on recherche, le bonheur est complet. C'est bien ce qui nous est arrivé pour la paroisse du Triadou. Cependant, il n'est pas si évident de s'y retrouver dans ces documents aux multiples facettes.

Ainsi, dans le procès des censives du Triadou, le chapitre cathédral de Montpellier a mis en avant un "levoir" de 1456 et des reconnaissances des années 1520 et 1523 pour faire valoir ses prétentions contre les droits des EUZET. L'objectif était de présenter des reconnaissances plus anciennes que celles des EUZET. Or, ceux-ci n'avaient en main que les reconnaissances prononcées sous l'égide du notaire Claude LEBLANC, dans les années 1615 à 1618, car on sait que les actes plus anciens avaient été détruits pendant les guerres de religion. Ainsi, présenter des reconnaissances des 15ème et 16ème siècles permettait au chapitre de déclarer que ses droits étaient antérieurs et donc supérieurs.

C'est pourquoi, dans son mémoire du 28 juin 1726, Jean EUZET s'est attaché à montrer la fausseté de ces "preuves" : "à l'égard de la 1ère pièce (...) que ce n'est pas même un levoir car l'on n'y voit aucun payment couché à la marge ; c'est un prétendu extrait d'un autre extrait abrégé non signé qui ne fait pas même mention des notaires qui ont retenu les prétendues reconnaissances y énoncées et qui enfin ne paraît pas même si ancien qu'on le suppose car outre qu'il est écrit (en) français, d'ailleurs le style dans lequel il est conçu n'est ni du 14ème ni même du 16ème siècle, de sorte que ce prétendu extrait ne peut passer suivant la doctrine de FERRIERE (...)" De même, le mémoire de Jean EUZET démolit l'argumentation du chapitre pour les reconnaissances du 16ème siècle : "c'est encore un autre extrait d'extrait qui non seulement a les mêmes défauts que le précédent (...) et ce qui est encore pis, il choque la vraissemblance car si en 1520, Pierre, Antoine et autre Antoine EUZET avaient reconnu au prieur de Saint Firmin un quart du mas du Triadou et Pierre BERTIN un autre quart, il n'y a nulle apparence que trois ans après seulement, aux mêmes mois et aux mêmes jours et même prieur, leur en eut exigé des nouvelles, n'y ayant point de changement ni du Seigneur ni des emphytéotes". etc. etc.

Ce mémoire dégage une impression de rigueur mais on se dit que, peut-être, les EUZET sont allés un peu loin dans l'argumentation en accusant le chapitre cathédral d'avoir fabriqué des faux. Pourtant un autre procès (concernant le prieuré du Triadou) entre l'évêque de Montpellier et son chapitre est édifiant à cet égard. Parmi les arguments développés par l'évêque, on peut lire notamment ceci : "Il faut (...) regarder comme inutile et mettre encore à l'écart l'extrait que le chapitre prétend avoir tiré du registre contenant un abrégé des transactions et actes prétendus trouvés dans les archives de Saint Firmin (...) par deux raisons hors de réplique. La première, parce que régulièrement (...) les abrégés des actes faits par les notaires même recevants ne font aucune foi en justice. La seconde parce que l'abrégé que le chapitre rapporte par extrait ne dit ni de quel acte cet abrégé a été tiré, ni le temps auquel il a été fait, ni le lieu ou il a été passé, ni le notaire qui l'a reçu." etc. etc. Mais c'est sur le commentaire suivant (du mémoire de l'évêque) que l'on veut surtout attirer l'attention : "La seconde (réflexion) est prise de la qualité de l'auteur de cet ouvrage (une pièce présentée par le chapitre), c'était un chanoine de la cathédrale St Pierre, intéressé à augmenter et étendre les droits et les privilèges de son corps (...) il est vrai que le même auteur qui suivant toute apparence a forgé cette pièce à plaisir (...) etc. etc.

Ainsi, on voit que les procédés du chapitre sont les mêmes dans le procès des censives du Triadou (contre les EUZET) et dans le procès pour la collation du prieuré du Triadou (contre l'évêque), ces deux procès étant concomitants. En deux mots, le chapitre n'hésitait pas à fabriquer et à utiliser des faux pour faire aboutir ses prétentions.

Si nous avons tenu, ici, à rappeler ces faits, c'est que les chercheurs se trouvent par rapport à ces procès des 17ème et 18ème siècles devant des questions auxquelles il est souvent difficile de répondre. Qui avait raison ? Que valaient les arguments respectifs ? La qualité de corps de l'Eglise des évêques ou des chapitres cathédraux supposait-elle une plus grande honnêteté par rapport aux personnes privées ? etc. etc. Les arguments développés contre le chapitre cathédral de Montpellier montrent qu'il faut savoir prendre de la distance par rapport aux arguments et ne pas accepter sans critiques ce qui est développé dans ces mémoires.



