Synthèse
(début de -)


"La curiosité n'est pas un défaut. Il paraît que ce qui différencie Néandertal de Sapiens, c'est un manque de curiosité : Néandertal s'est arrêté à Gibraltar et n'a pas eu la curiosité ou l'envie de traverser la mer. Très rapidement, il a été rejoint par Sapiens qui l'a éliminé. S'il avait traversé la mer - c'était la période glacière, elle ne devait pas être très profonde -, il pouvait construire un radeau avec des peupliers et traverser la Méditerranée pour gagner l'Afrique qu'il aurait envahie. Il y aurait été à son aise, il y avait de la place, tandis qu'acculé à Gibraltar il est mort sur le rocher. Donc la curiosité est une bonne chose." Jean-Marie LE CLÉZIO, dans le n° 9487 des 12 et 13 novembre 2011 du journal Libération, interview de Béatrice VALLAEYS intitulé : "LE CLÉZIO au musée humain", l'écrivain, prix Nobel 2008 de littérature, étant le grand invité du musée du Louvre pour la saison 2011.



Faire de la généalogie, c'est un peu vouloir décrocher la lune, non ?
- photo R.E. prise à La Havane (Cuba), le 28.11.2009 d'une peinture de
Blanco Aroche, Pedro "PELLY"



Note 1 : une recherche sur les porteurs du patronyme et sur les lieux du toponyme

En juillet-août 2009, cela fera 10 ans que nous avons pensé, pour la première fois, que nous pourrions refaire de la généalogie, alors que nous avions déjà fait quelques recherches de jeunesse en juillet-août 1956, 43 ans auparavant. En septembre 1999, nous nous sommes lancé à nouveau dans l'aventure et cela fera donc dix ans en septembre 2009. Enfin, c'est en novembre 2000 que nous avons créé ce site Internet qui n'a cessé, depuis, de se développer avec des mises à jour qui sont, maintenant, pratiquement quotidiennes.

Si nous avons tenu à rappeler cette origine, c'est que les recherches de 1956 comme celles menées depuis 1999 sont axées sur le même principe directeur. Il s'agit détudier la patronyme et le toponyme EUZET et non de faire la généalogie de nos ancêtres, avec toutes les branches paternelles et maternelles. C'est donc une ouverture vers tous les porteurs du patronyme, quelle qu'en soit l'époque et l'origine et c'est aussi la recherche de tous les endroits qui s'appelent ou s'appelaient ainsi. Cet objet d'étude explique pouquoi nous n'avons pas utilisé de logiciel de généalogie, tout simplement parce qu'il n'en existe pas qui peuvent correspondre à ce que nous faisons.

La mise en place du site Internet nous permet de répondre plus facilement à l'objectif recherché. Avec son millier de pages et son évolution constante, c'est encore un "produit" qui est très maniable. Le défaut est, certainement, le côté imparfait de certaines pages qui demandent à être complétées ou mieux expliquées ou illustrées. Mais c'est justement l'intérêt de cette méthode de travail qui facilite la reprise sans limites des données pour pouvoir poser et reposer les problèmes et avancer des solutions qui tiennent compte de l'avancée continue des recherches.

Les résultats obtenus montrent à la fois une forte unité et une grande diversité. L'unité pour le patronyme se marque par une double origine du nom, d'une part dans l'Hérault et, d'autre part, en Martinique. L'unité pour le toponyme se concentre surtout dans le Gard et un peu dans l'Hérault. La diversité, c'est dans la multiplication des branches qu'on la voit, multiplication dans l'Hérault puis dans les départements alentour puis au-delà, multiplication en Martinique puis en Guyane et en région parisienne et au-delà. Nous allons, dans les notes suivantes, prendre notre temps pour mieux analyser les pourquoi et les comment de ces dispersions et revenir aussi sur la question des origines.

