L'histoire du Triadou

(Articles parus ou à paraître dans Lou Pic)


Le Triadou est une petite commune de l'Hérault qui se trouve à 19 km de Montpellier, 6,5 km de Prades-le-Lez, 5,5 km de Céceles, 4 km des Matelles, 4 km de Saint-Mathieu-de-Tréviers et 2,5 km de Saint-Jean-de-Cuculles. Proche du château de Montferrand et du Pic Saint Loup, elle a fait partie, au Moyen Age, de cette "confédération" de paroisses que l'historien J. ROUQUETTE a heureusement nommée "La République de Montferrand" (voir "Matelles suite 2") . C'est de cette ancienneté dont nous voulons parler dans cet article, en utilisant les pièces d'archives qui sont encore à la disposition des chercheurs.




Le Triadou d'après la carte de Cassini


1/ Des AGULHON aux EUZET, en passant par les TRIADOU.
2/ Un prieuré qui a longtemps joué un rôle central.
3/ Les habitants du Triadou au 16ème siècle.
4/ Les habitants du Triadou au 17ème siècle.
5/ Les habitants du Triadou au 18ème siècle (jusqu'en 1788).
6/ Les habitants du Triadou pendant la période révolutionnaire (1789-1799).
7/ Les habitants du Triadou au 19ème siècle (1800-1850)


[Article n 1 paru dans "Lou Pic" le 18.06.2007 et modifié le 19.09.2007.]

1/ Des AGULHON aux EUZET, en passant par les TRIADOU.

Quand on porte le nom d'EUZET et que l'on se décide à écrire quelques mots sur l'histoire du Triadou, c'est un peu comme si l'on voulait écrire sur sa propre maison car les EUZET y sont restés du XIVème siècle (au moins à partir de 1368) jusqu'au début du XXème siècle. On verra dans un autre article que d'autres familles sont également bien représentatives de l'histoire de cette petite commune, comme les BERTIN, les (de) LATOUR, les AZEMAR les PLAGNOL ou les PEPIN. En fait, l'histoire d'un village n'est pas séparable de l'histoire de ses habitants. Bien au contraire, c'est grâce à l'histoire de ces familles que l'on peut reconstituer, aujourd'hui, quelques bribes de l'histoire de Saint Sébastien de Cassagnas depuis le XIIIème siècle.

L'ancien nom de la paroisse vient du gaulois cassaniatis, endroit de chênes, et le nouveau nom, Triatorium, Triador, Triado, Trieude, Triadou, évoque la place du village où, le soir, chaque propriétaire "triait" son propre bétail dans le troupeau que le berger commun avait mené paître.

C'est dans un mémoire du 28 juin 1726 que l'on trouve expliqué le passage d'un nom à l'autre : "Il faut observer que le lieu qu'on appelle aujourd'hui le Triadou se nommait autrefois Saint Sébastien de Cassaignas et (...) que dans le treizième siècle la plus grande partie de cette paroisse ou terroir divisé en plusieurs tenements relevoit de la directe des nommés AGULHONS. Ceux cy vendirent en 1323 cette directe à Bringuier du TRIADOU qui possedoit certains biens mouvans de cette directe comme il paroit par diverses reconnaissances faites par Raymond et Pons du TRIADOU (...). Bringuier du TRIADOU fit hommage de cette directe à l'Evêque de Montpellier en 1332 de sorte que pendant que sa famille la posseda la parroisse changea insensiblement de nom et feut appellée Le Triadou du nom du seigneur directe. Cette directe passa dans la suite sur la tête de Bernard EUZET (...)"

Pour autant, un mas du Triadou existait avant que la famille TRIADOU ne possède "la directe" (le fief) des AGULHON comme il est indiqué dans des actes de 1266 et 1278. Tout pousse à penser que ces TRIADOU habitaient ce mas situé dans la paroisse de Saint Sébastien de Cassagnas. En tout cas, deux reconnaissances de 1332 montrent que plusieurs membres de cette famille y habitaient, alors qu'en 1368, on trouve à leur place, Bernard EUZET. En plus du mas du Triadou, il y avait encore le mas de Puech, le mas de la Figuière et le mas de Cassagnas, dont on perd ensuite la trace (en ce qui concerne le mas de Cassagnas, il existait encore en 1427). Bernard EUZET (originaire du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc) avait épousé Probe DESPRATZ (ou du PRAT, c'est-à-dire du mas de Prat, près de Viols-le-Fort), veuve de Guillaume du TRIADOU, celui qui avait acheté la directe à Raymond AGULHON, en 1323. Cette directe aurait été réservée à Probe DESPRATZ qui l'aurait ensuite "passée" à Bernard EUZET. C'est un point d'histoire qui a fait l'objet d'un long procès mené par le chapitre cathédral de Montpellier aux XVIIème et XVIIIème siècles mais c'est aussi grâce à ce procès que l'on arrive à comprendre un peu l'histoire du Triadou.

Cependant, il ne faudrait pas croire qu'il n'y avait que ces trois familles au Triadou. Dès les XIIIème et XIVème siècles, d'autres noms apparaissent dans des contrats de vente ou des reconnaissances féodales :

- Contrat de vente, "le troisième des nones d'avril" 1266 par Jean et Guillaume DUMAS, père et fils, à Pons du TRIADOU, d'une pièce de terre située dans la paroisse de Saint Sabastien de Cassagnas, tenement appelé Capmal
- Reconnaissance faite "le quatorzième des calandes de may" 1278, par Bernard, Jean et Etienne DUMAS à Bertrand AGUILHON, sous la directe et seigneurie du mas de la Figuiere et le mas de Cassagnas
- Reconnaissance, le même jour, faite au profit de Bertrand AGUILHON par Bernard de LEVALIER, d'une terre dans la paroisse de Cassagnas, au plan des Terrouges
- Contrat de vente, le "septième des calandes de décembre" 1287, par Michel DUMAS à Guillaume BOISSIER, d'un parran
- Contrat de vente (le même jour ?) par Bernard(e), femme de Michel DUMAS à Ermessende, fille de feu Bernard de CLAPAREDE d'une terre dans la paroisse de Saint Sabastien de Cassagnas, tenement du plan Testerousses
- Reconnaissance du 20.01.1328, par Jean RICOME au profit de Bringuier du TRIADOU, d'une terre dans la paroisse de Cassagnas, terroir appelé de Moliere
- Reconnaissance du 14.03.1328, au profit de Bringuier du TRIADOU, par Aigline de COMTERES (?), femme de Bernard, d'une terre dans la paroisse de Cassagnas, terroir appelé de Roussere
- Contrat de vente du 06.10.1328, par Jean DUPUECH, fils de Pierre, à Jean ROUSSEL de deux terres situées dans la paroisse de Cassagnas
- Reconnaissance du 07.07.1332 par Bernard BOISSIER, au profit de Bringuier du TRIADOU, d'une terre située dans la paroisse de Cassagnas, au terroir de la Deveze et d'une autre terre au plan de Terrousse
- Reconnaissance du 05.12.1332 par Marc ICARD, au profit de Bringuier du TRIADOU, d'une maison et de terres
- Reconnaissance du 23.10.1332 par Jean DUMAS, au profit de Bringuier du TRIADOU
- Reconnaissance du 05.12.1332 par Pons DUMAS, au profit de Bringuier du TRIADOU
- Reconnaissance du 05.12.1332 par Bernard ROMAND, au profit de Bringuier du TRIADOU
- Reconnaissance du 05.12.1332 par Jean RICOME, au profit de Bringuier du TRIADOU
- Contrat de vente le 29.04.1346 par Pierre CHRISTOL, dit Gerard, et Jean, son fils, à Pierre du TRIADOU, fils de feu Bringuier, d'une possession en la paroisse de Saint Sabastien de Cassagnas, lieu appelé les Devez
- Contrat de vente du 01.04.1353 par Pierre BLAQUIERE, de la paroisse de Viols, comme tuteur de Guillaume BOISSIER, à Martin ROUSSEL, d'un tenement de terres, contenant maison, aire, court, parran et oliviers, situé dans la paroisse de Cassagnas
- Reconnaissance du 06.02.1360, par Marguire (Marqueze ?) de PUECH, fille de feu Pierre, en faveur des enfants de feu Guillaume du TRIADOU
- Contrat de vente, le 03.05.1368 par Agnès, femme de Pierre CALMETTE, à Bernard DEUZET, du mas du Triadou
- Reconnaissance du 17.07.1380 par Jean RAYMOND, à Guillaume du TRIADOU
- Reconnaissance du 17.07.1380 par autre Guillaume du TRIADOU, Jean DUMAS et Jean BANABREGOU (?), à Guillaume du TRIADOU
- Reconnaissance du 25.07.1380 par Mathieu RICOME, au profit de Guillaume du TRIADOU

Sous l'Ancien Régime, le Triadou faisait partie de ces paroisses dites de la val de Montferrand où leurs habitants, au moins depuis 1276 avaient réussi à obtenir de l'évêque-comte de Maguelone une série de franchises pour la gestion de leurs intérêts communs. mais au delà de cette histoire de "la République de Montferrand", que sait-on de l'existence proprement dite du triadou ?

C'est d'abord au détour d'un texte sur la confrérie de Saint Sébastien de Cassagnas que l'on comprend que, pendant la guerre de cent ans, le village a été détruit presque entièrement : "Le local de cette confrérie est sur une petite élévation entre l'église paroissiale et les masures ou étaient autrefois les maisons de Cassagnas et dont il ne reste que très peu de vestiges". Et, plus loin : "Une grande partie des maisons de la paroisse de Saint Sébastien de Cassagnas ayant été détruites et démolies par les guerres civiles et le nombre des paroissiens se trouvant très petit (...)". Ce texte est en quelque sorte une photographie de la situation en 1482.

On peut localiser sans peine cette confrérie et l'église paroissiale en question dans la mesure où le cadastre est encore très parlant et que l'église, c'est-à-dire le prieuré ou encore "la clastre", existe encore, le bâtiment ayant été bien réhabilité. On déduit de ces textes que l'emplacement initial du village se trouvait là et qu'il y a eu un déplacement progressif vers le lieu où il se trouve aujourd'hui, groupé autour de sa nouvelle église.

Voici l'ancien prieuré tel qu'il se présente, aujourd'hui (photos prises en 2004) :








Manifestement, l'histoire de cette paroisse s'est faite autour de ce prieuré sous l'Ancien Régime. En savoir un peu plus sur lui, c'est avancer dans l'histoire de la commune et de ses habitants.





[Article n 2 paru dans "Lou Pic" le 25.09.2007, modifié le 09.12.2007, le 26.01.2008 et le 19.01.2009]

2/ Un prieuré qui a longtemps joué un rôle central dans une histoire millénaire.

L'histoire du Triadou est celle d'un petit village qui vit entre deux géants, le Pic Saint Loup avec son symbole qui le domine, le château de Montferrand d'un côté, la grande ville - Montpellier - qui progressivement absorbe la garrigue, de l'autre. Petit village certes, mais dont l'histoire a traversé le millénaire avec ses maisons groupées d'abord autour de ce prieuré. On connaît les noms de quelques uns des prieurs du Triadou. Le premier dont on soit sûr est Antoine DURAND. Il est en fonction vers 1410, à la fois prêtre à Saint-Mathieu-de-Tréviers et prieur de Cassagnas quand l'évêque de Maguelone, Pierre ADHEMAR, lui afferme les revenus de la val de Montferrand. Il est prieur jusqu'au 16 septembre 1425 et est ensuite remplacé par Bringuier (Béranger) MARRE. Selon certaines sources, le successeur serait ensuite Etienne PLANQUE pour lequel Bringuier MARRE aurait démissionné en 1483 mais l'évêque ayant refusé cette démission, il semble bien que Bringuier MARRE soit resté à son poste jusqu'à sa mort, en 1488. Le 9 janvier 1490, Etienne PLANQUE est titulaire du bail du "vestiaire" de Maguelone. Toujours dans cette fin du 15ème siècle, il y a encore Guillaume LAGLEYZE (écrit parfois de L'EGLIZE, au 18ème siècle), à partir de 1499. En 1518, Pierre BERTIN est prêtre au Triadou, alors qu'en 1521, Pierre EUZET est connu à la fois comme prêtre de Saint Sébastien de Cassagnas et membre du collège Saint Sauveur de Montpellier, cependant que le 8 octobre 1568 c'est un autre Pierre EUZET qui est mis en possession de la chapelle. Entre les deux, on sait qu'était prieur un noble appelé Guillaume de ANDREA qui, le 4 octobre 1549, arrentait le revenu et la dîme du prieuré.

Au 17ème siècle, une reconnaissance féodale de 1615 indique comme témoin, le curé du Triadou, un certain Etienne CARR.... (CARRIÈRE ?) mais le parchemin est taché et ne permet pas de lire la fin de son nom. L'année suivante, le 3 mars 1616, une autre reconnaissance féodale signale que Antoine POMET (écrit aussi POUMET) est prêtre et curé du Triadou. On sait ensuite que Jacques BOUGETTE est le prieur avant le 13 mars 1626, date à laquelle il est remplacé par François CAUSSEL (Jacques BOUGETTE étant démissionnaire).


La collation pour François CAUSSEL au
prieuré de Saint Sébastien de Cassagnas
"alias le Triadour" (13.03.1626)

Selon le dossier des censives du Triadou, le prieur du Triadou est un dénommé HOUY, à partir du 2 novembre 1664. Cependant, c'est Affrique JUGLA qui signe le registre paroissial, au moins dès juin 1665. En en-tête du registre, il écrit : "Fait par moi Affrique JUGLA, prêtre et curé du Triadou" mais il ne se donne jamais le titre de prieur dans le registre. Par contre, son successeur, Jean Louis PALHASSY, commence par faire suivre son nom de "prêtre et curé" (de sa nomination, le 25 juin 1672 au 28 mars 1673), puis de "prieur" (du 11.07.1674 à 1692). Après lui, on trouve Jean Louis CARIBAIN (écrit aussi CARIBEN), "prêtre et prieur" du Triadou qui vend "les fruits de son bénéfice" pour deux ans et pour 760 livres à Jean EUZET, greffier consulaire du Triadou, le 12.03.1697. Antoine SALLES vient ensuite, à compter du 15 novembre 1698.

Au 18ème siècle, un litige s'est élevé entre l'évêque de Montpellier qui a nommé François DELPON en 1725, alors que le chapitre cathédral a désigné MASSEBIEAU pour cette charge. Il a fallu attendre le 17 février 1727 pour que le premier puisse prendre officiellement possession de la chapelle. Jean POUDEROUS qui signe tantôt "prieur curé", tantôt simplement "prieur" est déjà en place le 25 janvier 1739. Dans un mémoire non daté, il note : "il y a dans l'eglise du Triadou une chapele dont Mr DELPONT est chapelain. Le revenu est de quatre livres dix sols ; il faut dire une messe par mois selon qu'il m'a été dit" et, dans une autre note du même prieur : "Il y a une chapele dont le revenu est de quatre livres dix sols. Mr DELPONT pretre de ce dioceze en est chapelain. Il y a neuf messes a dire.". Le dernier acte du prieur POUDEROUS est du 4 mai 1755. Il meurt le 13 décembre 1756 et est enterré le lendemain dans l'église (ce qui semble être la règle pour tous les prieurs). Il y a ensuite quelques actes d'un prieur appelé DUFOURC, en 1757, assisté d'un clerc, Antoine BAYLE. Joseph CLAPAREDE lui succède, au moins à partir du 8 octobre 1758. Son dernier acte dans le registre paroissial, en tant que prieur, est du 3 novembre 1763. Il meurt le 13 mai 1764 et est lui-aussi enterré dans l'église, le lendemain. Jean ANDRÉ est prieur en 1765 (actes du 20 janvier au 29 septembre) puis il meurt le 9 octobre 1766 et est enterré le lendemain dans l'église. François Honoré CHALIER a dû être son successeur, puisque c'est avec le titre de prieur qu'il est enterré dans l'église le 28 janvier 1767 mais le registre paroissial ne comporte aucun acte signé par lui. Le dernier prieur est un nommé Fulcrand BELLEVILLE. Son premier acte est du 11 février 1768 et il est encore en fonction le 28 juillet 1791. A noter, cependant, qu'en février et mars 1785, un "curé et prêtre commis", CARCASSONNE, avait signé quelques actes mais il s'agissait probablement d'un remplacement temporaire comme on avait pu en voir dans le passé. A la suite de cette énumération, il faut se poser la question de savoir si le prieur et le curé du Triadou (voire le chapelain) ont toujours été une seule et même personne. C'est certain plus on va vers 1789 mais les mentions dans les actes sont insuffisantes pour conclure d'une manière définitive quant aux périodes plus anciennes.

Fulcrand BELLEVILLE est "Officier municipal" dans la nouvelle municipalité du 22 février 1790, tout en restant "prêtre et prieur". Des membres de cette première municipalité de la Révolution, il est le seul à ne pas prêter le serment devant la commune "de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du Royaume, d'être fidèles à la nation, à la loi et au Roi et de remplir leurs fonctions avec zèle et courage". C'est lui qui est en place quand on fait, le 17 avril 1790, le classement des biens privilégiés. Le 28 juillet 1791, le Conseil général de la commune du Triadou indique que le prieur BELLEVILLE "a présenté aux administrateurs du district de Montpellier une requête en modération de la cotisation et imposition de son prieuré cure pour les six derniers mois de 1789 et 1790, lesquels administrateurs ont renvoyé ladite requête à la municipalité pour donner son avis motivé." L'assemblée répond "qu'elle approuve les distractions faites par M. le prieur sur le produit de son bénéfice" (moins une voix).
Un document du 5 juillet 1790 répertorie les biens privilégiés au Triadou (le prieur, l'évêque de Montpellier, le chapitre cathédral Saint Pierre de Montpellier et Jean EUZET). En ce qui concerne le prieur, voici en cinq photos quelle était sa situation :



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Le litige du 18ème siècle entre l'évêque de Montpellier et son chapitre cathédral permet d'avancer dans la connaissance. La question était simple. Qui des deux avait le droit de faire la collation du prieur du Triadou ? (c'est-à-dire, ici, l'action de conférer, d'accorder le titre de prieur et le bénéfice ecclésiastique correspondant) L'évêque ou le chapitre ?

Le premier argument du chapitre était que lors de la prise de possession de la chapelle par Bringuier MARRE, le 23 septembre 1425, la lettre de nomination avait été donnée par le vicaire du prieur de Saint Firmin, de Montpellier (étant entendu que Saint Firmin dépendait du chapitre) et que sa démission en faveur de PLANQUE (il est écrit PLANCHE dans le mémoire de l'évêché), le 27 décembre 1483, était "entre les mains de l'évêque de Maguelone du consentement du prieur de Saint Firmin auquel la collation du prieuré du Triadou appartient en cas de vacances". De même, il y avait eu la collation de de L'EGLIZE par Secondinus SERRATIS, prieur de Saint Firmin, en 1499. A cet argument, le chapitre ajoutait qu'ISARN, évêque de Maguelone, avait, dans une transaction de 1488, écrit dans une ordonnance que la collation du Triadou (ainsi que celles d'autres bénéfices) appartenait au prieur de Saint Firmin. De même, le chapitre rappelait que par la bulle de sécularisation du chapitre Saint Pierre, le pape PAUL III, en 1536, avait indiqué les cinq bénéfices (de prieurés-cures) qui étaient issus de la manse épiscopale. A contrario, tous les autres bénéfices (et donc le Triadou) étaient conférés par le chapitre. En plus, le chapitre ajoutait que dans un extrait d'un registre contenant un abrégé des transactions et actes trouvés dans les archives du prieuré Saint Firmin, il était dit que la collation du prieuré du Triadou appartenait au prieur de Saint Firmin. Cet ensemble d'arguments est impressionnant et pourtant le chapitre n'est pas remonté assez haut dans le temps.

En effet, en 1187, le pape Urbain III avait confirmé que le prieuré du Triadou était une possession du chapitre cathédral Saint Pierre de Montpellier. En 1247, c'est un autre pape, Clément IV, qui avait ratifié l'union du prieuré à celui de Saint Firmin de Montpellier. C'est donc à partir de cette époque que le prieuré-cure du Triadou, ou plus exactement de Saint Sébastien de Cassagnas, a été desservi par un vicaire perpétuel qui devait jouer à la fois les rôles de prieur et de curé. Enfin, dans la liste des églises dépendant du chapitre, en 1331 (synode diocésain de la Saint Luc), on voit qu'il y avait bien le prieur du Triadou : "Prior de Cassanhanicis". Ainsi, la bulle du pape Paul III qui avait réorganisé le chapitre, n'avait fait que confirmer, pour le Triadou, le fait que le chapitre était le "curé primitif" de la plupart des prieurés-cures du diocèse, le Triadou n'étant pas dans la liste de ceux qui restaient sous la responsabilité directe de l'évêque. Dès lors, on peut se demander pourquoi le chapitre n'a pas utilisé totalement ces sources indiscutables.

C'est peut-être aussi pourquoi le chapitre a perdu son procès face aux arguments contraires de l'évêque de Montpellier, puisque c'est le candidat de l'évêque, François DELPON, qui est finalement devenu prieur, en 1727.

En effet, l'évêque a estimé que les titres avancés par le chapitre n'étaient pas suffisants. Le prieuré du Triadou étant dans son diocèse lui appartenait de droit commun, ce que ses titres prouvaient depuis cent ans. Surtout, selon le droit canon, pour emporter la décision, il était nécessaire de rapporter soit trois collations consécutives suivies d'une possession de quarante ans, soit un titre par lequel la fondation du bénéfice en donnait la collation à un particulier. Or, le chapitre ne répondait pas à ces conditions. En dehors de la collation de 1499, le chapitre ne parlait que par "énonciation" d'un consentement prétendument donné par le prieur de Saint Firmin, les sources citées étant seulement des minutes notariales. Ainsi aurait-il fallu rapporter la collation de 1425. Quant à la démission de 1483, elle ne fut pas acceptée par l'évêque de l'époque et Bringuier MARRE resta possesseur du prieuré. De plus, les extraits du registre de Saint Firmin, les "abrégés de transactions", ne faisaient pas foi en justice, d'autant que le chapitre n'indiquait pas de quel acte ces abrégés avaient été tirés, ni le temps auquel il avait été fait, ni le lieu où il avait été passé, ni le notaire en cause. Restait la bulle de Paul III. Outre que le chapitre ne la rapportait pas en forme probante, ce qui prouvait que ce prieuré était du nombre des bénéfices dont la collation dépendait originairement de la manse épiscopale, c'est que depuis cette bulle, le chapitre n'avait jamais conféré ledit prieuré.

A retenir à part la critique par l'évêque de l'argument du chapitre à propos de l'ordonnance d'ISARN. Il est alors estimé que cette ordonnance est qualifiée mal à propos de "transaction" et qu'elle n'est pas rapportée en forme probante et, qu'en fait, elle est tirée du chanoine GARIEL. Indépendamment du fait qu'une ordonnance ne lie pas les successeurs, il est souligné que "suivant toute apparence cet auteur a forgé cette pièce à plaisir", bref que c'est un faux. Cette critique sur la fraude est à retenir car le même problème surgira à propos du procès sur les censives du Triadou entre le chapitre et les EUZET. Quoiqu'il en soit, on se rend compte que le chapitre devait avoir subi beaucoup de pertes dans ses archives, suite aux guerres civiles. Aucune référence pour le 14ème siècle et inaccessibilité pour les sources encore existantes des 12ème et 13ème siècles. On retrouvera un problème du même ordre avec les familles dominantes du Triadou dans ces époques, les AGULHON, les TRIADOU, les EUZET, les (de) BERTIN et les (de) LATOUR.

Deux années-repères : 1471 et 1482

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Si l'on parle tantôt d'église paroissiale, tantôt d'une chapelle et tantôt d'un prieuré, c'est parce que le prieuré, qui servait d'église paroissiale, comprenait en son sein une chapelle. On le sait parce que le prieur Bringuier MARRE décida, dans son testament du 28 juillet 1471, de donner 50 écus d'or à la chapelle Notre Dame, fondée dans l'église paroissiale de Saint Sébastien de Cassagnas. Par contrat notarial, il "bailla en dépôt les susdits 50 écus d'or à Jean EUZET du Triadou", à charge pour celui-ci d'entretenir ladite chapelle, de faire dire une messe chaque semaine de l'année, de rendre et restituer ce dépôt ou, après le décès du prieur, d'acheter un "fonds assuré" ou bien encore "à le mettre en juste et légitime lieu à l'utilité et commodité de la chapellenie". Bringuier MARRE fit un codicille à son testament, le 10 octobre 1482, en réduisant à 40 écus d'or son don à cette chapellenie, puis il mourut "en cette volonté".

Ces dispositions testamentaires trouvèrent une issue contentieuse deux cents ans plus tard, à partir du 6 mars 1683. Les prieurs Jean Louis PALHASSY puis François DELPON poursuivirent en justice les EUZET du Triadou pour n'avoir pas rempli leurs obligations. Ceux-ci furent condamnés par le Sénéchal de Montpellier en première instance et la condamnation fut rendue définitive par le Parlement de Toulouse, dans un arrêt du 6 juillet 1688. Un compromis fut ensuite trouvé mais il fallut encore attendre la nomination du prieur CLAPAREDE, le 5 décembre 1760 pour que l'affaire soit définitivement close, grâce à Jean Jacques EUZET, héritier de ses prédécesseurs du 15ème siècle, au Triadou (9 générations plus tard !).

A ce litige s'en ajoutait un autre entre le prieur et les EUZET de cette paroisse, litige concernant la confrérie Saint Sébastien du Triadou. Celle-ci existait "depuis des temps immémoriaux". Dans le mémoire de l'évêché du 18ème siècle, il est dit aussi que "cette confrérie est si ancienne qu'on n'en trouve pas l'institution". On a déjà noté les destructions dues aux "guerres civiles", c'est-à-dire la guerre de cent ans. Le même texte donne des précisions sur la maison de cette confrérie, située près de l'église (le prieuré) : "le plan qui en a été tiré nous la représente comme une maison très commode où il y avait plusieurs membres et où les prévôts s'assemblaient pour y tenir leurs délibérations et y faire leurs nominations". A la suite des destructions dues à la guerre, le prévôt de la confrérie, en 1482, bailla par acte public à Pierre et Mathieu EUZET du Triadou la maison et les terres de la confrérie, avec clause expresse que lesdits EUZET "les entretiendraient, les répareraient, les dirigeraient en fort bon état et lesdits EUZET s'en chargèrent à ses conditions et promirent de payer et acquitter toutes sortes de charges".



