Chromosome Y (suite 1).



Cet article paru dans le n 125 (quatrième trimestre 2009) de la revue du Cercle Généalogique de Languedoc est la suite de celui qui est paru dans le n 114 (premier trimestre 2007) de la même revue.



"Le temps où la recherche généalogique était le loisir exclusif de retraités fouillant les archives poussiéreuses des mairies de campagne est bien révolu. La biotechnologie et l'informatique se sont emparées de ce champ d'activité. Une large gamme de produits est désormais proposée au public pour répondre aux interrogations existentielles sur l'origine de l'humanité, sur ses filiations familiales ou ses appartenances communautaires. (...)". Début de l'article de Pierre DARLU (Directeur de recherche, CNRS, Inserm) intitulé : "Comment National Geographic vend le rêve des origines" (avec un sur-titre : "Derrière la science, un filon commercial"), dans le dossier du Monde diplomatique de juin 2008 sur l'ADN.

Les nouveautés 2007,2008 et 2009

Un dossier reprend la question fin 2007, d'autres recentrent le débat en 2008 et c'est déjà la phase de vulgarisation (en France), en 2009.

Pour la première fois, semble-t-il, une des grandes revues de généalogie, a fait son dossier avec le sujet Génétique et Généalogie. Il s'agit du n 276, décembre 2007, de Généalogie magazine, avec cette annonce en couverture : "Dans nos gènes, la trace de nos aïeux préhistoriques" et ces questions : "Peut-on y croire ? Le test ADN est-il légal ? Combien ça coûte ?" Dans son éditorial, le Rédacteur en chef, Guillaume de MORANT, souligne que la revue "veut coller de plus près aux préoccupations de ses lecteurs et aux grands débats de notre temps", d'où notamment ce dossier. Ainsi, on commence à se rendre compte de l'importance du sujet et on s'interroge sur sa place en France. Nous verrons si l'année à venir va développer cette problématique et si la législation va évoluer. Le dossier décrit bien les espoirs mais aussi les limites de la méthode (nombre de gens constituant la base de données de référence, nombre infime de paires de base décryptées par rapport à l'ensemble du génome humain, mélange des genres avec le commerce des tests et leur utilisation à d'autres fins que la généalogie ...). Bref, une affaire à suivre ... en 2008.

Et justement, le n 174, février-mars 2008, de La revue française de Généalogie et d'histoire des familles traite de "cybergénéalogie" dans un article de Pierre-Valéry ARCHASSAL, intitulé : "Mon ancêtre l'Homo sapiens". Le chapeau de l'article vaut à lui seul le détour : "La généalogie génétique passionne. Laboratoires et startups prolifèrent sur le Web. Mais la surinterprétation des résultats tient davantage de la voyance que de l'analyse scientifique". On y retrouve les éléments déjà connus mais un paragraphe attire l'attention : "Graves dérives à l'horizon". L'auteur rappelle, notamment, les déboires des généalogistes cantaliens de l'association APROGEMERE dont certains avaient fait les tests ADN (opération que nous évoquons plus haut). Or, "ils se sont retrouvés fichés dans une base de données permettant d'identifier l'ascendance de suspects ou victimes dans les analyses médico-légales". La rectification a été faite mais il y a eu un beau cafouillage qui illustre les craintes que l'on peut avoir.

Il faut aussi lire le Monde diplomatique du mois de juin 2008 pour comprendre comment on peut recentrer le débat. En première page de ce journal, un titre choc attire l'attention : "A qui appartient votre ADN ?" et un sur-titre ajoute l'angle informatif : "Derrière la science, un filon commercial", son auteur étant Franz MANNI.


Ce sont, évidemment, les pages 20 et 21 qui nous intéressent ici. L'article est de Pierre DARLU et s'intitule "Comment National Geographic vend le rêve des origines". En fait, on pourrait résumer avec trois mots l'analyse faite sur le "projet Genographic" (GP en anglais) : mélange des genres. Reprenons simplement une partie de la conclusion : "Anthropologues et ethnologues ne se sont pas privés de critiquer vertement le GP, soulignant ses limitations méthodologiques et les ambiguïtés du projet : mélange d'objectifs scientifiques avec des intérêts commerciaux, confusion entre un projet collectif et une mise en oeuvre propre à satisfaire les désirs individuels d'histoires généalogiques, entre une forme de générosité altruiste envers les peuples et quelques suspicions de domination culturelle, entre l'affirmation de l'unicité de l'espèce humaine et la recherche de critères génétiques qui nous différencient ..."