Note 2 : une recherche qui a deux racines, dans les garrigues du Languedoc et dans les mornes de Martinique

Dans une France qui se veut, aujourd'hui, de la "diversité", notre site trouve justement son originalité dans cette double filiation, héraultaise et martiniquaise. Dans les deux situations, nous avons tenté de mieux comprendre la vie des personnes en étudiant leur environnement historique, géographique et culturel. D'un côté, la "val de Montferrand", à quelques kilomètres de Montpellier et, de l'autre, Ravine Braie et Saint-Vincent, au dessus du bourg de Rivière-Pilote. En effet, si le patronyme et le toponyme EUZET se rencontrent dès le Moyen Âge sur les terres de garrigues du Gard et de l'Hérault, le patronyme a aussi été donné à une certaine Sévérine, fille d'Elise, en 1848, au moment de l'abolition de l'esclavage. C'est un peu par hasard, semble-t-il, que celle-ci se trouvait à Rivière-Salée quand elle s'est présentée à la mairie pour se faire enregistrer. De fait, son origine se trouve plus précisément sur les terres de l'habitation Saint Pons, à Rivière-Pilote.

C'est pourquoi nous n'avons cessé d'étudier l'histoire du sud de la Martinique pour mieux comprendre et, en conséquence, offrir ainsi à cette lignée un maximum d'éléments qui n'étaient pas forcément restés dans la mémoire familiale. Nous avons procédé de la même manière du côté des "gaulois" car, il faut bien le dire, cette fameuse mémoire familiale ne dépasse pas, le plus souvent, le niveau des grands-parents. D'ailleurs, nous avons été heureux, à bien des reprises, de pouvoir apporter des renseignements sur une dizaine de générations ou même plus. C'est pour nous une grande satisfaction qui trouve son reflet dans les messages qui se trouvent dans le "livre d'or" de ce site.

Pour autant, beaucoup de questions restent encore sans réponses. C'est particulièrement le cas pour les lieux qui ont pour nom EUZET. Deux villages dans le Gard s'appellent ainsi mais les archives sont muettes sur des liens éventuels avec des familles portant ce patronyme. Il y a aussi plusieurs mas (ou métairies) qui portaient le nom dans le Gard et dans l'Hérault mais ils ont disparu ou alors ils ont changé de nom, en fonction des familles qui s'y trouvaient. Il reste encore un mas d'Euzet dans l'Hérault mais son origine est récente. L'exemple du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc, devenu le mas de Coulondres, montre que les changements de nom pouvaient être anciens (1423 pour celui-ci mais 1205 pour la vente du mas d'Euzet de Saint-Sauveur-du-Pin). Quant à la connaissance d'un changement de famille occupant les lieux, il faut se rendre compte qu'elle ne nous donne pas la solution au problème majeur de savoir si c'est le lieu qui a donné le nom à la famille ou si c'est l'inverse.