Les souvenirs de la confrérie dans le cadastre



Or, selon le prieur, les héritiers lointains de ces EUZET ne tinrent pas leur promesse puisqu'en 1674, ils démolirent une partie de la maison et achevèrent même de la détruire en 1682. Il est aussi précisé que ces biens furent partagés avec les AZEMAR du Triadou : "M. AUZEMAR, dont Madame de VESSIERE jouit les biens voulut avoir part au gâteau. Ils se partagèrent les tristes restes de ces terres et de cette maison que la piété de leurs ancêtres avaient érigée. Ils plantèrent des bornes et quelques précautions qu'ils aient prises pour effacer le souvenir de cette sainte institution, le vieux compoix de cette paroisse dit en termes formels que M. AUZEMAR en tient la moitié et l'on voit encore, dans un local que Mme de VESSIERE prétend lui appartenir et qui est complanté de quelques chênes verts, les débris et une partie des fondements de cet édifice". Or, la confrérie de Saint Sébastien avait été abolie. Aussi, le prieur HOUY demanda à l'évêque, qui était venu pour une visite, d'unir les biens et terres de la confrérie à l'église du Triadou, pour subvenir aux réparations et à l'entretien du prieuré. L'évêque le lui accorda par une ordonnance du 9 décembre 1666 et lui permit de poursuivre en justice "les injustes détenteurs de ces biens et de ces terres". Au passage, on se rend compte qu'en 1666, Affrique JUGLA était le curé du Triadou, ce qui semble donc confirmer que, dans ce cas, le curé et le prieur étaient bien deux personnes différentes. Comme pour l'application du testament de Bringuier MARRE, il fallut en arriver au Parlement de Toulouse qui, par arrêt du 7 août 1686, condamna les EUZET et AZEMAR au "délaissement desdites terres". Là encore, cette affaire se termina par une transaction passée devant notaire, le 22 juin 1689, pour constater ce délaissement par Marguerite GELY, veuve de Jacques EUZET et Jean EUZET, leur fils, sous réserve de conserver "13 dextres du grand champ de la confrérie et la moitié du sol de ladite maison qui resteront audit EUZET et que l'estimation en sera faite par experts pris amicalement". Cette expertise a été faite le 12 mai 1691. Les experts furent Jean PERTRACH (d'Assas, rentier de Montelet) et Bertrand MONTELS (de Saint-Jean-de-Cuculles) qui estimèrent la valeur à 21 livres 10 sols. Le réglement eut lieu, finalement, entre Jean Jacques EUZET et le prieur Joseph CLAPAREDE, comme pour l'affaire du testament. Décidément, ces deux-là étaient des hommes de consensus !

La confrérie est à nouveau active en 1685 quand l'évêque vient en visite au Triadou, le 28 janvier. Le prieur, Jean Louis PALHASSY est nommé prévôt par l'évêque. Elle existe encore en 1723, les actes de la confrérie ayant été conservés pour cette période. Entre 1685 et 1723, on y trouve comme prévôt, neuf fois un EUZET, neuf fois un PLA(I)GN(I)OL et sept fois un A(U) ZEMAR, plus les prieurs PALHASSY et SALLES. Les dames ou demoiselles de ces mêmes familles ont pour fonction de tenir l'autel propre. A chaque changement de prévôt, il est précisé que la confrérie n'a pas de revenus.

Si les deux derniers litiges suggèrent la position dominante de la famille EUZET, position dominante qui pouvait parfois entraîner des abus comme on vient de le voir, le premier procès montre aussi les puissances concurrentes de l'évêque et de son chapitre cathédral. Cependant, avant d'en apprendre plus sur le jeu de ces forces entre les "seigneurs primitifs" et les "seigneurs directes", il est proposé de continuer à tracer le cadre paroissial et communal en tentant une approche de la population du Triadou, à une époque où l'on commence à avoir plus de documents : les 16ème, 17ème et 18ème siècles.


[Article n 4, paru dans "Lou Pic" le 06.02.2009.]

3/ Les habitants du Triadou au 16ème siècle.

Le compoix de la "val de Montferrand", établi en 1550, est très précieux, car il permet de connaître les biens déclarés par les habitants des paroisses de la val.

Saint Sébastien de Cassagnas, autrement dit Le Triadou, en faisait partie avec Les Matelles, Saint-Jean-de-Cuculles, Cazevieille et d'autres encore. Pour chacune d'elle, on trouve la déclaration des biens de chacun des habitants avec les éléments essentiels pour les reconnaître et les taxer. Chaque article de ces déclarations se termine donc par l'estimation financière nécessaire pour les impôts.



Le début du "manifest" des habitants du Triadou

Le compoix permet d'abord de connaître les biens communaux des habitants du Triadou au XVIèsme siècle. De plus, par ses additifs, il nous indique les mutations ultérieures. Ces pages sont donc particulièrement précieuses et peuvent ainsi être mises en regard de la déclaration des biens communaux faite en 1684. (voir "Les habitants du Triadou au XVIIème siècle).

Il décrit ensuite les biens de Guillaume de LA TOUR, d'Antoine EUZET et de Pierre de BERTIN.



Le début du "manifest" de Guillaume de LA TOUR





Le début du "manifest" d'Antoine EUZET





Le début du "manifest" de Pierre de BERTIN



L'unique successeur de Pierre de BERTIN, au Triadou, est sa fille, Marguerite de BERTIN, mariée avec Antoine POUZANCRE. Après le décès de ce dernier, on voit que Marguerite a continué à gérer les biens hérités. Ainsi, le 12 novembre 1586, elle arrente ses biens pour cinq ans à Antoine DELMAS, du mas des Cazarelz (paroisse de Saint-Jean-de-Cuculles). Encore en 1590, elle est créancière de Guillaume de LA TOUR, pour une somme de 140 livres tournois. Cependant, à partir de cette période, les minutiers des notaires de Montpellier enregistrent des ventes successives de ses biens. Par exemple, à Pierre PERTRACH le 20 décembre 1590, puis à Jean AUZEMAR, le 5 août 1591. Celui-ci est un haut personnage, conseiller du roi, lieutenant en la cour royale de Montpellier et, en plus, seigneur du Triadou. En 1591, il acquiert donc une jasse et une aire de Marguerite de BERTIN, et aussi deux champs et un petit jardin "clos de murailles sches", le tout pour 230 livres tournois. Le 24 mai 1592, il récidive avec l'achat de deux terres hermes, toujours au Triadou, pour un montant de 45 livres tournois. Dans ces actes, on voit que Jean AUZEMAR possède déjà des terres au Triadou, car certains nouveaux achats confrontent d'autres terres qui lui appartiennent. On voit aussi qu'il s'agit d'un monde nouveau qui investit la petite paroisse. Marguerite de BERTIN ne sait pas signer, malgré sa noblesse, alors que la signature d'AUZEMAR est imposante. Autre observation, dans la vente de 1591, on voit que la jasse et l'aire vendues confrontent le chemin du Triadou qui va à l'église du lieu ("la clastre", aujourd'hui), c'est-à-dire, le coeur du village, au XVIe siècle. Il est donc clair que les possessions qui passent ainsi dans les mains des AUZEMAR sont parmi les plus anciennes de Saint Sébastien de Cassagnas. Le dépeçage de la part des de BERTIN au "mas du Triadou" a dû continuer jusqu'au décès de Marguerite de BERTIN.



La signature de Jean AUZEMAR, le 05.08.1591



Les additifs donnent enfin une orientation sur les mutations ultérieures, aux XVIème et XVIIème siècles. D'une écriture plus simple, moins ornée, ils sont généralement placés à gauche ou à droite des "manifests".



Mutations du mas du Triadou, en marge du "manifest" d'Antoine EUZET

Cet additif est un bon exemple de ce que l'on trouve en marge des "manifests". Ici, il s'agit de celui d'Antoine EUZET. Sur la gauche, on peut suivre les mutations ultérieures, à la fin du XVIe siècle. L'inscription de 1593 rappelle l'achat de la moitié des biens déclarés, par AUZEMAR, "juge de la val" (de Montferrand) et seigneur du Triadou. Cet achat a été fait auprès d'un certain Jacques BRISSAC, le 10 juillet 1591. Pour bien comprendre cette mention, il faut savoir que ce Jacques BRISSAC avait effectivement acheté le mas du Triadou avec ses dépendances à François EUZET (fils d'Antoine), le 27 août 1585. François avait dû se résoudre à cette vente pour payer les dettes de son père et les droits de succession de ses soeurs. En fait, il n'était lui-même possesseur que de la moitié des biens appartenant aux EUZET au Triadou (l'autre partie appartenait à Jean EUZET, son cousin). Ceci explique donc pourquoi il y a la mention relative à la moitié des biens.

Cet exemple montre à la fois l'émiettement progressif des terres et, en même temps, l'effort constant qui est fait pour les rassembler dans une seule main. L'émiettement ne datait pas du XVIe siècle puisque, un siècle plus tôt (en 1456), le fief représenté par le mas du Triadou et ses dépendances appartenait pour moitié aux de LA TOUR, pour un quart aux EUZET et pour un quart aux nobles de BERTIN. La situation était inchangée en 1520 et elle était probablement identique au moment de la confection du compoix, en 1550. L'achat fait par Jacques BRISSAC équivalait, en réalité, à un huitième de l'ensemble et c'est ce huitième qui est tombé dans les mains des AUZEMAR ou d'AUZEMAR. Ceux-ci, docteurs et avocats, étaient "Seigneurs du Triadou", au moins depuis 1614, comme on le voit dans le compoix de Saint Mathieu, à Montpellier. C'est eux qui ont tout fait pour acheter les terres du Triadou aux familles en place. Ainsi, dans le "manifest" des de LATOUR, on voit qu'ils ont acquis des terres de Thoinette de LATOUR, le 8 février 1639, et les minutes notariales témoignent de plusieurs échanges avec les possessions des PLAGNOL, encore en 1668. Quant à leur part initiale sur le mas du Triadou,, on peut également suivre (dans les minutes notariales) leurs baux et transactions, en 1669, c'est-à-dire pratiquement à la veille de la confection du nouveau compoix du Triadou.



Ces additifs peuvent aussi faire l'objet de nouvelles pages, comme on le voit avec la déclaration de Jacques EUZET.



Le début du "manifest" de Jacques EUZET


Comme on s'en rend compte, l'écriture de ce manifest est complètement différente de celle du compoix initial. Elle est sans fioritures et la graphie est de moins en moins soignée, plus on avance dans le temps. Ce Jacques EUZET est certainement celui qui s'est marié en 1594 avec Marthe ROUX. On se trouve donc, probablement, devant un texte de la fin du XVIe siècle.

Ce sont dix nouvelles acquisitions qui sont ainsi incluses dans le compoix. La première concerne deux chambres de la maison de Marguerite de BERTIN. Celle-ci est la dernière de cette lignée à avoir habité le mas du Triadou. Fille de Pierre, elle a donc cédé ses parts du mas, tant dans la maison elle-même que dans les terres lui appartenant. Plusieurs de ses champs rentrent alors en possession de Jacques EUZET. Cependant, celui-ci fait aussi un échange de champs avec Antoine "de la Turre" (LATOUR) et il achète aussi des deves aux héritiers d'Antoine BOUGETTE. Pour chaque article, il est indiqué la contenance, les "confronts" et l'estimation du bien. Les chambres de Marguerite de BERTIN valent deux sols huit deniers, par exemple.




[Article n 3, paru dans "Lou Pic" le 29.01.2008 dans une première version ; mis à jour le 26 janvier 2012]

4/ Les habitants du Triadou au 17ème siècle.

a) Le registre paroissial.
b) Le compoix de 1684.
c) Les tailles de 1694.
d) Les visites paroissiales de l'évêque.
e) Les actes des notaires des Matelles et les archives familiales.
f) Le registre de la confrérie.
g) Les actes des notaires de Montpellier et les archives familiales.
h) Les références.

a) Le registre paroissial

Une première approche peut se faire avec une étude exhaustive du registre paroissial tenu entre juin 1665 et avril 1684. On reprend donc ici ce registre avec ses renseignements principaux et en faisant quelques observations :

Année 1665 :

- le 15 juin, mariage de Fulcrand JEAN (fils de Jean JEAN, de Guzargues) et Estienne PLANIOLE (fille de Marcelin PLANIOL, du Triadou) ; "les témoins connus et dignes de foi" sont Jacques EUZET et Jean EUZET, "tous deux fils de Jean EUZET", du Triadou ; Affrique JUGLA signe ; dans l'acte, il précise qu'il est "curé de cette église paroissiale du lieu du Triadou" ; [Observations : en marge de l'acte le nom de la mariée est PLAIGNIOLE, alors que la graphie est PLANIOL(E) dans le corps de l'acte ; la forme de ce patronyme va continuellement varier dans la suite des actes ; Affrique JUGLA n'indiquera jamais qu'il est prieur, contrairement à ses successeurs ; comme d'autres archives indiquent un certain HOUY comme prieur en 1666, on peut penser qu'il y avait à cette époque un prieur et un curé, ce qui est surprenant ; vingt ans plus tard, en janvier 1685, le prieur indiquera que le revenu du prieuré est chargé de cent livres de pension à payer à "mr HOUY prêtre"]

Année 1666 :

Aucun acte.

Année 1667 :

- le 20 avril, baptême de Jeanne (écrit Jane dans l'acte et Jeane, en marge) COULONDRES (fille de Jean et de Catherine HIERE) ; le parrain : Jean AZEMAR ; la marraine : Jeanne DOUMERGUE ; Affrique JUGLA signe et se nomme : "prêtre et curé de l'église du Triadou" ; [Observations : l'acte n'indique pas si les parents sont du Triadou ou d'ailleurs et résidents dans cette commune, comme c'est souvent signalé dans d'autres actes]
- le 17 octobre, décès de Gratie de LATOUR, femme de Gabriel VINCENS ; elle est enterrée dans le cimetière ; Affrique JUGLA signe en ajoutant "prêtre" après son nom ; [Observations : le patronyme de Gratie (Gracie) est avec le "de" initial, aussi bien dans l'acte qu'en marge, sans que l'on puisse vraiment dire si le "de" est séparé de "Latour" ; on trouvera ailleurs d'autres graphies où le "de" a disparu et d'autres où le "de" est nettement accolé à "Latour"]

Année 1668 :

- le 10 avril, mariage de Jean PLAGNIOL (PLAIGNIOL en marge) (fils de Marcelin, du Triadou) et Izabeau TIOCHE (fille de Guillaume TIOCH, "habitant de Saint Mathieu, paroisse de Saint Martin de Trevies" ; les témoins connus et dignes de foi sont Jean EUZET et Affrique JUGLA ; ce dernier est indiqué comme curé dans le texte et il signe en ajoutant prêtre après son nom.
- le 22 octobre, baptême de Jean EUZET [fils de Jacques et de Marguerite GEILLE (GELY), mariés de la présente paroisse], né le jour de Saint Luc ; le parrain est Jean EUZET de la paroisse du Triadou ; la marraine est Agne (Anne) GEILLE (GELY), mariés dans la paroisse de Nizas ; Affrique JUGLA signe Aff JUGLA prêtre.
- le 17 novembre, décès de Jacques LATOUR (écrit aussi LATOUR, en marge), du Triadou, âgé de 65 ans ou environ ; enterré dans le cimetière ; signature d'Affrique JUGLA prêtre.

Année 1669 :

- le 1er septembre, baptême de Marcelin (écrit Marcellin, en marge) PLAGNIOL (fils de Jean et d'Izabeau TIOCHE), mariés au Triadou ; l'enfant est né "le jour de la décolation de Saint Jean Baptiste" ; Affrique JUGLA se nomme ainsi : "curé de cette églize Saint Sabastien de Cassagnas du lieu du Triadou" et il signe Affrique JUGLA prêtre ; le parrain est Marcelin PLAGNIOL, du Triadou, et la marraine, Anthoinete JEAN (écrit JANE), marié dans la paroisse de Saint Mathieu.

Année 1670 :

- le 1er février, baptême de Affrique, né le jour de Saint Ignace, au Triadou [fils de Madon (Madelaine ?)] MARCELINE, de la paroisse de la Bouisiere (La Boissière ?) ; le parrain est Pierre JUGLA, habitant du lieu de Saint-Affrique ; la marraine est Marguerite GEILLE (GELY), mariée dans ladite paroisse de Triadou ; Affrique JUGLA est dit "prêtre et curé de cette église Saint Sébastien de Cassanias dit le Triadou" ; il signe Affrique JUGLA prêtre. [Observations : dans le dossier des censives du Triadou, le patronyme de Marguerite GELY, femme de Jacques EUZET, est souvent écrit GEILLE]
- le "jour et fête de la Pentecôte", baptême d'Yves de MONTEREAUT (fils de noble Etienne et d'Izabeau de MICHEL), "de la paroisse de Chatilion sur Loing" (Châtillon-Coligny, dans le Loiret, appelé Châtillon-sur-Loing, avant 1896) ; le parrain est Yves de MICHEL ; la marraine est Anne de MICHEL, du Triadou ; mêmes mentions pour Affrique JUGLA ; [observations : en ce qui concerne les de MICHEL, ils sont alliés aux d'AUZEMAR du Triadou (Anne est mariée avec Jean d'AUZEMAR) et aux de SAPPORTA (Yves est marié avec Anne de SAPPORTA]
- le 31 décembre, décès de Jean AUZET (écrit EUZET, en marge), procureur juridictionnel dans la val de Montferrand, du Triadou ; àgé de ? (laissé en blanc) ; "le corps duquel a été enterré le jour de la circoncision dans le cimetière de ladite paroisse" ; signé : Affrique JUGLA prêtre ; [Observations : c'est le dernier acte fait par Affrique JUGLA mais on le retrouve plus loin, en 1672, prêtre et vicaire de Saint-Jean-de-Cuculles]

Année 1671 :

Aucun acte.

Année 1672 :

- le 25 juin, prise de fonction de curé de la paroisse du Triadou, de Jean Louis PALHASSY, prêtre pastor de Monsieur de RANCHIN, vicaire général et official de Monseigneur de Montpellier".
- le 5 juillet, décès de Georgette de BANDINEL, âgée de 79 ans ou environ, "ensevelie dans l'église" ; présent PLAGNIOL (qui signe PLAIGNIOL), du Triadou et Jean BAZALGETE (qui signe J BAZALGETTE), "prêtre et chapelain des Matelles" ; le curé signe : PALHASSY prêtre et curé ; [Observations : c'est le premier acte où l'on voit un laïc, PLAIGNIOL, signer avec les prêtres ; Georgette de BANDINEL est la veuve d'Etienne AUZEMAR, comme on le voit dans le compoix de Saint Mathieu, de Montpellier, pour l'année 1614 : "Georgette de BLANDINEL veuve d'Etienne AUZEMAR (1657), docteur et avocat, sgr du Triadou, fils de Jean, lieutenant des cours royales de Montpellier" (f 451) ; dans le même compoix, il y a aussi un article pour "Jean AUZEMAR, docteur et avocat, sgr du Triadou" (f 407) ; l'abréviation "sgr" veut dire "seigneur" mais dans les autres actes, l'abréviation courante est "sr", c'est-à-dire "sieur", mot que l'on trouve aussi en toutes lettres, à la suite du patronyme, en particulier dans les minutes notariales.]
- le 4 septembre, baptême de Guilhaume PLAGNOL (écrit PLAGNIOL, en marge) (fils de Jean et d'Elizabet THYOCHE (TIOCH), mariés au Triadou ; le parrain est Guilhaume THYOCH (TIOCH), habitant de Montpellier ; la marraine est Gratie PLAGNOLE, de Saint Mathieu ; présents : Pierre JUGLA, "résident à Saint Jean de Cuculles", Jean PLAGNHOL, du Triadou, Bertrand GREGOIRE, de Saint Jean de Cuculles ; tous signent, PALHASSY indiquant qu'il est prêtre et curé ; [Observations : bien que l'on retrouve dans les présents un Jean PLAGNOL, la signature est différente de celle de l'acte précédent : ici c'est une signature plus simple et moins élaborée, c'est manifestement un homonyme du Triadou qui explique, peut-être la graphie différente ; il n'y a, d'ailleurs qu'une seule signature PLAGNIOL qui est, probablement, celle du père]
- le 2 octobre, baptême d'Anthoinete (écrit Anthoinette, en marge) DAUMASSE (DAUMAS), âgée de 5 jours (fille de Fulcrand DAUMAS et de Louize GREGOIRE, "residens en la presente paroisse du Triadou") ; le parrain est Guiraud GREGOIRE, de Saint Jean de Cuculles ; la marraine est Anthoinete DAUMASSE, des Cazarelz ; sont présents : Jacques EUZET, du Triadou, Bertrand GREGOIRE de Saint Jean de Cuculles et d'André VEZIAN, de Saint Jean de Cuculles ; ils signent tous ; PALHASSY fait suivre son nom de "curé" ; [Observations : l'emploi du terme "résident" au lieu d'"habitant" n'est pas neutre : cela veut dire que ces DAUMAS ne sont pas originaires du Triadou ; ils sont probablement de Saint-Jean-de-Cuculles, compte tenu de la parenté ; la graphie employée (DAUMAS) remplace celle que l'on trouve au 16ème siècle (DELMAS), que l'on voit si souvent, par exemple, dans les actes du notaire GARNIER (des Matelles) pour Saint-Jean-de-Cuculles, justement]
- le 20 novembre, mariage de Jean CAUPERT (fils de Jacques et de Marguerite VIEILHE, mariés au lieu de Saint Mathieu) et de Marie PLAIGNHOLE [fille de Marcellin PLAIGNOL et de Jeanne (écrit Jeane) PERTRACHE (PERTRACH), mariés au Triadou] ; sont présents : noble Jean DAZEMAR, sr du Triadou, Jacques EUZET, procureur juridictionnel du Triadou [Observations : il est écrit exactement : "de noble Jean DAZEMAR sr du Triadou et de sr Jacques EUZET procur juridictionnel dud Triadou" ; dans les deux cas, l'abréviation "sr" est surmontée d'un tilde qui signifie que c'est une abréviation mais pour AZEMAR elle est placée après le nom et pour Jacques EUZET, avant ; à noter aussi que si AZEMAR est écrit DAZEMAR dans l'acte, il signe AUZEMAR ; en marge il est simplement indiqué : "mariage de Marie PLAIGNHOLE", c'est-à-dire que l'on ne signale à l'attention que la personne originaire du Triadou]
- le 19 novembre, naissance et baptême de Claude EUZET [fils de Jacques et de Marguerite GELY(E), du Triadou] ; il est précisé que ce jour-là : "est né un enfant, lequel a été deüment baptisé à la maison par moy prêtre et curé, à cause qu'il estoit en danger de mort" ; et, plus loin : "et le sixième de décembre dudit an, l'enfant cy dessus nommé a esté porté à l'église et luy ay fait les cérémonies et prières accoustumées et luy ay donné le nom de Claude" ; le parrain est Claude GELY, prêtre et vicaire de Saint Martin de Londres ; la marraine est Elisabet EUZETTE (EUZET) du lieu de Viol ; sont présents : Affrique JUGLA (prêtre et vicaire de Saint Jean de Cuculles), Louis POUJOL (prêtre servant la paroisse de Saint Mathieu), Jacques GUIBERT (prêtre servant l'église de Canet, diocèse de Beziers), Pierre GAZAN (curé de Prades), Jacques EUZET (père de l'enfant) ; ils signent tous ; PALHASSY indique "prêtre et curé", après son nom. [Observations : la présence de tous ces prêtres est le signe évident du côté très catholique de cette famille et aussi que la crainte de perdre l'enfant impliquait de rassembler le maximum de saintes personnes pour favoriser la vie future du baptisé et remercier Dieu]

Année 1673 :

- le 16 mars, baptêmes de Jean et Marguerite PLAIGNHOL (écrit PLAIGNIOL, en marge) (fils et fille de Jean et de Magdeleine ROUZE (ROUX), "frères" (sic), àgés d'un jour ; le parrain de Jean est Jean PLAIGNHOL et la marraine Louize GREGOIRE, "résidens en la présente paroisse", en présence de Jacques EUZET, "procureur juridictionnel de la paroisse" et Marcelin PLAIGNHOL, "habitant du Triadou" ; le parrain de Marguerite est Marcellin PLAIGNHOL et la marraine Marguerite GELIE (GELY), "habitans de la présente paroisse, en présence de Jacques EUZET et de Jean PLAIGNHOL, "tous habitans du Triadou" ; signatures PLAIGNIOL, EUZET et PALHASSY prêtre et curé ; [Observations : on voit bien ici la différence entre les "habitants" qui sont originaires du Triadou et les "résidents" qui ne le sont pas]
- le 21 mars, décès de Jean PLAIGNHOL (fils de Jean et de Magdeleine ROUZE), âgé de 7 jours ; enseveli dans le cimetière ; présents : Anthoine PALHASSY et Jacques DUR (de Saint Guilhem le désert) qui signent ; Jean Louis PALHASSY signe prêtre et curé.
- le 28 mars, décès de Marguerite PLAIGNHOLE (fille de Jean et de Magdeleine ROUZE ), âgée de 13 jours ; ensevelie dans le cimetière ; présents : Anthoine PALHASSY (de Compeyre) et Jacques DUR (de Saint Guilhem le désert) qui signent ; Jean Louis PALHASSY signe prêtre et curé.

