Enigmes et questions sur les personnes, les lignées et les lieux



"Ne cherche pas le fin mot d'une énigme. Le secret a sa raison d'être. Qu'il n'y ait pas de réponses à certaines questions devrait multiplier le nombre de gens heureux" (Robert PINGUET, dans Taches d'encre, Editions Minuit, 1997, citation mise en épigraphe du livre Rosebud - Eclats de biographies de Pierre ASSOULINE, Editions Gallimard, 2006).


Ce fichier va, peu à peu, rassembler toutes les questions non encore résolues : individus isolés sans filiation, chaînons manquants avec les hypothèses possibles, suppositions sur les origines des branches ou des lignées, etc., etc.

Une aquarelle du peintre montpelliérain MARSAL, en 1926
[n° 227 (septembre 1926) du "Journal illustré" Chanteclair]



Il y a trois sortes d'énigmes :

1/ - celles qui concernent l'origine des lignées ou des branches connues,
2/ - celles qui concernent des personnes portant le patronyme EUZET mais que l'on ne sait pas rattacher à l'une de ces branches ou lignées connues,
3/ - celles qui concernent des membres de lignées connues mais dont on n'a que très peu de renseignements.


1/ Pour les énigmes relatives à l'origine des lignées,, elles sont en nombre restreint. En effet, comme il est expliqué dans la page sur "la présentation du site et la synthèse des découvertes", le nom EUZET est essentiellement lié à l'Hérault (pour le patronyme) et au Gard (pour le toponyme). Or, dans l'Hérault, l'origine du nom se concentre dans la val de Montferrand, ce qui facilite les recherches.

La première lignée constitue la source principale des EUZET d'aujourd'hui, issue du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc. Cette lignée est à l'origine de la "branche" du Triadou qui est restée attachée à ce village du 14ème siècle au 20ème siècle et qui, elle-même, a essaimé non seulement dans beaucoup de villages des alentours mais aussi dans d'autres parties du pays, en Auvergne, en Lorraine, dans Midi-Pyrénées, en Ile-de-France, en Normandie, etc. Le premier acte connu de cette lignée date de 1342 mais, pour le moment, aucune piste n'a permis de remonter plus haut. Evidemment, la tentation est de relier cette lignée aux EUZET du 12ème siècle qui ont vendu leur mas d'Euzet de Saint-Sauveur-du-Pin à Guillaume de PAMIERS, lequel a revendu ce mas à l'abbaye de Franquevaux en 1205. On voit bien que 150 ans environ séparent ces deux références. Par ailleurs, les derniers EUZET du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc, au début du 15ème siècle, semblent avoir eu beaucoup de liens avec Aleyrac-Sauteyrargues et aussi avec Sauve, dans le Gard tout proche. Quoiqu'il en soit, il faudrait trouver de nouveaux indices pour remonter le temps. C'est d'autant plus difficile que la guerre de cent ans et les guerres de religion ont été très destructrices mais il ne faut pas négliger les sources encore insuffisamment explorées, notamment les minutiers latins de l'évêché.

La deuxième lignée dont on ne connaît pas l'origine est celle des EUZET de Saint-Jean-de-Védas. On peut espérer en trouver l'origine car l'énigme se situe seulement au début du 16ème siècle. Les minutiers notariaux de la région de Pignan, Lavérune, Fabrègues et autres devraient apporter des éléments nouveaux.