Note 3 : des branches, des lignées et des mas

Au début, bien sûr, nous avons voulu nous occuper en priorité de notre branche, de notre lignée et, pour cela nous avons commencé à étudier les minutiers notariaux du val de Londres, dans l'Hérault. Vaine tentative car nous avons dû noter des dizaines puis des centaines de noms et d'actes sans savoir comment les relier entre eux. Puis, dans toutes ces pages et ces photos, dans tous ces contacts avec des associations, des forums, des chercheurs et des dépots d'archives, nous avons commencé à construire des branches et à nous rendre compte que les membres de ces branches passaient, au fil du temps, d'un village à l'autre pour former, au final, tout un maillage qui semblait avoir une source unique. Or, a priori, ce résultat paraissait aberrant. En effet, pourquoi un patronyme lié à la garrigue - le chêne vert - n'aurait-il pas eu de multiples origines, de nombreuses sources ? Pourtant, ce n'est pas ce que nous avons observé dans un comptage réalisé le 14.11.2011. Ainsi, la lignée du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc (34) comprend 86 branches pour une période allant de 1342 à 2011. La lignée de Saint-Jean-de-Védas (34) comprend 6 branches de 1522 à 1972 et la lignée de Saint-Félix-de-Lodez et de Sète (34) comprend 18 branches de 1696 à 2011, sans tenir compte des branches qui sont dans la période confidentielle des 75 ans. Trois lignées donc - pour l'Hérault - qui, à ce jour, ne sont pas reliées entre elles. Plus exactement, les archives conservées ne nous ont pas (encore) permis de les relier. Pourtant, certains signes sont révélateurs. Nous avons noté, par exemple, le parrainage de baptême d'un habitant de Viols-le-Fort (34) du premier enfant EUZET né à Saint-Félix-de-Lodez, ce qui montre clairement la filiation entre deux lignées : celle de Saint Félix (et donc de Sète) avec celle du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc. Il manque encore un acte décisif pour conclure, alors que ce n'est pas si lointain (2ème partie du XVIIe siècle). La lignée de Saint-Jean-de-Védas paraît plus isolée mais les débuts retrouvés (au XVIe siècle) sont encore trop récents pour conclure quoi que ce soit.

Les recherches les plus actuelles portent sur les mas d'Euzet qui bordent "la frontière" de l'Hérault, dans le Gard. Il s'agit de trois mas, respectivement à Orthoux-Sérignac-Quilhan, Bagard et Souvignargues. Le premier, surtout, n'est qu'à 15 km de Sauteyrargues et de son mas de Lascours, dans l'Hérault. Or, nous connaissons les liens nombreux entre les EUZET de Saint-Gély-du-Fesc et du Triadou, les REDIER et les COULONDRES de Sauteyrargues, ce qui apparaît nettement dès un double contrat de mariage, en 1423. Le problème d'une "remontée" sur le XIVe siècle est plus que difficile, à cause de la faiblesse des sources conservées. Pourtant, il y a des EUZET à Orthoux et Sérignac en 1333 et il est évidemment tentant de relier quatre points, Orthoux-Sauteyrargues-Le Triadou-Saint-Gély-du-Fesc. Cependant, il est probable que les choses ne sont pas si simples car on trouve aussi un mas d'Euzet à Saint-Sauveur-du-Pin qui a fait l'objet d'une vente en 1205, avec des EUZET qui y habitaient auparavant, ou du moins des personnes dites de Euzet, car cette période en était encore aux balbutiements de la formation des patronymes. Quoi qu'il en soit, Saint Sauveur (à Saint-Clément-de-Rivière, dans l'Hérault) n'est qu'à 6 km de Saint Gély, ce qui peut faire penser facilement à un lien entre les deux mais il faut se rendre compte qu'entre les XIIe-XIIIe siècles (pour Saint Sauveur) et le XIVe siècle (pour Saint Gély), le "gap" est grand et il faut se garder de conclure. En tout cas, les mutations de propriété pouvaient être très anciennes comme le montrent aussi les actes du mas d'Euzet de Saint-Etienne-d'Escattes, près de Souvignargues, avec des actes en 1242 et 1319.

Finalement, la recherche sur le toponyme rejoint celle sur le patronyme. En plus, lier les deux facilite grandement l'étude des contextes et des comportements. Bref, c'est peut-être là la véritable généalogie !

Note 4 : la recherche des "actes-clés"

Les énigmes des origines des lignées apparaissent comme quelque chose de naturel car, plus on remonte dans le temps, moins il y a de sources écrites disponibles. On le voit bien avec le XIVe siècle, notamment : pas de registres paroissiaux, très peu de minutiers notariaux, quelques rares pièces dans les archives ecclésiastiques ou seigneuriales. C'est évidemment beaucoup plus irritant quand on bute sur une filiation dans une époque plus récente, au XVIIe siècle, par exemple.