Pour notre part, nous préférons attendre les résultats de cette vaste enquête mais nous constatons, en attendant, que ce mélange des genres commence à inquiéter sérieusement les Etats. Ainsi cet article d'Yves EUDES, dans Le Monde du 02.07.2008, dont le titre était : "La Californie tente d'encadrer l'activité des sociétés vendant des tests génétiques". Ce sont toujours les risques de dérives commerciales qui sont visés (compagnies d'assurances, entreprises, informations médicales ...) alors que "des dizaines de clubs de généalogie utilisent couramment les tests génétiques pour leurs recherches". Quant au Congrès, il a voté une loi interdisant toute discrimination fondée sur la génétique mais comme le souligne l'auteur : "L'objectif est de rassurer les consommateurs qui pourront faire pratiquer ces tests sans craindre de conséquences néfastes ... à condition que la nouvelle loi soit appliquée avec rigueur."

Le chercheur en génétique de l'évolution humaine Marc BAUCHET (actuellement à l'institut Max PLANCK, en Allemagne) a fait le point des recherches en matière de généalogie génétique devant une assemblée de généalogistes réunis sous l'égide de l'association APROGEMERE, le 20 juillet 2008 à Vic-sur-Cère, dans le Cantal. (Bien entendu, le résumé de quelques uns des moments de cette conférence n'engage que l'auteur de ces lignes et en aucune manière M. Marc BAUCHET ).

Après une introduction cadrant le sujet et rappelant les fondamentaux sur les chromosomes, les gènes, les marqueurs, il est entré dans le vif du sujet avec les tests génétiques pour lesquels on trouve aujourd'hui une cohorte de sociétés, essentiellement anglaises, américaines ou australiennes. Le marché s'est diversifié avec certaines qui proposent des tests sur le chromosome Y et d'autres sur les mitochondries, certaines qui groupent avec des tests médicaux et d'autres qui revendent leurs résultats, etc. C'est un marché en expansion et multiforme qui suppose d'être très vigilant sur les résultats des analyses, d'autant que certaines sociétés ne disposent pas d'anthropologues ou d'historiens. Bref, "attention aux histoires", c'est-à-dire aux interprétations qui n'ont rien de scientifique.


Marc BAUCHET répondant aux questions après sa conférence sur
"Promesses et limitations de la généalogie génétique", aux 5èmes
rencontres généalogiques du Cantal, le 20.07.2008
(sur l'écran, les
marques des principales sociétés qui proposent des tests)

Il a souligné tout l'intérêt de suivre ce qu'écrit L'International Society of Genetic Genealogy qui passe les tests en revue, fait des comparaisons et est toujours à la pointe de l'information. Car, encore une fois, certaines sociétés n'ont pas des bases de données suffisantes mais il faut considérer que l'on est au début d'une aventure scientifique qui prend tous les jours de l'ampleur, un peu ce que l'on a vécu dans d'autres domaines, notamment en astronomie.

Il a ensuite passé en revue les questions que l'on est en droit de se poser :
- d'où viennent nos ancêtres ? (ce qui pose le problème de l'origine géographique d'une populatiuon, celui de son aspect temporel et, notamment, celui de savoir s'il y a un endroit unique)
- quelles sont les affinités (de l'utilisateur d'un test génétique) avec telle ou telle population (mais aussi quelle est la définition d'une population), etc.

Pour appeler encore une fois à la prudence, il a cité cet aphorisme de Georges BOX : "Tous les modèles sont faux, certains sont utiles", avant de faire une analyse rapide des points forts et des points faibles de chacune des sociétés présentes sur le marché des tests.