La troisième lignée dont on ignore l'origine est celle de Saint-Félix-de-Lodez, elle-même à l'origine de la branche de Sète. On sait que le parrain de baptême du premier enfant, Antoine SOULAS, était de Viols-le-Fort. Or, en 1697 (année de ce baptême), la lignée du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc était bien présente à Viols-le-Fort. Pour le moment, le lien n'est pas formellement démontré. Par ailleurs, de nombreux indices existent dans les registres paroissiaux de la région. Ainsi, à Lacoste, arrondissement de Lodève, on a le baptême d'une Anne EUZET, fille de Jacques EUZET (?) et de Catherine VABRE, le 28.05.1741. Le parrain est Jacques EUZET, de Ceyras, et la marraine est Anne REBOUL (?), de Ceyras. Ces informations qui sont de Mme Andrée MILAN doivent être vérifiées. La proximité de Lacoste et de Saint-Félix-de-Lodez (9 km environ) et la distance entre Saint-Félix-de-Lodez et Ceyras (4 km environ) fait évidemment penser à la lignée de Saint Félix mais qui est ce EUZET marié avec cette VABRE ? De même, à Lagamas, également dans l'arrondissement de Lodève, on a la sépulture d'Elisabeth EUZET, épouse de Barthélémy FOUQUET, le 20.02.1854, à l'âge de 72 ans (ce qui suppose une naissance vers 1782). Ces informations sont aussi de Mme Andrée MILAN et doivent encore être vérifiées. La proximité de Lagamas et de Saint-Félix-de-Lodez (8 km environ) fait évidemment penser à la lignée de Saint Félix. Peut-être s'agit-il d'un dernier enfant de Jean EUZET et de Marguerite BRUN. Evidemment, ces deux dernières références sont de périodes plus récentes mais c'est une indication de dispersion dans la région proche de Saint-Félix-de-Lodez. Il y a, d'ailleurs, une autre piste plus intéressante, à Montpeyroux, dans le même arrondissement, avec la sépulture d'Estienne LAUZET, fils de Pierre LAUZET et de Catherine TIBALLE, le 26.08.1691, à l'âge de 6 mois. Ces informations sont encore de Mme Andrée MILAN et restent à vérifier. La proximité de Montpeyroux et de Saint-Félix-de-Lodez (5 km environ) fait encore plus penser à la lignée de Saint Félix. L'année considérée (1691) est antérieure à la première occurrence à Saint-Félix-de-Lodez (1697), ce qui peut s'avérer essentiel dans la recherche de l'origine de cette lignée de Saint-Félix-de-Lodez/Sète. Quant à la graphie LAUZET au lieu d'EUZET, elle est féquente pour ne pas dire banale à Saint-Félix-de-Laudez et même plus tard à Sète. Dernier élément du puzzle des origines, le contrat de mariage du premier couple installé à, Saint-Félix-de-Lodez, a été passé à Saint-André-de-Sangonis (mais il fait partie, hélas, d'un minutier disparu).

Une première vérification vient d'être faite (le 15.06.2008) pour Montpeyroux. C'est une fausse piste ! En effet, si le décès d'Etienne est bien indiqué avec la graphie LAUZET, on retrouve son baptême à Montpeyroux sous la forme LAURET. Le parrain de baptême d'Etienne est Etienne LAURET, habitant de Mauguio. Quand on se reporte au registre de la paroisse Saint Jacques de Mauguio, on retrouve bien le parrain qui est maçon, marié à Magdelaine ROQUEYROLLE. Les baptêmes de cette famille enregistrés par le curé sont tous avec la graphie LAURET et non LAUZET. Il s'agit donc d'une famille qui n'a - a priori - rien à voir avec les EUZET de Saint Félix.

2/ En ce qui concerne la recherche de personnes dont on ne sait pas à quelle lignée les rattacher, la difficulté est aussi grande.

C'est le cas de Catherine EUZET mariée à Jean BALESTIER puis à Jean DALMAS (DELMAS ?). On la connaît d'abord indirectement. En effet, son fils Bernard BALESTIER fait son Cm le 05.04.1631 ; à cette date, Jean BALESTIER est déjà décédé ; elle n'est pas indiquée décédée mais il n'y a aucun autre renseignement (notaire Etienne MARTIN, de Montpellier et Fabrègue : 2 E 57/198, f° 7, p. 147 du registre en ligne sur le site des AD 34). Sa fille Anne BALESTIER fait son Cm le 12.01.1617 (notaire Antoine COMTE, de Montpellier : 2 E 57/49, f° 17, p. 44 du registre en ligne sur le site des AD 34). On note, particulièrement : "Anne BALLESTIERE, fille de feu Jean BALLESTIER et de Catherine HEUZETTE, aussi encore vivante du lieu de Saint-Jean-de-Buèges, demeurant à présent à Montpellier" ; comme il y a une lignée BALESTIER à Saint-Jean-de-Buèges, on peut penser que c'est la raison de la présence initiale de Catherine EUZET dans cette commune ; parmi les présents, il y a Bernard BALLESTIER frère d'Anne, qui appose sa marque BB que l'on trouve aussi dans le Cm de Bernard, en 1631 ; pour autant, il ne semble pas qu'il y ait une branche EUZET à Saint-Jean-de-Buèges (par contre, on y trouve des EUZIERE, en 1612, dont la graphie aurait pu faire penser à des EUZET, et il y a aussi des DELEUZE). Enfin, le Cm de Catherine EUZET et de Jean DALMAS se trouve au 21.05.1628, dans un minutier d'un notaire de Pignan/Lavérune (références à compléter) : "Jean DALMAS vieux, fils d'Antoine, habitant Bessan, diocèse d'Agde, arrondissement de Béziers, et Catherine EUZET, fille de feu Antoine et Jeanne SAGNE, veuve de Jean BALESTRIER.