Dans l'Hérault, certaines zones sont plus riches que d'autres en matière d'archives. Les minutiers des notaires de Montpellier sont nombreux et il faudrait une vie pour en faire une étude complète. A l'inverse, certaines parties de son arrière-pays ont conservé beaucoup moins de traces écrites, à Viols-le-Fort, à Saint-Martin-de-Londres ou à Cazevieille, par exemple. Pour ces villages, les registres paroissiaux sont tardifs et beaucoup de minutiers manquent. A Viols, les registres d'au moins cinq notaires de la fin du XVIe siècle ou du XVIIe siècle ne nous sont pas parvenus (Pascal de PLANQUE, Etienne CAMBON, Guillaume ROUEL, Guillaume et Antoine CAUSSE). De plus, comme ces CAUSSE se sont ensuite installés à Saint-Martin-de-Londres, le déficit vaut pour les deux communes (à Saint-Martin-de-Londres, il s'ajoute encore la perte d'autres registres, comme celui du notaire Simon PRUNET, au XVIIIe siècle).

Or, notre site le montre, c'est justement cet arrière-pays qui fut le creuset des familles EUZET, avant 1789, notamment dans la zone géographique que constitue surtout, aujourd'hui, l'arrondissement de Montpellier. Saint-Gély-du-Fesc, Le Triadou, Saint-Jean-de-Cuculles, Saint-Mathieu-de-Tréviers, Assas, Saint-Martin-de-Londres, Le Mas-de-Londres, Cazevieille, etc. Heureusement, beaucoup d'habitants de ces villages ont utilisé les services des notaires des Matelles dont beaucoup de registres ont été conservés. Inversement, retrouver les filiations a constitué une entreprise beaucoup plus difficile pour les branches installées à Viols-le-Fort, pour ne prendre que cet exemple. Il a donc fallu "ruser" en recherchant d'autres sources indirectes comme les compoix, les procès, les reconnaissances féodales, les quittances de droit de lods, les procurations, etc. mais c'était encore insuffisant.

Pour continuer sur l'exemple de Viols-le-Fort, on constate un déficit complet du notariat pendant 37 années, entre 1621 (dernier exercice d'Henri MALIEN) et 1658 (premier exercice d'Etienne EUZET). Il faut ajouter à ces difficultés le fait que les deux branches principales (Cazevieille et Le Triadou) ont vu certains de leurs membres s'installer à Viols-le-Fort, dès le début du XVIIe siècle. Difficile alors de démêler l'écheveau pour savoir qui est qui et qui est fils ou fille de qui (surtout quand un garçon sur deux s'appelle Jean et une fille sur deux Catherine ...). Enfin, dernier problème et non le moindre, c'est une époque où les grandes fratries sont nombreuses.

Ainsi, François EUZET, du Triadou (8ème génération de la lignée du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc) s'est marié trois fois et a eu neuf enfants, tous des garçons ! Installé sur le terroir de Viols-le-Fort, il a eu une forte descendance dans le village, notamment dans la première partie du XVIIe siècle, c'est-à-dire la période où l'on est justement le plus démuni en matière d'archives. Pour progresser, nous avons donc dû rechercher des actes significatifs, ce que nous appelons des "actes-clés", capables de débloquer des situations a priori inextricables.

Ces actes-clés, nous les avons trouvé dans les minutiers des notaires de Montpellier. En effet, quelques actes ont été passés dans la capitale régionale parce que certaines parties y avaient des intérêts. Tel seigneur résidait à Montpellier et utilisait les services de notaires de la ville pour ses affaires relatives à Viols (le droit de lods en cas de vente d'une maison ou d'un terrain, par exemple) ou encore, la même chose pour tel personnage travaillant pour l'Intendant qui a préféré régler les modalités d'un contrat de mariage sur place, alors que les parties habitaient toutes deux dans la val de Montferrand. Bien sûr, il n'est pas facile de les trouver ces actes qui permettent de combler les vides constatés par ailleurs. Il a fallu s'aider des rubriques qui existent parfois dans certaines liasses et qui donnent les noms des parties ayant contracté ; cependant, ces rubriques n'existent pas toujours, elles sont souvent incomplètes et parfois illisibles. Heureusement, le hasard fait parfois bien les choses. Et puis, il faut bien le dire, la mise en ligne de nombreux minutiers sur le site des Archives départementales de l'Hérault a facilité et facilite grandement les recherches. Cette politique est positive et on ne peut qu'en féliciter les responsables et le personnel.