Année 1674 :

- le 25 juin, décès de Yves MICHEL, âgé de 85 ans ou environ, enterré le même jour dans l'église ; présents : Anthoine PALHASSY (de Compeyre en Rouergue, diocèse de Rodez) et Jean PLAIGNIOL, du Triadou ; signatures PLAIGNIOL, PALHASSY et PALHASSY "prieur" ; [Observations : c'est le premier acte où Jean Louis PALHASSY signe en faisant suivre son nom de "prieur" et non de "prêtre et curé", exactement comme si la fonction de prieur ne lui avait été octroyée qu'en 1674 ; ici le patronyme MICHEL n'est pas précédé par "de", comme dans l'acte de 1670 mais il est écrit sr. Yves MICHEL (en marge) et mr Yves MICHEL dans l'acte , signes de la qualité reconnue du personnage]
- le 11 juillet, décès de Thoinete DAUMASSE (fille de Fulcrand DAUMAS et de Louise GREGOIRE, "mariés du mas des Cazarelz, paroisse de Saint Jean de Couculles, à présent résidans pour rentiers dans la présente paroisse du Triadou"), àgée de 10 mois ou environ ; enterrée dans le cimetière du Triadou ; présents Anthoine PALHASSY et Jean PLAIGNIOL du Triadou qui signent ; Jean Louis PALHASSY signe : "PALHASSY prieur".
- le 7 novembre, baptême d'Elizabeth LATOUR (fille de Bertrand et de Françoise FABRE, mariés, habitants du Triadou) ; âgée de 8 jours ; le parrain est Jean LATOUR (habitant d'Anduze) ; la marraine est Elizabeth FABRE (mariés habitant d'Alès au diocèse de Nîmes) ; en présence de Jean PLAIGNIOL, du Triadou, , d'Anthoine PALHASSY, de Compeire, diocèse de Rodez ; signatures de PLAIGNIOL, Anthoine PALLASSY et PALHASSY prieur ; [Observations : le "s" de "mariés" pour Elisabeth FABRE veut certainement dire qu'elle est mariée avec le parrain, Jean LATOUR mais celui-ci est dit habitant "Anduze" alors qu'Elisabeth FABRE est dite habitant "Alès" avec son mari : il y a une erreur quelque part (ou alors, ce n'est pas un s mais une rature et cela voudrait dire qu'elle est mariée mais sans indication du nom du mari, ce qui est peu probable) ; quoiqu'il en soit, c'est le signe d'un début de disparition des LATOUR du Triadou, alors que c'est une des plus anciennes familles du lieu, copropriétaire du mas du Triadou]



Le baptême d'Elisabeth LATOUR

Année 1675 :

- le 27 janvier, décès d'Honoré PASTOREL [fils de François et d'Yzabeaux CHALIERE (CHALIER), mariés, habitant "Verrières en Rouergue, dioceze de Rodes" (Rodez)], chirurgien âgé de 18 ans, dans la maison claustrale du Triadou ; "ensevely le lendemain dans lesglise dudit Triadou" ; en présence d'Anthoine et d'Etienne PALHASSY, frères, de la ville de Compeyre en Rouergue et Jean PLAIGNIOL du Triadou ; il y a 3 signatures PALHASSY dont celle du prieur ; [Observations : Verrières est très proche de Compeyre dans le département de l'Aveyron, ce qui explique certainement la présence de la "tribu" PALHASSY à l'enterrement ; à noter que ce dernier a eu lieu dans l'église, ce qui n'était pas le lot de tout le monde]
- le 28 avril, baptême de Marie DAUMASSE (fille de Fulcrand DAUMAS et de Louise GREGOIRE, "mariés, residens pour rantiers dans la présente paroisse" ; le parrain est Bertrand GREGOIRE, son oncle, habitant Saint-Jean-de-Cuculles ; la marraine est Marie DAUMASSE, sa tante, du lieu des Cazarelz, paroisse de Saint-Jean-de-Cuculles ; en présence de Jean PLAIGNIOL, du Triadou et d'Anthoine PALHASSY, clerc ; signature de PALHASSY, PALHASSY prieur et PLAIGNIOL ; [Observations : au fil des actes, on trouve d'autres membres de la famille PALHASSY qui semblent avoir suivi le prieur du Triadou ; dans cet acte, on voit même que l'un d'eux est clerc de l'église du Triadou]
- le 20 octobre, baptême d'Estienne PLAIGNIOLE (fille de Jean PLAIGNIOL et d'Yzabeau TIOCHE, mariés au Triadou) ; le parrain est Jean TIOCH, habitant de Saint Mathieu ; la marraine est Estienne PLAIGNIOLE, de la paroisse de Guzargues ; en présence de Jean ARNAUD (de Saint Jean de Couculles), d'Anthoine PALHASSY, clerc du Triadou, "signé par mr Affrique JUGLA, vicaire perpétuel de Saint Jean de Couculles en mon absence et à la prière et réquisition par moy à luy faite" ; [Observations : à noter dans tous ces actes la graphie de Cuculles qui s'écrit Couculles]

Année 1676 :

- le 5 août, abjuration de l'hérésie de David NOUGALHAC [fils de Jean et de Suzanne ICARDE (ICARD), mariés et habitants de Mauguio], natif du lieu de Mauguio (cette mention est barrée dans l'acte), diocèse de Montpellier, "à présent habitant de Montpellier, àgé de 30 ans, a fait abjuration de la religion prétendüe et réformée dans l'église de la présente paroisse du Triadou et l'ay reçu au giron de l'église catholique apostolique et romaine, avec la permission de mr de RANCHIN, vicaire général, après l'avoir instruit pendant quelque temps, en présence de sr Christofle de PUTEAU dit de LA GARDE (il signe LAGARDE), habitant de Montpellier, de Adam PALHASSY , chirurgien de la ville de Compeyre en Rouergue, diocèse de Rodez, de Jacques EUZET, habitant dudit Triadou et de Marcellin PLAIGNOL, aussi habitant dudit Triadou qui n'a seu signer ni ledit NOUGAILHAC" ; signatures PAILHASSY, LAGARDE et PALHASSY prieur ; [Observations : Compeyre est, aujourd'hui, dans le département de l'Aveyron]

Année 1677 :

- le 4 avril, baptême et décès d'un enfant (fils de François NEGRÉ et de Jeanne CHAFAU, mariés, "du lieu de Chasau, paroisse de Chanareilhe, diocese de Mende, habitant à présent dans la présente paroisse du Triadou" ; àgé de deux jours, "baptisé dans la maison en necessité" ; enterré dans le cimetière ; en présence de Jean PLAIGNIOL du Triadou et Jean ARNAUD de Saint-Jean-de-Cuculles ; signatures PLAIGNIOL, ARNAUD et "VALERE curé de Saint Jean de Coculles" ; [Observations : Cuculles est écrit Couculles par ARNAUD et Coculles par VALERE ; Chanareilhe est, peut-être Chanaleilles qui se trouve, aujourd'hui, en Haute Loire (43)]
- le 10 avril, décès d'Anthoine NEGRÉ ("fils dessus nommé"), âgé de 12 ans ; enterré dans le cimetière ; en présence de Jean ARNAUD de Saint-Jean-de-Cuculles, habitant le Triadou et de Jean PLAIGNIOL ; en l'absence du prieur du Triadou, c'est VALERE qui officie et qui signe VALERE curé, plus les signatures PLAIGNIOL et ARNAUD ; [Observations : la mention de filiation renvoie certainement à l'acte précédent]
- le 12 novembre, décès de Claude GUEISSIER du lieu et paroisse de "Guanrieu, dioceze de Mande", àgé de 60 ans ou environ ; enterré dans le cimetière ; en présence de François TRIADOU de la ville de Compeyre en Rouergue et d'Anthoine PALHASSY, clerc ; signatures F TRIADOU, A PALHASSY, PALHASSY prieur ; [Observations : Guanrieu est, peut-être, Grandrieu qui est, aujourd'hui, en Lozère (48) ; il est surprenant de retrouver ici le patronyme Triadou mais c'est probablement lié au rôle même de ces bergers qui a donné son nom à la commune]

Année 1678 :

- le 28 août, décès de Jacques EUZET, procureur juridictionnel, du Triadou, âgé de 46 ans environ ; enterré dans le cimetière ; en présence de Jean PLAIGNIOL, du Triadou et de Jean ARNAUD, de Saint-Jean-de-Cuculles ; signatures ARNAUD, PLAIGNIOL, PALHASSY prieur.

Année 1679 :

- le 10 janvier, mariage de Jean JEAN [fils de Pierre JEAN et d'Anthoinette PERASSE (PERAS), du lieu de Saint Mathieu] et Yzabeaux (Elizabet, en marge) PLAIGNIOLE (PLAGNIOLE, en marge) [fille de Marcellin PLAIGNIOL et de Jeanne PERTRACHE (PERTRACH), du Triadou], "confessés et communiés après la publication de deux annonces, dispensés de la troisième annonce" ; en présence de Anthoine PERAS, de mr Balthazar CLERIS, chirurgien (à la suite, il y a "de Saint Mathieu", mention qui est barrée) et de Blaize ALLEGRE, de Saint Mathieu ; signatures : PALHASSY prieur (dans l'acte, il se définit comme prêtre et prieur), ALLEGRE, B CLERY, PERAS, PEIRRAS (pas de signature JEAN).

Année 1680 :

- le 30 avril, décès de Françoize AUZEMAR, âgée de 70 ans ou environ, du Triadou, enterrée dans l'église ; en présence de Denis ESPINAS, "vicaire de Saint Jean de Couculles" et de Jean BAZALGETTE, "prêtre et chapelain des Matelles" ; signatures BAZALGETTE, PALHASSY prieur, ESPINAS prêtre et vicaire.
- le 9 octobre, baptême de Jeane (Jeanne) PIFFARDE [fille de Daniel de PIFFARD, "du lieu de La Roche, près Dambrun, lieutenant dans la compagnie du sr de RIGNHAC, dans le régiment de Navarre, à présent dans la garnison d antibes" et de Jeane ROUSSELLE (ROUSSEL) du lieu de Mauguio dans le diocèse de Montpellier, "fiancés au rapport de ladite ROUSSELLE"] ; le parrain est Jean EUZET, du Triadou ; la marraine est Jeane COLONDRES (fille de mr René COLONDRES "rantier de la grange du pin, paroisse Saint Sauveur du Pin" ; en présence de Jean Jacques DUR, de Saint Guilhem le désert et d'Anthoine PALHASSY, de la ville de Compeyre en Rouergue ; signatures DUR, A PALHASSY et PALHASSY prieur (pas de signature EUZET) ; [Observations : il est possible que le patronyme PIFFARD soit, en réalité, PISSARD]

Année 1681 :

Aucun acte.

Année 1682 :

Aucun acte.

Année 1683 :

- le 15 avril, décès de Jean AUZEMAR (fils de sr Jean AUZEMAR et de Anne MICHELLE (MICHEL), du Triadou) ; enterré le lendemain ("jour de vendredi saint") dans l'église ; en présence de Jean PLAIGNIOL et de Jean EUZET (qui signe avec PALHASSY prieur) ; [Observations : après la signature de Jean EUZET, il est écrit qu'il ne prend aucun compte sur la fonction, certainement pour signifier qu'il est totalement bénévole]

Année 1684 :

- le 28 avril, décès d'Anne de SAPPORTA, veuve de sr Yves MICHEL, du Triadou, âgée de 85 ans ou environ ; enterrée le même jour dans l'église ; en présence de Denis ESPINAS, vicaire perpétuel de Saint-Jean-de-Cuculles et de Jean BAZALGETTE, chapelain des Matelles ; signatures BAZALGETTE, ESPINAS prêtre, PALHASSY prieur ; [Observations : c'est le dernier acte de ce registre]

L'extrait de ce registre a été donné au secrétaire de l'évêque par le prieur PALHASSY, ce secrétaire l'ayant signé à l'occasion de la visite de l'évêque au Triadou, le 28 janvier 1685.


Analyse de la période 1665-1684 :

Sur ces 19 ans, entre 1665 et 1684, on peut faire un certain nombre de constatations :

- 5 années n'ont aucun acte de baptême, mariage ou décès (1666, 1671, 1676, 1681, 1682), sous la réserve de l'acte d'abjuration de l'année 1676.
- 6 années n'ont qu'un seul acte (1 mariage en 1665, 1 baptême en 1669, 1 décès en 1678, 1 mariage en 1679, 1 décès en 1683, 1 décès en 1684.
- le total des baptêmes est de 15.
- le total des décès est de 16.
- le total des mariages est de 4.
- Si l'on distingue entre les actes de personnes originaires du Triadou des actes relatifs à des personnes d'autres origines, on a :
- 9 baptêmes, 11 décès et 4 mariages pour les originaires du Triadou (pour les mariés, quand au moins l'un des deux, mari ou femme d'un couple est du Triadou)
- 5 baptêmes et 5 décès pour les personnes originaires d'ailleurs.
- 1 baptême (COULONDRES) dont l'origine est indéterminée mais que l'on peut, logiquement, ranger du côté des familles venues d'ailleurs (compte tenu de l'absence d'actes les concernant dans les minutiers notariaux) ; dans ce cas, cela porte le nombre de baptêmes à 6 pour les personnes venues d'ailleurs.
- A propos de ces "étrangers", on peut encore distinguer entre ceux qui sont des communes voisines (Saint-Jean-de-Cuculles et Saint-Mathieu-de-Tréviers) de ceux qui viennent de plus loin, du diocèse de Rodez ou de celui de Mende. Manifestement, on a là le cas de bergers venus chercher du travail dans la val de Montferrand (encore que les actes n'indiquent aucun métier, à part le cas d'un militaire et de deux chirurgiens).
- Il faut mettre à part les personnes qui sont, en quelque sorte, dans la mouvance du curé ou du prieur. Dans cette période, on a le curé Affrique JUGLA, manifestement originaire de Saint-Affrique, en Aveyron aujourd'hui. D'ailleurs, le 1er février 1670, le parrain d'un enfant naturel est Pierre JUGLA qui habite à Saint-Affrique et l'enfant en question est nommé Affrique. Même phénomène mais en plus grand avec le curé puis prieur Jean Louis PALHASSY qui draine avec lui sa famille originaire de Compeyre en Rouergue, dans l'Aveyron d'aujourd'hui. Antoine qui devient clerc au Triadou, Etienne son frère et encore Adam, chirurgien à Compeyre. La "tribu" des PALHASSY se retrouve, le 27 janvier 1675, pour le décès d'Honoré PASTOREL, jeune chirurgien à Verrieres en Rouergue (près de Compeyre). Il y a, manifestement, le double intérêt du métier (la chirurgie) et de la géographie (le Rouergue).
- Du côté des habitants originaires du Triadou, on ne trouve que 5 patronymes : PLANIOL (avec ses multiples graphies), EUZET, LATOUR (ou DELATOUR), AZEMAR (ou, plutôt, AUZEMAR) et MICHEL (ou de MICHEL). C'est bien peu et c'est le signe que le Triadou est une très petite commune qui va longtemps garder ce caractère puisqu'au recensement de 1836, 150 ans plus tard, il n'y avait encore que 67 habitants.

A ce registre du 17ème siècle, il faut encore ajouter un extrait du registre suivant pour seulement l'année 1692 et qui ne concerne que des résidents :

Année 1692 :

- le 6 février, baptême d'une fille "à laquelle on n'a pas donné de nom", fille de Jean SALATGIER et de Gracie VALENTINE (VALENTIN), mariés, "résidents dans la présente paroisse du Triadou depuis huit mois ou environ" ; le baptême a eu lieu dans la maison des parents, la fille étant en danger de mort et âgée de quatre jours ; on lui a "administré les cérémonies du baptême pour n'avoir pas été en état d'être portée à l'église, ayant été malade pendant le temps qu'elle a vécu" ; fait par le prieur PALHASSI.
- le 14 février, décès de ladite fille SALATGIERE, àgée de douze jours ; enterrée dans le cimetière ; PALHASSI prieur.
- le 26 octobre, baptême de Jean POIGNHET (écrit POIGNET en marge de l'acte), âgé de huit jours, fils de Louis POIGNHET, demeurant pour berger au château de Rastinclières (Restinclières), et de Delphine BOSSE, mariés, "demeurant à présent dans la présente paroisse du Triadou" ; le parrain est Jean EUZET, du Triadou ; la marraine est Jeane PERTRACHE (PERTRACH), de Molière Nègre ; présents : Guillaume et Marcellin PLAIGNOL, frères, du Triadou ; soussignés : PLAIGNOL, PLAIGNOL, PALHASSI prieur.

A la suite de cet acte, il est indiqué : Extrait tiré sur l'original par moy Jean Louis PALHASSI prieur dudit Triadou. Signature PALHASSY.


b) Le compoix de 1684

Une deuxième approche pourrait se faire avec le nouveau compoix de 1684 mais il n'est plus communicable aux Archives départementales de l'Hérault car trop abîmé. Un extrait qui ne concerne que les biens communaux est, cependant, encore visible. Il est joint ci-dessous, en quatre photos. Dans cet extrait, on voit que les confronts des garrigues et devois de la communauté concernent toujours les mêmes noms : Marcellin PLAGNOL, AUZEMAR et les héritiers de Jacques EUZET. Ainsi, les LATOUR et les BERTIN des siècles précédents ont disparu, comme avaient disparu avant eux les TRIADOU et les AGULHON de Montferrier. Bien entendu, il est prématuré de conclure sur ce 17ème siècle car il y a trop de lacunes dans les registres paroissiaux mais il semble que le partage des terres en trois grandes parts était la règle depuis très longtemps.


Les biens communaux
en 1684 (1)


Les biens communaux
en 1684 (2)


Les biens communaux
en 1684 (3)


Les biens communaux
en 1684 (4)


Un autre document du diocèse du 27.07.1774 donne une brève analyse du compoix de 1684, en particulier quant aux méthodes d'évaluation. Pour ce qui est des "maisons, estables, palieres, courts, cazals, jasses, preds et jardins", il faut s'en remettre à la prudence des experts, pour leurs contenances, situations, commodités ou incommoditiés et aux réparations qu'il convient d'y faire. Pour les champs et olivettes, il sera fait trois degrés. Le premier degré appelé bon "pour ceterée de cent destres de dix huit pans carrés, un sol". Le second degré appelé moyen ""sera allivré pour ceterée, neuf deniers". Le troisième degré appelé faible "sera allivré pour ceterée, trois deniers". Pour les devois et hermes, il y aura aussi trois degrés. Le premier appelé bon ""sera allivré pour ceterée, trois deniers". Le second degré appelé moyen "sera allivré pour ceterée, deux deniers". Le troisième degré appelé faible ""sera allivré pour ceterée, un denier". La deuxième page du document donne un exemple d'article du compoix dont les terres sont dans la classe du bon. Est ainsi mis en exemple un article du compoix de Mr AUZEMAR : "Item un champ dit de la clede et des campmaux confronte du levant Marcelin PLAGNIOL, du couchant les hoirs de Jaques EUZET, du vent droit lesdits hoirs et soy même, fossé entre deux, du marin le chemin qui va au moulin et aux Matelles, contenant 15 ceterées 5 destres de terre ouverte et 3 cartons d'herme, estimé 11 sols 5 deniers maille". Une note ajoute la précision que l'on ne peut mettre ni bon, ni moyen ni faible, "parce que le compoix n'en fait pas mention à aucun article". La troisième page donne des informations précises sur l'imposition. C'est d'abord le nombre de ""livres livrantes" sur lesquelles est répartie l'imposition : 32 livres 8 sols 9 deniers, soit 47 livres 18 sols 11 deniers pour les livres livrantes. C'est ensuite le montant de la taille qu'à supporté la livre livrante en 1773 : 1555 livres 7 sols 7 deniers. Il est ensuite indiqué que la ceterée comprend 100 destres, la demi-ceterée 50 destres, la carte 25 destres, le destre 18 pans, le pan 9 pouces 2 lignes et le pied du roi a 12 pouces. Enfin, il est indiqué qu'il n'y a pas de terres défrichées qui ne soient pas additionnées au compoix et qu'il y a quantité de terres qui sont encore en friches : "elles consistent en differens hermes sur chaque particulier qu'on ne peut scavoir la contenance à moins de les faire arpanter". Le document est certifié conforme au compoix par le consul PLAGNIOL et le greffier MAUMEJEAN.


c) Les tailles de 1694

Une troisième approche est possible avec le relevé des tailles payées au Triadou. Un seul document est conservé mais il est très parlant pour se faire une idée de la situation à la fin du 17ème siècle, puisqu'il s'agit de l'année 1694. Voici les détails de ce relevé :

1/ Jean PLAGNIOL : 262 livres 11 sols 9 deniers
2/ Hoirs (héritiers directs) de Jacques EUZET : 252 livres 12 sols 7 deniers
3/ Marcellin PLAGNIOL : 164 livres 10 sols 9 deniers (c'est Jean PLAGNIOL qui a payé, en trois fois)
4/ M. AUZEMAR, sieur du Triadou : 151 livres 16 sols 9 deniers (le 13.08.1694, par mains de Dominique VIELHE : 142 livres 16 sols 9 deniers ; par mains de Pierre LAURAYRE : 9 livres)
5/ M. de SAINT ROMAND : 120 livres 13 sols 7 deniers (par mains de Pierre PERTRACH, rentier de Montalet)
6/ M. de THOIRAS : 73 livres 7 sols 7 deniers (par mains de Pierre AZEMAR, rentier de Restinclieres)
7/ Jean VINCENT : 24 livres 9 sols 11 deniers
8/ Barthélémy RICARD : 12 livres 9 sols 8 deniers (Jean TIOCH : 2 livres 10 sols ; Barthélémy RICARD : 5 livres 16 sols 6 deniers ; Jacques CALAGES : 4 livres 3 sols 2 deniers)
9/ Bertrand DESFOUR : 8 livres 10 sols 6 deniers (en deux fois)
10/ Michel PERTRACH : 4 livres 16 sols 7 deniers (par mains de dlle DURANTE sa femme)
11/ Bertrand MONTELZ : 4 livres 4 sols 2 deniers
12/ Jean TOURIERE : 11 sols 8 deniers
13/ Les habitants du lieu : 34 livres 2 deniers (Jean PLAGNIOL : 11 livres 6 sols 8 deniers ; Les hoirs d'EUZET : 11 livres 6 sols 8 deniers ; M. AUZEMAR : 11 livres 6 sols 8 deniers)

Le récapitulatif a été dressé par Jean EUZET, greffier consulaire du Triadou, le 30 avril 1694. Le total de 1111 livres 19 sols 7 deniers comprenait 1012 livres 7 sols 5 deniers de tailles proprement dites, 23 livres 17 sols de taillons, 12 livres pour les gages attribués à l'office de greffier consulaire acquis par Jean EUZET, 2 livres 10 sols pour la façon du livre ou fourniture du "papier timbre", à raison de 2 livres pour chaque somme de 1000 livres (arrêt du conseil du 19 mai 1691) et 61 livres 5 sols pour le droit de livre, à raison de 14 deniers "pour livre". En fait, le total général a finalement été de 1114 livres 15 sols 8 deniers, après le calcul de toutes les parcelles

Analyse de cette année 1694 :

Ce qui apparaît d'abord, c'est qu'il y a seulement trois feux dans la paroisse. Celui de Jean PLAGNIOL, celui des héritiers de Jacques EUZET (Marguerite GELY et ses deux fils, Jean et Claude) et celui de Jean AUZEMAR. Cela correspond bien à ce que l'on sait par d'autres sources. Cela confirme aussi la disparition définitive des BERTIN et des LATOUR qui avaient, avec les EUZET, constitué les trois familles du Triadou depuis - au moins - le 15ème siècle. Les quelques actes conservés des registres paroissiaux montrent, d'ailleurs, que les LATOUR habitaient encore le Triadou le 7 novembre 1674, c'est-à-dire à peine vingt ans auparavant (à cette date, baptême d'Elisabeth LATOUR, fille de Bertrand et de Françoise FABRE). Il semble même que Bertrand LATOUR habitait encore au mas du Triadou en 1682, puisque le 28 janvier de cette année, les parties au procès des censives du Triadou font une transaction devant le notaire FAGES, de Montpellier. L'acte indique que "Mr Jean AUZEMAR, docteur et advocat, Jean PLAGNOL fils et donataire contractuel de Marcelin PLAGNOL, Guillaume BRESSON, hoste de ceste ville, faisant pour et au nom de Bertrand LATOUR son beau-frère, et Margueritte GELYE, veuve de feu Jacques EUZET, quand vivoit procureur juridictionnel de la val de Montferrand, faisant l'entier corps des habitants dudit mas du Triadou". Par contre, les BERTIN ont probablement disparu dans la deuxième partie du 16ème siècle (ils sont encore là quand est fait le compoix de la val de Montferrand, dans les années 1550-1554). On constate ensuite que le plus riche est Jean PLAGNIOL qui paye non seulement pour lui la plus grosse contribution mais aussi pour les terres de Marcellin PLAGNIOL, lequel semble donc ne plus habiter au Triadou. En dehors d'AUZEMAR, sieur du Triadou, docteur et avocat de Montpellier, on trouve de SAINT ROMAND et de THOIRAS qui - sous réserve de vérifications - doivent faire partie de ces riches montpelliérains qui investissent dans les campagnes aux alentour de la capitale régionale. Comme les autres propriétaires, beaucoup moins riches, ils n'habitent pas sur place mais sont contribuables, le règlement se faisant par ceux qui cultivent effectivement la terre. Les autres, ce sont donc VINCENT, RICARD DESFOUR, PERTRACH, MONTELS et TOURIERE, ce dernier payant moins d'une livre. Ces petites propriétés peuvent, elles-mêmes, être morcelées (pour RICARD, tout au moins, puisque le paiement s'effectue par trois personnes). Bien entendu, ce classement ne tient pas compte des "biens privilégiés" non soumis à la taille. En 1790, un siècle plus tard, le classement de ces biens privilégiés fera ressortir les propriétaires suivants : le prieur, curé du Triadou, l'évêque de Montpellier, le chapitre cathédral saint Pierre de Montpellier et Jean EUZET.


d) Les visites paroissiales de l'évêque de Montpellier au Triadou

Une quatrième approche permet de confirmer les constatations précédentes. En effet, les procès-verbaux de visites des paroisses par l'évêque de Montpellier sont conservés à partir de celles de 1632-1633.

- La visite de 1632 (le 13 juin) : A cette époque où François CAUSSEL est prieur et où Jean EUZET est procureur juridictionnel en la val de Montferrand, la délégation épiscopale est reçue par ces deux hommes, ainsi que par Marcelin PLAGNIOL (écrit PLAIGNOL), habitants du Triadou. Le compte rendu fait ressortir que le nombre de paroissiens est de "quatorze personnes ou environ a ce compris les valets et bergers" (ce chiffre ne tient donc pas compte des enfants).

C'est Jean EUZET qui indique au représentant de l'évêque que les biens de l'église consistent en une vigne et un jardin et qu'ils ont été allivrés au sieur Jean AZEMAR (en fait, AUZEMAR), lequel n'est pas présent. Il est ordonné que les actes justifiant cet allivrement soient remis. Le même Jean EUZET dit qu'il ne sait pas s'il existe une fondation ou une chapelle (alors que ses ancêtres ont été bénéficiaires des 50 écus, réduits ensuite à 40 écus, par le prieur MARRE, au XVe siècle). Par contre, le prieur François CAUSSEL indique qu'il possède l'extrait d'une fondation "faite par Mr Bringuier MARRE prestre, jadis prieur en ladite eglise, d'une chapelle qu'il a fondée en l'honneur de dieu et de la bien heureuse vierge marie", d'un montant de 50 écus (il n'a donc pas en main le codicille au testament qui réduit cette fondation à 40 écus), pour être mis en rente au profit de ladite chapelle et portant obligation de célébrer une messe par semaine. Le prieur remet ensuite l'extrait de la fondation au représentant de l'évêque.