Ou encore Marguerite TRIAL, qui est signalée, le 01.10.1671, comme "veuve de maître Jean EUZET, praticien", native et habitante du lieu de Laroque-Aynier, au diocèse de Montpellier. Il s'agit d'une donation au prêtre et prieur de Saint Martin de Corconne (30), Etienne TRIAL. L'acte se passe à Laroque-Aynier, dans la maison d'un autre prêtre, nommé aussi Etienne TRIAL, chanoine de l'église cathédrale Saint Pierre de Montpellier. A noter que le notaire est Jean COULET, qui indique être notaire royal de Corconne . Bien sûr, ce praticien fait penser à celui qui fut praticien à Assas au début du XVIIe siècle mais l'année 1671 paraît bien tardive et cela supposerait aussi que le Jean EUZET d'Assas se soit marié deux fois mais aucun acte notarié n'en fait référence (2 E 56/114, aux AD 30) ; une autre référence permet d'avancer dans la connaissance mais pas suffisamment pour situer clairement ce praticien. En effet, le 25.03.1634 dans le minutier du notaire Pierre VIVENS, du Vigan (30) : 2 E 78/181, pour un acte enregistrant des lods, on voit que parmi les pré,sents, il y avait "Jean HEUZET praticien de Saint Martin de Londres" ; manifestement, il s'agit du même personnage marié (ou qui se mariera) avec Marguerite TRIAL ; ce deuxième acte a le mérite de nous apprendre que ce Jean EUZET était de Saint-Martin-de-Londres ; or, à cette date, il n'y a - à notre connaissance - aucun EUZET des branches de Sueilles ou du Triadou domicilié dans cette commune ; par ailleurs, un autre acte de la même période donne un autre éclairage. En effet, le 21.06.1635, Marie de CALADON, de Fabrègues, fait d'un certain Jean EUZET son procureur spécial et général pour ses affaires au Vigan ; or, son procureur est indiqué comme "consul, habitant de la ville du Vigan" (notaire Etienne MARTIN, de Montpellier et Fabrègues : 2 E 57/202, f° 203, vue 208 du registre en ligne sur le site des AD 34). C'est là une piste sérieuse qui devra être étudiée aux AD 30. A noter, pour toutes ces références, la graphie variable EUZET ou HEUZET. Enfin, il faut mettre en regard ces découvertes avec le registre paroissial de Saint-Jean-de-Buèges. En effet, on y voit, au 08.11.1612, le baptême d'Anthonie ROUVEIROLLES, fille d'André et de Susanne HEUSETTE. Le parrain est Jean HEUZET, "de Saint Roman". Si on relie cette information avec celle de 1635 où Jean EUZET ou HEUZET est consul du Vigan, on conclut que le St Roman en question est Saint-Roman-de Codières, dans l'arrondissement du Vigan. Le puzzle se précise !

L'église et le cimetière de Saint-Roman-de Codières
(photo J.C.E. du 15.09.2014)

Dans le livre d'Olivier SANZ-SAUZET sur Saint--Roman-de Codières, on voit à la page 267 que lors de l'assemblée des habitants de cette paroisse, le 27.11.1374, deux de ces habitants s'appellent Jean DENZE et Bernard d'ENZE. On ne retrouve pas ce nom dans les autres actes cités et qui sont, pour la plupart issus des recherches de l'archiviste CHASSIN du GUERNY. Il faudra vérifier ce compte rendu d'assemblée car si le patronyme DENZE se trouve bien en Bretagne et dans l'est de la France, il n'est pas - a priori - un nom du Midi. Ne faut-il pas plutôt lire DEUZE ou DEUZÉ, le U ayant été pris pour un N ? (notaire Ricard DELPUECH, de Saint-Roman-de Codières : 2 E 56/542, dans le notariat de la région du Vigan).