Note 5 : bilan 2011 et perspectives 2012

Le bilan 2011 est particulièrement riche avec deux trouvailles majeures en pure généalogie. C'est, d'une part, la découverte de la filiation de François EUZET, marié à Isabeau MARRE, à Viols-le-Fort, grâce à un acte de 1644 (génération 10 de la lignée du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc). C'était le maillon manquant de notre propre branche, à la tête d'une nombreuse descendance, dont celle de Puéchabon et de Toulouse. C'est, d'autre part, la "quasi preuve" de l'inclusion de la lignée du mas de Sueilles, à Cazevieille, dans celle du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc, grâce à un acte de 1464 (génération 5 de la lignée du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc). Cette dernière découverte a entraîné beaucoup de modifications, en particulier des suppressions de fichiers qui ont changé, en partie, la structure du site.

Bien sūr, de multiples actes ont été ajoutés, fruits de notre recherche personnelle ou aide spontanée de contributeurs bénévoles. C'est un des grands bénéfices d'Internet que ces échanges croisés qui permettent un enrichissement et des précisions qui seraient impossibles autrement. Ces qualités de "la toile" en compensent largement les défauts. Je pense, en particulier, à ces "généalogistes" qui passent leur temps à piller ce qui se trouve sur notre site, parfois en extrapolant sans le dire là où les preuves manquent. Passons.

En plus, nous avons dû souvent écarter des actes qui étaient censés concerner des EUZET mais qui, en fait, concernaient des patronymes proches. Nous pensons, notamment, aux TUZET (originaires de la région de Mende) ou autres TUSET (originaires d'Espagne ou de Catalogne). Combien d'erreurs faites sur le T initial pris pour un E ! Au passage, les grands sites commerciaux (Geneanet, Notrefamille.com, etc) tombent bien souvent dans le panneau, ce qui démultiplie ce type d'erreur. Passons, là encore.

2011, a vu s'étoffer les références, les extraits et les photos, non seulement pour le Languedoc mais aussi pour la Martinique et Madagascar ; par contre, il y a eu peu de progrès en ce qui concerne la généalogie proprement dite de la lignée de Martinique. En même temps, un certain nombre de livres ont étés lus et cités sur le site, de façon à "donner du corps" aux listes généalogiques. Ces listes elles-mêmes ont reçu l'apport des informations contenues dans les recensements. Les actes les plus anciens ont été traduits avec l'aide de spécialistes de l'Ecole des Chartes, ce qui a permis de développer les pages de paléographie latine.

Et puis, des voyages bien préparés ont ouvert la connaissance sur des branches éloignées de l'Hérault, en particulier à Limoges, Bordeaux et Homps (dans l'Aude). C'est toujours un bonheur que de découvrir sur place ces lieux nouveaux où une branche a développé son commerce ou son art. Quelquefois, ce sont les descendants de ces branches qui nous ont contacté pour apporter leurs propres connaissances, par exemple de Peotone, aux Etats Unis, ou de Rivière-Pilote, en Martinique.

Nombreux voyages dans l'Hérault aussi, à la découverte de villages nouveaux (Florensac, par exemple) ou redécouverte de communes visitées dix ans plus tôt (comme Sète, notamment), ce qui nous a montré l'évolution constante des villes et des paysages. Montpellier, en premier, évidemment, cité remarquable qui livre peu à peu ses secrets, du musée FABRE à ses librairies anciennes. Un mot, quand même, pour regretter le décès de M. Pierre CLERC, grâce à qui nous avons pu trouver des ouvrages rares sur notre cher Languedoc, dans sa librairie de la rue Alexandre CABANEL.