Extrait de la déclaration de Jean EUZET, le 13.06.1632

Jean EUZET signale que 10 livres sont payées à la chapelle Saint Sauveur, fondée en l'église Notre Dame des Tables, à Montpellier. L'ancien prieur, Jacques BOUGETTE, en était chapelain. Cette somme est actuellement payée au chanoine TRIAL. Il est ordonné que Me TRIAL remette la fondation. La mention de cette chapelle et de la rente qui est versée n'est indiquée que dans ce compte rendu. Elle ne sera plus mentionnée ultérieurement. En tout cas, on voit bien que l'Eglise cherche à mettre de l'ordre après les troubles religieux. Ordre dans ses papiers mais, également, ordre dans les édifices religieux.

En effet, le compte rendu montre que les bâtiments, prieuré et presbytère, sont dans un piteux état (il n'est pas fait mention du cimetière). "La maison claustralle proche ladite eglise" est "ruinée". Quant à l'église, il faut la réparer et "bastir le couvert" (le toit), "enduire et blanchir les murailles" et puis "couvrir le cloistre", acheter deux cloches, l'une "d'un quintal" et l'autre, petite, pour "leslevation" (pendant la messe) ; il faut aussi faire faire "un tableau avec son cadre" et " un ordinaire pour ladministration des sacremans". On voit bien que les lieux n'ont pas été épargnés et qu'il faut tout remettre en état.

Le prieur, lui-même, n'a pour revenus que 50 écus et "deux saumades a bled" qui sont insuffisants pour le nourrir et payer 27 livres de décimes. Il réside à Saint-Jean-de-Cuculles "quy est a un petit quart de lieue". Il sera tenu de venir dire la messe au Triadou une fois par semaine.

- La visite de 1666 (le 9 décembre) : le compte rendu est particulièrement intéressant car il est très précis et il aborde des sujets que l'on ne retrouve pas dans les autres visites. Sont présents, notamment :
- François HOÜY, prêtre du diocèse de Chartres, âgé de 34 ans ou environ, prieur du bénéfice du Triadou depuis deux ans ou environ ; il est dispensé de résider au Triadou car il est, en même temps, aumonier et secrétaire de l'évêque, cette fonction expliquant le fait que la petite paroisse du Triadou bénéficie, en plus, des services d'un curé.
- Affrique JUGLA, prêtre du diocèse de Vabres, âgé de 28 ans ou environ, curé de la paroisse depuis un an et demi ou environ ; il assiste le prieur mais il réside à Saint-Jean-de-Cuculles car il n'y a pas de maison claustrale au Triadou (plus précisément, elle est en ruine). C'est pourquoi le prieur demande de la faire reconstruire mais que, cependant (en attendant), les habitants donnent au curé une chambre honnête afin qu'il puisse résider au Triadou. L'ordonnance a suivi cette demande puisqu'elle oblige les habitants à faire "rebastir la maison claustrale et cependant donneront le logement commode et honeste aud. curé".
- Jean EUZET, procureur juridictionnel de l'évêque, en la val de Montferrand,
- Jacques LATOUR, habitant du Triadou,
- Marcelin PLAGNIOL (écrit PLAGNOL), habitant du Triadou,
- et d'autres habitants de ladite paroisse : curieusement, le seigneur du Triadou, Jean AUZEMAR (écrit toujours AZEMAR dans ce compte rendu) n'est pas indiqué dans la liste des personnes qui accueillent le seigneur évêque. En fait, cette omision s'explique, certainement, par le litige qu'il y avait entre lui et le prieur HOÜY (et, avant lui, le prieur CAUSSEL), comme on le voit dans la minutieuse description du bénéfice du Triadou : "Le colateur du benefice dudit triadou est leveque de Montpellier (...) il est arranté 335 livres tournois qui consistent en dixmes et en une vigne de muscat qui est prez ladite eglise du costé de treviers sans y comprandre la dixme du chateau de restinclieres, pour laquelle le rentier d'icelluy luy paye tous les ans la somme de 50 livres tournois sans prejudice de ce qui luy est deu pour un plus grand droit de dixme quil pretent avoir du costé de Saint Sauveur du pin, et que les charges sont de 50 livres 13 sols et quelques deniers pour les decimes annuelles sans y comprendre lextraordinaire, et dit de plus que le bien de la dominicature [la dominicature était le domaine attaché à la cure, entourant l'église ; il était incessible et non soumis à l'impôt] consiste en une vigne cy dessus mentionnée et en plusieurs autres petites pieces de terre, dont M AZEMAR cy devant seigneur du triadou jouit nonobstant quil ait receu la somme de 40 escus de M françois CAUSSEL cy devant prieur dudit lieu pour le rachapt et recouvrement d'icelles les terres de la dominicature, laquelle somme ledit seigneur AZEMAR avoue avoir receu dans un compte quil a randu" à ses héritiers, lesquels l'ont attesté à François HOÜY. Dans l'ordonnance qui suit la visite, Jean AUZEMAR est nommément cité parmi les personnes qui ont été entendues. L'ordonnance donne ensuite au prieur la permission "de poursuivre en justice le sr AZEMAR pour se faire payer le légat du sr CAUSSEL" et encore que "le sieur AZEMAR sera contraint par les voyes de droit de faire delaissement des terres de la dominicature".

L'évêque donne la confirmation à 8 personnes et, pendant la messe, administre la communion aussi à 8 personnes mais le prieur indique "quil y a ordinairement 15 communians dans la dite paroisse et une vingtaine lorsque le sr AZEMAR y reside". Après la visite de l'église, il visite le cimetière et le prieur précise "quil y a deux cimetieres dans lad. parroisse, savoir l'un qui est au devant de la porte de lad. eglise ou sont enterrés les ancetres LATOUR, et l'autre au derriere dicelle, ou sont enterres les EUZETS, lesquels cimetieres ne sont point clos, et ny a point de croix". De toutes les pièces d'archives, c'est la seule où est décrite la situation de ces deux cimetières. On peut risquer l'hypothèse suivante : la famille la plus ancienne résidant encore au Triadou était celle des LATOUR, d'où la place importante devant la porte de l'église. Dans l'ancienneté venaient ensuite les EUZET qui avaient donc leur cimetière réservé derrière l'église. C'était, peut-être, pour ces derniers, la place la plus recherchée, au plus près de l'autel et du choeur, car il ne faut pas oublier que les EUZET avaient succédé aux TRIADOU, lesquels avaient succédé aux nobles AGULHON, de Montferrier. Dans la mentalité de ces époques, il fallait que les corps soient proches de l'autel, si possible dans l'église même (les prieurs y étaient enterrés) et, sinon, dehors au plus près. Par contre, les familles plus récemment installées dans le village n'avaient pas de cimetière attitré, ce qui peut surprendre pour les PLAGNIOL qui paraissent être déjà bien implantés dans la paroisse, famille riche ayant la charge de diriger le conseil de la communauté des habitants. L'ordonnance qui suit la visite ordonne aux habitants de "clore les deux cimetières et y dresser en chacun d'iceux une grande croix de pierre".

La plus grande partie du compte rendu concerne la délimitation de la dîmerie du Triadou. Le prieur du Triadou estimait que le prieur de Saint Sauveur du Pin avait inclus certaines terres et devois de sa dîmerie dans la sienne. Il l'avait fait assigner le jour de la visite au Triadou. Le père Dom Christophe LA CHAISE, procureur du monastère Saint Benoît d'Aniane, prieur de Saint Sauveur du Pin et député du monastère, avait répondu qu'il y avait une transaction passée avec le prieur François CAUSSEL en 1660, ce à quoi le nouveau prieur François HOÜY, avait répondu que son prédécesseur ne pouvait lui porter préjudice et qu'il exigeait que, dans le délai de six jours, un expert soit nommé. L'ordonnance qui suit la visite reprend les demandes ci-dessus en ajoutant la vérification des bornes de Saint Sauveur du pin et de Prades et en vérifiant aussi les confronts. Effectivement, le 10.12.1666, Barthélémy GREGOIRE, chanoine de l'église collégiale de Saint Sauveur de Montpellier, est délégué par le seigneur évêque de Montpellier pour faire ce contrôle. Il est accompagné de Jean VALAT, chanoine en l'église cathédrale de Montpellier (au nom du chapitre cathédral) et prieur du bénéfice de Saint Jacques de Prades, de Fulcran AUDIBERT (procureur fiscal du seigneur évêque), de Jean AZEMAR (AUZEMAR, seigneur du Triadou), de René COULONDRES (baille de Saint-Gély-du-Fesc, rentier du bénéfice de Saint-Jean-de-Cuculles), de Jacques DESFOURS (habitant de Saint-Jean-de-Cuculles, âgé de 50 ans ou environ), de Jean SAUVAYRE dit Moutet (habitant et premier consul de Prades, âgé de 75 à 80 ans), de Pierre VINCENS dit Manson (ou Mauson, habitant de Prades, âgé de 55 à 60 ans), de Jean RICHART dit Jacot (habitant de Prades, âgé de 45 ans), prudhommes et experts (...).

En fait, il est bien difficile aujourd'hui de situer les lieux où étaient les bornes quand il est écrit, par exemple : "serions montés vers un bois complanté d'oliviers, apres lavoir passé serions entrés dans une vigne close de pierres et de lauses qui est sur le chemin de Prades audit chateau de restinclières et a quatre pas dans icelle vigne", etc. C'est, cependant, un peu plus facile de situer les limites quand on rentre dans les généralités, comme, par exemple : "le sieur baille de St Gely du Fesc rentier du benefice de Saint Jean de Coculles et du moulin de Lafous auroit affirmé que la dixmerie de St Jean de Cuculles sestendoit jusqu'au déla du moulin de la foux a la droite de la guarrigue tout proche l'ecluse qui va a leglise de St Sauveur du pin".

Enfin, le compte rendu décrit dans les détails l'église, son bâtiment et son mobilier (ce qui montre que les dispositions de l'ordonnance de 1632, suite à la visite, ont bien été observées sur ce point).

- La visite de 1684 : Dans le compte rendu de la visite, le prieur Jean Louis PALHASSY indique le nombre de "communiants", soit 21 environ. Il précise aussi que Pierre EUZET n'a pas communié à Paques depuis vingt ans environ car il "n'en est pas en estat" (ce fils de Jean EUZET, le procureur juridictionnel, était handicapé physiquement et mentalement). Autre précision importante, il n'y a ni "hérétiques", ni "exercice de la R.P.R." (la religion prétendue réformée, c'est-à-dire le protestantisme).

Ce compte rendu de visite est présenté sous forme de questionnaire avec, le plus souvent, des réponses par oui ou par non. Ainsi, à la question de savoir s'il y a une maison curiale en bon état et si le prieur y loge, il est répondu deux fois oui (ce qui montre l'évolution par rapport à 1666). Certains points apparaissent pour la première fois, comme l'absence d'un maître ou d'une maîtresse d'école. D'autres montrent que les ordonnances précédentes ont été partiellement suivies. Ainsi, il est indiqué qu'il y a un cimetière "entouré de murailles" mais qu'on est seulement en train de faire "une grande croix au milieu" et que la porte n'est pas fermée à clef. Le questionnaire est signé par le prieur PALHASSY, cependant que le prêtre HOÜY (l'ancien prieur) perçoit "une pension de cent livres".

Comme dans le compte rendu précédent, la description essentielle porte sur l'église elle-même, surtout ses ornements et son mobilier. Tout ce qui concerne l'église sera repris dans un article sur le XVIIIe siècle (les éléments connus du XVIIe siècle étant notés en comparaison).




e) Les actes des notaires des Matelles et les archives familiales

Une cinquième approche donne aussi son lot de renseignements. Il s'agit des minutes notariales, essentiellement celles des notaires des Matelles. En même temps, les Archives de l'Hérault possèdent des archives familiales dans la sous-série 1E. Dans celles-ci, on trouve trois dossiers concernant les EUZET du Triadou. A l'intérieur, on peut y voir beaucoup de pièces qui sont justement issues, le plus souvent, des minutiers des notaires des Matelles : copies, extraits ou originaux. Grâce à ces pièces, il est possible de compléter ce qui n'existe plus dans les archives notariales conservées aux Archives de l'Hérault dans la série 2 E 47. Tous ces actes se complètent et sont précieux car ils sont riches d'enseignements, aussi bien sur les habitants de la paroisse que sur les affaires traitées, l'état des bâtiments religieux et la hiérarchie des pouvoirs.

L'installation des prieurs et des curés


Même observation sur l'utilité de ces minutiers pour connaître les prêtres, curés ou/et prieurs qui se sont succédés à l'église-prieuré Saint-Sébastien-de-Cassagnas, du Triadou. Sans cette source, leurs noms resteraient ignorés. Ainsi, celui du prêtre Jean LACALM, qui est mis en possession du prieuré, tel qu'on le voit dans un acte du notaire Barthélémy GREGOIRE, notaire royal dit de Londres (en fait, des Matelles), à la date du 20.10.1600 et suite à une collation faite par un conseiller du roi au parlement de Toulouse. Il faut croire, d'ailleurs, que ce choix n'était pas particulièrement judicieux car, dès le 21.01.1601, la communauté des habitants se réunit dans la maison du seigneur du Triadou, Jean AUZEMAR. Sont présents, Marcelin PLAGNIOL (écrit PLAGNOL), "baille", Jacques EUZET et Antoine LATOUR (écrit de la Tour), "lesquels représentent la plus grande et principale parties dudit lieu". Ils sont réunis pour faire faire les réparations à l'église (mais sans donner plus de détails), acheter "des ornemens" (pour l'église) et pallier la carence du prieur "ne dagnant faire son debvoir". Pour cela, ils ont les autorisations nécessaires, en particulier du seigneur évêque de Montpellier. Ils souhaitent donc qu'un curé s'installe au Triadou et, pour cela, ils offrent de "payer la dixme comme ils ont accoustumé de toute ancienneté", c'est-à-dire la portion congrue laissée par le prieur au curé en place. Jean AUZEMAR présente alors Olivier MONTAGNON, prêtre et curé de Vic, pour servir de curé dans la paroisse du Triadou. Une négociation sur le prix à payer s'engage alors, MONTAGNON demandant "six escus le moys de gaiges pour sa nourriture" mais les habitants refusent et lui proposent quatre écus par mois. A l'issue du marchandage, le prix est fixé à treize livres par mois, somme qui lui sera payée par le sieur AUZEMAR "moys par moys", son service commençant le jour de "saint Luc prochain". Enfin, ledit MONTAGNON "promet bien et demeurer faire son debvoir et sadite charge". L'acte est passé en présence de Guillaume EUZET (du Triadou) et de Pierre PERTRACH (de Molières nègres) mais seuls signent avec le notaire, AUZEMAR et MONTAGNON (la signature de celui-ci étant plus proche de MONTHAINON), les autres ne sachant pas signer (notaire Barthélémy GREGOIRE, des Matelles)

Il faut certainement replacer cet acte dans son époque qui est celui des guerres de religion. Manifestement, non seulement l'église du Triadou a souffert mais l'absence de curé montre aussi que les dangers inhérents à la proximité de Montpellier empêchaient d'assurer correctement les services religieux. Cette négociation sur le prix à payer à Olivier MONTAGNON pour le faire venir et le retenir sans pour autant trop dépenser est certainement caractéristique de ce temps qui vient de voir la promulgation de l'Édit de Nantes (en 1598) et une certaine renaissance catholique dans la ville de Montpellier (voir, en ce sens, les écrits de Jean BAUMEL dans son livre sur Montpellier au cours des XVIe et XVIIe siècles - Les guerres de religion, des pages 136 à 142, notamment).

Certes, il est rare d'avoir des traces écrites directes de l'incidence des guerres de religion au Triadou. Cependant, on trouve dans le minutier d'un notaire de Lunel, Ozias BERINGUIER, le compte rendu d'un incident intéressant, le 31.10.1628. A cette date, Jean EUZET explique à Pierre BRUN, consul de Lunel, que le samedi précédent, "un cavalier de la compagnie de Mgr le duc de Montmorency" est venu au Triadou et lui a montré une ordonnance du duc datée du 17 octobre imposant aux habitants faisant profession de la religion prétendument réformée de fournir des vivres pour l'entretien de dix cavaliers de cette compagnie et ce de la part des consuls de Lunel. Jean EUZET a expliqué qu'aucun habitant, aucun contribuable du Triadou ne faisait profession de cette religion et qu'ils étaient tous catholiques. En conséquence et conformément à l'ordonnance, ils devaient être exempts de cette contribution. Jean BRUN lui ayant demandé de confirmer ces faits pour faire sa réponse, Jean EUZET a écrit, à la suite de cet acte, une déclaration de confirmation, tant en son nom qu'au nom des autres habitants du Triadou (copie dans les archives familiales des EUZET du Triadou, aux AD 34).

Les réparations de l'église, du presbytère et du cimetière


Beaucoup plus tard, dans le minutier du notaire Gilbert SALOMON, des Matelles, on peut lire une délibération du conseil des habitants du Triadou, le "dernier febvrier 1681". Sont présents, Jean AUZEMAR, docteur et avocat, Marcelin PLANIOL, Jean PLANIOL (l'orthographe de leur nom est celle qui est adoptée par le notaire) et Marguerite GELYE, veuve et tutrice "des hoirs" (héritiers) de feu Jacques EUZET, "procureur juridictionnel de ladite comté" (le comté de Montferrand). Il est précisé que ces quatre personnes constituent "la plus grande et saine partie de la comté dudit lieu, attendu qu'il n'y a point d'autre habitant que Bertrand LATOUR qui est absent dudit lieu despuis longtemps". On comprend par cette formule que ne sont comptés comme représentants de la paroisse que les propriétaires. En sont exclus les salariés qui travaillent pour ces propriétaires (les bergers et les valets).

Ils sont réunis parce que l'église paroissiale "est entièrement descouverte despuis cinq ou six ans a cause de quoi le divin service ne sy faict pas du despuis ce qui est un grand préjudice aux habitans dudit lieu." Ils veulent donc y remédier et faire recouvrir l'église "à frais communs" et donc "en donner le prix faict a celluy ou ceux qui en voudront faire la condition meilleure". Mais comme la communauté n'a pas de ressources, ils décident d'emprunter 120 livres, somme que les maçons ont pu évaluer ailleurs comme étant le minimum nécessaire pour faire ces travaux.

Au nom de tous les habitants - y compris Bertrand LATOUR, absent - la communauté donne à Jean PLANIOL le pouvoir d'aller à Montpellier ou "partout ailleurs" pour emprunter cette somme, sous réserve de l'accord de l'Intendant (la formule utilisée est : "soubs le bon plaisir et consentement de monseigneur l'Intendant de la province"). L'acte est fait sur la place du Triadou, en présence de Folcrand FLAVARD, des Matelles et Jean AUZEMAR jeune qui signent avec les habitants, sauf Marguerite GELY et Marcelin PLAGNIOL qui ne savent pas signer (cependant, ce dernier appose sa marque). En note, il est précisé que la communauté est poussée à agir par l'évêque de Montpellier. Ainsi voit-on, en cette fin du XVIIe siècle, les pouvoirs concurrents de la communauté des habitants (qui seule peut décider des travaux à faire à l'église) : l'évêque qui pousse - en fait qui oblige - les habitants à agir, et l'Intendant qui doit donner son accord au prêt financier.

Le 27.04.1682, la communauté des habitants se réunit à nouveau. Il y a Jean AUSEMAR, docteur et avocat, Marcelin et Jean PLAGNIOL "faisant tout le corps de la communauté dudit lieu ny ayant autres habitans que deux femmes vefves" (veuves). Ils rappellent l'acte du "dernier febvrier 1681" avec la décision d'emprunter 120 livres pour être employées aux réparations de l'église qui menaçait ruine et, surtout, la suite de la procédure avec l'ordonnance de l'Intendant de la province, DAGUESSEAU, du 08.04.1681. On apprend ainsi que l'Intendant n'a autorisé qu'un emprunt de 100 livres et que ces 100 livres ont été effectivement empruntées à Grace PLAGNIOL (patronyme écrit PLANIOLLE), "par obligation du quatriesme mars employée et délivrée à Francois MONTELS masson entrepreneur desdites reparations comme appert de la quittance du onze may suivant". Il est expliqué ensuite qu'il "a fallu faire d'autres despens considerables pour mettre léglize en bon estat" et que Jean PLANIOL jeune s'est chargé d'avancer les sommes, "par ordre des habitans". Il a arrêté son compte duquel il ressort que la communauté lui doit 51 livres 12 sols. Pour le rembourser, ces sommes doivent être vérifiées, d'où la délibération nouvelle de la communauté. Celle-ci a alors approuvé tant l'emprunt des 100 livres que la dépense effective retracée par le compte. En conclusion, la communauté supplie l'Intendant de bien vouloir vérifier et permettre l'imposition pour assurer le payement des créanciers. Le délibération a été faite en présence de Folcrand FLAVARD et Pierre DAUMAS, habitants des Matelles qui ont signé avec AUZEMAR et Jean PLANIOL (Marcelin PLAGNIOL ne sachant pas signer) ; en fait, cet acte est repris dans un extrait signé et collationné par le seul SALOMON, notaire des Matelles (dans cet extrait, le notaire écrit, tantôt PLAGNIOL, tantôt PLANIOL).

L'intendant a dû donner son accord mais, entre-temps, une autre obligation s'est faite jour : refaire un nouveau compoix. En effet, il faut attendre le 10.08.1684 pour que le même notaire, Gilbert SALOMON, enregistre une nouvelle décision de la communauté des habitants du Triadou. Sont alors présents, auprès de Jean Louis PAILHASSI, prêtre et prieur du Triadou : Jean AUZEMAR, docteur et avocat, Marcelin et Jean PLAGNIOL, père et fils (l'orthographe de leur nom est celle qui est adoptée par le notaire mais le fils signe PLAIGNIOL), "faisant l'entier corps des habitans dudit lieu du Triadou". A noter que dans cet acte, Marguerite GELY et Bertrand LATOUR ne sont ni présents ni évoqués. La communauté rappelle, d'une part, l'ordonnance de visite de l'évêque de Montpellier qui oblige de faire "certaines réparations à l'église" et, d'autre part, la décision de la Cour des comptes, aides et finances de Montpellier qui ordonne de faire un nouveau compoix. Il est d'ailleurs précisé que ce nouveau compoix "se trouve fort advancé sans avoir rien payé aux entrepreneurs d'icelluy". Aussi, la communauté constitue pour procureur général et spécial, Jean PLAGNIOL, afin d'emprunter les 120 livres nécessaires. Il s'agit du même montant qu'en 1681 mais l'acte est plutôt vague en ce qui concerne les travaux à faire à l'église, frais auxquels on a joint les dépenses relatives à la confection du nouveau compoix. L'acte est passé aux Matelles, en présence de Denis ESPINAS, prêtre et curé de Saint-Jean-de-Cuculles, et de François MIRAVAUX (qui signe MIRABAUD), notaire d'Aigues-Vives.

Le 21.08.1684, un autre acte est passé auprès du notaire Gilbert SALOMON par Jean PLAGNIOL, ménager du Triadou (l'orthographe de son nom est celle qui est adoptée par le notaire mais il signe toujours PLAIGNIOL), en présence du prieur du Triadou, Jean Louis PAILHASSI, et de Barthélémy SALOMON, des Matelles. Peu avant la passation de cet acte, il a reçu de sa soeur Grace PLAGNIOL (la même qui avait prêté les 100 livres de 1681), les 120 livres, en "escus blancs et autre monnoye". Sa soeur ne participe pas à l'acte mais il s'engage à la rembourser dans le délai d'un an. Il est précisé qu'il accepte cette somme en vertu de la procuration faite en sa faveur le dix août. Les travaux ont dû être faits dans l'année car le compte rendu de visite de l'évêque pour 1684 donne, à la rubrique concernant l'église et à la question de savoir si elle est bien couverte, une réponse positive. Cependant, comme il n'y a pas la date précise de cette visite sur l'imprimé type qui, lui, est bien de 1684, il reste une incertitude quant à la période effective de réalisation des travaux.

Si l'on compare de tels actes avec ceux que l'on peut trouver au XVIIIe siècle, on voit bien que ceux du XVIIe siècle sont moins précis. En effet, dans les minutier des notaires des Matelles, surtout dans la seconde partie du XVIIIe siècle, on trouve encore des baux avec des maçons ou des plâtriers concernant des réparations de l'église du Triadou, de son presbytère ou de son cimetière. La différence tient moins dans les prix que dans les précautions prises pour aboutir au meilleur prix et pour garantir la bonne exécution des travaux. Un devis est fait avec un premier maître artisan mais les travaux sont donnés à un autre maître de la profession concernée, on énumère quels sont les matériaux nécessaires qu'il doit fournir et on prévoit même une caution avec un troisième maître de la même profession. Il est évident que les actes du XVIIe siècle ne donnent pas autant de détails, ce qui ne veut pas dire que les représentants de la communauté des habitants ne prenaient pas les précautions nécessaires.

La valeur du "bénéfice" du prieuré


Les minutes notariales sont aussi utiles pour connaître la valeur d'un prieuré ou d'une église paroissiale, ce que l'on appelait son bénéfice. En effet, au Triadou, le prieur arrentait les biens du prieuré, pour une durée de deux, trois ou quatre ans, à un laïc.

- Le 03.11.1631, le prieur François CAUSSEL arrente le bénéfice du Triadou à Jean EUZET, procureur juridictionnel de la val de Montferrand. Le montant annuel à payer n'est que de 105 livres mais il y a, en plus, des livraisons de blé, ce qui fausse la comparaison quant au prix avec les arrentements suivants qui, eux, ne comprennent qu'un versement annuel en argent (notaire Guillaume GREGOIRE, des Matelles).

- Le 07.05.1667, le prieur François HOÜY confesse avoir reçu de Jacques EUZET "rentier dud. benefice du Triadou", la somme de 335 livres, "laquelle somme de 335 livres fait le prix de la rente du bénéfice de ladite année 1666" (lettre écrite à Montpellier - archives familiales, aux AD 34)



La signature du prieur HOÜY, le 07.05.1667

- Le 07.11.1670, le prieur François HOÜY écrit de Paris à "Monsieur EUZET, rentier du benefice du Triadou, au Triadou" (il doit s'agir de Jacques EUZET, mari de Marguerite GELLY), car le curé du Triadou, Affrique JUGLA, lui a dit qu'il ne voulait pas lui payer "son quartier sans ordre" (il s'agit de ce que l'on appelait communément la portion congrue). Le prieur rassure ensuite son rentier pour que le paiement soit effectué. Puis, il le tient au courant des nouvelles de la capitale en lui parlant des temples de Montpellier, Maugio, Pignan et Poussan qui "seront rasés et démolis" et de celui de Cournonterral qui devrait subir le même sort. Cette lettre est donc intéressante à plusieurs égards. D'abord, on voit que Jacques EUZET est, en 1670, le rentier du bénéfice du Triadou comme il l'était déjà en 1666. Ensuite, c'est évidemment, d'un intérêt certain pour l'histoire régionale avec ces nouvelles parisiennes qui annoncent la destruction des temples des réformés. C'est enfin, le signe que ce prieur était bien en cour, ayant les meilleures relations avec les EUZET du Triadou qui étaient des catholiques convaincus. D'ailleurs, on ressent cette bonne entente quand le prieur termine sa lettre par ces mots : "Mes baisemains a Mons(ieu)r vostre Pere et a toute vostre famille" et en finissant d'une façon particulièrement modeste : "Je suis, Monsieur, V(ot)re tres humble et tres affect(ion)né serviteur HOÜY pr(estr)e indigne" (comme pour mieux marquer la distinction de son interlocuteur par rapport à lui, après avoir marqué le rapprochement de leurs idées).