Comme l'aide des forums de généalogie est toujours appréciable, j'ai envoyé le message suivant sur IGW 30 (le 02.08.2014) : "Emmanuel GAY a écrit, en 1913, Le consulat et l'administration municipale du Vigan au XVIIe et XVIIIe siècle. La BNF ne possède que le livre 1 (qui concerne les origines et le fonctionnement du consulat), alors que, dans son introduction, l'auteur indique qu'il y a 4 livres. Je ne sais pas s'il a réalisé complètement son projet où s'il en est resté au livre 1, peut-être compte tenu de la guerre de 14 qui arrivait. Par ailleurs, j'ai vu que les AD 30 possèdent un fonds Emmanuel GAY, pour Le Vigan, en 24 J. Peut-on espérer, si les livres 2 à 4 n'ont pas été réalisés, que l'on trouve les notes correspondantes dans ce fonds ? Enfin, si quelqu'un a déjà travaillé sur Le Vigan, je recherche (notamment) des précisions sur Jean EUZET - écrit aussi HEUZET - qui était consul du lieu en 1635."

Le jour même, une réponse arrivait sur le forum :

"Bonsoir Jean -Claude,

Hélas, Emmanuel GAY, à qui un grand avenir d'historien local était promis (il a écrit le bouquin que vous citez à 26 ans), est revenu de 14-18 avec de très mauvais souvenirs, qui l'ont semble-t-il fortement transformé. Beaucoup au Vigan se souviennent encore de ses errances dans la ville, dans un vilain état, jusqu'à sa mort survenue en 59. Il a eu un fils, Paul GAY, mais je ne sais pas ce qu'il est devenu. Je ne pense pas en tout cas qu'il ait, lui ou ses descendants, quoi que ce soit des papiers de son père, puisque la maison GAY (aujourd'hui la Société Générale au Vigan) a été vidée de ses papiers pour constituer, en partie, le fonds GAY des ADG (sous série 24J). J'ai personnellement numérisé une partie de ce fonds, pensant comme vous y trouver les ouvrages manquants, mais sauf quelques tirés à part incomplets (*), ce sont des notes peu utilisables. J'ai toutefois le projet de continuer ces numérisations au cas où.
La suite des ouvrages devait porter sur :
- la viguerie du Vigan
- le Vigan pendant la Révolution
- le Vigan pendant les guerres de Religion
- le prieuré et l'église depuis les origines
Il y a quelques papiers également en série F (1F218 à 228). Il s'agit des papiers FALGUIÈRE, dont GAY avait hérité, versés aux ADG par GAY lui même. Ce sont des notes du même tonneau. Tous ces documents ont été utilisés par GORLIER, ancien secrétaire de mairie du Vigan, pour écrire sa précieuse histoire du Vigan, précieuse car seule existante à ce jour ! GORLIER n'a semble-t-il pas fait de recherches lui-même, ou peu (il ne cite d'ailleurs jamais de source), mais a pompé GAY bien sûr, mais aussi FALGUIÈRE et TEISSIER (**). Ces deux derniers sont les principaux érudits locaux de la fin du 19ème, ils ont publié pas mal sous forme d'épisodes dans les journaux locaux (l'écho des Cévennes essentiellement), et tout ceci forme un ensemble assez disparate mais fort intéressant, qui mériterait d'être réuni. Le maire actuel du Vigan avait le projet, avant son élection en 2008, de reprendre tout ça et d'écrire une nouvelle histoire du Vigan à plusieurs mains, je crois que c'est pour l'instant encore à l'état de projet.

Bien cordialement,

Frédéric BOYER

(*) Une note insérée dans le 24J8 (celui sur le prieuré) précise, à la fin du tiré à part, dans une écriture typée années 50-60 : "résidu du manuscrit prêté à M. BESSIÈRE ex-garagiste et propriétaire à Bez". Elle est suivie d'une deuxième note qui indique : "le reste du manuscrit est détenu indûment par Mme BESSIÈRE qui prétend ne pas le rendre". Si quelqu'un connaît ce garage...