Beaucoup de choses sont encore à signaler pour 2011. Des informations inédites ont ainsi été apportées par les "Cahiers de la Mémoire" de M. Jean GELLY (d'Assas) ou encore par les travaux du Foyer rural des Matelles, sur l'histoire de cette commune, ancienne "capitale" de la val de Montferrand, etc. etc.

Plus récemment, nous avons commencé à changer la présentation du site (la page de garde initiale a été supprimée, des fichiers ont été fusionnés, etc.). Des suggestions nous ont été faites auxquelles nous réfléchissons mais, ce faisant, nous arrivons sur 2012.

Nous allons, dès le début de l'année, continuer l'histoire du Triadou pour en faire un article qui sera publié sur le site de LOUPIC. Nous avons, en réserve, une centaine d'actes du XVIIe siècle au XXe siècle qui restent à exploiter et qui feront l'objet des prochaines mises à jour de 2012. Enfin, comme nous le disions, ci-dessus, la présentation du site et de ses fichiers continuera à être transformée pour en faciliter l'accès et la compréhension.

Quant aux perspectives plus lointaines, nous espérons toujours trouver les origines de la lignée de Saint-Jean-de-Védas et de celle de Sète mais, là, il faudra compter sur la chance. Nous espérons qu'elle sera au rendez-vous.

Note 6 : l'histoire abrégée des EUZET de l'Hérault

a) Aujourd'hui, une seule lignée issue de l'Hérault ?

- En dehors des EUZET issus de Rivière-Pilote en Martinique, tous les EUZET actuels sont non seulement issus de l'Hérault mais aussi d'une seule et même lignée qui trouve sa première origine dans un seul lieu, l'ancien mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc devenu le château de Coulondres, à quelques kilomètres de Montpellier. En effet, il semble bien que toutes les autres lignées ou branches possibles ou connues aient subi des extinctions plus ou moins rapides depuis le Moyen Âge. Les EUZET de Pompignan, de Nîmes, de Sérignac ou de Saint-Jean-de-Védas ne semblent pas avoir de descendants actuels. Par prudence, nous disons "ne semblent pas" car on ne sait jamais. La prudence est toujours de mise d'autant qu'il peut aussi y avoir eu des modifications du patronyme. Normalement, par exemple, les HEUZÉ du Nord, de Normandie ou de Bretagne n'ont jamais vu leur nom se transformer en la forme EUZET, telle qu'elle est connue dans l'Hérault et, s'il y a eu des transformations, elles n'ont été que temporaires. De la même façon, dans le Languedoc des garrigues, les modifications de la forme EUZET n'ont été que temporaires, selon les habitudes de certains notaires, curés ou pasteurs. Ainsi, les formes HEUZET que l'on trouve sous la plume de certains notaires d'Aniane, Saint-Bauzille-de-Putois ou Montpellier sous l'Ancien Régime, redevenaient rapidement à la forme classique - EUZET - dès que les familles utilisaient les services d'un autre notaire ou d'un autre ecclésiastique. De même quand, après 1789, il est devenu obligatoire de conserver la forme du patronyme telle qu'elle était sur les actes de naissance, toutes les variations précédentes ont disparu au profit de la seule forme EUZET. C'est d'ailleurs ce qui est advenu de la forme AUZET qui correspondait à la prononciation. Elle a, dès lors, complètement disparu, en particulier à Montpellier. A l'inverse, elle s'est maintenue en Provence et même dans le Gard, car le nom de ces familles issues des montagnes (les Alpes, notamment) venait de la lauze, ces pierres plates utilisées pour faire les toits dans les régions montagneuses. La même règle vaut pour les toponymes et l'on peut constater que l'utilisation la plus "éloignée" du nom Euzet se trouve dans le Gard à Saint-Michel-d'Euzet. On trouve le toponyme plus fréquemment quand on se rapproche de l'Hérault, d'abord à Euzet (les Bains), bien sûr, mais aussi à Bagard, Sérignac et Saint-Etienne-d'Escatte. Concluons sur ce point : nous constatons que depuis le XIVe siècle (1342 pour la référence la plus ancienne), il n'existe qu'un seul point d'origine pour les familles EUZET d'aujourd'hui, le mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc qui est devenu le mas de Coulondres après 1423, quand les deux soeurs héritières EUZET ont épousé deux frères COULONDRES. Nous verrons, cependant, que pour une des branches, il nous manque encore une preuve formelle de son ratachement à cette lignée.