La lettre du 07.11.1670

Cette lettre est un modèle de diplomatie quant au fond mais aussi dans la forme. Ainsi, la signature du prieur est à peine esquissée alors que dans la quittance qu'il a dressée le 7 mai précédent, on découvre une signature particulièrement imposante, digne d'un notaire ! Il faut croire, peut-être que ce Jacques EUZET était particulièrement susceptible ou, peut-être aussi, que le curé JUGLA n'avait pas la manière. Quoiqu'il en soit, tout ceci tranche avec l'ambiance conflictuelle qui va s'engager avec le prieur suivant, Jean Louis PAILHASSY. Les successeurs de HOÜY resteront sur place et ils vont exiger que leurs droits soient reconnus, tant pour la confrérie que pour la chapelle Notre Dame. (lettre écrite à Paris - archives familiales, aux AD 34)

- Le 03.02.1676, le prieur Jean Louis PALHASSY arrente à Jacques ESTEVE (cardeur habitant Saint Mathieu) les fruits décimaux du bénéfice et prieuré du Triadou, pour une duré de trois ans, du premier janvier 1676 au 1er janvier 1679. Cependant, il se réserve la pension qu'il a sur le domaine de Restinclières et la dîme correspondante ; il se réserve aussi "les fruits de la dominicature et disme du vin qui se recueillera audit Triadou". Le reste fait partie de la convention pour le rentier, à savoir "tous les fruits décimaux du blé, bestiaux, olives" et "les drois décimaux quelconques dépendant dudit bénéfice". Le prix est de 275 livres de rente annuelle que le rentier sera tenu de payer en trois fois chaque année : 100 livres le premier janvier, 100 livres en mai et 75 livres le jour de la fête Notre Dame, en août. Les paiements seront continus pendant les trois ans. L'acte est passé à Saint Mathieu, dans la maison de Jacques ESTEVE, en présence de Guilhaume PALHASSY, prêtre et vicaire perpétuel de Saint Martin de Treviés et Jean AUZEMAR, docteur et avocat de Montpellier (notaire Gilbert SALOMON, des Matelles). Le remboursement complet de la rente au prieur Jean Louis PALLASSY a eu lieu le 21.04.1683 (même notaire)]

- Le 22.11.1687, le prieur Jean Louis PALHASSY arrente à Jean ALEGRE, du château de la Roquette, le "bénéfice du Triadou" pour une valeur annuelle de 232 livres. Néanmoins, le prieur a sorti du bail certaines portions de son bénéfice, notamment la pension annuelle tirée du château de Restinclières. La rente étant payable chaque année en quatre fois, Jean ALEGRE paye immédiatement 80 livres, c'est-à-dire le premier quart plus une avance sur le deuxième quart de la première année. En marge de l'acte, il est indiqué l'entier payement pour les trois ans, au 04.10.1690 (notaire Gilbert SALOMON, des Matelles).

- Le 12.03.1697, le prieur Jean Louis CARIBAIN "vend les fruits de son benefice en quoi qu'ils consistent et puissent consister", notamment les terres et vignes dépendant dudit bénéfice et la rente qu'il prend sur le château de Restinclières, à Jean EUZET, greffier consulaire du Triadou. Ce contrat est "pour le temps et terme de deux années qui commenceront de cejourd'huy, et finiront après la recolte des ollives de l'année prochaine 1698" (on s'attendrait à ce qu'il soit écrit 1699). Le prix est de 760 livres et Jean EUZET paye tout de suite 380 livres et s'oblige à payer les 380 livres restantes dans un an à compter de ce jour, sous peine de dommages et intérêts. Les formules qui suivent se retrouvent dans tous ces types de contrats : d'une part, ledit CARIBAIN promet de le faire jouir paisiblement des fruits, rentes et tenures dudit bénéfice, de payer les décimes et autres charges, et, d'autre part, ledit EUZET promet de jouir du tout en bon ménager et père de famille. Enfin, pour l'observation des clauses, les parties obligent leurs biens, présents et à venir qu'ils soumettent à toute rigueur de justice et par exprès du petit scel royal de Montpellier. L'acte est passé en présence de Denis ESPINAS (prêtre et prieur de Saint Clément) et de Philippe Louis RECOULY, de Montpellier (notaire Raymond MARGOUËT, de Montpellier).

Ainsi, après l'épisode ombrageux et contentieux avec le prieur PALHASSY (double procès sur les biens de la confrérie et sur la rente de la chapelle Notre Dame), le nouveau prieur reprend les habitudes anciennes d'arrenter le bénéfice du Triadou aux EUZET de la paroisse. Cependant, le contrat ci-dessus va être rapidement caduc puisque les deux parties signent un bail équivalent un mois plus tard avec le notaire des Matelles (ce qui, là-aussi reprend les habitudes anciennes). Le nouveau contrat va être plus précis quant aux dates (on ne parlera plus de récolte des olives) et aux éléments inclus dans le bail qui va passer de deux ans à quatre ans.

- Le 28.04.1697, le prieur Jean Louis CARIBAIN arrente le bénéfice du Triadou à Jean EUZET, greffier consulaire du Triadou. Le bail est fait pour quatre ans, à compter du 01.01.1698, jusqu'au 01.01.1703, moyennant le prix (plus exactement la rente annuelle) de 380 livres à payer tous les ans en quatre parts égales et par avance. Le prieur s'engage à donner quittance à chaque payement. L'arrentement inclut la pension annuelle de 50 livres que le prieur prend au château de Restinclières, y compris aussi le droit de dîme sur les terres dépendant de ce château et puis, bien sûr, la vigne qui est au Triadou (il est précisé que les cépages sont du muscat et du piccardan) ainsi que les terres dépendant de la dominicature. Dans ce cas, il n'y a donc aucune exclusion. L'acte est passé devant le notaire Jean MAUMEJAN, de la val de Montferrand et de Londres, en présence de Jean AUSEMAR (docteur en droit et avocat, habitant le Triadou) et Balthasard GALABERT (praticien de Montpellier).

Cependant, le prieur Jean Louis CARIBAIN est remplacé par le prieur André SALLES, fin 1698 (au moins à partir du 15 novembre). Le contrat ci-dessus est donc, à son tour, devenu caduc et un nouvel engagement a été conclu entre le nouveau prieur et deux habitants du Triadou, Jean EUZET et Jean PLAGNIOL. Ce document se trouve dans les archives de la famille EUZET du Triadou (aux AD 34) et cette "convention" privée montre que l'on pouvait très bien se passer d'un acte authentique, dans une époque, pourtant, où le notaire était omniprésent.



La convention avec le prieur SALLES, en 1698
(à la place du contrat du prieur CARIBAIN, en 1697)

Quoiqu'il en soit, on voit qu'il est du 02.12.1698, que "l'afferme" est prévue à partir du 01.01.1699 (donc comme pour le second contrat avec le prieur CARIBAIN) mais que la durée est beaucoup plus courte puisque l'engagement doit se terminer le 31.12.1700. De plus, le nouveau prieur se réserve la rente prise sur le château de Restinclières ainsi que la "dominicature dime du vin du Sr AUZEMAR du Triadou". Il en résulte que le prix est moins élevé puisqu'il se monte à 340 livres chaque année. Enfin, comme pour le contrat précédent, les paiements doivent se faire chaque année en quatre parts égales et par avance, de trois mois en trois mois.

En réalité, si les paiements ont bien été effectués, cet échéancier n'a pas été respecté, ainsi qu'on le découvre à la lecture d'une page de quittances écrites par le prieur André SALLES, en 1699 et 1700. Ces quittances se trouvent dans les archives de la famille EUZET du Triadou (aux AD 34).



Les quittances du prieur SALLES, en 1699 et 1700



Les obligations militaires du Triadou


Une délibération de la communauté des habitants donne un éclairage sur les obligations militaires qui pouvaient être à la charge de celle-ci. En effet, le 03.05.1675, sur la place publique du village, se sont réunis Jean AUSEMAR (qui signe AUZEMAR), docteur et avocat de Montpellier, Jacques EUZET, Marcelin PLANIOL (qui signe PLAIGNIOL) et Bertrand LATOUR, "habitant et faisant la plus saine partie de la communauté dudit lieu du Triadou". Ils ont décidé de faire de Jacques EUZET leur procureur pour qu'il emprunte 40 livres destinées aux salaires de trois soldats ou, plus exactement, à une part de leurs salaires car les sommes correspondantes devaient être fournies conjointement par les trois paroisses de Valflaunès, Treviers et Le Triadou. Eventuellement, on pourrait trouver les hommes pour faire la fonction. Cette obligation faisait suite à une ordonnance des commissaires du diocèse de Montpellier, en date du 19.04.1675, elle-même en conséquence de "celle de monsieur le marquis de MONPESAT dudit jour, pour aller servir le roy aux garnisons de Perpignan, Collioure et Villefranque en Roussillon entre cy et le cinquième du courant". L'acte a été écrit par le notaire Gilbert SALOMON, des Matelles, en présence du prieur Jean Louis PALHASSY et de Folcrand DELMAS (qui signe DAUMAS), de Saint Jean (de Cuculles).

Les obligations fiscales du Triadou


On a vu plus haut l'analyse de la répartition des tailles pour l'année 1694. Il est possible de mieux comprendre encore le mécanisme de cet impôt grâce à deux actes notariés. Le premier, du 31.05.1682, est l'attribution du bail des tailles du Triadou pour l'année en question. Le second, du 22.04.1698, montre comment un contribuable en retard de paiement peut éviter la saisie de ses biens. Les premier se trouve dans le minutier de Gilbert SALOMON et le second dans celui de Jean MAUMEJAN (dit de la val de Montferrand et de Londres).

- le 31.05.1682, aux Matelles, Jean AUSEMAR (qui signe AUZEMAR), docteur et avocat de Montpellier et Jean PLANIOL (qui signe PLAIGNIOL), habitant du Triadou, tant pour eux que pour les autres habitants du Triadou, signent le bail pour "faire la levée des tailles dudit lieu année présente" à Jacques ESTEVE (de Saint Mathieu de Tréviers) et lui délivrent "le livre de collecte". La levée est conclue "à raison de 14 deniers pour livre" (c'est-à-dire son salaire). L'acte est signé en présence de Folcrand FLAVARD et de Barthélémy SALOMON, des Matelles. Tous signent.

- Le 22.04.1698, on apprend que Jean AUZEMAR doit 192 livres 9 sols sur les tailles des deux années passées, à savoir 117 livres 8 sols 10 deniers au titre de l'année 1696 et 75 livres 2 deniers au titre de l'année 1697. En 1696, le collecteur (que l'on appelle ici l'exacteur) est Claude EUZET, c'est donc à lui que sont dues les 117 livres 8 sols 10 deniers. En 1697, ce sont à Claude EUZET et Jean GALABERT que sont dues les 75 livres 2 deniers en tant qu'exacteurs pour cet exercice. Afin d'éviter la saisie de ses biens, Jean AUZEMAR propose à l'un de ces exacteurs, Claude EUZET, une transaction : que celui-ci prenne ses biens fonds en antichrèse pendant neuf ans "pour en jouir en representation desdits intherets de ladite somme de cent nonante deux livres neuf sols jusques à son effectif payemans, ce quicelluy EUZET luy auroit accordé pour luy faire plaisir et luy espargner frais et despans". L'acte indique ensuite précisément quelles terres font partie de ce bail, avec leurs contenances et leurs confronts (deux champs, deux champs et hermes, un herme et un devois). En contrepartie, Claude EUZET s'engage à payer les 192 livres 9 sols, à charge pour Jean AUZEMAR de les lui rembourser à la fin du bail et, s'il ne faisait pas ce remboursement, les terres en question appartiendraient définitivement à Claude EUZET. Celui-ci paye aussi à Jean GALABERT les 75 livres 2 deniers dues au titre de l'année 1697. Des clauses accessoires sont également conclues, relativement aux récoltes en cours et sur la construction d'un bâtiment. Il s'agit donc d'une subrogation. Claude EUZET paye tout de suite les tailles en retard dues par Jean AUZEMAR et celui-ci lui met à disposition pendant neuf ans des terres ayant la même valeur. Jean AUZEMAR doit, au terme de la période rembourser Claude EUZET sous peine de perdre définitivement ces terres qui seraient alors considérées comme lui ayant été vendues. On voit la souplesse du procédé pour l'une et l'autre partie. A noter, enfin, que la plupart des terres en question sont proches de l'église (le prieuré), ce qui montre que les AUZEMAR les avaient acquises des propriétaires les plus anciens dans les époques précédentes (les de BERTIN, les LATOUR ...)


f) Le registre de la confrérie du Saint Sacrement

Une sixième approche apporte son complément d'informations avec le registre de la confrérie du Saint Sacrement remise en vigueur en 1685. Le "rolle des confraires et confreresses" est établi pour la visite de la paroisse et "la closteure de la mission generale par monseigneur charles de PRADEL evesque de montpellier dans la confrairie du st sacrement ordonnée et establie par nous seigneur cy devant dans une autre visite".

Le 28.01.1685, "Jean Louis PALHASSY prieur de lad paroisse nommé prevot de ladite confrairie par mond. seigr de montpr le susdit jour 28e janvier 1685 et ay exercé cette charge jusques au 29e may 1688". Cette première mention du registre de la confrérie du Saint Sacrement est suivie d'une série "d'obiit" concernant : Jean AUZEMAR, Marcellin PLAIGNIOL vieux, Jean PLAIGNIOL son fils, Marcellin PLAIGNIOL fils dudit Jean, Guilhaume PLAIGNIOL, Jean EUZET, Claude EUZET, Jean VINCENS clerc de Saint Jean de Coculles, Jean PAGÉS berger à Montalet, Francois N. berger du susdit Jean PLAIGNIOL, Anthoine N. berger dudit PLAIGNIOL, Jean RAMOND valet de Marguerite GELI, Jean ... berger de ladite, Dominique VIELHE berger, Anne de MICHEL femme dudit sieur AUZEMAR, Jane de MICHEL sa soeur, Georgette DAUZEMAR, Anthoinette DAUZEMAR, Jeane DAUZEMAR (filles dudit sieur AUZEMAR), Marguerite GELYE veuve de Jacques EUZET, Elyzabeth TIOCHE femme de Jean PLAIGNIOL, Estienne PLAIGNIOLE sa fille, Jeanne ACCARIERE veuve de Jacques LATOUR.

Il est ensuite indiqué que Jean Louis PALHASSY, prieur de la paroisse du Triadou, a fait la fonction de prévôt jusqu'au 29.05.1688 et qu'il "ne rends aucun compte a ladite confrairie parceque comme elle est nouvellement establie, elle est si pauvre que ce qui se donne au bassin est si peu de chose que jay fait toute la despense necessaire, tant a lautel que pour lentretien de la lampe, l'achept dicelle et de tout le reste".

Le 29.05.1688, Jean AUZEMAR est nommé prévôt ; il reste en fonction jusqu'au 12.05.1689 et il est précisé "navoir rien perceu cau contraire, il a garny lhuilier pour lentretien de la lampe et des deniers du bassin et du mien (c'est-à-dire, pour le prieur) jay fourny les chandelles et tout le reste".

le 12.05.1689, c'est au tour de Marcelin PLAGNIOL de devenir prévôt : "en presence et a la pluralité des voix des confraires a esté nommé prevost marcellin PLAIGNIOL vieux de la confrairie du St Sacrement le dimanche dans loctave de la feste dicelle [l'octave est un espace de 8 jours consacré, dans l'église romaine, à solemniser une grande fête, en l'occurence celle du Saint-Sacrement, appelée aussi la Fête-Dieu]

Le 25.05.1690 ou, plus exactement, "le dimanche dans loctave de la feste Dieu", c'est Jean EUZET qui est nommé par les confrères prévôt "a la pluralite des voix", cependant que Marcelin PLAGNIOL laisse la charge, avec la précision du prieur qu'il "na rendu aucun compte pour navoir rien perceu au contraire il a fourny avec moy pour lentretien dicelle tout ce quy a esté necessaire". C'est, d'ailleurs, le prieur, Jean Louis PAILHASSY qui assure la fonction après lui, à partir du 17.06.1691. Toujours selon la formule rituelle, il est écrit que Jean EUZET n'a rendu aucun compte, qu'il n'a rien perçu, que la confrérie n'a aucun revenu, qu'il a fourni l'huile de la lampe et que le prieur a, lui, fourni les chandelles. En marge, il est indiqué 1691 et 1692, ce qui signifie que le prieur a gardé la fonction de prévôt un an de plus. C'est ensuite confirmé quand, le 24.05.1693, il est indiqué que Jean PLAIGNIOL prend la succession, cependant que le prieur précise qu'il n'a "rendu aucun compte de deux années", toujours pour les mêmes raisons et qu'il a "fourny les chandelles a lautel et lhuile a la lampe d'encens"



L'impasse de la confrérie, au Triadou
(photo J.C.E., le 18.09.2009)

Le 13.06.1694, Jean EUZET est nommé prévôt puis, c'est le prieur qui le remplace, le 05.06.1695, toujours avec les mêmes formules sur les comptes, l'absence de revenus et la fourniture de l'huile pour la lampe. Par contre, rien n'est indiqué pour les années suivantes, jusqu'au 21.06.1699.

En effet, le 21.06.1699, Jean EUZET est nommé prévôt "dans l'octave du Saint Sacrement" ; il succède à Jean PLAIGNOL mais il n'est pas indiqué quand celui-ci a pris ces fonctions ; pour la première fois, il y a aussi une autre désignation : "et pour avoir soin de la propreté de l'autel damoiselle Antoinete du triadou" [Note : ce "du Triadou" ne fait certainement pas référence aux TRIADOU dont le village tire le nom mais bien plutôt au seigneur du Triadou, c'est-à-dire AUZEMAR ; on en a la preuve plus tard, par exemple en 1708 quand la préposée à l'autel est Jeannete d'AUZEMAR "du Triadou" ; on retrouve aussi les prénoms de cette famille, par exemple en 1702 ou en 1722, quand c'est Georgette du Triadou qui est chargée de tenir l'autel propre]. Quant à Jean PLAIGNOL, "cy devant prevost", il est écrit qu'il "n'a rendu aucun conte au contraire il a fourni l'huile de la lampe" (PH 60, aux AD 34).


g) Les actes des notaires de Montpellier et les archives familiales :

Septième approche du sujet. Le Triadou étant proche de Montpellier, certaines affaires ont été traitées devant des notaires de Montpellier. On a déjà vu le contrat de 1697 reçu par le notaire MARGOUËT mais ce sont surtout plusieurs actes que l'on trouve chez le notaire Etienne GIMEL et qui concernent le prieuré de Saint Sébastien de Cassagnas, mettant aux prises ses prieurs et les EUZET du Triadou, dans la seconde partie du XVIIe siècle.

- Le 23.08.1692, un maître maçon de Saint-Jean-de-Cuculles, François MONTELS, se fait payer par Jean EUZET 29 livres 10 sols pour les réparations faites à l'autel de la chapelle Notre Dame, dans l'église du Triadou. Le 17.03.1693, un maître plâtrier de Montpellier, Jean DESFOURS, se fait payer par Jean EUZET 40 livres pour la confection d'un retable destiné au maître autel de l'église. Le 27.03.1693, un marchand de Montpellier, Guillaume MAZADE, se fait payer par Jean EUZET 25 livres 12 sols pour la fourniture d'etoffes de deux chasubles, l'une blanche et l'autre noire. Le 08.06.1693, un peintre de Montpellier, Guillaume JULLIAN, se fait payer par Jean EUZET 18 livres 8 sols pour un tableau devant servir à la chapelle de Notre Dame en l'église du Triadou.

Ces achats et réparations sont réalisés pour la chapelle Notre Dame qui est dans l'église du Triadou et dont le prieur, Jean Louis PALHASSY est chapelain, la chapelle ayant été fondée par un de ses prédécesseurs, Bringuier MARRE, par son testament du 28.07.1471 et un codicille du 10.10.1482 (comme c'est expliqué dans l'article "Un prieuré qui a longtemps joué un rôle central dans une histoire millénaire"). Le parlement de Toulouse ayant donné raison au prieur contre Marguerite GELY, veuve de Jacques EUZET, celle-ci fut condamnée à payer 130 livres au titre du revenu de la fondation de cette chapelle et des arrérages depuis 29 ans jusqu'à l'introduction de l'audience (06.03.1683) ainsi que des intérêts qui ont ensuite couru. Suite à la visite paroissiale du 07.05.1691, l'évêque de Montpellier a alors ordonné que ces 130 livres "seroient employées à la decoration et a l'embéllissement dudit autél de leglise dutriadou auquel seroit fait un tableau neuf avéc une bordure et retable et reparations necessaires, en execution de laquelle lesdites reparations ont esté faittes". Ces minutes notariales d'Etienne GIMEL représentent donc l'étape finale de cette affaire, à la suite de la procédure en question (mais, il y aura un rebondissement de ce litige, au XVIIIe siècle). La photo qui suit est la quittance globale des 130 livres payées par Jean EUZET, fils de Marguerite GELY mais la première quittance du 16.06.1692 n'a pas été retrouvée. (archives de la famille EUZET du Triadou, aux AD 34)



Quittance finale des 130 livres par Charles de PRADEL, évêque de Montpellier
(le 13.09.1693)

Quant au procès sur la maison et les terres de la confrérie, on renvoie à ce qui est indiqué dans l'article "Un prieuré qui a longtemps joué un rôle central dans une histoire millénaire", en rappelant seulement que c'est le même notaire Etienne GIMEL qui a enregistré le compromis passé entre le prieur Jean Louis PALHASSY (d'une part), Marguerite GELY, veuve de Jacques EUZET, et son fils Jean EUZET (d'autre part), le 22.06.1689.


Enfin, on ne saurait terminer cet article sur le XVIIe siècle sans signaler aussi que le procès sur les censives du Triadou entre le chapitre cathédral de Montpellier et les EUZET du Triadou a commencé dès 1666 mais qu'il faudra attendre 1723 pour arriver à une conclusion avec une sentence du sénéchal de Montpellier. Ce long processus sera évoqué dans l'article suivant : "Les habitants du Triadou au 18ème siècle (jusqu'en 1788)"


h) Les références :

- Le registre paroissial (de 1665 à 1684) : PH 60, aux AD 34.
- Le registre paroissial (année 1692) : le site en ligne des AD 34.
- Le compoix des biens communaux, en 1684 : C 3007; Intendance du Languedoc, aux AD 34.
- La "table" du compoix de 1684 (méthodes d'évaluation) : 1B 10957, aux AD 34.
- Les tailles de 1694 : PH 60, aux AD 34.
- Les visites paroissiales : série G (en particulier, G 1146, G 1148, G 1178), aux AD 34.
- Les actes notariaux : les séries 2 E/47, en particulier les n 1, 44, 45, 58, 75, 76, 77 et 78 (notaires des Matelles), 2 E 55/198 (minutier de Raymond MARGOUËT, notaire de Montpellier) et 2 E 56/457 et 459 à 461 (minutier d'Etienne GIMEL, notaire de Montpellier), aux AD 34.
- Les délibérations de la communauté des habitants : PH 60, aux AD 34.
- Le registre de la confrérie du Saint-Sacrement : PH 60, aux AD 34.
- les archives de la famille EUZET du Triadou (notamment, 1 E 1417), aux AD 34. L'origine de ces archives est indiquée dans un dossier du Conseil général de l'Hérault (session d'août 1897) ; on y trouve un rapport de l'archiviste du département, Jos BERTHELÉ, dans lequel il explique que : "M. Calixte EUZET, maire du Triadou, possédait une quantité considérable de papiers et parchemins anciens, dont les uns ont été communiqués à feu M. CAUSSE, ancien prieur de Saint-Jean-de-Cuculles ; à la mort de ce dernier, ils ont disparu ; - les autres ont été entre les mains de M. MARTIN, ancien avoué à Montpellier." (p. 359) ; cet archiviste a fait un autre rapport au Conseil général de l'Hérault, session d'août 1901, dans lequel il précise que : "M. Pierre MARTIN, propriétaire du mas de Cotte (près Montpellier) a bien voulu faire don aux Archives départementales d'un lot de documents des 17ème et 18ème siècles, concernant spécialement le Triadou et la famille EUZET." (p. 243). Il est donc clair que les pièces que l'on trouve aux AD 34 en 1 E 1417, 1 E 1418 et 1 E 1419 sur la famille EUZET du Triadou, sont celles qui ont été remises par Pierre MARTIN, lequel les avait reçues de Calixte EUZET. Cette remise s'est faite entre août 1900 et août 1901.
- Les actes concernant les ventes, baux ou échanges de terres que l'on trouve dans les archives notariales restent à traiter ; ces actes concernent, essentiellement, les familles AUZEMAR, LATOUR, PLAGNIOL et EUZET, pour le XVIIe siècle. S'y ajoutent encore les reconnaissances féodales pour la famille EUZET.







[Article n 5, paru dans "Lou Pic", le 21.09.2013.]

5/ Les habitants du Triadou au 18ème siècle (jusqu'en 1788)

a) Les minutes notariales
b) Les comptes rendus des délibérations de la communauté des habitants
c) Le registre de la confrérie du Saint-Sacrement.
d) Le registre paroissial (de 1739 à 1785).
e) Les références.

a/ Ce que nous apprennent les minutes notariales :

Avant la Révolution, il n'y avait pas de Conseil municipal et on ne parlait pas de commune mais de paroisse. Les habitants étaient représentés par un Conseil de la communauté et par un consul issu de ce Conseil. C'était l'organisation que l'on trouvait près de Montpellier et donc dans le petit village du Triadou. Les actes notariés du XVIIe siècle ont montré que ce Conseil était composé uniquement d'habitants propriétaires du lieu. Les autres, bergers et domestiques, n'en faisaient pas partie. Quant aux femmes, des veuves de propriétaires pouvaient en être membres mais pas toujours. Ce Conseil traitait des affaires de la paroisse, en particulier des questions relatives à la levée des tailles et à ce que l'on appelle, aujourd'hui, l'entretien des bâtiments publics : l'église, le presbytère et le cimetière, essentiellement. Les conséquences des délibérations étaient actées devant notaire. Pour le Triadou (et pour cette époque), ce sont les notaires des Matelles qui ont enregistré de tels actes. Nous avons pu en retrouver pour les années 1737, 1747, 1748, 1760, 1761, 1769, 1770, 1772 et 1777. La majorité de ces actes concernent l'entretien des biens religieux de la paroisse.