(**) TEISSIER est l'auteur des inventaires des AC du Vigan et d'Aulas
"

M. Frédéric BOYER ajoutait encore qu'il n'avait pas d'informations sur le consul Jean EUZET. Cette réponse très précise laisse peu d'espoir de retrouver la trace de ce Jean EUZET mais encore faut-il vérifier dans ce qui reste des archives communales (la série BB).


Autre énigme pour Jeanne EUZET, mariée à François VERDIER, comme on le voit dans une obligation qui se trouve dans le minutier du notaire Pierre MARTIN, de Montpellier, à la date du 20.03.1547. Le couple habite au "mas de Provensal, paroisse de Saint Marcel, terroir de Melguer", c'est-à-dire Mauguio (Saint Marcel a été absorbé par la commune de Mauguio, entre 1790 et 1794, selon le site Wikipedia). On retrouve ce mas du ou de provençal dans le registre paroissial de Saint Marcel, par exemple en 1695 (métairie de Prouvaçal), 1701 (métairie de provencal) et 1707 (métairie du provençal). L'analyse de ce registre paroissial montre que les travailleurs venaient de loin pour se mettre au service des propriétaires des nombreux mas qui sont autour de Mauguio. On en voit de Saint-Jean-de-Védas, d'autres du diocèse de Lodève, etc. Il n'est donc pas possible, avec ce seul acte, de détecter l'origine du couple, d'autant que le prénom, Jeanne, est très commun à cette époque. Une piste viendra, peut-être, du patronyme VERDIER qui n'est pas trop courant.

Autre énigme encore : le 24.01.1769, à Juvignac, arrondissement de Montpellier, décède François EUZET, fils de Pierre et de Jeanne FIRMIN, âgé de trois mois. Le nom de la mère fait penser à la lignée de Saint-Jean-de-Védas (mais, quelques années plus tard, le 27.04.1784, on voit dans cette commune que Jean Claude EUZET (de Montpellier, branche venue au XVIIIe siècle du Triadou) et Louise POUGET, mariés, sont parrain et marraine au baptême de Jean Claude PEYSSON, fils de Joseph et de Catherine BARRETTE). Ces informations sont de Mme Andrée MILAN. A vérifier.

Ou encore, le 23.04.1820, le décès de Marie EUZET, à Montpellier, "dans la maison CAMBON, rue Sainte Anne" ; elle est âgée d'environ 84 ans (ce qui suppose une naissance vers 1736) et il est dit qu'elle est native de Saint-Martin-de-Londres, domiciliée à Montpellier et fille légitime et célibataire de Durand EUZET, travailleur, et de Marguerite BATHASAR ; le deuxième déclarant est Pierre EUZET, fournier, 41 ans, habitant de Montpellier, qui signe. Même si le patronyme de la mère doit être plutôt BALTHASARD, aucun Durand EUZET n'est encore répertorié. Le seul indice est l'origine de Marie : Saint-Martin-de-Londres. Toutefois, on voit dans un autre acte qui enregistre le décès d'une EUZET de 86 ans environ, en 1820 qu'il est écrit qu'elle est aussi originaire de Saint-Martin-de-Londres, alors que ses parents étaient du Mas-de-Londres. Une confusion n'est donc pas à exclure. De même, on sait que l'année de naissance indiquée d'une personne très âgée peut s'écarter grandement de la réalité, quelquefois avec un décalage pouvant aller jusqu'à dix ans. On ne peut pas non plus se fier aux noms des déclarants, sauf si l'acte indique clairement le lien de parenté avec la personne décédée. Ce Pierre EUZET, né en 1779 et qui est fournier ne peut donc être que Pierre, fils de Denis et de Marie Anne BOUGETTE (génération 3 à Saint-Martin-de-Londres (voir Saint-Martin-de-Londres). En effet, on sait qu'il a habité Montpellier et qu'il était boulanger (au moins an 1810, avant de changer de profession). Si donc, on peut estimer qu'il y a un lien, c'est Saint-Martin-de-Londres et si donc on se trouve dans la lignée du Triadou, le mystère reste entier sur cette Marie et, surtout, sur ce Durand EUZET (écrit le 06.09.2008).