Observations sur les sources de la génération 8 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Une des grandes difficultés de la généalogie est de relier une branche qui apparaît dans une localité à une autre branche ou, mieux, à une lignée. Plus la période est ancienne, plus c'est délicat, vu la faiblesse des sources. La tendance naturelle est alors de considérer qu'il s'agit d'une nouvelle lignée, indépendante des autres. En effet, avec un patronyme qui fait référence à un arbre, un végétal ou un aspect du paysage, pourquoi vouloir chercher à tout prix une liaison avec d'autres patronymes identiques dans d'autres endroits ? Pourtant, le doute existe toujours quand on sait que les cadets étaient obligés de partir pour se faire une situation, puisque la quasi totalité de l'héritage des parents allait à l'héritier universel, la plupart du temps le fils aîné. Ainsi, pendant longtemps, nous avons eu des doutes sur l'origine de la première "vague" d'EUZET à Assas. A priori, rien ne les reliait aux EUZET du Triadou ou à ceux de Sueilles. Pourtant, le doute existait, d'autant plus que cette "lignée" était passée au protestantisme. Or, on sait bien que la raison religieuse pouvait être une cause de rupture dans une famille, au 16ème siècle. Les enfants de Mathieu EUZET d'Assas ont été baptisés par les pasteurs de Montpellier, alors que les EUZET du Triadou sont restés catholiques. C'est pourtant deux actes concernant les EUZET du Triadou qui ont permis de trouver la solution. En effet, quand Alix EUZET (fille d'Antoine vieux) se marie avec Hugues ROUSSET, parmi les témoins, présents à son contrat de mariage, le 18 février 1546, il y a "Mathieu EUZET d'Assas" et quand sa cousine, Jeanne EUZET (fille d'Antoine jeune) se marie avec Jean ROUSSET, le 19 février 1546, on retrouve la présence du même "Mathieu EUZET d'Assas". Ces deux seules et uniques mentions constituent le lien entre les EUZET du Triadou et ceux d'Assas. Un autre acte (une censive ecclésiastique du 29.10.1520) montrant qu'il existait bien un "Mathieu (EUZET) fils de Mathieu" (génération 7), on a là les éléments nécessaires pour affirmer que l'origine de la première branche d'EUZET à Assas était bien Le Triadou. Tout ceci pour dire que l'on doit être très attentif à la liste des personnages qui sont témoins dans les contrats de mariage. Si, en plus, ils portent le même patronyme et si l'acte signale le lieu où ils résident, on peut être certain du lien entre les protagonistes. En tout cas, pour le 16ème siècle, le doute ne semble pas permis. Pour ces périodes déjà lointaines, il faut donc être encore plus attentif à tous les détails et à toutes les mentions que l'on peut trouver dans les actes notariés.

Additif, le 26.10.2012 : depuis que cette note a été écrite, un autre acte, le contrat de mariage de Mathieu EUZET (le 29.10.1522) a été trouvé, confortant l'analyse ci-dessus (se reporter à Assas (génération 1).



Observations sur les sources de la génération 9 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Les compoix sont des sources de connaissances inépuisables. Celui de la val de Montferrand est particulièrement riche, notamment par ses additifs qui sont soit en marge soit qui se trouvent dans des pages ajoutées aux pages primitives. Alors que le compoix a été fait en 1550, on trouve des compléments beaucoup plus tardifs. Grâce à ceux-ci, on comprend mieux l'évolution des parcelles et des patrimoines. A titre d'exemple, le premier article du "manifest de noble Pierre BERTIN" concerne son "hostel", c'est-à-dire sa maison au Triadou qui confronte "Guillaume de la Tourre" (LATOUR) et la "carriere" (la rue) qui va à l'église. Sur la marge de gauche, il est indiqué : "Mandat de ladite maison pour le compoix de Jacques EUZET pour deux chambres contenant la une cinq canes et l'autre trois canes (...)". Le tout taxé pour 2 sols 8 deniers et l'on fait référence au contrat d'achat du 25 mars 1597, reçu par GREGOIRE, notaire royal (des Matelles). Il y a un renvoi au folio 788 du registre. Si l'on s'y reporte, on trouve le "manifest de Jacques EUZET des pièces qu'il a acquis de Marguerite de BERTIN". Le premier article concerne justement ces deux pièces de la maison de Marguerite de BERTIN (qui est la fille de Pierre et donc son héritière) : "Premièrement a acquis ledit EUZET de Marguerite de BERTIN deux chambres de la maison de ladite de BERTIN dependans et estant dans ladite maison de ladite de BERTIN que confrontent du couchant et marin avec ledit EUZET achepteur et du levant avec ladite maison restante de ladite de BERTIN (...)" avec les mêmes dimensions des pièces et la taxe à payer. Ce "manifest" (on pourrait dire, la déclaration fiscale) est d'une écriture plus simple que celle de celui de Pierre (de) BERTIN comme celle de l'additif qui est justement sur la gauche de la déclaration de ce dernier. De plus, au dessus de cet additif, toujours sur la partie gauche, il est indiqué : "tient monsieur AUZEMART le reste de ladite maison", cependant qu'en marge droite, il est écrit "Marcelin PLANIOL. La part du sr AUZEMAR par contrat d'échange", notaire SALOMON (des Matelles) au 31.08.1665 et 06.04.1667. On comprend donc que le reste de la maison est allé à Marcelin PLAGNIOL et qu'elle s'est ensuite retrouvée entre les mains du sieur AUZEMAR. Il faut se souvenir que les trois maisons EUZET-BERTIN-LATOUR constituaient la totalité de ce qu'il était convenu d'appeler le mas du Triadou. Ainsi, par le moyen de ce compoix et des références notariales qui y sont ajoutées, on a une vision plus nette de ce qui s'est passé dans cette commune. De plus, ce texte constitue aussi une mine de renseignements sur le vocabulaire employé et sur les formes d'écriture. Ces constatations valent pour la totalité du compoix qui concerne les paroisses de la "val de Montferrand", au pied du pic Saint-Loup.



Observations sur les sources de la génération 10 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Quand on a tout trouvé, ... on peut encore trouver de nouvelles pièces en recherchant les actes concernant les familles habitant dans les mêmes lieux que celle qui nous intéresse directement. Pour le Triadou, c'est ce que nous faisons avec les AUZEMAR, dits "sieurs du Triadou", famille qui s'est progressivement implantée dans cette paroisse en quatre générations, à partir de la fin du 16ème siècle (Jean, puis Etienne, puis Jean, puis les filles de Jean, les trois premiers étant "docteurs et avocats" de Montpellier). La vente de terres au Triadou par Jean AUZEMAR à Jean EUZET, en 1668, montre que cette famille a pris la place des de BERTIN, nobles verriers copropriétaires du mas du Triadou, en achetant leurs terres et leur maison. D'autres actes de cette période confirment cela. Ils montrent aussi qu'une partie des biens des de BERTIN a été achetée par les EUZET. Bref, les actes de cette période permettent de comprendre comment on est passé des trois familles EUZET-LATOUR-BERTIN aux trois familles EUZET-LATOUR-AUZEMAR puis aux trois familles EUZET-AUZEMAR-PLAGNIOL. Les actes d'échanges, d'achats ou d'arrentements sont donc aussi importants que les contrats de mariage ou les testaments pour comprendre l'évolution de ces familles, leur apparition ou leur disparition d'une commune, ici le Triadou.