En 1737 :

Le 27.03.1737, un bail d'un montant de 150 livres est conclu par le consul PLAGNIOL pour des réparations à faire à la maison presbytérale et à la nef de l'église du Triadou, suite à la délibération "prise en Conseil General", le 20 janvier, et à l'ordonnance rendue par l'Intendant, également le 20 janvier précédent. Le bail est passé en faveur d'Antoine FAYVESSES, maçon d'Assas, "comme moins disant et faisant la condition meilheure au proffit de la Communauté dudit lieu du Triadou" ; ce maçon s'engage à faire les travaux "pour tout le moy d'avril prochain de la courante année" et conformément au devis établi par l'architecte de Montpellier, Pierre DESFOURS, le 18.10.1734. Le consul PLAGNIOL lui paye immédiatement 71 livres "en escus blancs et especes de cours" et s'engage à payer les 79 livres restantes (au nom de la communauté des habitants) quand les travaux seront terminés. De son côté, le maçon doit fournir tout ce qui sera nécessaire (ferrures, boisages, matériaux ...). Viennent ensuite les formules classiques d'hypothèque et de soumission aux cours et au "petit scel royal dudit Montpellier". L'acte est passé dans la maison du consul, au Triadou, en présence de "Jean et autre Jean EUZET menagers habitant dudit lieu du Triadou" qui signent, cependant qu'Antoine FAYVESSES appose sa marque (une croix). Cet acte est intéressant car c'est la première fois que le devis est fait par un architecte (et non par un maçon) et aussi parce qu'il est précisé qu'il s'agit de réparer la nef, les termes de "ferrure" et de "boisage" faisant penser qu'il s'agit d'un problème de couverture, probablement à l'intérieur de l'église. A noter également, le long délai qui s'est écoulé entre la confection du devis (en 1734) et les réparations (en 1737) ; l'acte est écrit par le notaire Fulcrand MAUMEJEAN, des Matelles - plus exactement, "des lieux de laval de Montferrand."

En 1747-1748 :

Suite à la délibération de la communauté des habitants du Triadou en date du 22.10.1748 et à l'ordonnance du 22.11.1748 de l'Intendant de la province, le consul du Triadou, Jean PLAGNIOL, signe, le 08.12.1748, un bail devant Fulcrand MAUMEJEAN, notaire royal des lieux de la val de Montferrand, habitant des Matelles. Le bénéficiaire du bail est Guillaume ESTEVE, maçon de Saint-Mathieu-de-Tréviers et l'objet du bail concerne "toutes les réparations à faire à l'église et maison presbiterialle du lieu du Triadou". Ces réparations sont précisées dans un devis qui a été dressé, le 01.08.1747, par un autre maçon de Saint-Mathieu-de-Tréviers, François ROUVIERE.

Guillaume ESTEVE indique qu'il a une pleine connaissance du devis par la lecture qu'il en a faite et par celle qui lui est faite "mot à mot" devant le notaire, ce devis ayant été paraphé "ne varietur" par l'Intendant. Il s'engage à réaliser les travaux dans un délai de quatre mois, sous peine de pénalités. Le prix est de 235 livres, suivant son offre. Jean PLAGNIOL s'engage à payer Guillaume ESTEVE en trois fois : un tiers au commencement des travaux, un tiers à la moitié et un tiers à la fin, moyennant un procès verbal de finition de l'ouvrage. Il est aussi précisé que Guillaume ESTEVE devra fournir "la pierre, chaud (chaux), sable, tuilles, mains d'ouvriers, mainoeuvres, boisage, ferreméns, et generallement tout ce qui sera necessaire pour rendre lesdits ouvrages parfaits"

La suite de l'acte est relative aux sûretés spéciales et générales pour l'opération. C'est d'abord un autre maçon, Jacques ROUVIERE, de Saint-Mathieu-de-Tréviers, qui se porte "caution et principal observateur de tout le conteneu au present contrat et devis voulant à deffaut y être le premier constraint". Ce sont ensuite les clauses habituelles d'hypothèque, de compétence des cours et du Petit Scel Royal de Montpellier.

Sont présents à l'acte, Jean GRAS (ménager) et Jean FAGES (travailleur), les deux habitant aux Matelles. Ils signent avec le notaire, PLAGNIOL et ESTEVE. Par contre, ROUVIERE ne sait pas signer.

Le même jour, le consul Jean PLAGNIOL engage le prêt, nécessaire pour les travaux et autorisé par l'Intendant, auprès d'Antoine PAULET, travailleur originaire de Serviès (diocèse de Mende) qui demeure maintenant au Castel de la Roquette. Le prêt est d'un montant de 240 livres dont 5 livres pour "la réception, controlle et l'expédition du présent acte". Jean PLAGNIOL s'engage à rembourser Antoine PAULET dans un délai de deux ans. L'acte est passé aux Matelles, dans l'étude du même notaire, en présence d'André ICARD et de Fulcrand CELLIER, habitants des Matelles. Tous signent.

La forme employée dans ces deux actes de 1748 va se retrouver durant tout le XVIIIe siècle, comme on le voit dans les actes qui suivent :

En 1760-1761 :

Le 15.02.1761, le consul Jean PLAGNIOL signe un bail à Charles QUERELLE, maître plâtrier de Montpellier, pour les réparations à faire à l'église, à la maison curiale et au cimetière. Comme en 1748, cet acte est précédé d'une délibération de la communauté (le 31.10.1760), d'un devis par un maître plâtrier de Montpellier, VERDIER fils (le 25.11.1760), d'une ordonnance de l'Intendant (le 24.01.1761) et d'une publication (le 08.02.1761) qui est qualifiée de "surabondante".

Le prix est de 200 livres "suivant l'offre faitte par le sieur VERDIER père", maître plâtrier de Montpellier, pour ledit QUERELLE. Le paiement est prévu en trois fois, les matériaux doivent être fournis et les hypothèques prises, exactement comme en 1748. Quant à la caution, elle est conclue par Pierre VERDIER père, le maître plâtrier de Montpellier qui a fait le devis et qui se porte garant des travaux. L'acte est fait et récité dans la maison de PLAGNIOL, en présence de Jean PLAGNIOL (ménager) et d'André ROUBIEU (travailleur, habitant des Matelles) qui signent. Par contre, QUERELLE ne sait pas signer (alors que dans l'acte, on retrouve la formule rituelle selon laquelle il a une pleine connaissance du devis "par la lecture qu'il a cy devant faitte"), ce qui pourrait laisser supposer qu'il savait lire.

Toujours chez le même notaire, Fulcrand MAUMEJEAN, des Matelles, suivent deux actes, l'un pour le prêt et l'autre pour la quittance. Le premier est sous le titre classique d'une "Oblige", le 15.02.1761. On y voit que le consul Jean PLAGNIOL reconnaît devoir à son cousin des Matelles, Jean PLAGNIOL, la somme de 206 livres destinée à payer le sieur QUERELLE, 6 livres étant réservées pour le contrôle, la réception et l'expédition de cet acte. Il s'engage à le rembourser dans le délai d'un an, avec les clauses habituelles de réserves (intérêt de 5 %, hypothèques, cours de justice ...). Cet acte est fait et récité au Triadou dans la maison du consul, en présence de Joseph CLAPAREDE, le prieur, et d'André ROUBIEU, habitant des Matelles, qui signent avec le notaire. Enfin, le 11.04.1761, le notaire enregistre la quittance du paiement final de 66 livres à Charles QUERELLE par le consul du Triadou, Jean PLAGNIOL. Cette somme s'ajoute aux 134 livres déjà réglées. L'acte est fait et récité dans la maison du consul, en présence du prieur, Joseph CLAPAREDE, et de Claude EUZET, ménager habitant du Triadou, qui signent. Comme précédemment, Charles QUERELLE indique qu'il ne sait pas signer.

En 1769-1770 :

Nouveaux travaux à l'église et au presbytère décidés par la communauté des habitants, le 02.07.1769, suivis par l'ordonnance de "Monseigneur l'intendant", le 20.07.1769 et le bail des réparations fait par le consul du Triadou, Jean PLAGNIOL, au maçon, Jean ROUSSET dit la bonté, habitant des Matelles, le 13.08.1769. C'est ensuite dans un seul acte, le 05.03.1770, que le même notaire, Fulcrand MAUMEJEAN, enregistre à la fois le prêt de 198 livres fait auprès de Jean PLAGNIOL, ménager des Matelles, le paiement/quittance de 190 livres à Jean ROUSSET dit la bonté et l'obligation de payer 8 livres pour la réception, les contrôles et l'expédition de l'acte. Le consul Jean PLAGNIOL promet de rembourser "avec l'intérêt à 4 % (5 % dans les actes précédents) exempt de toute retenue conformément à la susdite ordonnance audit sieur PLAGNIOL preteur dans une année dece jourd'huy a payne de tous depans dommages et interés et de la faire veriffier aux fraix et depans de ladite communauté". L'acte est fait et récité aux Matelles, dans l'étude du notaire, en présence de Hyacinthe GAUD, prieur des Matelles et de Jean Joseph MAUMEJEAN (qui signe MAUMEJAN), praticien habitant des Matelles. Seul, ROUSSET ne sait pas signer. L'acte est contrôlé à Saint-Martin-de-Londres, le 16.03.1770.

En 1772 :

Encore des travaux au presbytère décidés par la communauté des habitants, le 28.03.1772, suivis par l'ordonnance de "Monseigneur l'intendant", le 02.04.1772 et le bail des réparations fait par le "consul moderne" du Triadou, Jean PLAGNIOL, au maçon, Guillaume ESTEVE, habitant de Saint-Mathieu-de-Tréviers, le 08.04.1772. C'est ensuite dans un seul acte, le 22.10.1772, que le même notaire, Fulcrand MAUMEJEAN, enregistre à la fois le prêt de 494 livres fait auprès de Laurent EUZET, travailleur habitant au Triadou, le paiement/quittance de 480 livres à Guillaume ESTEVE et l'obligation de payer 14 livres pour la réception, les contrôles et l'expédition de l'acte. Le consul Jean PLAGNIOL promet de rembourser audit sieur EUZET dans une année avec l'intérêt à 5 %. Comme les fois précédentes, pour faire vérifier cette somme, le consul garde les pièces nécessaires pour parvenir à cette vérification. Les garanties sont les mêmes que pour les baux et prêts antérieurs. La forme de cet acte est donc pratiquement identique à celle de 1770. Il est fait et récité au Triadou, dans la maison de Jean PLAGNIOL, le consul, en présence de Jean Joseph MAUMEJEAN (qui signe MAUMEJAN), praticien habitant des Matelles et de Jean BESSEDE, travailleur habitant du Castel de la Roquette, demeurant "actuellement" au Triadou. Ils signent avec les parties et le notaire royal, Fulcrand MAUMEJEAN, "des lieux delaval de Montferrand, habitant desdites Mattelles". L'acte est contrôlé à Saint-Martin-de-Londres, le 25.10.1770.

En 1777 :

Le 13.04.1777, ce sont des réparations qui sont à faire, à la fois, à l'église, au presbytère et au cimetière. A cette date, le consul PLAGNIOL donne à bail pour 285 livres ces travaux à faire au maçon François ROUVIERE, de Saint Mathieu de Tréviers. Celui-ci s'engage à les terminer "dans tout le mois de may prochain", cependant que le consul promet de le payer "lorsque lesdites reparations seront finies" (et non plus en trois fois comme c'était la coutume). A noter aussi que ROUVIERE sera tenu de payer les frais du devis, ceux de la réception, ceux faits par le procureur de la communauté au sujet des réparations et du bail (c'est manifestement un geste fait par le maçon pour emporter le marché) Cet engagement est fait suite à une délibération de la communauté des habitants du Triadou du 08.03.1777, d'une ordonnance de l'intendant du 27.03.1777 et d'un devis établi par un maçon de Quissac, LEMORNIÉ BELLOT. C'est Joseph MAJOUREL, "menuisier demeurant depuis environ quatre années audit Saint Mathieu" qui se rend caution et principal garant. Sont présents et signent avec les parties : Fulcrand BELLEVILLE (prieur du Triadou) et Pierre ROUX (travailleur originaire de Saint Mathieu, "demeurant depuis environ trois ans audit Triadou"). Le notaire est Jean Joseph MAUMEJAN, "notaire royal de Laval de Montferrand, habitant des Matelles".


b/ Ce que nous apprennent les comptes rendus des délibérations de la communauté des habitants :

Quelques comptes rendus de délibérations de la communauté des habitants ont été conservés, pour la période pré-révolutionnaire, années 1787 et 1788. Ils sont, evidemment, beaucoup plus complets que ce que l'on peut trouver dans les actes notariaux.

En 1787 :

Le 07.06.1787, à nouveau des travaux sont à faire à l'église et au presbytère : "Par Sr Joseph PLAGNIOL consul a été dit qu'en conséquence de l'ordonnance de M. l'intendant en date du douze du mois de may dernier il a été fait une surabondante publication pour les réparations a faire a leglise et maison curiale dud. lieu et personne n'ayant voulu moins dire sur l'offre de François ROUVIERE maçon de St mathieu psse de treviés au prix de cent quarante quatre livres, il convient de luy passer bail des reparations dont sagit, sur ce requiert de deliberer. Sur quoy lecture faite de l'ordonnance de M. lintendant cy dessus citée qui permet de passer bail du prix fait desdites reparations, la communauté a baillé et baille aud. ROUVIERE ici présent et acceptant les reparations a faire a la maison curiale et autres portées par le devis qui en a été dressé et dont led. ROUVIERE a dit avoir une parfaite connoissance par la lecture qu'il en a faite avant de faire son offre, lequel dit ROUVIERE promet et s'oblige de faire et parfaire lesd. reparations dans deux mois a compter de ce jourd'huy moyenant le prix et somme de cent quarante quatre livres que la communauté s'oblige de lui payer en trois payements egaux, savoir le premier au commencement de l'ouvrage, le second quand l'ouvrage sera a moitié fait, et le dernier aprés la reception définitive desd. ouvrages qui seront faits selon les regles de l'art, et pour la sureté des engagements cy dessus s'est présenté Joseph RIMBAL lequel après avoir pris communication du contenu au présent bail par la lecture qui lui en a été faite par nous greffier, s'est rendu caution pour led. ROUVIERE (...)". Suivent les signatures des participants (PLAGNIOL consul, BALARD greffier, ROUVIERE, PEPIN et RIMBAL). Toujours pour la même année (mais le jour n'est pas indiqué), une nouvelle délibération entérine le fait que les travaux ont commencé et qu'il convient donc d'appliquer le bail en versant au maçon, un tiers du prix sur les 144 livres. Il est aussi décidé que l'avance sera faite selon la répartition suivante : 50 livres pour le premier consul, Joseph PLAGNIOL, 48 livres pour le sieur PEPIN et 48 livres pour EUZET fils.

Le 07.06.1787, dans la même séance que ci-dessus, une autre délibération est prise sur la levée des tailles : "Par Sr Joseph PLAGNIOL consul a été dit que la levée des tailles et autres impositions de la communauté, la presente année ayant éte proclamée en la forme ordinaire il na éte fait qu'une seule offre par jean jacques JUSTIN de St mathieu de trevies sur le pied de deux deniers pour livre pour son droit de levée, sur ce requiert de deliberer. Sur quoy le conseil a baillé et baille aud. JUSTIN ici present et acceptant la levée de la taille et autres impositions la presente année sur le pied de deux deniers pour livre conformement a son offre sous le cautionnement solidaire de jean JUSTIN son frere menager dud. St mathieu aussi present et acceptant a la charge par eux d'acquitter toutes les sommes contenues au preambule quartier par quartier sans division ny discussion de donner acquit et de compter de lentiere levée sous l'obligation de leurs biens et de leurs propres personnes et ont signé."

Le 01.08.1787 sur le règlement des frais relatifs aux travaux faits à l'église et au presbytère : "les habitants de la communauté du triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé. Par Sr Joseph PLAGNIOL consul a été dit que le sept juin dernier la communauté passa bail au nommé ROUVIERE maçon de St mathieu paroisse de treviés en réparation a faire a la maison curiale dud. lieu et autres portées par le devis qui en a eté dressé, sur le pied de cent quarante quatre livres, qu'il convient de procurer aud. ROUVIERE une partie du prix desd. reparations sur ce requiert de deliberer. Sur quoy lecture faite du proposé cy dessus, et de l'ordonnance de M. l'intendant qui permet faute de préteur de nommer un nombre suffisant de contribuables pour en faire l'avance, et attendu que la communauté na pas trouvé a emprunter l'assemblée a nommé pour en faire lavance de ladite somme de cent quarante quatre livres, ensemble celle de six livres pour les honoraires de lexpert, savoir Jean Francois PEPIN cinquante livres, Joseph PLAGNOL autres cinquantes livres, et Jean EUZET pareille somme de cinquante livres fesant le total de cent cinquante livres que les susnommes remettront aud. Sr consul Sur son reçu pour ce dernier compte aud. ROUVIERE celle de cent quarante quatre livres du montant desd. reparations conformement et aux termes de son bail et celle de six livres pour le montant du devis, desquelles sommes les preteurs seront remboursés avec linteret exempts de retenue ainsi déliberé et ont signé." Signatures : PEPIN, PLAGNIOL Consul, BALARD greffier. Le remboursement de ces 150 livres est demandé par la délibération du 03.05.1789.

Le 20.10.1787, les habitants de la communauté du Triadou se réunissent à nouveau et exposent les problèmes, tant pour les récoltes que pour l'église : "depuis longtems la communauté essuye de mauvaises recoltes, a raison desquelles elle a fait bien des representations sans pouvoir rien obtenir des indemnités accordées par sa majesté aux communautés de ce diocèse, que c'est dautant plus injuste que cette communauté n'est composée que de trois habitants qui payent annuellement plus de deux mille livres de taille, que la récolte de blé qui est la principale ressource pour acquitter les charges a été fort mauvaise la presente année et a mis les habitants dans le cas de contracter des dettes, qu'on a augmenté par les reparations qu'on vient de faire a l'eglise et maison presbiterale dud. lieu, lesquelles reparations ont eté a peine finies que la foudre est tombée sur le clocher de leglise, en a abattu une grande partie et mis lautre dans un si mauvais etat qu'elle est sur le point de crouler sur leglise, ce qui expose la vie des habitans, (...)". La communauté se retourne donc à nouveau vers l'Intendant pour demander une indemnité en lui laissant le choix du montant. En ce qui concerne le clocher, il est souligné l'urgence qu'il y a à faire les travaux nécessaires. Il est donc demandé l'affichage (des travaux), afin que des offres soient réceptionnées. Le consul PLAGNIOL, PEPIN et le greffier BALARD signent la délibération.

En 1788 :

- Le 20.01.1788, demande de défrichement : "Je soussigné Pierre ROUX menager habitant de S. Jean de cocules diocese de montpellier declare vouloir faire defricher incessamment dans mes propres fonds dans le taillable du triadou environ cinq seterées de terrein inculte dans un devois qui confronte de levant les terres de la Salade, et le chemin de treviés qui va au triadou, du midi les Srs PLAGNIOL et PEPIN, du couchant Guiraud TONDUT et moy même, et de la Bise les terres de M. de la Salade, lesquelles cinq seterées se joignent aux sept seterées que feu mon frere declara le 5 mars 1786 dont il n'en defricha que deux, la mort l'ayant surpris avant de défricher les autres cinq ; que je faits defricher avec les cinq autres que je declare la courante lequel terrein contenu dans led. devois qui m'appartient na produit comme il est notoire aucune recolte depuis plus de quarante ans, laquelle declaration je faits au desir de la declaration du Roy du 5 juillet 1770 pour jouir des exemptions y mentionnées a compter du premier janvier prochain. Fait dans le Registre de la Communauté du triadou, a St martin de Londres le 24 fevrier mille sept cens quatre vingt huit." Signé ROUX. Dans le registre du Triadou, cette déclaration non datée suit une délibération du 20.01.1788, ce qui fait supposer qu'elle est du même jour. Depuis Henri IV (en 1599) et Louis XIII (en 1613), les rois avaient rendu des édits pour encourager les défrichements. Des exemptions d'impositions pendant un certain nombre d'années avaient déjà été accordées par Louis XV, en 1761 et en 1766, dans le cas de terres incultes (c'est-à-dire non cultivées depuis vingt ans) qui seraient mises en valeur après avoir été défrichées. On comprend alors le sens des demandes comme celle-ci.

En 1788, suite à la délibération du 20.10.1787, il s'agit, cette fois, de "construire le clocher de l'église" du Triadou. Le 15 juin a lieu la réception des offres. Etienne GRAS fils (de Prades) propose 300 livres. Puis, Jean Louis MANICI (de Claret qui ne sait pas signer mais qui appose une croix) propose 295 livres. Etienne GRAS baisse alors son offre à 290 livres et emporte le marché. Le devis avait été fait par le sieur ROUVIERE, maître maçon de Saint Mathieu. Etienne GRAS s'engage à terminer son ouvrage dans trois mois à compter de ce jour. La communauté s'oblige à le payer en trois versements, au début, au milieu et à la fin des travaux. La caution est apportée par Vincent GRAS (maçon de Prades), père d'Etienne. La délibération communale est signée par les deux GRAS, le consul PLAGNIOL, le greffier BALARD et PEPIN. En fait, il y avait eu d'autres propositions avant celle-ci :
- le 20.01.1788, il s'agissait déjà du même objet, bien qu'alors on parlait de la "reconstruction du clocher de leglise dud. lieu". François ROUVIERE, maçon de Saint Mathieu s'était présenté avec une offre de 350 livres correspondant au devis qu'il avait lui-même établi. A la suite de cette seule offre, la communauté avait délibéré et décidé qu'il fallait procéder "aux publications a rabais en la forme ordinaire". Le sieur consul avait pouvoir de " présenter requete a M. l'intendant pour le supplier de vouloir bien permettre de passer bail aud. ROUVIERE sur le pied de son offre ou a tout autre qui fera la condition meilleure, comme aussi d'emprunter les sommes necessaires au payement de l'entrepreneur, et du devis sur l'etat qui en sera fourni, lequel devis sa grandeur voudra bien parapher, ainsi deliberé et ont signé."
- le 16.03.1788, il s'agissait encore du même objet, bien qu'alors on parlait de "reparations au clocher de leglise du dit lieu"; de nouvelles offres avaient été reçues, dont la dernière, de Joseph MAJOREL, habitant Saint Mathieu, offre d'un montant de 317 livres après étude du devis fait par ROUVIERE. La communauté avait alors délibéré de la même manière (en direction de l'Intendant) en précisant, en plus, qu'il faudrait emprunter les sommes nécessaires au payement de l'entrepreneur "et de l'expert qui a dressé le devis".

On voit ainsi que, par l'effet de la concurrence pour cette (re)construction ou réparation du clocher, le montant de la facture était passé de 350 livres, à 317 livres, puis à 300 livres, puis à 295 livres, pour aboutir enfin à 290 livres, dernier prix accepté. A noter, cependant, que dans la première offre de ROUVIERE, celui-ci proposait, en même temps, de "payer les fraix du bail et contrôle d'iceluy"




La croix de la confrérie à l'entrée de l'impasse de la confrérie
(photo J.C.E., le 18.09.2009)


c/ Ce que nous apprend le registre de la confrérie du Saint-Sacrement :

Contrairement au XVIIe siècle, les mentions sur le registre de la confrérie du Saint-Sacrement sont très lapidaires et, de plus, ce sont juste les 24 premières années qui sont conservées, de 1700 à 1723, sans que l'on sache si la confrérie a disparu après cette époque ou s'il s'agit seulement d'une perte d'archives. Cependant, il est probable que cela concorde avec le temps passé par le prieur André SALLES à la cure du Triadou. En effet, à partir de 1725, l'évêque et le Chapitre cathédral sont en conflit pour la nomination du successeur, le premier voulant nommer François DELPON et le second un nommé MASSEBIEAU. Il est donc fort possible que la confrérie ait été mise en sommeil à cette occasion. Elle a dû reprendre son activité ultérieurement puisque, dans son testament du 27.12.1737, Jean EUZET lègue 6 livres à la confrérie.

Les prévôts successifs sont : le prieur André SALLES (le 13.06.1700), Jean REMOND (le 29.05.1701), Jean PLAIGNIOL (le 18.06.1702), Jean EUZET, "greffier consulaire" (le 20.06.1703), le prieur André SALLES (le 25.05.1704), Jean DAUZEMAR (le 14.06.1705), Jean PLAIGNIOL (le 06.06.1706), Jean EUZET (le 26.06.1707), le prieur André SALLES (le 10.05.1708), Jean DAUZEMAR (le 02.06.1709), Jean PLAIGNIOL (le 22.06.1710), Jean EUZET, "procureur juridictionnel" (le 07.06.1711), le prieur André SALLES (le 29.05.1712), "Mr du Triadou", c'est-à-dire d'AUZEMAR (le 18.06.1713), Jean PLAIGNIOL (le 03.06.1714), Jean EUZET (le 23.06.1715), le prieur André SALLES (le 14.06.1716), "Les demoiselles du triadou" (d'AUZEMAR) paraissent assurer, collectivement, la fonction de prévôt (le 30.06.1717), Jean PLAIGNIOL (le 19.06.1718), Jean EUZET (le 11.06.1719), le prieur André SALLES (le 02.06.1720), "Les demoiselles du triadou" (d'AUZEMAR) paraissent assurer, collectivement, la fonction de prévôt (le 15.06.1721), PLAGNOL (le 07.06.1722), EUZET (le 30.05.1723).