Finalement, on a bien senti que si les tests sont généralement mal vus en France et s'il n'y a pas de société française qui en propose, il se passe quelque chose de très nouveau dans un domaine encore à ses tout débuts. Quand on sait que l'institut Max PLANCK fait actuellement des recherches sur l'ADN des néandertaliens, on se prend à rêver aux progrès qui vont être faits dans les années à venir ... même si les conseils de prudence sur les interprétations fantaisistes de certaines officines doivent être constamment rappelées afin d'éviter de prendre des vessies pour des lanternes.

Justement, alors que 2009 s'annonce, on sent bien que les applications les plus riches des découvertes précédentes se trouvent en archéologie funéraire, comme on le voit dans le n 99 de l'ARCHEOLOGUE (décembre 2008 - Janvier 2009)


Des articles qui croisent les données entre l'archéologie classique et la biologie

L'article de Sylvain AMORY (docteur en anthropobiologie, à l'Institut de Médecine légale de Strasbourg) sur La parenté au sein des ensembles funéraires montre l'utilité et la nouveauté des analyses ADN sur des ossements anciens. Nous reprenons ici seulement un extrait mais il faut lire la totalité de cet article pour comprendre vraiment le contexte : "A partir des années 1990, les possibilités d'extraction de l'ADN des restes anciens ont permis dans un premier temps de saisir les relations du côté maternel des sujets, grâce à l'ADN mitochondrial comme par exemple dans le cas de la famille Romanov" (...) "Dans un second temps, les marqueurs du chromosome Y, puis des chromosomes autosomaux ont permis de mettre en évidence les lignées masculines et les relations de parenté génétique proche, voire d'envisager leur signification (grands-parents, parents, frère/soeur, neveu, nièce, cousin) et leurs probabilités respectives comme lors de l'étude de l'église Sainte Margareth" (...) "En dehors de l'aspect qualitatif, ces analyses permettent un changement profond de l'interprétation des ensembles funéraires. En effet, l'anthropologue ne se contente plus de dire si des regroupements de sujets sont ceux de sujets apparentés ; il peut repérer les sujets apparentés au sein des ensembles funéraires, qu'ils soient regroupés ou non. A partir de là, il peut ainsi décrire l'évolution de la population, apprécier de quelles façons se distribuent dans l'espace les sujets des différentes lignées masculines et féminines, s'ils partagent des particularités biologiques (pathologies) ou culturelles (mode de construction des tombes, pratiques funéraires, mobilier associé) ou une origine géographique commune (comparaison des marqueurs génétiques avec les populations environnantes). C'est toute l'organisation de l'ensemble funéraire et des rites de la mort qui peut ainsi bénéficier de cette lecture génétique."

Ce que l'on comprend, désormais, c'est que l'utilisation des analyses ADN dans les recherches archéologues funéraires est devenue courante. Ce domaine nous montre ainsi que l'on a quitté le champ de l'innovation et des découvertes pour celui d'une exploitation rationnelle de ces mêmes innovations et découvertes. C'est bien ce qui est annoncé dans l'introduction du dossier de cette revue : "Aujourd'hui, l'étude des ensembles funéraires bénéficie d'avancées majeures dans le domaine biologique qui renouvellent la problématique. Les déterminations de l'âge et du sexe sont de plus en plus acquises en routine et les relations de parenté, les causes du décès et l'évolution des populations bénéficient des progrès de la génétique. Les épidémies, les relations fines de parenté, l'évolution de la variabilité humaine sur les bases de l'ADN font désormais partie du quotidien des anthropologistes." Eric CRUBÉZY (professeur d'anthropobiologie, Université de Toulouse - CNRS) et Sylvie DUCHESNE (anthropologue, chargée d'opération et de recherches, INRAP).

On voit alors, on devine ainsi, que de nouvelles pistes de recherches sont en train de se dessiner pour les généalogistes, cependant que de son côté l'équipe de l'Institut Max Planck de Leipzig annonce, fin février 2009, qu'elle vient de séquencer 63 % du génome d'un homme de Néandertal et que le séquençage devrait être terminé dans deux ans (Scienes et Avenir, mars 2009).