Observations sur les sources de la génération 11 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Plus on approche de l'époque actuelle, plus les sources augmentent et plus on peut assurer ses références de façon précise. Beaucoup de généalogistes préfèrent alors, sagement, ne pas remonter plus haut que le XVIIe siècle car, au-delà, c'est une "lutte pied à pied" avec les minutiers et autres sources de plus en plus rares, en langue latine et en écriture cursive. Bref, si on trouve des éléments précis dans les siècles précédents, on peut s'estimer heureux. Surtout, il faut être conscient qu'il est impossible de tout trouver dès que l'on quitte "l'abri" des registres paroissiaux. Or, une analyse des "arbres" que l'on voit sur Internet, par exemple dans GeneaNet (toujours pour le patronyme EUZET) montre que certains confondent rêves et réalités. Ainsi, à ce jour (02.09.2009), il est impossible de relier la lignée de Saint-Jean-de-Védas à la lignée du Triadou. C'est pourtant ce qui est écrit dans un de ces arbres. Le même "généalogiste" fait aussi descendre les EUZET du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc des nobles d'Euzet, du département du Gard (au XIVe siècle), le tout sans la moindre preuve ! Il faut se souvenir que pendant longtemps, la généalogie est passée pour la discipline des menteurs. Le bon bourgeois se faisait faire sa généalogie qui, bien sûr, aboutissait sur des quartiers nobles. D'ailleurs, les vrais nobles eux-mêmes, les rois notamment, faisaint remonter leurs origines à de "grands ancêtres", de façon à asseoir leurs lignées. On pensait cette époque révolue mais on voit bien que la tentation est grande d'inventer là où les sources sont muettes ou imprécises. Cela dit, nous ne demandons qu'à être convaincu et puis nous adorons les belles histoires que l'on raconte au coin du feu.



Observations sur les sources de la génération 12 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Cette génération bénéficie d'une source inédite : les actes de la confrérie qui existait au Triadou de 1685 à 1723 ou, du moins, dont les actes ont été conservés pour cette période. Au premier abord, ils paraissent d'un intérêt mineur pour la généalogie. En fait, ils sont très précieux car on y trouve non seulement les fonctions exercées dans cette confrérie par les personnes importantes de la commune mais sont également indiquées dans les intentions de prières (les obiit), les noms de bergers et de valets que l'on ne connaîtrait pas autrement. Ces actes ont donc une valeur sociologique importante parce qu'ils montrent la profondeur religieuse (ici catholique) qui existait jusque dans les plus petites communes. Si l'on ajoute à cela les contrats notariaux que l'on peut retrouver ici ou là, on peut alors compenser, pour une bonne part, les lacunes dans les registres paroissiaux parvenus jusqu'à nous.



Observations sur les sources de la génération 13 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

La recherche de l'origine de Joseph EUZET, cordonnier à Puéchabon et premier EUZET de la branche de ce village a été notre première quête dans l'inconnu et constitué notre première conquête sur le passé. A treize ans déjà, pendant les vacances d'été à Puéchabon, j'avais voulu en savoir plus sur l'origine de nos EUZET. A cette époque lointaine (en 1956) où la généalogie n'était pas encore à la mode, j'avais dérangé les habitudes du monde des adultes comme celui des enfants.

Côté adulte, la secrétaire de mairie avait du mal à comprendre l'intérêt d'un jeune garçon pour des registres paroissiaux poussiéreux qui étaient au premier étage, au dessus de la poste. Elle m'avait installé dans cette pièce silencieuse - et fraîche - avec la pile des registres sur la table. Dehors, c'était la fournaise des après-midi du mois d'août avec ses rues désertes où même les chats se cachaient du soleil. J'ai encore le souvenir délicieux de ces heures calmes passées à feuilleter ces vieux grimoires et j'avais rapidement remarqué qu'il manquait un registre ! j'en demandais la raison à la secrétaire de mairie qui me répondit vertement qu'elle n'y était pour rien ... Cela ne m'empêcha pas de remonter les générations pour arriver à un "Joseph fils de Joseph". J'avais l'impression d'avoir atteint le ciel et j'en savais plus que mes parents sur nos ancêtres qui portaient notre patronyme.

Côté enfant, je revois l'étonnement et l'incompréhension de mon camarade de jeux quand je lui ai indiqué que je ne passerai plus toutes les journées à courir avec lui dans la garrigue. J'ai alors compris que pour moi, un monde se terminait et que quelque chose de nouveau commençait à prendre corps.

Quarante-trois ans plus tard, en 1999, j'ai eu la grande chance de rencontrer M. Henri FOURNOL qui avait fait un travail colossal sur l'histoire du village de Puéchabon et sur sa population. Pour les EUZET, ses analyses étaient complètes jusqu'à notre Joseph mais le mystère demeurait : d'où venait-il ? (au passage, ce chercheur m'a indiqué qu'un des registres paroissiaux avait été longtemps égaré puis qu'on l'avait retrouvé ... la boucle était bouclée). En tout cas, il était temps de reprendre sérieusement ces recherches de jeunesse et le travail de M. FOURNOL me permettait de commencer par là où j'avais abouti : la vie de Joseph EUZET.