A partir de 1701, le registre indique les noms des "demoiselles" chargées de "tenir l'autel propre" : Estiene PLAIGNIOL (PLAGNIOL) en 1701, Georgete du Triadou (d'AUZEMAR) en 1702, Jeanne d'AUZEMAR en 1703, Anne de MICHEL, "femme a mr du triadou" en 1704, Marguerite GELIE (GELY), veuve de Jacques EUZET en 1705, Isabeau TIOCHE (TIOCH), femme de Jean PLAIGNIOL en 1706, Antoinette d'AUZEMAR en 1707, Jeannette d'AUZEMAR du Triadou en 1708, Etiene PLAIGNOLE (PLAGNIOL) en 1709, Antoinete d'AUZEMAR en 1710, Françoise EUZET, cousine du sr EUZET désigné prévôt (le prieur avait d'abord marqué Marguerite EUZET sa fille puis il a barré) en 1711, Antoinette du Triadou (d'AUZEMAR) en 1712, Marguerite EUZET en 1713, Georgette d'AUZEMAR en 1714, Françoise EUZETTE (EUZET cousine de Jean EUZET désigné prévôt mais en interligne il est indiqué Jeanne EUZET sa fille) en 1715, Jeanne d'AUZEMAR en 1716, Jeanne EUZET en 1717, Georgette du Triadou (d'AUZEMAR) en 1718, Margueritte EUZET, "sa fille aïnée" (de Jean EUZET désigné prévôt) en 1719, Antoinete d'AUZEMAR en 1720, "Les demoiselles du triadou" (d'AUZEMAR) en 1721, Georgette du Triadou (d'AUZEMAR) en 1722, Jeanne EUZET fille de Jean EUZET désigné prévôt en 1723.

Dans le Dictionnaire de biographie héraultaise de Pierre CLERC (éditions Pierre CLERC, Montpellier, 2006), on trouve à l'article de Jean AUZEMAR le texte suivant : "Sgr du Triadou, prêtre, recteur de l'Université de droit de Montpellier, chapelain de Saint Lazare. Son grand-père avait été avocat, juge de la Temporalité de Psalmody près d'Aiguesmortes. Il eut quatre soeurs religieuses (Pierre BURLATS-BRUN)".


d/ Ce que nous apprend le registre paroissial, entre 1739 et 1785 :

Le registre paroissial est en déficit pour les 38 premières années du XVIIIe siècle. Le premier acte conservé est du 25 janvier 1739 et concerne le décès de Thérèse BRUGUIERE, femme de Guillaume VAREILLE "du lieu de Cornonterral demeurant a present pour payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE sur cette paroisse". Son décès date de la veille et elle est enterrée dans le cimetière en présence de Jean PLAGNIOL et de Claude EUZET, ménagers du Triadou, qui signent (le prieur et curé étant Jean POUDEROUS).

La fonction de "payre" chez ce "conseiller "de VEISSIERE" est confirmée dans l'acte qui suit, à la même date, et qui concerne le décès de Jeanne VAREILLE, fille du Guillaume ci-dessus et de feue Susanne DUMAS(E) qui fut, probablement, sa première épouse. Il est précisé qu'elle meurt une heure après Thérèse BRUGUIERE, femme de Guillaume.

Tout au long de ce registre paroissial, on va découvrir plusieurs "payres", appelés ensuite "fermiers" voire "rentiers" de ces "de VEISSIERE", et ce, jusqu'en 1768 :

- le 07.02.1740, Joseph ALEGRE est "payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
- le 07.02.1741, Françoise TARDIEU, veuve d'Antoine ARNAUD, remariée avec Joseph ESPARRON, est "mayre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
- le 09.12.1742, Jean Louis CALMET est "payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
- le 21.03.1745, Alexis GRIZOUILLE est "payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
- le 03.03.1746, Antoine COUDERT est "payre chez M. de VEISSIERE"
- le 28.03.1748, Pierre FEDIERE est "payre chez M. de VEISSIERE"
- le 28.04.1751, Fulcrand DESFOURS est "fermier de Madame de VAISSIERE"
- le 12.07.1751, Fulcrand DESFOURS est "rentier de la dame de VEISSIERE"
- le 12.11.1752, Fulcrand DESFOURS est "fermier de la dame de VEISSIERE"
- le 04.05.1755, Pierre AZEMA (il signe AZEMAR) est "fermier de la dame de VEISSIERE"
- le 25.10.1757, Pierre AZEMAR et Françoise GRAS, son épouse, sont "fermiers de Madame de VAISSIERE"
- le 08.10.1758, Pierre AZEMAR et Françoise GRAS, son épouse, sont "fermiers de Madame de VAISSIERE"
- le 28.12.1760, Pierre AZEMAR et Françoise GRAS, son épouse, sont "fermiers de Madame de VAISSIERE"
- le 21.11.1762, Pierre AZEMAR est "fermier de Madame de VEISSIERE"
- le 03.11.1763, Pierre AZEMAR est "fermier de Madame de VEISSIERE" (décès de Françoise GRAS)
- le 29.09.1765, Pierre AZEMAR est "fermier de Madame de VEISSIERE" (son frère Jean, marié avec Marie Anne EUZET habite avec lui)
- le 04.08.1768, Jean AZEMAR est "fermier de mlle VAISSIERE".

Sur le pourquoi de la présence de ces de VEISSIERE au Triadou, un membre de phrase du dossier concernant le procès, entre le prieur et les EUZET au sujet des terres et de la maison de la confrérie, donne un début d'explication. En effet, dans le "Mémoire instructif pour le sieur Jean Jacques EUZET du Triadou" du prieur Joseph CLAPAREDE, il est écrit : "Mr AUZEMAR, dont Madame de VESSIERE jouit les biens". On comprend ainsi que les de VEISSIERE étaient chargés de gérer les biens des AUZEMAR au Triadou, tout au moins dans la seconde partie du XVIIIe siècle. Ces mêmes de VEISSIERE avaient des payres ou fermiers pour diriger à leur place l'exploitation. A noter que le terme fermier est utilisé pour la première fois en 1751 dans le registre paroissial, alors qu'avant on utilisait le mot peyre.

Sur la famille de ces de VEISSIERE, on voit qu'à la cour des comptes, Aides et finances de Montpellier, Jean Louis de VEISSIERE était conseiller maître en 1738, marié à Marie CHAZOT. C'est certainement ce couple que l'on retrouve aux Triadou gérant les biens des AUZEMAR. Jean Louis était fils de Pierre Michel, de VEISSIERE, également conseiller maître de cette cour, marié à Anne de SAPORTA.

Le registre paroissial conservé couvre la période 1739 à 1785. Pendant ces 46 ans, 82 actes ont été enregistrés par les prieurs successifs. Ces 82 actes se répartissent en 36 baptêmes, 9 mariages et 37 sépultures. Cependant, il n'y a aucun acte indiqué sur 10 années (1741, 1749, 1753, 1754, 1769, 1775, 1777, 1779, 1781), ce qui peut laisser supposer des lacunes bien que la paroisse soit très petite. En effet, à deux reprises, il est indiqué que la paroisse de Saint Sébastien de Cassagnas dit le Triadou a "trois feus" (en 1750) et "trois maisons" (en 1762 et 1774). Ces notes correspondent bien aux observations que l'on a pu faire à partir des minutes notariales. On avait connu les trois familles de BERTIN, (de) LATOUR et EUZET puis les familles d'AUZEMAR, (de) LATOUR et EUZET puis les familles PLAGNIOL, d'AUZEMAR et EUZET puis les familles PLAGNIOL, PEPIN et EUZET. Pendant cette période, c'est la fin de la famille du seigneur du Triadou, avec les décès des trois soeurs d'AUZEMAR, toutes les trois enterrées dans l'église, grâce à la permission du vicaire général du diocèse. Antoinette décède le 17.02.1746, âgée de plus de 80 ans, Jeanne décède le 15.05.1748, âgée de plus de 88 ans et Georgette décède le 14.08.1752, âgée d'environ 92 ans. Les EUZET se retrouvent sur toute la période pour 21 actes (12 naissances, 5 décès et 4 mariages). En ce qui concerne les PLAGNIOL, on les trouve aussi sur toute la période avec 8 actes (3 naissances, 4 décès et 1 mariage). Quant aux PEPIN, il y a 5 actes (2 naissances, 1 décès et 2 mariages, entre 1776 et 1785). A ces statistiques, il faut encore ajouter les décès des veuves EUZET, PLAGNIOL et PEPIN (Jeanne ARNAVIELLE, en 1742, Marguerite de GIRARD en 1767, Antoinette VINCENT en 1768, Jeanne PRIOUH ou plutôt PRIEUR et Marie SAUMADE), le tout représentant un peu moins de la moitié des actes du registre paroissial.

Une grosse contribution est aussi apportée par un payre et sa famille portant le patronyme AZEMAR mais écrit parfois AZEMA (qu'il ne faut pas confondre avec d'AUZEMAR). En effet, pour ces AZEMAR, il y a 17 actes (11 naissances, 5 décès et 1 mariage, entre 1755 et 1772). Pour ce dernier mariage, Jean AZEMAR se marie, le 22.01.1761, avec Marie Anne EUZET, fille de Claude et de Marguerite de GIRARD. Ce mariage avec l'une des familles du Triadou est un signe certain d'intégration. A ces statistiques, il faut encore ajouter le décès de Françoise GRAS, épouse de Pierre AZEMAR, le 03.11.1763

Pour les 26 actes restants, on note d'abord, les décès de plusieurs prieurs qui sont enterrés dans l'église : Joseph POUDEROUS (+ le 13.12.1756), DUFOURC (son décès n'est pas dans le registre paroissial du Triadou et on ne connaît pas son prénom), Joseph CLAPAREDE (+ le 13.05.1764), Jean ANDRÉ (+ le 09.10.1766) et François Honoré CHALIER (+ 26.01.1767). C'est le prieur Fulcrand BELLEVILLE qui exerce ensuite le ministère jusqu'à la Révolution. Quand un prieur décède, l'acte de décès est signé par plusieurs prêtres présents à l'enterrement. Ainsi, quand Jean ANDRÉ meurt, assistent Joseph CROZE (curé de Saint-Jean-de-Cuculles), Jean Jacques MAZEL (curé de Treviés), Etienne GARDES (prieur de Lauret), Hyacinte GAUD (curé de Valflaunes) qui signent avec Jean GRANIER, prieur et archiprêtre des Matelles.

A l'autre bout de l'échelle sociale, on trouve les mendiants dont on ignore parfois le nom. Ainsi, le 20.01.1765 quand "mourut chez le sieur Guilhaume PLAGNIOL menager et consul du Triadour presente parroisse de mort subite un pauvre inconnu et luy ayant trouvé un chapelet sur luy marque de catholique l'avons enseveli le vingtunieme dans le cymetière de la pnte parroisse". C'est aussi le cas le 17.11.1740 pour une "pauvre qui mandioit son pain". Malade, elle a un petit enfant àgé d'environ deux ans. Il s'agit de Catherine PAGÉS, originaire du village de Thalieves, paroisse de Thouras, diocèse de Mende, et de Claude, son enfant. Des témoins attestent de son nom, de ceux de l'enfant et de son parrain, de la paroisse d'origine et de celle de son mariage. Dans tous ces cas, le curé devait surtout vérifier si la personne décédée était de religion catholique, ce qui lui permettait de l'enterrer dans le cimetière de la paroisse. Il faut certainement ranger dans la même "catégorie", le décès d'un enfant de six ans, Claude ROUFIAC, fils de Benoît, un "pauvre passant" et de Thérèse BESSIERE, de la paroisse de Saint Paul le Froid, dans le diocèse de Mende ; il est enterré le 21 décembre 1752 dans le cimetière.

A partir des années 1770, la profession n'est plus indiquée mais jusqu'alors, on s'aperçoit qu'en dehors des trois familles du Triadou, les actes concernent pratiquement toujours des familles des payres qui travaillent chez la dame de VEISSIERE. A noter, cependant, deux exceptions. Le 06.08.1743, est enterré Etienne CROS, huissier au présidial de Montpellier, trouvé mort le 4 dans la paroisse. Il est alors indiqué : "aprés que les procedures et instructions quil appartient a ce sujet ont eté prises par le juge du lieu a été enterré a lendroit ou il a été trouvé sur lequel a été élevé une petite croix de bois jusques a ce quil puisse etre transporté au cimetiere de ceans". Le 26.09.1752, est enterré André Esprit DURRANT, âgé de 16 mois, mort le 25, fils d'André, secrétaire de M. de MONTFERRIER.

Tous ces actes montrent que de nombreux "migrants" étaient de passage dans la paroisse, travailleurs agricoles, bergers (l'un d'eux, André RAZOU est enterré dans le cimetière le 24.02.1768), mendiants, mais aussi des titulaires de charges à Montpellier ou auprès des nobles de la région. Et puis, on ne saurait terminer sans citer le fait divers qui, le 13.03.1765, a marqué cette période : l'assassinat de François DUMAS, boulanger de Pompignan, sur le chemin de Prades à Treviez. Après un "temoignage de catholicité" que le prieur a obtenu, il fut enterré le 14 dans le cimetière.



e) Les références :

- Les minutes notariales : la série 2 E/47 (notaires des Matelles), aux AD 34.
- Les délibérations de la communauté des habitants : PH 60, aux AD 34.
- Le registre de la confrérie du Saint-Sacrement : PH 60, aux AD 34.
- Le registre paroissial (de 1739 à 1785), sur le site en ligne des AD 34 (en fait, deux registres, l'un qui couvre la période 1739 à 1782 et l'autre le reste de l'année 1782 jusqu'en 1785, les deux sous la cote 5 Mi 8/11).
- Le mémoire du prieur Joseph CLAPAREDE : 1 E 1419, aux AD 34.
- L'article sur les de VEISSIERE dans le "Dictionnaire des Biographies Héraultaises" (p. 1868), de Pierre CLERC, qui a tiré ces informations des "Etudes historiques sur la cour des comptes, Aides et Finances de Montpellier", par Pierre VIALLES, Montpellier, 1921 (le patronyme est écrit sous la forme de VAISSIERE).



[Article n 6, à paraître dans "Lou Pic".]

6/ Les habitants du Triadou pendant la période révolutionnaire (1789-1799).

L'introduction
Les minutes notariales
Les comptes rendus des délibérations de la communauté des habitants
Le registre paroissial .
Les références.


Introduction :

(à compléter)

e) Les comptes rendus des délibérations de la communauté des habitants :

a) En 1789 :

Demande de défrichement, le 17.01.1789 : "Je soussigné Pierre ROUX menager habitant de S. Jean de cocules declare vouloir faire defricher incessamment dans mes propres fonds tènement de la plaine du triadou dix seterées ou environ de terrein garrigue confronte du levant le patus du triadou, du midi et couchant moy même lequel fonds est en friche et na produit comme il est notoire aucune recolte depuis plus de quarante ans laquelle declaration je faits eu desir de la declaration du Roy du 5 juillet 1770 a l'effet de jouir des exemptions y mentionnées a compter du premier janvier de lannée prochaine. au triadou le dix sept janvier mille sept cens quatre vingt neuf. Signé ROUX. Cette demande est placée juste avant la délibération qui suit.

Délibération communale du 17.01.1789, sur la construction du clocher de l'église : "Les habitants du Triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé par le S. PLAGNOL consul été a dit que la communauté passa bail au mc. GRAS de Prades des ouvrages a faire pour la construction du clocher de leglise dud. lieu sur le pied de deux cents quatre vingt dix livres, requerant de delivrer pour son payement. Sur quoy l'assemblée en consequence de l'ordonnance de M. lintendant du 21 avril 1788. a nommé led. S. PLAGNOL pour faire lavance de lad. somme de deux cents quatre vingt dix livres, et le charge de la payer aud. GRAS dans les termes portés par son bail et par lordonnance de M. l'intendant et d'en retirer quittance, ainsi delibéré et ont signé. de plus led. S. PLAGNOL est nommé pour faire lavance de six livres pour l'honoraire de lexpert qui a dressé le devis." Signatures PLAGNIOL Consul et BALARD greffier.

Délibération communale du 08.02.1789, sur les conséquences de la pluie et du froid : "(...) les habitants de la communauté du Triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé. Par le sieur PLAGNOL consul a été dit que les pluies continuelles, qui sont survenues d'abord après les semailles, ont noyé la plus grande partie des terres ensemencées et causé un dommage considérable soit en emportant les bonifications qu'on pouvoit y avoir faites, soit par les dégradations qu'elles ont occasionné, de manière que la récolte du blé sera réduite à très peu de chose, la terre se trouvant lavée et degraissée ne pourra pousser dans le peu qui reste que de forts petits bleds, que le froid excessif qu'il a fait, et la neige qui en a été la suite, ont tué la plus grande partie des avoines et autres bons grains qu'on avoit semés, que par surcroit de malheur les oliviers qui fournissent aux habitants une des principales ressources, ont été réduits à un état pitoyable par le froid énorme qui en a tué une partie et il est certain que ceux qui restent ne fairont pas grand chose, ne montrant que des branches à demi mortes qui procureront tôt ou tard le rabougrissement de l'arbre, que dans ces tristes circonstances il convient de se retirer devant Monseigneur l'intendant pour le supplier de vouloir bien accorder à la communauté une indemnité proportionnée à ses pertes, requérant de délibérer. Sur quoy (...) l'assemblée reconnoissant la vérité des faits exposés ci dessus, a unanimement délibéré et donné pouvoir audit sieur consul de présenter requête à Monseigneur l'intendant pour le supplier de vouloir bien accorder à la communauté une indemnité proportionnée aux dommages qu'elle a souffert sans laquelle les trois habitants qui composent la communauté ne pourront point acquitter les impositions qui sont exorbitantes, ainsi délibéré et ont signé les délibérations." Signatures : PLAGNIOL consul - PEPIN - EUZET. [note : dans ce texte comme dans les suivants, le patronyme PLAGNIOL est écrit PLAGNOL mais il signe PLAGNIOL]

Délibération communale du 19.04.1789, sur le remboursement du déplacement à l'assemblée des trois états : "les habitants de la communauté du Triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé. Par le sieur PLAGNOL consul a été dit que le sieur PEPIN et lui furent députés pour l'assemblée des trois états tenue à Montpellier le 16 mars dernier, qu'en effet y ayant assisté, ils demandent qu'il leur soit payé, conformément à l'ordonnance de Monseigneur l'intendant la somme de cinquante quatre livres à chacun pour neuf journées qu'ils ont chacun employé, tant en voyage qu'en séjour à Montpellier pour assister à ladite assemblée, au nom de la communauté, requerant de déliberer. Sur quoi lecture faite de ladite ordonnance, et attendu qu'on n'a pas pu trouver à emprunter, l'assemblée trouvant plus avantageux de procurer auxdits sieurs PLAGNOL et PEPIN leur payement par la voye de l'imposition, a donné pouvoir audit sieur consul de faire additionner aux dettes de la communauté la somme de cent huit livres pour neuf journées que chacun des députés a employé en voyage ou séjour pour assister à ladite assemblée, ainsi réglé avec eux, et d'en poursuivre la vérification devers le greffe de nos seigneurs les commissaires du Roi et des états, pour être imputée à la prochaine imposition en faveur desdits sieurs députés, ainsi délibéré et ont signé les délibérations qui l'ont su faire." Signatures : PEPIN - EUZET - PLAGNIOL Consul.

Délibération communale du 03.05.1789, sur le remboursement des sommes relatives aux travaux faits à l'église et au presbytère : "L'an mille sept cents quatre vingt neuf et le troisième may les habitants de la communauté du Triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé. par Sr PLAGNOL consul a eté dit que le premier aout 1787 il fut nommé les Srs PEPIN, PLAGNOL et EUZET pour faire l'avance de la somme de cent cinquante livres pour le payement des ouvrages de leglise et maison curiale dudit lieu, et pour la dresse du devis, lesquels preteurs demandent d'etre remboursés, requerant de déliberer. Sur quoy il a eté délibéré et donné pouvoir aud. S. consul de faire additionner lad. somme de cent cinquante livres qui a eté payée au sr ROUVIERE entrepreneur, aux dettes de la communauté et d'en poursuivre la verification devers le greffe de nos seigneurs les commissaires du Roi et des etats en faveur desd. S. PEPIN, PLAGNOL et EUZET, pour etre portée en imposition la presente année, ainsi delibéré et ont signé." Signatures PEPIN, EUZET, PLAGNIOL Consul.

Délibération communale du 03.07.1789, sur la levée de la taille : "les habitants de la communauté du Triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé. Par le sieur PLAGNOL consul a été dit que la levée de la taille de la communauté la présente année ayant été proclamée en la forme ordinaire il a été fait plusieurs offres, la dernière desquelles a été faite par Jacques VINCENT fils habitant de Saint Mathieu sur le pied de deux deniers pour livre, lequel ici présent demande la passation du bail, requérant de délibérer. Sur quoy l'assemblée a baillé et baille audit VINCENT ici présent et acceptant la levée de la taille de la communauté la présente année sur le pied de deux deniers pour livre pour son droit de levée conformément à son offre sous le cautionnement solidaire du sieur Bernard VINCENT son frère, menager habitant dudit Saint Mathieu de Tréviés présent et acceptant, à la charge par eux d'acquitter toutes les sommes contenues au préambule quartier par quartier sans division ni discussion de donner acquit et de compter de l'entière levée sous l'obligation de leurs biens et de leurs propres personnes, ainsi délibéré et ont signé les délibérations. Signatures : J. VINCENT Collecteur - PEPIN - EUZET - J. PLAGNIOL Consul.

Délibération communale du 26.07.1789, sur la réparation de la cloche de l'église : "les habitants de la communauté du Triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé. Par le sieur PLAGNOL consul a été dit que le bois de la cloche de l'église dud. lieu est entièrement pourri par vetusté en sorte qu'on a eté obligé de la descendre pour prevenir sa chute, qu'il y a aussi a la maison de M. le prieur bien de petits objets a reparer, requerant de delibérer. Sur quoy l'assemblée reconnoissant la necessité de faire réparer les objets dont sagit, a donné pouvoir aud. S. consul de presenter requete a Monseigneur l'intendant pour le supplier de vouloir bien permettre lesd. reparations et en consequence den faire dicelles un etat en forme de devis pour sur lequel etre fait des publications a rabais, et reçu des offres et moins dites, la dernière desquelles approuvée et presentee a sa grandeur etre ordonné ce qu'il appartiendra, ainsi deliberé et ont signé". Signatures de PLAGNIOL Consul, PEPIN et EUZET.

Délibération communale du 19.10.1789, sur la réception des offres : "S'est présenté Jacques ANDRIEU habitant de St mathieu de treviés lequel apres avoir pris connaissance du devis dressé par ROUVIERE pour la communauté du triadou, par la lecture qu'il en a faite : a offert de faire les ouvrages y contenus moyennant la somme de soixante douze livres et de les parachever dans quinze jours a compter du jour du bail, promettant de donner bonne et suffisante caution et a signé." Signature : ANDRIEU.

(à compléter).

Délibération communale du 06.12.1789

(à compléter).

b) En 1790 :

Délibération communale du 22.02.1790, sur l'élection de la nouvelle municipalité : "les citoyens actifs de la commune du Triadou assemblés au nombre de quatre dans la maison du sieur PLAGNOL consul (...) sur la convocation qu'il en a faite le dimanche quatorze du présent mois, tant par publication au prône que par affiche à la porte de l'église. Le sieur PLAGNOL consul portant la parole a dit, Messieurs, l'assemblée nationale par son décret de décembre dernier a supprimé et aboli les municipalités actuellement subsistantes et ordonné une nouvelle organisation de municipalités, c'est pour l'élection des membres qui doivent composer la votre que vous avez été convoqués. Messieurs, je vous prie donc d'y procéder, et porter votre choix sur des sujets dignes de la confiance publique. Et de suite l'assemblée a nommé par scrutin le sieur Jean EUZET habitant dudit lieu pour son président et le sieur François BALARD pour son secrétaire qui ont réuni tous les suffrages, lesquels, ici présents ont prêté le serment devant l'assemblée, leurs mains levées à Dieu, de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du Royaume, d'être fidèles à la nation, à la loi et au Roi, de choisir en leur âme et conscience les plus dignes de la confiance publique et de remplir avec zèle et courage les fonctions civiles et politiques qui pourront leur être confiées. Et après le serment prêté, l'assemblée a nommé trois scrutateurs, les sieurs PEPIN, Jean EUZET et Claude EUZET, habitants dudit lieu, et s'est occupée de suite de la nomination du maire, et les voies ayant été recueillies et comptées par les scrutateurs, la pluralité absolue s'est réunie en faveur du sieur Joseph PLAGNOL, habitant dudit lieu du Triadou. Cette nomination faite, il a été procédé à celle de deux officiers municipaux, toujours par la voye du scrutin et les voies ayant été recueillies, la pluralité absolue s'est réunie en faveur du sieur Jean François PEPIN et de M. BELLEVILLE, prêtre et prieur dudit lieu, habitants du Triadou. Après quoi l'assemblée a procédé à la nomination des notables de la municipalité par la voye du scrutin de liste, et les voies ayant été recueillies et comptées par les scrutateurs, la pluralité relative s'est réunie en faveur des sieurs Jean EUZET et Claude EUZET habitants dudit lieu du Triadou qui sont les seuls éligibles de l'assemblée. Ce fait, l'assemblée a procédé à l'élection du procureur de la commune et à cet effet chaque membre ayant remis son suffrage, la pluralité absolue s'est réunie en faveur du sieur Antoine BALARD, chirurgien habitant de Saint Mathieu, paroisse de Treviés, et l'élection finie, le sieur PLAGNOL consul en exercice a proclamé sa nomination de maire, celle du sieur PEPIN pour premier officier municipal, du sieur Jean EUZET pour premier notable, et du sieur Claude EUZET pour second notable, et du sieur BALARD pour procureur de la commune, lesquels ici présents à l'exception du sieur BELLEVILLE prieur, ont prêté le serment devant la commune de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du Royaume, d'être fidèles à la nation, à la loi et au Roi et de remplir leurs fonctions avec zèle et courage, et ont signé à l'exception de Claude EUZET notable qui est illiteré." Signatures : EUZET président - PLAGNIOL maire - PEPIN - BALARD pr - BALARD Secre. Le même jour et acte suivant, le conseil général de la commune, toujours réuni dans la maison de Joseph PLAGNIOL a procédé à la nomination du secrétaire greffier de la commune : "Sur quoy l'assemblée a nommé à l'unanimité d'une voix le sieur François BALARD, greffier actuel habitant du lieu de Saint Martin de Londres pour secrétaire greffier de la municipalité dont elle reconnoit la capacité et les bonnes moeurs, lequel ici présent a accepté ladite charge et prêté le serment devant l'assemblée de remplir fidèlement les fonctions et a signé avec les délibérants et nous Fulcrand COULET, fabricant de bas de soye que l'assemblée a pris pour greffier d'office préalablement assermenté." Signatures : EUZET notable - PLAGNIOL maire - PEPIN - BALARD.