Mais, au commencement de 2009, on a aussi vu paraître des articles et des dossiers sur le volet médical des tests génétiques. Ainsi, dans Le Monde du 28 janvier, cet article de Sandrine BLANCHARD intitulé : "Les tests génétiques présentent des limites et des dangers", avec le sous-titre suivant : "L'étude des gènes ouvre de vastes perspectives médicales. Mais les maladies les plus fréquentes ont des causes multifactorielles". Au même moment, dans le n 1097 de février de Sciences et Vie, ce dossier d'Emilie RAUSCHER : "Que valent les analyses ADN grand public ?, avec ce chapeau : "Etablir votre profil génétique à partir d'un peu de votre salive : voilà ce que proposent des sociétés privées, aujourd'hui en plein essor. Or, si les analyses sont scientifiquement établies, leur interprétation reste sujette à caution.". La télévision n'a pas été en reste en invitant, dès le 28 janvier, Catherine BOURGAIN (chercheur en génétique humaine à l'INSERM) pour parler justement du "marché des tests génétiques" dans l'émission de la 5 du Magazine de la santé, à 13 H 50.

Dans tous les cas, il s'agit de s'interroger sur la valeur des prédictions médicales que l'on peut tirer de tests génétiques. Ce sont d'ailleurs souvent les mêmes sociétés qui se chargent de décrypter nos "lointaines origines". Apparus il y a une vingtaine d'années, il existe maintenant plus de 1400 tests coûtant de 400 à 2400 environ, tout cela à partir de la lecture du génome du client et, plus particulièrement de fragments d'ADN que l'on appelle les SNPS. Inutile de développer plus ici ce sujet qui sort de la généalogie mais on voit toutes les perspectives qui s'ouvrent rapidement. Cependant, un seul extrait du dossier de Sciences et Vie est, à lui seul, révélateur de la révolution qui est en marche : "Chaque année, 700 000 Européens auraient recours aux analyses génétiques, principalement pour des tests de paternité et des recherches sur leurs origines, leur généalogie"

D'ailleurs, la vague américaine commence à toucher des pays entiers en Europe, le premier "domino" à tomber étant la Belgique, comme l'indique Christophe DRUGY dans le n 180 de La revue française de Généalogie, numéro de février-mars 2009. En effet, il nous dit dans un communiqué : "Procéder à une recherche génétique approfondie de 37 marqueurs, sur 500 personnes en 2009. C'est l'un des dix objectifs du programme scientifique baptisé Projet ADN - ancien duché de Brabant conduit par la Fédération flamande de généalogie (Familiekunde Vlaanderen), avec le concours du Centre d'hérédité humaine de la KUL (l'université catholique de Louvain). Dans sa phase 2, en 2010-2011, cette étude portera sur l'ensemble de la Belgique, le Grand-Duché de Luxembourg et une partie du département français du Nord. Selon les promoteurs du projet - qui l'ont déjà présenté à Bruxelles et en Wallonie -, le bénéfice pour les généalogistes est de déterminer avec une plus grande certitude un ancêtre commun, huit à dix générations. Affaire à suivre." On se prend à rêver à une réconciliation des Flamands et des Wallons grâce à la généalogie génétique et le retour au bon sens belge autour des ancêtres communs.

Mais ces vastes projets sont peut-être les arbres qui cachent la forêt. En effet, c'est maintenant à domicile, sur l'ordinateur personnel de chaque internaute, que la publicité afflue pour ces tests. Ainsi, le 05.03.2009, on avait la joie d'apprendre que l'on pouvait économiser 47 % du prix du test sur le chromosome Y. Opération lancée à l'initiative du site généalogique américain "Ancestry", la technique de promotion est à peu près la même que pour les marques de lessives : "Partagez votre ADN avec nous et nous vous aiderons à découvrir vos origines anciennes, à rechercher vos cousins génétiques et même à faire grandir votre arbre familial ... Nos "tests 33" (c'est-à-dire avec 33 marqueurs) sur le chromosome Y coûtent maintenant 79 dollars alors que le prix était auparavant de 149 dollars". Un peu plus loin, on pouvait lire qu'il existe deux types de tests, avec 33 ou 46 marqueurs dont les prix sont respectivement de 79 dollars (au lieu de 149), pour le premier, et 149 dollars (au lieu de 199) pour le second. Cette proposition alléchante était assortie d'une belle bande dessinée que l'on peut admirer ci-dessous :


Tintin au pays de l'ADN !