L'hypothèse la plus probable de son origine étant Saint-Martin-de-Londres, j'ai donc commencé à étudier les minutiers notariaux de cette commune pour la période d'avant la Révolution et puis tout s'est enchaîné, malgré de multiples difficultés. Celles-ci étaient liées au fait que, non seulement le contrat de mariage a été signé chez un notaire de Saint-Bauzille-de-Putois (et non de Puéchabon) mais encore que cet acte a été passé en 1743, alors que le mariage a été célébré en 1746. En prime, ce mariage s'est passé dans l'église Sainte Anne, à Montpellier. Un périple d'autant plus surprenant que la véritable origine de Joseph était Viols-le-Fort et non Saint-Martin-de-Londres. Il a donc fallu beaucoup de temps pour comprendre tout cela mais il en reste un très grand plaisir et d'excellents souvenirs. Et puis, quand les passions de l'adulte rejoignent celles de l'enfant, c'est "le top", comme disent nos jeunes d'aujourd'hui.



Observations sur les sources de la génération 14 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Avec cette génération, nous avons l'impression que la mobilité familiale et professionnelle devient plus forte mais c'est peut-être aussi que cette période (en gros, le siècle 1740-1840) est mieux connue, les sources devenant plus abondantes. Pour autant, comment ne pas être frappé par tous ces déplacements, de plus en plus lointains. Un signe qui ne trompe pas est le lieu du mariage, lieu où les cadets s'installaient souvent après les noces. Jean né à Viols-le-Fort se marie à Saint-Bauzille-de-Putois, Fulcrand né à Viols-le-Fort se marie à Montpellier, Claude et Gabriel nés à Saint-Jean-de-Cuculles se marient à Saint-Bauzille-de-Montmel, Claude né au Triadou se marie à Assas, Louis né au Triadou se marie à Saint-Jean-de-Cuculles, etc. La palme revient sans doute à Pierre : né au Triadou, il se marie à Nancy (54) mais trois ans plus tard, on le retrouve à Castelnau-le-Lez. Bien sûr, certains paraissent bien accrochés à leur village natal. Ainsi, Germain né à Ardes (63) s'y marie mais bientôt les générations futures s'installeront à Paris. En fait, la véritable cassure est certainement marquée par la Révolution, ce qui n'a rien de surprenant. Dans cette génération, le prêtre Jean Baptiste Louis refuse de prêter le serment républicain et émigre. A ce propos, nous soulignons l'intérêt des dossiers dits "Biens nationaux provenant d'émigrés" (série 1 Q, aux AD 34). Grâce à ces documents, il est possible de connaître l'état de la fortune des intéressés et de leur famille. C'est suffisamment rare pour que nous le signalions.

Surtout, nous voulons insister sur un point. Les ressources informatiques deviennent plus fournies dès que l'on s'intéresse à la deuxième partie du 18ème siècle. Il faut donc en profiter pour les passer périodiquement en revue (Généanet, Généabank, etc). En effet, la présence d'un patronyme dans une commune éloignée de la zone d'étude habituelle peut révéler le passage ou l'installation d'un membre d'une lignée venu là, après un mariage, une période militaire ou tout autre évènement. C'est tout l'intérêt d'être relié aux autres chercheurs par les groupes de discussion, les blogs, les associations, etc. Pour notre part, il nous reste encore à étudier les cas de EUZET qui sont signalés à Saint Pavin, Falaise, Caen, Millac, etc. Pour notre patronyme, il est essentiel de vérifier s'il s'agit "d'émigrés" du Languedoc ou si l'on se trouve en présence de variantes dans les graphies normandes ou bretones des HEUZET, HOUZET, HEUZÉ, etc. Bref, encore des recherches et des voyages en perspective !



Observations sur les sources de la génération 15 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Parmi les EUZET de cette génération, il y a Jean Pierre Pascal, "financier" à Montpellier et percepteur au moins en 1806-1807. Il réside à Paris en 1835. Nous savons aussi qu'un de ses fils y décède la même année et est enterré à Saint Eustache. Un autre de ses fils est chanteur à l'opéra de Paris, de 1834 à 1836. Nous avons donc dû mener des recherches aux Archives de Paris (AD 75, 18, boulevard SERURIER, Paris 19ème) pour cette période. Or, l'état civil de Paris n'a été reconstitué qu'en partie (environ un tiers) après sa destruction complète par la Commune en 1871 et, en plus, certains actes indiqués ne le sont que de façon succincte. La reconstitution concerne les actes passés avant 1860 et se trouve pour une part sur papier et pour une autre sur microfilm. Certains de ces microfilms indiquent la paroisse parisienne concernée.

Les AD 75 possèdent aussi une partie des registres de catholicité (baptêmes, mariages, enterrements)" mais il s'agit seulement de ceux qui ont été remis par l'Archevêché. Il y a de nombreuses lacunes que l'on peut combler en s'adressant directement aux paroisses, lesquelles ont conservé leurs registres originaux. Cependant, il est impossible de faire soi-même une recherche. Par ailleurs, chaque paroisse a son propre processus plus ou moins facile pour le demandeur, plus ou moins long, plus ou moins cher (par exemple, 10 € par acte trouvé pour Saint Eustache en 2006, une "obole" au montant non fixé pour Saint Germain des Prés en 2006, etc.). Certaines fixent le tarif dès le départ, d'autres sont sensibles au don que l'on peut faire, d'autres enfin ne demandent rien (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut rien donner en compensation des recherches faites). Surtout, on se rend compte qu'il vaut mieux faire une demande bien ciblée avec une date précise.

Pour revenir aux AD 75, un des problèmes devant lequel on se trouve, c'est que l'on ne sait pas comment a été faite la reconstitution (qui a d'ailleurs été réalisée en deux fois). Ont-ils utilisé tous les registres de catholicité déposés aux AD 75, par exemple ? Selon la réponse, il faut ou non passer du temps avec les registres disponibles. Nous tenons à dire, enfin, que le personnel est toujours prêt à aider, à donner des explications ou des conseils. Comme dans les AD de province, c'est une marque essentielle de ce service public : la disponibilité des hommes et des femmes qui y travaillent.