Certaines énigmes remontent loin dans le temps, comme celle du prêtre Bernard EUZET, en 1214 et pour lequel on connaît un acte : l'an 1214 et le 15 juillet, sous le règne de Philippe, roi de France, moi, Bernard d'EUZET, prêtre, en toute bonne foi, sans aucune ruse, je donne par donation faite entre vifs, par le moyen de cet acte, à condition toutefois de m'en réserver l'usufruit ma vie durant, et je concède à l'église Notre-Dame de Nîmes, au couvent de cette même église et à toi, prévôt de cette même église, toutes les vignes que je possède et qui m'appartiennent et que Guillaume LAURET tient de moi dans la censive et près du clos de Saint Mamert, moyennant la redevance d'un boisseau de blé d'une part, et celle que tient Garin, traversant les terres de ladite église, qu'il cultive moyennant la redevance de trois boisseaux de blé, et dont il gardera la jouissance jusqu'à sa mort. Ainsi donc, ce sont ces deux terrains de vigne que je concède, détenus l'un par Guillaume LAURET, l'autre par Garin, moyennant les cens annuels qui me sont dus. Tout cela, je le donne en toute piété et pour obtenir de Dieu sa sainte miséricorde à l'église de Nîmes et à son prévôt susdit, à la réserve de l'usufruit ma vie durant. Fait dans la chambre du dit seigneur prévôt, en présence de Bernard VIANCE et de Bernard de PONT, chanoines, et de maître Gervais CAUFIDICUS. Tous sont des amis du notaire qui a rédigé cet acte. (G 334, aux AD 30). Toutefois, à cette époque, le patronyme indiqué voulait peut-être simplement vouloir dire que ce prêtre était originaire d'un lieu appelé Euzet (mas ou hameau)

Ou encore le cas d'Etienne EUZET, de Tornac (village à 4 km d'Anduze, dans le Gard) qui, le 18 juin 1420, est témoin pour un acte notarié du notaire de Sauve, Bernard ARBOUX (2 E 64/269, aux AD 30). Il s'agit d'une quittance du prieur du monastère de Tornac, Jean VILATTE, en faveur de Guillaume VILATTE, drapier de Sauve. Cet acte est signalé dans les inventaires de l'archiviste Y. CHASSIN du GUERNY, numérisés et mis en ligne par Michel MORICE, dans "Planète Généalogie".

Etienne EUZET, de Tornac, en 1420
(fin du texte : Stephano de Euzeto par[ochia] de Tornaco)

La même source donne une autre référence dans le minutier du notaire de Sauve, Jean de BOYRARGUES, pour le 3 des ides d'octobre 1333. Il s'agit d'une reconnaissance de Pierre EUZET de Sérignac et de G. (Guillaume ?) EUZET, son fils (2 E 64/215, aux AD 30) Sérignac est aujourd'hui inclus dans la commune d'Orthoux-Sérignac-Quillan qui est à 10 km de Souvignargues (où il y avait un mas d'Euzet, paroisse de Saint-Etienne-d'Escattes), 15 km de Tornac, 19 km d'Anduze et 20 km de Bagard (où il y avait aussi un mas d'Euzet). Il est clair qu'il existe une lignée ou une branche dans cet espace du Gard, proche de l'Hérault, du moins aux XIVe et XVe siècles. Peut-on la relier aux EUZET du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc ? Pour le moment, il n'est pas possible de répondre à cette question.

On peut encore moins situer ce Jacques EUZET de Beaucaire qui, le 24.04.1450, fait une donation à noble Louise HUGONNE (= HUGON), femme de noble Elzias de BOURDIC (signalé également dans les relevés d'Y. CHASSIN du GUERNY, cet acte est à vérifier, en particulier quant à la graphie, pour savoir si l'on n'est pas plutôt devant un représentant des familles AUZET originaires des Alpes puis de la Provence). Cet acte se trouve dans le minutier du notaire Jacques BERNARD, de Beaucaire (2 E 18/7, aux AD 30).