Nous ne pouvons que nous interroger sur la validité de tous ces tests proposés maintenant par de nombreuses sociétés. Pourquoi celle-ci table-t-elle sur 33 marqueurs et celle-là sur 37 ? Pourquoi un "supertest" avec 46 marqueurs et donc pourquoi "mégoter" sur un test au rabais quand on recherche son Homo Sapiens personnel ? Et puis, dans quel cas la société qui propose des tests sous-traite les échantillons et à qui ?, etc. L'impression d'une inflation de présentation rappelle la pub des produits ménagers. On peut craindre que le consommateur ne réagisse comme avec les lessives. Je ne vais pas prendre le baril sans marque ou celui qui a le prix le plus bas, car ils ne font pas sérieux ! Il vaut mieux aller vers des marques connues, même si c'est plus cher ... d'ailleurs, on me fait des réductions. Vite, il faut en profiter ! Mais où est donc le Que choisir des marqueurs ADN ? Et, par ailleurs, la fiabilité d'une société qui propose des tests ne réside-elle pas, d'abord, dans sa base de référence ? Comment savoir, justement, si l'échantillon de référence n'est pas trop étroit, ce qui fausserait forcément les résultats. C'est si vrai que les "cobayes" font parfois appel à deux sociétés pour pouvoir comparer. Nous en sommes vraiment aux débuts d'un grand produit de consommation. Pour autant, il faut se garder d'un comportement qui regarderait de haut les tests en question. Ainsi, la documentation indique qu'ils ont un grand succès auprès des noirs américains qui recherchent leurs racines africaines. On le comprend aisément mais cela n'empêche pas d'avoir un regard critique sur les processus. Pour autant, il est, aujourd'hui, plus facile de se faire une opinion sur la validité de ces tests car des livres de vulgarisation sont enfin apparus. Pour n'en citer qu'un, on peut signaler "Retrouver ses ancêtres par l'ADN", ouvrage de Guillaume de MORANT, paru en mars 2009, aux éditions "Autrement".

Quant à la science, elle continue son chemin par des études de plus en plus pointues que l'on retrouve, notamment, dans l'American Journal of Human Genetics. Citons, parmi bien d'autres, quatre sujets d'articles collectifs parus en 2008, dans cette revue :

- le 11 avril : l'influence d'évènements historiques récents au Liban (la conquête arabe et les croisades) sur la diversité du chromosome Y, selon les groupes religieux (musulmans et chretiens), étude sur le chromosome Y de 926 hommes.
- le 10 octobre : la structure de la population japonaise (basée sur les génotypes de 7003 individus), comparée à d'autres groupes ethniques.
- le 17 novembre : identification des traces génétiques des Phéniciens dans la zone méditerranéenne, étude portant sur le chromosome Y de 1330 hommes.
- le 12 décembre : le legs génétique des juifs et des musulmans dans la péninsule ibérique et dans les îles baléares. L'analyse a porté sur le chromosome Y de 1140 hommes, ce qui a donné une proportion d'ancêtres nord-africains de 10,6 % et de juifs sépharades de 19,8 %. Ce résultat montre un haut degré de conversion religieuse (volontaire ou forcée), la composante des juifs sépharades étant la plus ancienne.

On pourrait multiplier les exemples de ces études qui regroupent des chercheurs de multiples nationalités mais la conclusion s'impose d'elle-même. Que ce soit pour les individus ou pour les groupes, que ce soit dans le domaine grand public ou dans celui de la recherche scientifique, le XXIème siècle est entré de plein pied dans l'ère de la génétique, pour le meilleur et pour le pire ... et il est peut-être temps de relire "Le meilleur des mondes" d'Adlous HUXLEY !

"Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ?... Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins "parfaite" et plus libre." Nicolas BERDIAEFF, dans l'épigraphe à "Brave New World" ("Le meilleur des mondes"), d'Adlous HUXLEY, roman écrit en 1931.

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Chromosome Y

Chromosome Y (suite 2)

Chromosome Y (suite 3)