Il faut cependant conclure que retrouver une filiation à Paris reste un exercice compliqué dont le résultat est très incertain. La seule véritable possibilité de progresser est du côté du minutier central qui se trouve aux Archives nationales mais là on se heurte à un autre problème : le nombre élevé d'études parisiennes. Pour avancer, il faut au moins une adresse précise et une période, afin de consulter (sur microfilm en libre service, au 3ème étage du CARAN, aux Archives nationales) les rubriques (contrats de mariage, de vente, testaments, procurations, etc.) des études les plus proches. La liste de ces études et leur durée d'existence se trouve dans la même salle que ces microfilms. Si on trouve l'acte recherché, il faut ensuite faire une demande avec la cote et on a alors le plaisir de voir arriver le registre tant convoité. C'est tout le bien que l'on peut souhaiter aux chercheurs. Après tout, plus c'est long et compliqué, plus le plaisir est grand !

Pour en revenir à Jean Pierre Pascal, signalé comme "financier", on peut observer que son père, Jean Claude, est probablement lui-même de ce milieu où, en tout cas, qu'il le fréquente assidûment, comme nous le voyons dans le registre paroissial de Notre-Dame-des-Tables, de Montpellier. Ainsi, le 4 juillet 1765, Jean-Claude est parrain de baptême de Jean Marie CHASSARY, fils d'Etienne CHASSARY qui est "financier". Le 4 juin 1768, il est présent au baptême d'une fille d'un "agent de change". Aussi, n'est-il pas surprenant de voir que ceux qui sont présents le jour du baptême de Jean Pierre Pascal (le 20 juillet 1774) sont du même milieu avec, en plus une tonalité européenne qui suggère l'orientation des affaires de Jean Claude EUZET. Le parrain est Jean Pierre Pascal ROUSSET qui est "négociant à Barcelone". Parmi les présents, signe avec le parrain et la marraine un certain Estevan GARRIGA que l'on peut supposer catalan. Quand on voit aussi que la première épouse de Jean Pierre Pascal est la fille d'Alexandre BERTRAND, homme de loi, et que sa deuxième épouse est la fille de Jean Dominique AUTERACT, notaire de Montpellier, on se rend compte que cette branche a réussi l'union du grand négoce, de la finance et des métiers du droit. Le grand-père, Laurent EUZET, était simplement "marchand quincaillier" à Montpellier, mais il a dû faire de bonnes affaires qui ont préparé la suite. L'arrière-grand-père, Jean, n'était encore qu'un notable du Triadou, greffier consulaire et héritier, en quelque sorte, des petits métiers du droit qui ne devaient plus être très rémunérateurs. Le règne des procureurs était déjà terminé. Il fallait inventer autre chose. C'est manifestement ce qu'ont fait Laurent, Jean Claude et Jean Pierre Pascal, en trois générations. L'objet de cette note est de montrer l'intérêt à connaître "l'environnement" qui explique (en partie) l'évolution d'une branche dans une lignée.

Parmi les sources originales du début du XIXe siècle, on trouve les "passeports pour l'intérieur" qui devaient être établis quand on se déplaçait hors de sa commune ou de sa zone de vie habituelle. Les archives communales de Cazevieille (34) conservent une série de ces passeports. Ils ont été classés avec l'ensemble des archives de cette commune par M. et Mme GUÉ. Ce classement bien fait a permis de sauver ce qui reste encore d'archives d'après 1789 et ces passeports permettent de connaître, notamment, les détails physiques des intéressés. Ce sont de véritables "photographies", à une époque où les vraies photographies n'existaient pas encore.



Observations sur les sources de la génération 16 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Pour étudier le parcours de vie de Noël EUZET et de son fils Eugène-Clovis, il a fallu faire des recherches multiples, aux Archives départementales de l'Hérault (AD 34), aux Archives nationales (AN), aux Archives de Paris (AD 75), aux Archives départementales des Yvelines (AD 78) et, enfin, aux Archives départementales de la Seine Maritime (76). Ainsi, pour ces deux seuls EUZET, on voit la difficulté de reconstituer un "périple" qui traverse la France de part en part, du sud au nord.

Nous avons admiré la modernité des AD 78 (fabrication immédiate de la carte d'admission avec photo incrustée, pas d'obligation de prendre rendez-vous pour avoir une place, accueil particulièrement soigné, salle de consultation spacieuse et lumineuse, informatique très poussée (possibilité d'envoyer des actes informatisés sur sa propre messagerie, depuis la salle de lecture, par exemple), bref le maximum de modernité et de confort. On ne peut en dire autant des AD 76 qui sont, certes, dans un bâtiment majestueux mais la partie réservée aux Archives en est la portion congrue : une réservation obligatoire pour consulter les microfilms dans une plage horaire extrêmement réduite (ce qui, par téléphone devient un exploit car, du coup, la ligne est toujours occupée), une salle de consultation de microfilms minuscule et donc un faible nombre d'appareils et pas d'informatique, une autre petite salle pour l'étude des registres pour laquelle il faut aussi retenir une place d'avance, les inventaires des séries à consulter sur un palier, bref des conditions difficiles mais, heureusement, un personnel performant et dévoué qui compense les défauts de locaux et de volonté politique d'investir dans ce secteur (la recherche a été faite en novembre 2006 ; il faut espérer que cette situation n'est plus la même aujourd'hui, début 2008).