Délibération du Conseil général de la commune du Triadou du 24.06.1790, sur la gratification du greffier : "le conseil general de la commune de Triadou assemblé au nombre de trois composant toute la commune. le S PLAGNOL maire a dit que le travail attaché au greffe de cette communauté a considerablement augmenté, quil convient d'augmenter les gages du greffier qui sont a quinze livres gage trop modique requerant de deliberer. Sur quoy voix recueillies l'assemblée apres avoir entendu lavis du procureur de la commune a unanimement deliberé d'augmenter les gages du greffier de cinq livres dans cette communauté ce qui fait la somme de vingt livres que la communauté imposera au profit du greffier toutes les années donnant pouvoir aud. S. maire et presenter requete si besoin est devant les administrateurs de departement et de district a l'effet d'obtenir lautorisation de la presente deliberation ainsi deliberé et tous signé le S. PLAGNOL maire, Jean françois PEPIN et Claude EUZET, officiers municipaux, et Claude EUZET notable le seul qui soit dans la communauté. le procureur de la commune S. Antoine BALARD present a aussi signé, et nous greffier". Signatures : PEPIN et PLAGNIOL Maire. Il n'y a pas de signature EUZET et BALARD, contrairement a ce qui est écrit. On note aussi une confusion de prénom, le second EUZET indiqué étant probablement Jean. Quant à Claude, d'autres actes signalent qu'il est illettré et qu'il ne sait pas signer. Sur le fond, cette délibération a échoué comme on le comprend à la lecture de la nouvelle délibération du 22.05.1791, sur le même sujet mais sous une forme différente.

Déclaration de Jean Jacques EUZET faite à la municipalité, le 01.07.1790 : "Je Jean Jacques EUZET ménager habitant au Triadou pour satisfaire au decret de lassemblée nationalle du 26ème septembre dernier sanctionné par le Roy le 27ème du meme mois et a la proclamation du Roy du 27ème décembre dernier et 25ème avril aussy dernier Déclare avec verité a MM les officiers municipaux du lieu du Triadou que je possede dans le territoire du Triadou paroisse St Sebastien de Cassagnas une directe noble pour laquelle je ne serts aucune redevance a M leveque de montpellier je suis tenu seulement de luy rendre homage quant j'en suis requis ; lad. Directe consistant en censives et lods a raison du septième du prix scavoir Censives 26 sols 1 denier melgoniés vallant 22 livres orge 5 douzaines et deux setiers deux douzaines et demy avoine je declare au surplus que les Lods annee commune produisent douze livres estiméacute;s Signé offrant de remettre un extrait des pièces justifiant a mes droits sy jan suis requis ce 1er juillet 1790" ; il signe EUZET.

Rapport sur les biens privilégiés fait par François MIRABEL et François BALARD (l'introduction), le 25.07.1790 : "Nous François MIRABEL geometre habitant du lieu de montbazin et françois BALARD praticien habitant du lieu de St martin de londres, commissaires nommés par deliberation de la communauté du triadou du dix sept juillet courant pour procéder a la cotisation et fixation de l'allivrement des biens ci devant privilegiés situés dans le taillable dudit lieu du triadou, et des cens, rentes seigneuriales, dimes ecclesiastiques et autres droits en conformité des lettres patentes et Proclamation du Roi, sur les Decrets de l'assemblée nationale en date du 27 septembre et vingt sept decembre 1789, et vingt cinq avril dernier, et a cet effet le sieur PLAGNIOL maire nous a remis les declarations faites devers la municipalité par les possesseurs desdits biens et droits, ensemble la deliberation portant notre commission avec injonction a comparoir par devant mr GAUTIER juge dudit lieu pour preter serment, en consequence nous sommes transportés a la ville de montpellier, ou nous avons preté ledit serment entre les mains de M. RECH lieutenant de juge, et de suite sommes retournés audit lieu du triadou, ou nous avons procedé au fait de notre commission, assistés du S. joseph PLAGNIOL maire, S. Jean françois PEPIN officier municipal, et Jean EUZET notable et du sieur antoine BALARD procureur de la commune."

Rapport sur les biens privilégiés fait par François MIRABEL et François BALARD (partie concernant Jean Jacques EUZET), le 25.07.1790 : "Jean EUZET du triadou - art 5e. Declaration de jean EUZET du triadou faite a la municipalité le premier juillet courant. Jouit et possede le declarant une directe située dans le territoire du triadou paroisse St Sebastien de Cassagnas, consistant en censives et lods a raison du septieme du prix - Censives vingt six sols un denier malgonisés quil estime valoir vingt deux livres - Les droits de lods douze livres année commune, la municipalité reconnoissant que la declaration des censives est juste elle nous a chargé de la cotiser en conformité, mais que celle du droit de lods nest point conforme au revenu annuel de la susdite directe, et a defaut de ses titres, nous les avons estimés sur la commune renommée a quarante livres; - Déclare en outre que la susdite directe lui raporte deux setiés deux douzaines et demi avoine que nous estimons a trois livres le setier, six livres douze sols six deniers. - Cinq douzaines orge, a quatre livres le setier, une livre treize sols, quatre deniers. - Total du Revenu de la Directe dud. Jean EUZET soixante dix livres cinq sols dix deniers, laquelle doit suporter cinq sols cinq deniers d'allivrement"

Rapport sur les biens privilégiés fait par François MIRABEL et François BALARD (partie concernant le prieur du Triadou, l'évêque de Montpellier et le Chapitre cathédral), le 25.07.1790 :

(à compléter)

Rapport sur les biens privilégiés fait par François MIRABEL et François BALARD (la conclusion ), le 25.07.1790 :

(à compléter)

c) En 1791 :

Demande de défrichement, le 21.03.1791, par Jean François PEPIN, ménager, qui déclare "vouloir faire défricher incessamment dans mes propres fonds tenement des pradalles environ dix seterées confrontant de levant le (...), du midi le Sr PLAGNIOL, du couchant (...) moi même, fesant la presente declaration pour jouir des avantages accordés par la loi. fait au triadou le 21 mars 1791." Signé PEPIN.

Demande de défrichement, le 21.03.1791, par Claude EUZET, ménager, qui déclare "vouloir faire défricher incessamment dans ses propres fonds tenement de l'euziere environ deux quartes de terrein garrigue conf. de levant le Sr PEPIN, du midi et du couchant soi même et une seterée ou environ au susdit tenement conf. du midi ledit Sr PEPIN et de toute autre part le declarant fesant la presente declaration pour jouir du benefice de la loi. fait au Triadou le susd. jour et en la presence du Sr Joseph PLANIOL maire, et du Sr François PEPIN officier municipal Signés mais non le declarant qui a dit ne savoir le faire, et nous francois BALARD Sr greffier soussigné." Signatures : PEPIN, PLAGNIOL Maire.

Demande de défrichement, le 21.03.1791, par Pierre ROUX, ménager habitant de Saint-Jean-de-Cuculles, qui déclare "vouloir faire défricher incessamment dans mes propres fonds tenement de la plaine de la Salade environ trois seterées et demi de terrein conf. de levant et de toute autre part moi même, lequel terrein na pas produit depuis plus de vingt cinq ans, fesant la presente declaration pour jouir du Benefice de la loi. fait au triadou le 21 mars 1791." Signature : ROUX.

Délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune du Triadou du 22.05.1791, sur la gratification du greffier : "le sieur PLANIOL maire a dit, la nouvelle constitution a amené une augmentation considerable de travail pour le secretaire greffier de la municipalite, en consequence il paroit juste de lui accorder une gratification, requerant de delibérer. Sur quoi l'assemblee apres avoir oui lavis du procureur de la commune a unanimement deliberé d'augmenter pour la presente année les gages du Sr greffier de la somme de cinq livres a titre de gratification, donnant pouvoir aux maire et officier municipal de se retirer devers messieurs les administrateurs du departement a l'effet d'obtenir la permission d'imposer en faveur du Sr greffier la somme de cinq livres a titre de gratification pour la presente annee en sus de celle de quinze livres du montant de ses gages ordinaires, ainsi deliberé et ont signé le sieur Joseph PLAGNIOL maire, Jean françois PEPIN officier municipal, Sr Antoine BALARD procureur de la commune, et nous françois BALARD Sr greffier." Signatures : PEPIN, PLAGNIOL Maire. On constate une évolution dans la présentation de cette délibération, par rapport à celle du 24.06.1790. On note, ainsi, la référence à la constitution et, surtout, le fait que la demande est faite pour l'année en cours et non pas définitivement acquise. [certains mots sont difficiles à lire à cause de l'encre très pâle de cet extrait]

Délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune du Triadou du 11.06.1791, sur une nouvelle imposition : CAIZERGUES, procureur au Sénéchal de Montpellier, demande le paiement de 40 livres 7 sols 6 deniers pour différentes requêtes qu'il a faites pour la commune du Triadou. L'assemblée donne pouvoir au maire et aux officiers municipaux de présenter une requête au Directoire du département de l'Hérault pour demander "d'imposer la courante année sur tous les contribuables de la commune ladite somme (...)" Ont signé le sieur Joseph PLAGNIOL maire, Jean François PEPIN officier municipal, sieur Antoine BALARD procureur de la commune, Jean EUZET notable, et nous François BALARD, sieur greffier.

Délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune du Triadou du 28.07.1791, sur une demande du prieur : le prieur BELLEVILLE "a présenté aux administrateurs du district de Montpellier une requête en modération de la cotisation et imposition de son prieuré cure pour les six derniers mois de 1789 et 1790, lesquels administrateurs ont renvoyé ladite requête à la municipalité pour donner son avis motivé." L'assemblée répond qu'elle approuve les distractions faites par M. le prieur sur le produit de son bénéfice, et au contraire le sieur PEPIN officier municipal, l'un des trois membres qui composent l'assemblée, désapprouve lesdites distractions et soutient que depuis environ vingt années que ledit prieur est ici (illisible), ainsi délibéré et a signé le sieur Joseph PLAGNIOL maire, le sieur EUZET notable illitéré, et ledit sieur PEPIN ayant refusé de signer" ; signature PLAGNIOL maire.

Délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune du Triadou du ??.08.1791 : Le conseil général de la commune assemblé, le maire a dit qu'il a fait cultiver la vigne du ci-devant prieuré du Triadou, appartenant à la nation, et qu'il a payé 48 livres pour payer 24 journées à raison de 40 sous chacune, en outre qu'il est nécessaire de se retirer devers Messieurs du Directoire du district pour les prier de bien vouloir permettre de vendre à l'enchère les fruits pendants de la dite vigne." Le jour n'est pas indiqué dans ce résumé (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune du Triadou du ??.09.1791 : (on a procédé à la vente) La dernière offre a été faite par COMBETTES de Treviers (80 livres). Le maire dit : Il s'agit maintenant de faire vendre la feuille de vigne et payer la garde de la dite vigne, requerant sur ce de délibérer ..." Le jour n'est pas indiqué dans ce résumé (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune du Triadou du ??.11.1791 : L'assemblée a nommé le sieur GRÉGOIRE Régent des écoles de Saint Jean de Cocules pour aider les officiers municipaux dans le travail des matières du role pour les contributions. Lequel sera payé par la Commune ou par Mr du Directoire du district. De plus, il a été délibéré sur la proposition de Mr le maire que la cure dudit lieu n'ayant personne qui l'habite, il est à craindre qu'elle dépérisse. En conséquence, il est instant de demander à Mr du District la permission d'y placer une personne qu'y fera son feu et par ce moyen l'entretiendra." Le jour n'est pas indiqué dans ce résumé et il faut comprendre que GRÉGOIRE est déjà régent des écoles de Saint-Jean-de-Cuculles quand il est nommé pour les fonctions précisées dans cette délibération. (notes du chanoine Jean SEGONDY)

d) En 1792 :

Le 22.01.1792 : " Le conseil général de la commune assemblé, le sieur PLAGNIOL a dit qu'il est dû aux sieurs EUZET et PÉPIN dudit lieu experts estimateurs des objets imposables situés dans ce territoire la somme de huit livres pour deux journées chacun et comme il est juste de pourvoir à leur payement, je vous invite d'en délibérer. Le procureur de la commune oui ... Signatures : PLAGNIOL maire, EUZET notable." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Le 28.03.1792 : "Le conseil général de la commune du Triadou assemblé au lieu ordinaire de ses séances, Mr le maire a dit ; Messieurs vous avez déjà fixé les charges locales de la municipalité mais vous avez omis certains articles qu'il est important d'additionner. Je vous invite à vous en occuper dans le moment. Le procureur de la commune absent. L'assemblée a unanimement délibéré et fixé la suite des charges locales pour le prix des ouvrages faits au clocher et à l'église du dit lieu par GRAS de Prades ; avancé par le sieur PLAGNIOL, lors consul ; la somme de 290 livres pour l'honoraire de l'expert qui a dressé le devis, 6 livres avancées par des particuliers pour le sieur CAIZERGUES de Montpellier, 40 livres 7 sols 6 deniers pour frais de requête et mémoire suivant l'arrêté du 1er février dernier pour le sieur Grégoire MASCLA la somme de 60 livres pour 12 journées qu'ils ont employé à l'opération des contributions à raison de 8 livres chaque 60 livres en faveur du sieur PLAGNIOL qui l'a avancée le 28 mars 1791 pour le payement des vacations des sieurs MIRABEL et BALARD qui procédèrent à la fixation de l'alivrement des biens ci-devant privilégiés, 12 livres en faveur du sieur EUZET père et PÉPIN experts estimateurs des objets imposables de la commune." (notes du chanoine Jean SEGONDY) [observations : le texte est repris tel quel, en n'ajoutant pas de ponctuation mais il faut comprendre que les 290 livres ont été payées à Etienne GRAS (qui avait emporté le marché en 1788), que les frais de devis (6 livres) ont été payées à François ROUVIERE, que les 40 livres 7 sols 6 deniers ont été payées à CAIZERGUES, procureur au sénéchal de Montpellier (comme il le demandait en 1791), que les 60 livres ont été payées à MASCLA]

Le 26.05.1792 : "Mr le maire a dit : La municipalité a reconnu une surtaxe étonnante dans la contribution foncière de la commune, il est urgent de présenter une pétition au directoire du département à l'effet d'obtenir un dégrèvement sur le montant de la contribution. Je vous prie de délibérer en conséquence. Le procureur de la commune : oui. L'assemblée a délibéré. Signatures : PLAGNIOL maire, EUZET notable, BALARD greffier, PEPIN. oficier municipal." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

e) En 1793 :

Le 25.01.1793 : "Le citoyen maire a dit : "Je vous ai convoqué, citoyens pour la reception du serment et l'installation des membres du conseil général qu'on vient d'élire. Je vous invite à y procéder tout maintenant. Lecture faite du procès-verbal, les citoyens PLAGNIOL maire réelu, François PEPIN et Claude EUZET officiers municipaux réelus, BALARD procureur de la commune réelu et Jean EUZET notable réelu ont prêté individuellement le serment prescrit par la loi et promis de remplir leurs fonctions avec zèle, au moyen de quoi ils demeurent installés. Plus, l'assemblée a choisi, par la voix du scrutin et à la pluralité absolue des suffrages, le citoyen BALARD, habitant du lieu dit de St Martin de Londres, pour greffier. Lequel a prêté le serment de fidélité prescrit par la loi et a signé avec les délibérants et nous Jacques VINCENT de St M. de Treviers que l'assemblée a pris pour greffier d'office préalablement assermenté." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Le 25.02.1793 : "La loi vous oblige à nommer un officier public pour constater l'état civil des citoyens." L'assemblée a nommé par voie du scrutin et à la pluralité absolue des suffrages le citoyen Jean EUZET, lequel a prêté le serment prescrit par la loi." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Le ??.03.1793 : "Le maire : Je vous ai convoqués pour la fixation des charges locales de la commune, c'est-à-dire : Pour l'entretien et réparation du presbytère 36 livres, pour les appointements du sieur greffier 30 livres, pour les dépenses imprévues 45 livres, pour la dépense du volontaire du bataillon départemental suivant l'assiette du 6 février dernier 82 livres 2 sous, faisant le total de 193 livres 2 sous, que les citoyens du directoire de département voudront bien, sur l'avis du district, permettre d'additionner aux contributions de 1792." (notes du chanoine Jean SEGONDY - le jour n'est pas indiqué)

Le ??.04.1793, an II de la République : "Citoyens, d'après les dispositions de l'assiette du directoire du département en date du 26 mars dernier, vous deviez nommer les plus fortunés contribuables de la commune pour savoir qui doit marcher [il est écrit : marche] pour la commune en exécution de la loi du 24 février dernier". L'assemblée a nommé le citoyen PLAGNIOL maire pour faire l'avance de la somme de 300 livres pour l'indemnité du citoyen qui doit marcher [il est écrit : marche] pour la commune, lui donnant pouvoir de la bien compter et d'en retirer quittance pour ensuite être remboursés de la manière indiquée par le dit arrêté." (notes du chanoine Jean SEGONDY - le jour n'est pas indiqué)

Le 23.11.1793 (3 frimaire 1793) : "Le maire "Vous avez connaissance de la loi du 3 septembre, relative à l'emprunt forcé qui vous enjoint de nommer 6 commissaires vérificateurs pour procéder à la réception des déclarations qu'elle prescrit et suppléer celles qu'on aura refusé ou négligé de faire". Le procureur de la commune absent. L'assemblée après avoir entendu le dire du citoyen maire a nommé les citoyens J-François PÉPIN, Jacques EUZET et Jean ARNAUD, Pierre ROUX, Georges DEJEAN et René TONDU de St Jean de Cocules pour (...) les vérificateurs à l'effet de procéder, s'il y a lieu, à la reception des déclarations relatives ..." (notes du chanoine Jean SEGONDY - ce résumé paraît incomplet)

f) En 1794 :

Le 10.02.1794 (22 pluviôse, an II) de la République française une et indivisible : "Le maire a dit : "Citoyens il y a des changements à faire sur la matière du rôle de la contribution foncière, je vous invite à y pourvoir incessamment. L'agent national absent. L'assemblée a nommé les citoyens MASCLA père de St Jean et VIDAL père de Montalet pour commissaires adjoints lesquels qssistés des citoyens maire, officiers municipaux et Jacques EUZET père notable, procèderont aux changements nécessaires pour ensuite l'envoyer au district et ont signé." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Le 25.02.1794 (7 ventôse an II) : "Le conseil général sur le dire du maire considérant l'eloignement du citoyen BALARD, agent national actuel, qui ne réside pas dans la commune et reconnaissant la nécessité de le remplacer a choisi le citoyen J.F. PEPIN fils pour remplir la place d'agent national de la commune. Lequel a prêté le serment de maintenir de tout son pouvoir la république française, la liberté et l'égalité ou de mourir à son poste en les défendant et de remplir ses fonctions fidèlement." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

g) En 1795 :

(à compléter)

h) En 1796 :

(à compléter)

i) En 1797 :

(à compléter)

j) En 1798 :

(à compléter)

k) En 1799 :

(à compléter)



Les références :

- Les minutes notariales : la série 2 E/47 (notaires des Matelles), aux AD 34.
- Les délibérations de la communauté des habitants : PH 60, aux AD 34.

(à compléter)


[Article n 7, à paraître dans "Lou Pic".]

7/ Les habitants du Triadou au 19ème siècle (1800-1850)

Introduction :

Les informations sur cette période sont tirées, essentiellement, du registre des délibérations de la commune du Triadou et, accessoirement, des notes du chanoine Jean SEGONDY

a) En 1800 :

Le 15 prairial de l'an 8 (04.06.1800) : "Nomination de greffier Nous J-F PÉPIN, agent municipal et Claude EUZET adjoint faisant provisoirement les fonctions de maire et adjoint à la mairie, vu la loi du 28 pluviose dernier (17.02.1800), avons commis le citoyen F. MAUMEJEAN cadet des Matelles pour notre greffier. Le dit MAUMEJEAN étant présent et acceptant la commition a prêté entre nos mains le serment de fidélité à la constitution." (notes du chanoine Jean SEGONDY

Le 22 prairial de l'an 8 (11.06.1800) : Nomination du maire et de l'adjoint "Le citoyen PEPIN père est nommé à la place de maire de la commune du Triadou. Le citoyen EUZET fils aîné est nommé à la place d'adjoint à la mairie de la même commune. Ils seront installés à la diligence des agents et adjoints municipaux actuels, le décadi trente du présent mois." (19.06.1800) (registre des délibérations de la commune du Triadou)

Le 19 frimaire an 9 (10.12.1800) : nomination des conseillers municipaux, "Joseph VINCENT de Cecelés, Pierre ROUX de Saint Jean, Jean ARNAUD de Saint Jean, René TONDUT de Saint Jean, Antoine NEUTRE de Saint Jean, Benoît CAUSSEL de Treviez, CAMBACERÉS MURLES de Montpellier" (registre des délibérations de la commune du Triadou)

a) En 1801 :

Entre le 21.01.1801 et le 19.02.1801 (pluviôse, an 9) : "Le conseil municipal assemblé : les citoyens J. VINCENT de Cécélés, Pierre ROUX, Jean ARNAUD, TONDUT et NEUTRE de Saint Jean, CAUSSEL de Treviers et CAMBACERÉS MURLES de Montpellier. Considérant qu'il n'existe dans la commune aucun instituteur vu qu'il n'y a dans la commune que six jeunes enfants, le citoyen MAUMEJEAN jeune des Matelles est définitivement greffier de la commune du Triadou. Son traitement est fixé à 25 francs par an. (notes du chanoine Jean SEGONDY - l'indication du jour manque).

(à compléter)

b) En 1802 :

Le 13.02.1802 : "Du 24ème jour du mois de pluviôse, l'an 10 de la République française une et indivisible, l'agent municipal de la commune du Triadou a réuni dans la maison commune à l'effet de procéder à l'installation du maire PEPIN père et EUZET adjoint, par arrêté du préfet du 22 prairial, an 8. Et ledit EUZET fait son serment comme suit : je promets d'être fidèle à la constitution et de bien et fidèlement remplir ma fonction" (notes du chanoine Jean SEGONDY).

Le ?, en l'an 10 (après le 17.05.1802) : "Vu la lettre du préfet du 27 floréal dernier, contenant l'envoi d'un arrêté pris pour l'exécution de celui des consuls sur la question de savoir si Napoléon Bonaparte sera consul à vie ? Considérant que le peuple français doit la plus vive reconnaissance au héros qui la gouverne et qu'en conséquence, il saisira avec empressement l'occasion qui lui est offerte par l'arrêté des consuls pour la lui témoigner. L'arrêté doit être publié avec la plus grande solennité dans la commune. Les registres dont l'ouverture est prescrite seront ouverts pendant 7 jours au greffe de la mairie." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Entre le 23.09.1802 et le 17.09.1803, en l'an 11 : "Le préfet de l'Hérault au maire de la commune envoie un mandement : Vu la loi du 13 floréal an 10 (03.05.1802) qui règle la contribution des portes et fenêtres. Total du mandement pour la commune : 16 francs 83 centimes (pour le département : 88 210 frs, 65)" (notes du chanoine Jean SEGONDY - le jour n'est pas indiqué mais on peut supposer que c'est en 1802, peu de temps après la parution de la loi qui est indiquée)

b) En 1803 :

(à compléter)

c) En 1804 :

Le 03.08.1804 (an 12) : "Cejourd'huy 15 thermidor, par devant nous se sont, en vertu de la convocation qui leur a été faite, présentés les sieurs EUZET adjoint, MAUMEJEAN greffier, PEPIN père, VINCENT de Cecélès, CAUSSEL de Treviers, TONDUT, ARNAUD et ROUX de St Jean membres du conseil municipal, à l'effet de prêter le serment prescrit par l'article 56 du senatus consulte du 28 floréal dernier (18.05.1804). En conséquence, les susdits fonctionnaires présents, la main levée à Dieu, ont fait individuellement le serment comme suit : Je jure obéissance aux constitutions de l'empire et fidélité à l'empereur." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Entre le 23.09.1805 et le 17.09.1806, en l'an 14 : "Publication des rôles qui sont entre les mains du sieur GRAS percepteur habitant aux Matelles" (notes du chanoine Jean SEGONDY - le jour n'est pas indiqué)

Le ?, en 1833 : "Le sieur Gérald ESTÈVE de Saint Jean de Coculles s'est permis de faire paître son troupeau de bêtes à laine sur un terrain défendu, demande à M. le Préfet à en faire l'acquisition." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Le ?, en 1833 : "J-F. PÉPIN maire, J-Jacques EUZET adjoint et tous les membres du conseil ont individuellement prêté serment "Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du Royaume." (notes du chanoine Jean SEGONDY)

Le 19.05.1834, autorisation royale d'acheter des terrains communaux aux héritiers EUZET : "Louis Philippe Roi des Français. A tous présents et à venir Salut, Sur le rapport de notre Ministre Secrétaire d'Etat au Département de l'Intérieur, Le Comité de l'intérieur et du commerce du conseil d'État entendu, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit, Article 1er. La commune du Triadou (hérault) est autorisée à vendre aux héritiers EUZET, moyennant la somme de deux cents vingt trois francs, prix d'estimation, dix portions de terrains contenant ensemble trois hectares quatre vingt dix neuf ares, 15 centiares, à la charge par les acquéreurs de payer les arrérages échus à partir de l'époque de leurs (...) [partie occultée mais le chanoine Jean SEGONDY qui a vu l'original du document et a écrit : à partir de l'époque de leur jouissance] Article 2e. Notre Ministre Secrétaire d'État au Département de l'Intérieur est chargé de l'éxécution de la présente ordonnance. Donné au palais des tuileries le 19 mai 1834. Signé Louis Philippe. Par le Roi : le Ministre Secrétaire d'État au Département de l'Intérieur signé A. THIERY. Pour ampliation, le maître des requêtes Secrétaire général du Ministère de l'Intérieur. Signé Edmond BLANC. Pour copie conforme Le préfet de l'hérault Achille BÉGÉ" (dans ses notes, le chanoine Jean SEGONDY a précisé qu'il s'agissait de terrains communaux)

Le 08.05.1838, session de mai du conseil municipal avec Jean PLAGNIOL (maire, président), Jean VIDAL (adjoint), Jean Jacques EUZET, François ROUX et Denis EUZET (membres du conseil). Un secrétaire est nommé à la majorité des voix : Jean Jacques EUZET. Il est déposé le tableau de classification et de reconnaissance des chemins vicinaux appartenant à la commune et le certificat d'affiche du 10 mars. Aucune réclamation n'a été faite pendant un mois. Il y a lieu de déclarer chemins vicinaux ceux portés aux n 1 à 13 et de fixer leur largeur. Comme les revenus de la commune ne peuvent suffire à les réparer, il est décidé, conformément à la loi du 21.05.1836, de voter "la prestation en nature d'une journée par chaque habitant et par chaque bête et charrette", en 1839. Le vote est fait à l'unanimité.



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