b) Hier, une migration lente dans l'arrondissement de Montpellier

- Dans une région qui ne connaissait pratiquement que le régime dotal pour les mariés et où "l'héritier universel et général", le plus souvent le fils aîné de la famille, conservait l'essentiel du patrimoine paternel et maternel, les cadets devaient se débrouiller en partant ailleurs. Le plus souvent, ils allaient dans d'autres villages proches, travailleurs agricoles ou régisseurs. La meilleure solution consistait à épouser la fille d'un propriétaire foncier et à s'installer chez les beaux-parents en exploitant le fonds. Si, par chance, l'épouse n'avait pas de frère, la voie était ouverte pour l'installation d'une nouvelle branche. D'autres cadets prenaient le métier de cordonnier et s'installaient également dans un autre village, souvent en épousant, là-aussi, la fille du cordonnier du lieu. Il n'y avait guère d'autre solution, sauf à rester célibataire par manque de biens susceptibles d'attirer un bon parti et ils ont été nombreux dans ce cas. Evidemment, l'autre voie qui s'offrait à ces cadets restait l'habit ecclésiastique, vicaire ou curé le plus souvent mais parfois plus si le destin jouait en leur faveur. Enfin, certains ont tenté de faire fortune dans la capitale régionale, Montpellier. Ils ont parfois réussi en devenant commerçants, ce qui était une voie plus sûre que d'endosser l'habit militaire. Concluons sur ce point : à l'issue de toutes ces migrations, on trouve du XIVe siècle au XXe siècle, une centaine de branches différentes, toutes issues du mas d'Euzet de Saint-Gély-du-Fesc. La plupart de ces migrations se sont faites dans les villages qui constituent, aujourd'hui, l'arrondissement de Montpellier (plus quelques villages dans l'arrondissement de Lodève et, dans une époque récente, quelques villages dans l'arrondissement de Béziers). Enfin, hormis le cas de Paris, c'est dans des époques relativement proches que les migrations se sont faites dans d'autres régions françaises de plus en plus lointaines.

c) Des populations massivement catholiques

- Le protestantisme a peu touché les EUZET de l'Hérault. c'est seulement à Saint-Jean-de-Védas (lignée éteinte dont l'origine est encore inconnue) et à Assas que l'on voit quelques "dynasties" protestantes mais qui disparaissent vite au profit du catholicisme triomphant. Certains se retrouvent pendant quelque temps à Montpellier mais, là-aussi, sans longue descendance. Contrairement à ce qui a été affirmé, les premiers EUZET de Sète n'ont jamais été de la religion réformée. Il ne semble pas, non plus, qu'il y ait eu des Huguenots EUZET partis à l'étranger (ce qui n'est pas le cas de HEUZÉ de Normandie que l'on retrouve à Londres). Quant au village Euzet (les bains) qui a subi fortement la répression royale du temps de la révolte des Camisards, il n'y a pas de traces de familles EUZET dans ce lieu ou aux environs. Concluons sur ce point : du XIVe au XXe siècle, les EUZET ont été de religion catholique ou, pour les périodes récentes, issus de la tradition catholique.

(à suivre)

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