Justement, le numéro hors-série de la Revue française de Généalogie sur "Les Archives départementales" (paru en avril 2008) indique pour les AD 76 : "Les travaux d'aménagement de la nouvelle salle de lecture, en cours depuis deux ans, doivent s'achever en juin 2008. La capacité sera alors suffisante pour ne plus être obligé, comme actuellement, à réserver sa place de lecteur de microfilms au moins 4 semaines à l'avance ! La numérisation sera achevée en 2009 et l'état civil en ligne en 2010." En fait, à lire ce numéro spécial, on voit bien que l'on débouche sur une période complètement nouvelle pour la recherche. Bientôt, les déplacements dans les AD ou les mairies seront réservés à l'étude des pièces qui ne seront pas encore numérisées et mises en ligne ... et les généalogistes regretteront le temps béni où ils avaient le plaisir de consulter les registres originaux en papier ... ils le regrettent déjà !

Additif au 19.08.2009 : une consultation aux AD 76 (Rouen), ce jour, nous permet de dire que les conditions de travail sont totalement différentes, avec deux salles spacieuses où l'on peut consulter aussi bien les registres papier que les microfilms ou encore profiter des nombreux ordinateurs pour ce qui est déjà mis en ligne mais ... c'est tellement bien qu'il est prévu - paraît-il - de tout changer en 2011 ; il y aurait alors trois sites dans Rouen (il y en a déjà deux actuellement). Un progrès ? Nous verrons bien mais nous constatons surtout que tout change dans le monde des archives ... sauf le personnel qui était compétent avant et qui le reste aujourd'hui, avec en prime un accueil sympathique.

Additif au 21.08.2009 : une consultation aux AD 75 (Paris), ce jour, confirme ce grand "chamboulement" des habitudes et des méthodes. il ne reste plus que quelques lecteurs de microfilms dans la salle de consultation. Les autres ont été remplacés par des ordinateurs car, non seulement l'état civil est numérisé mais c'est le cas aussi des recensements (y compris celui de 1946), du recrutement des conscrits et du répertoire des enfants assistés de la Seine (depuis 1742). Désormais, la salle est silencieuse alors qu'auparavant, on était continuellement "bercé" par les bruits des microfilms que l'on enroulait dans un sens ou dans un autre. La numérisation continue (en particulier, pour la seconde reconstitution de l'état civil d'avant 1860) et le tout devrait bientôt se retrouver en ligne, sur Internet.



Observations sur les sources de la génération 17 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

En ce qui concerne la recherche relative à Eugène-Clovis EUZET, la chance a joué en notre faveur. En effet, aux Archives nationales, la situation était alors particulière car les locaux du CARAN restaient indisponibles pour cause de désamiantage. La salle de lecture était donc dans des locaux provisoires exigus et certains inventaires étaient disponibles en usuel, à portée de main, probablement par faute de place. Nous avons ainsi pu consulter, par curiosité, la table des noms de personnes ayant eu les fonctions de "Juges de paix, suppléants, greffiers" pour la période 1895-1910 (série BB/8/1391 à 1841). C'est là que nous avons trouvé, toujours par hasard, le nom d'Eugène-Clovis EUZET. Une fois demandé son dossier de candidature, celui-ci s'est révélé riche de pièces (adresses, fonctions, acte de mariage, action de rectification de nom pour son épouse pour une inscription de rente, note du bureau de recrutement sur ses activités militaires, extrait de son acte de naissance, certificat de travail de son employeur, ...). Grâce à ces informations, nous avons suivi la piste jusqu'à Pavilly (près de Rouen), un lieu "improbable" pour lui et encore plus pour son père, Noël EUZET (génération 16), né à Montpellier. Ainsi, ces dossiers de candidature à de tels postes dans l'administration sont une bénédiction pour les généalogistes. La grande leçon à tirer de cette recherche, c'est qu'il faut regarder tous les inventaires disponibles. Autrement dit, il faut toujours "ratisser" très large, car on peut parfois trouver une direction complètement nouvelle avec un seul nom perdu dans une liste. Il faut ajouter qu'avec la numérisation des données, les approches sont aujourd'hui (en janvier 2008) simplifiées. Ainsi, les Archives nationales disposent d'une barre Google qui leur est propre. Il suffit de taper "Archives Nationales" puis de cliquer sur "Instruments de recherche" pour l'obtenir. Si l'on tape alors EUZET, on obtient les cotes BB qui permettent d'aboutir au dossier d'Eugène Clovis EUZET. C'est évidemment très pratique puisque l'on peut faire cette manoeuvre depuis chez soi et que l'on peut même réserver "en ligne" la liasse correspondante. Il y a cependant deux bémols à ceci. D'abord, les références peuvent être incomplètes (ce qui est d'ailleurs le cas pour ce dossier) mais, surtout, cela donne l'impression qu'il n'y a pas d'autres dossiers concernant le patronyme recherché aux Archives nationales. Or, pour ne prendre qu'un seul exemple, il y a deux dossiers EUZET dans les cotes de l'Opéra de Paris et ces références sont bien indiquées dans l'inventaire papier qui concerne l'Opéra. Il faut donc considérer cet outil informatique pour ce qu'il est : utile mais insuffisant car seuls certains fonds sont numérisés. Il reste que tout évolue très vite et que l'on a intérêt à vérifier de temps en temps, à la fois sur un moteur de recherche général (comme Google) et sur un moteur "interne" (comme la barre Google des Archives nationales).



Observations sur les sources de la génération 18 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

La question qui s'est posée avec cette génération a été celle de nos propres archives familiales, nous voulons parler de celles qui concernent nos propres parents ou proches parents. Que conserver et que montrer sur le site ?