Jacques EUZET, de Beaucaire, en 1450
(fin de la 5ème ligne et début de la 6ème : Jacobus Euzeti loci de Manoscha)

Même interrogation pour le sartre Pierre EUZET, de Bailharguet :

Le mariage de Pierre AUZET, en 1509,

avec Jeanne GARNIER, veuve d'André GILIBERT

Dans le registre 2 E 42/2 (AD 34), aux folios 55-56, on trouve le contrat de mariage de Pierre AUZET, sartre (tisserand) de Bailharget (à Montferrier) avec Jeanne GARNIER(E) , fille de Jean GARNIER, de Lunel viel (acte trouvé par M. Marc MORANDAT).


3/ Un autre type d'énigme concerne les membres d'une lignée ou d'une branche connue mais dont on n'a que peu de renseignements (généralement la naissance, le baptême ou le décès, voire seulement une indication d'existence indirecte, à l'occasion d'un acte). Ils sont nombreux car avec le système de transmission des biens sous l'Ancien Régime, les cadets n'avaient que la solution de partir pour se faire une situation et, bien souvent, ils restaient célibataires, n'ayant pas assez de fonds pour soutenir les frais d'un mariage. Même problème pour les jeunes filles qui, une fois mariées, allaient s'installer dans un autre village. Difficile à suivre aussi les prêtres qui, en plus, changeaient souvent de paroisses. Tout ceci explique que dans chaque lignée et à chaque génération, on ignore ce que sont devenus certains membres qui n'apparaissent plus dans les actes notariés ou dans les registres paroissiaux de la commune d'origine.

4/ Il faut, également, vérifier soigneusement les articles imprimés, en particulier ceux du XIXe siècle, car ils sont souvent sources d'erreurs. En effet, pour notre sujet, il y a fréquemment des confusions entre les patronymes EUZET, AUZET et TUZET. Il faut, à chaque fois, essayer de se reporter à la pièce originale. C'est ce qu'il faudrait faire dans le cas du Mémoire de la société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron (années 1906-1911, en ligne sur Gallica), où l'on peut lire dans le chapitre intitulé : "Ancienneté des industries de la peau et du cuir à Millau", à la page 497 : "1615 P. BOSQUET et J. EUZET, taneurs". Nous sommes très sceptiques sur la présence d'un EUZET, tanneur, en 1615, à Millau. Nous pensons qu'il s'agit, plus vraisemblablement, d'un TUZET. Le patronyme TUZET est fréquent autour de Mende, ville qui se trouve à moins de 100 km de Millau et l'expérience montre que la confusion est facile entre le T ou le E initial. Encore faudrait-il pouvoir connaître la pièce originale et avoir la possibilité d'y accéder.

5/ Il ne faudrait pas croire que le flux des informations qui caractérise notre époque ou celle de nos parents soit exempt d'énigmes. Ainsi, un article intitulé : "Les toréadors de l'île singulière" (c'est-à-dire Sète) pose question. Il est écrit que "en 1903, le Tauring Club de la Muleta fut créé par Nicolas ESQUERRÉ, figure emblématique de l'afición sétoise, il milita probablement pour le retour des toros dans l'île, peut-être sollicita-t-il le directeur de l'empressa, "Les Arènes Provençales", Etienne EUZET, qui fit à la mairie ses offres de service pour six représentations au cours de la temporada 1905 (...) EUZET organisa ses courses et sollicita une rallonge à la municipalité pour trois représentations supplémentaires de nuit, la piste étant éclairée à l'acétylène ; l'entrepreneur plaida cet avenant pour se refaire un peu et au passage se plaignit, dans une lettre du 3 juillet 1905, de la concurrence de la seconde arène ! (...)" (Pena-oliva.com ; article du 24.06.2007, en ligne sur Internet). On peut penser que cet Etienne EUZET était de Marseille car il y avait eu des arènes appelées Arènes Provençales qui présentèrent à Marseille des spectacles, de 1889 à 1896. Puis, il y eut des Nouvelles Arènes Provençales, à partir du 23.07.1899, qui devaient durer jusqu'en 1914 (arteytoro.free.fr ; article : "Marseille et les Toros", en ligne sur Internet). Cependant, aucun Etienne EUZET connu ne correspond à celui-ci. Il faudrait pouvoir accéder aux lettres indiquées ci-dessus pour, peut-être, y découvrir plus d'informations.

(à compléter)

sommaire

haut de page

Nouveautés