Sur la conservation, nous avons été frappé (voire scandalisé) en parcourant les brocantes ou autres salons de "vieux papiers", de constater que de nombreux documents de beaucoup de familles, parfois très personnels et récents, s'étalaient aux yeux de tous et étaient mis en vente. La règle des "moins de cent ans", sauf pour ses propres ascendants, s'applique sur Internet mais les brocanteurs peuvent, eux, vendre des lettres parfaitement datées, avec les adresses et tous les détails de ce qui fait la vie de couples unis ou désunis. Quant aux photos, ces brocantes sont remplies d'albums ou de clichés, la plupart du temps anonymes, les familles ayant négligé d'inscrire la moindre indication au verso de ces multiples portraits en noir et blanc ou sépia. Manifestement, beaucoup de greniers ont été rapidement vidés avec tout leur contenu après la mort de leurs propriétaires. Les héritiers n'ont pas pu ou pas voulu se charger de ces "vieilleries" et ces souvenirs se sont retrouvés sur les marchés ou chez les antiquaires. Nous ne voulons pas trop insister sur ce point, d'autant que certains pourraient dire qu'il vaut mieux cela plutôt que de jeter ces souvenirs dans les poubelles. Nous n'avons pas de solution miracle mais tout de même, quel gâchis ! En tout cas, pour notre part, il nous semble qu'il faut trouver des solutions adaptées à chaque contexte. En ce sens, un site Internet peut permettre de sauver l'image du document écrit, lequel est souvent trop fragile et parfois encombrant.

Sur ce qu'il est utile de montrer ou indiquer sur le site, notre opinion n'est pas encore complètement arrêtée et il serait intéressant d'engager une discussion avec les internautes qui nous font l'honneur de nous lire. Il y a, d'ailleurs, le problème inverse que l'on rencontre pour les époques lointaines. Ici, il y a trop de documents là où, ailleurs, on peine à retrouver des pièces d'origine. Il n'est pas question de tout montrer (par exemple, les photos), car ce serait sans grand intérêt et probablement lassant. Il faut donc choisir et, même dans ces choix, il faut certainement écarter des pièces ou des informations jugées trop confidentielles. Dans une époque où l'étalage des vies personnelles, favorisé par les médias, fait florès (pour ne pas dire fureur), il nous semble qu'il faut trouver un juste milieu qui sauvegarde l'intimité mais qui favorise l'histoire ; cependant, nous reconnaissons bien volontiers que cet équilibre est difficile à trouver et qu'il dépend, en partie, des sensibilités de chacun. Dans certains cas, il n'y a aucune hésitation à avoir. Ainsi, le cahier de Pierre, André EUZET fait partie de ces pièces uniques qui donnent un éclairage sur toute une branche sur plusieurs générations. Nous remercions ses héritiers et descendants de nous en avoir fait copie pour le mettre à disposition de nos lecteurs. C'est l'exemple même qui montre qu'il faut, encore et encore, essayer de chercher de nouveaux documents inédits.

Nous avons eu la chance d'avoir, pour cette génération, l'aide précieuse de deux chercheurs. Mme Jacqueline FREDON pour Vacquières et M. Richard POUGET pour Vendargues. Sans ces deux personnes nous n'aurions pas progressé si vite dans la connaissance de ces deux branches. Ces contacts avec d'autres chercheurs sont un des plaisirs de la généalogie bien comprise, celle qui dépasse la simple analyse de l'état civil et qui soulève un coin du voile du passé sur des vies révolues.



Observations sur les sources de la génération 19 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Pour cette génération comme pour les suivantes, la règle des "moins de cent ans" s'applique, sauf pour les décès. Nous avons donc essayé, entre mars et juin 2007, de connaître tous les décès de EUZET qui ont eu lieu à Montpellier, entre 1903 et 2006 car, aux Archives départementales de l'Hérault (AD 34), les microfilms ne vont pas plus loin que 1902. C'est cette recherche que nous voulons évoquer maintenant.

La suite se trouve aux Archives municipales, au dessus de la médiathèque centrale Emile ZOLA. On peut y obtenir, sans difficultés, les actes de décès pour la période 1903-1932. Nous en sommes repartis avec 23 actes.

La deuxième étape était plus délicate. Il s'agissait d'obtenir les actes de décès pour la période 1933-2006 au Service de l'Etat civil de la mairie de Montpellier, l'entrée de l'Hôtel-de-Ville se situant 1, place Francis PONGE, derrière le centre commercial "Le Polygone". En droit, on peut effectivement demander à consulter les registres de décès mais, en pratique, c'est loin d'être évident. En effet, comme dans toutes les grandes villes, on se trouve face à une batterie de guichets et rien n'est prévu pour une telle consultation. A notre demande, il nous a d'abord été répondu qu'il n'y avait pas de place, que le personnel était occupé, qu'ils voulaient bien faire des recherches mais qu'ils enverraient plus tard le résultat. Cependant, comme un guichet était inutilisé, nous avons alors proposé d'y faire nous-même ces recherches, sous réserve de céder la place en cas d'affluence. Heureusement, c'était le matin, juste après l'ouverture, et il y avait peu de monde. Les employés nous apportèrent les registres, les uns après les autres, et nous avons pu tout noter, sans déranger personne. Malgré l'absence des registres des années 1999, 2000, 2001, 2005, 2006, nous avons pu repartir avec des informations complètes sur 33 actes de décès, les plus récents (à partir de 1996) faisant même l'objet d'une "copie conforme" officielle, après traitement informatique.

Il restait encore une source d'informations intéressante : le cimetière. Nous sommes donc allés au cimetière Saint Lazare. Une première visite en nous dirigeant au hasard dans ses allées n'a rien donné. Autant ce genre de recherche sans aide est envisageable pour les petites localités (ce que nous avons fait à Assas ou à Saint-Bauzille-de-Putois, par exemple), autant les résultats sont décevants avec une grande ville. Aussi, une deuxième fois, nous nous sommes adressés à la conciergerie, près de l'entrée de la partie du cimetière la plus ancienne qui se trouve "Rond-point du Souvenir Français". Nous avons eu la chance d'y rencontrer (un samedi matin, à l'ouverture) M. Marc LEFRANC, l'un des concierges du cimetière, très aimable et particulièrement efficace pour nous aider. Nous sommes repartis après avoir noté toutes les informations disponibles pour 39 enterrements qui ont eu lieu dans ce cimetière, entre 1937 et 2007. A cela se sont ajoutées 7 informations sur des décédés qui n'ont fait que transiter avant l'inhumation dans un autre cimetière, entre 1998 et 2007 (il faut savoir que ces transferts sont notés dans des registres particuliers). De plus, comme nous n'avions pas le temps de faire de plus amples recherches, ce monsieur nous a aimablement proposé de faire lui-même le complément pour la période 1870-1936. Il nous a, effectivement, adressé un courrier, quelques jours plus tard, comprenant 40 informations sur les inhumations ayant eu lieu dans cette période.

Des renseignements croisés de tous ces services publics, nous pouvons estimer avoir désormais une vue quasiment exhaustive pour les décès des EUZET de Montpellier, de 1870 à juin 2007 (plus, quelques informations sur certains conjoints et d'autres encore sur des EUZET de villages proches de Montpellier). Nous tenons à souligner, en conclusion, que c'est grâce à l'amabilité de toutes les personnes de ces services en relation avec le public que nous avons pu aboutir à ce résultat.



Observations sur les sources de la génération 20 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Depuis le début du XXIe siècle, on voit fleurir les numérisations et mises en lignes de toutes sortes de documents utiles pour les généalogistes et autres chercheurs. Bien sûr l'état civil et les recensements mais aussi, de plus en plus, les registres matricules militaires, les plans, les compoix etc. Plus récemment encore, ce sont les livres et la presse ancienne qui apportent leurs lots d'informations inédites. Prenons l'exemple des journaux. En 2010 (cette note est faite le 29 avril), c'est pratiquement tous les jours que Gallica, le site de la Bibliothèque nationale de France, met en place de nouvelles mises en ligne. Ces journaux sont "océrisés", c'est-à-dire que l'on peut, en indiquant un mot, savoir combien d'occurences il y a de ce mot dans les journaux (ou les livres) numérisés par Gallica. On les retrouve facilement car ils sont surbrillés en jaune dans les pages sélectionnées par le système "OCR". D'autres sites utilisent le même procédé. Ainsi, les Archives départementales des Yvelines (AD 78) développent sur leur site un programme ambitieux de mise en ligne des journaux de ce département. Le marquage des mots sélectionnés est même meilleur que pour Gallica, car les mots trouvés sont entourés par des ovales verts qui sont très visibles. Il faut souligner tout l'intérêt de cette signalisation car ce n'est pas le cas partout. Par exemple, le site des Archives départementales de la Loire (AD 42) a bien prévu l'océrisation de ses journaux mais si leur système indique bien les pages où apparaissent les mots recherchés, ceux-ci ne sont ni surbrillés ni entourés. Il faut donc parcourir entèrement les pages en question pour trouver le mot recherché (un patronyme, le plus souvent). C'est d'autant plus long que les périodiques anciens sont toujours d'une écriture serrée qui impose une lecture lente et minutieuse. Le pire c'est quand les journaux mis en ligne ne sont pas océrisés. C'est le cas pour les Archives départementales de l'Hérault (AD 34) qui ont numérisé le journal L'Eclair. Il est donc pratiquement impossible d'y faire une recherche aléatoire sur des centaines ou des milliers de pages, d'autant que le système est lent. Bien sûr, on peut toujours faire une recherche ciblée quand on connaît une date ou une période courte mais c'est tout. Heureusement, le Conseil régional de la région Languedoc-Roussillon a lancé également un programme de mise en ligne de la presse ancienne, avec océrisation. Le journal en question est prévu dans ce programme. Ce dernier exemple montre qu'il faut désormais être à l'affût de ces mises en ligne qui peuvent être faites par une multitude d'acteurs : Bibliothèques nationales ou étrangères, Conseils régionaux, Conseils départementaux, etc. On imagine, les ressources qui seront ainsi disponibles dans dix ou vingt ans !



Observations sur les sources de la génération 21 :
( La lignée des EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou )

Dans la suite des observations précédentes, la multiplicité des sources disponibles dès aujourd'hui (29.04.2010) pose un problème de conscience. Que faut-il s'interdire de mettre sur un site tel que celui-ci, alors que les informations sont disponibles sans difficultés ? Deux exemples. D'abord, celui des recensements. Généralement, ils sont disponibles sur Internet jusqu'à celui de 1931 mais, si l'on va dans les mairies, le délai n'est désormais que de trente ans, c'est-à-dire que l'on peut accéder jusqu'au recensement de 1975. Or, dans les recensements, on trouve de multiples renseignements qui renseignent sur la filiation. A titre d'illustration, les recensements de 1946, 1954 et 1962 permettent de connaître le nom, le prénom, l'année de naissance,la nationalité, la profession, la position dans le ménage et l'adresse ... bref, des éléments suffisants pour positionner correctement un individu dans une lignée. Faut-il pour autant se permettre d'indiquer ici ce que l'on a trouvé ? Certainement pas, mais on voit bien l'ambiguïté de la règlementation qui interdit ailleurs ce qu'elle autorise là. Autre exemple, les registres matricules militaires. Ils sont mis de plus en plus à disposition des internautes et sont une source également très utile. Au mieux, ils sont en ligne jusqu'à ceux de l'année 1919. Pour autant, on y trouve des données médicales que l'on peut trouver gênant de reprendre sur un site tel que celui-ci. Pour notre part, sauf exception, nous ne les avons pas reprises, alors qu'elles sont visibles sur les sites des Archives départementales. Finalement, indépendamment des lois en vigueur, il appartient bien à chacun de les adapter en fonction de sa conscience. C'est, en tout cas, notre position.



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